Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1857-12-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 décembre 1857 10 décembre 1857
Description : 1857/12/10 (A2,N36). 1857/12/10 (A2,N36).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6530635h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/06/2013
532, L'ISTHME DE SUEZ,
doit être d'un grand poids. Il a, en outre, beaucoup
observé les effets de l'opium sur les indigènes, et il ne
pense pas que cette habitude, d'ailleurs fâcheuse comme
celle du tabac si répandue chez nous, puisse être plus
jiuisible que celle des liqueurs fortes. Si le gouvernement
chinois défend l'introduction de l'opium, c'est pour em-
pêcher la monnaie, qui le paye, de sortir du pays. Telle
est l'opinion de M. de Mas, soutenue avec beaucoup de
force et appuyée sur des arguments qui peuvent sembler
péremptoires. Nous y renvoyons le lecteur sincèrement
désireux de s'éclairer à cet égard.
M. de Mas ajoute que ce ne sont pas les Anglais qui
les premiers ont importé de l'opium, mais que ce sont
1 les Portugais ; et il est persuadé que si les Anglais ces-
saient le commerce de l'opium , ils seraient bien vite
remplacés par d'autres nations qui viendraient satisfaire
cet indispensable besoin des habitants du Céleste
Empire. :
Quant aux ambassades permanentes à Pékin, l'auteur
craint qu'on ne puisse les obtenir que par la force; et
il exprime sur ce point une idée tout à fait neuve. Outre
les ambassades des puissances civilisées, il voudrait sur-
tout que l'empire de Chine fut forcé d'envoyer lui-même
des ambassades auprès des cours ave qui il aurait à
traiter. Il est convaincu que ces relations en sens con-
traires seraient beaucoup plus fécondes que celles qu'on -
a aujourd'hui. Le contrat serait en quelque sorte bila-
téral, au lieu qu'il n'a jamais été jusqu'à présent ac-
cepté que par une seule des deux parties.
M. de Mas ne se dissimule pas tout ce que cette pro-
position a de paradoxal et d'extraordinaire, non pas
seulement pour les Chinois, mais aussi pour les Euro-
péens, auxq uels elle s'adresse plusspécialement. Nous sup-
posons avec lui que cette idée serait très-utile; et elle se
recommande , ce nous semble, à l'attention des hommes
d'Etat et des plénipotentiaires qui vont de façon ou
d'autre travailler à la question chinoise. Ce serait une
clause à insérer dans le traité qui interviendra soit après
la guerre, qui semble de plus en plus imminente,
soit sans coup férir. Mais avef l'orgueil qu'a toujours
montré la cour de'Pékin, et qui est pour elle un prestige
essentiel auprès de ses sujets, il est bien à craindre
qu'elle ne cède qu'à la force sur ce point comme sur
tant d'autres.
L'insurrection actuelle qui désole la Chine paraît à
M. Sinibaldo de Mas une circonstance dont on pourrait
tirer parti; et il pense qu'il serait plus avantageux au
monde et à la civilisation que l'empire chinois fût par-
tagé en trois ou quatre États indépendants, plutôt que de
conserver cette masse compacte et vraiment effroyable de
400 millions de sujets. A son avis , la Chine pourra de-
venir extrêmement dangereuse au reste du monde,
si au lieu de s'adonner exclusivement aux arts de la
paix comme elle l'a fait depuis Confucius, elle allait
s'instruire à l'école des étrangers, et pratiquer les arts
de la guerre comme nous les pratiquons nous-mêmes.
Cette hypothèse n'est point un rêve. Les Chinois sont
très-braves, très-insoucieux de la vie , très-intelligents,
et ils ont tout ce qu'il faut pour devenir des soldats cou-
rageux et disciplinés. Imagine-t-on ce que serait une
armée permanente de trois ou quatre millions d'hommes?
Aussi l'auteur recommande-t-il, non pas en vue de
cefte éventualité, qui est encore trop éloignée, mais dans
l'intérêt de la civilisation, une entente cordiale entre
tous les gouvernements chrétiens pour adopter une po-
litique d'union et de coopération dans leurs relations avec
la Chine. Il croit que devant cette union formidable de la
civilisation rassemblant toutes ses forces pour dicter ses
volontés, la Chine n'hésiterait point à céder aux justes
demandes qu'on aurait à lui faire. L'Angleterre, le Por-
tugal, la France, l'Espagne, la Hollande, l'Amérique
même ont toujours dans ces mers des bâtiments de
guerre et des escadres plus ou moins considérables. Il
y va d'un intérêt commun et l'action doit être commune.
Ces conseils de M. de Mas sont fort sages,, fort pra-
tiques, et il est à désirer qu'ils soient entendus de ceux
à qui ils s'adressent.
Après ces considérations toutes pratiques, on lira en-
core avec grand intérêt les détails que donne l'auteur sur
Canton, Macao, Hong-kong, et Chuzan , qu'il préfère
de beaucoup à Hong-kong, sur les missions chrétiennes
en Chine et notamment l'emprisonnement subi-dans l'in-
térieur de la Chine par le P. Michel Navarro en 1846.
Le P. M.Navarro a raconté lui-même ses souffrances, et
c'est son récit que publie M. Sinibaldo de Mas, à qui il
était adressé.
Les détails dans lesquels nous venons d'entrer doi-
vent montrer suffisamment quel puissant intérêt s'at-
tache au livre que nous avons analysé. Il sera con-
sulté avec le plus grand fruit par tous ceux qui suivent
avec quelque sympathie les événements immenses qui
se préparent dans les mers de Chine. Tous les pavillons
s'y sont donné rendez-vous, et selon toute apparence la
civilisation ne fera pas cette démonstration en vain. La
Chine ne peut pas' rester plus longtemps fermée aux
peuples qui ne demandent pas mieux que de commercer
pacifiquement avec elle. La barbarie, car c'en est une
de se clore comme la Chine le fait, devra céder devant
la justice des réclamations qu'on lui adresse. Mais comme
il s'agit de persuader les gens plus encore que de les
vaincre, pour les relations qu'on veut nouer avec eux ,
il faut que la prudence la plus éclairée préside à toutes
les démarches collectives qu'on va faire; et bien con-
naître le caractère de ceux à qui l'on s'adresse est un
élément considérable de succès. Pour acquérir cette
connaissance, du moins autant qu'on peut l'avoir dans
les livres, il n'y a pas de guide meilleur ni plus sûr que
M. Sinibaldo de Mas, et c'est à ce titre que nous recom-
mandons son ouvrage à nos lecteurs.
BARTHÉLÉMY SAINT-HILAIRE.
Le Gérant ERNEST DESPLACES.
PARIS. TTPCGRAPHlli DE HENRI PLON. IMPRIMEUR DE I»'EUPERBUH, HUE GARANGlÈRE 8.
doit être d'un grand poids. Il a, en outre, beaucoup
observé les effets de l'opium sur les indigènes, et il ne
pense pas que cette habitude, d'ailleurs fâcheuse comme
celle du tabac si répandue chez nous, puisse être plus
jiuisible que celle des liqueurs fortes. Si le gouvernement
chinois défend l'introduction de l'opium, c'est pour em-
pêcher la monnaie, qui le paye, de sortir du pays. Telle
est l'opinion de M. de Mas, soutenue avec beaucoup de
force et appuyée sur des arguments qui peuvent sembler
péremptoires. Nous y renvoyons le lecteur sincèrement
désireux de s'éclairer à cet égard.
M. de Mas ajoute que ce ne sont pas les Anglais qui
les premiers ont importé de l'opium, mais que ce sont
1 les Portugais ; et il est persuadé que si les Anglais ces-
saient le commerce de l'opium , ils seraient bien vite
remplacés par d'autres nations qui viendraient satisfaire
cet indispensable besoin des habitants du Céleste
Empire. :
Quant aux ambassades permanentes à Pékin, l'auteur
craint qu'on ne puisse les obtenir que par la force; et
il exprime sur ce point une idée tout à fait neuve. Outre
les ambassades des puissances civilisées, il voudrait sur-
tout que l'empire de Chine fut forcé d'envoyer lui-même
des ambassades auprès des cours ave qui il aurait à
traiter. Il est convaincu que ces relations en sens con-
traires seraient beaucoup plus fécondes que celles qu'on -
a aujourd'hui. Le contrat serait en quelque sorte bila-
téral, au lieu qu'il n'a jamais été jusqu'à présent ac-
cepté que par une seule des deux parties.
M. de Mas ne se dissimule pas tout ce que cette pro-
position a de paradoxal et d'extraordinaire, non pas
seulement pour les Chinois, mais aussi pour les Euro-
péens, auxq uels elle s'adresse plusspécialement. Nous sup-
posons avec lui que cette idée serait très-utile; et elle se
recommande , ce nous semble, à l'attention des hommes
d'Etat et des plénipotentiaires qui vont de façon ou
d'autre travailler à la question chinoise. Ce serait une
clause à insérer dans le traité qui interviendra soit après
la guerre, qui semble de plus en plus imminente,
soit sans coup férir. Mais avef l'orgueil qu'a toujours
montré la cour de'Pékin, et qui est pour elle un prestige
essentiel auprès de ses sujets, il est bien à craindre
qu'elle ne cède qu'à la force sur ce point comme sur
tant d'autres.
L'insurrection actuelle qui désole la Chine paraît à
M. Sinibaldo de Mas une circonstance dont on pourrait
tirer parti; et il pense qu'il serait plus avantageux au
monde et à la civilisation que l'empire chinois fût par-
tagé en trois ou quatre États indépendants, plutôt que de
conserver cette masse compacte et vraiment effroyable de
400 millions de sujets. A son avis , la Chine pourra de-
venir extrêmement dangereuse au reste du monde,
si au lieu de s'adonner exclusivement aux arts de la
paix comme elle l'a fait depuis Confucius, elle allait
s'instruire à l'école des étrangers, et pratiquer les arts
de la guerre comme nous les pratiquons nous-mêmes.
Cette hypothèse n'est point un rêve. Les Chinois sont
très-braves, très-insoucieux de la vie , très-intelligents,
et ils ont tout ce qu'il faut pour devenir des soldats cou-
rageux et disciplinés. Imagine-t-on ce que serait une
armée permanente de trois ou quatre millions d'hommes?
Aussi l'auteur recommande-t-il, non pas en vue de
cefte éventualité, qui est encore trop éloignée, mais dans
l'intérêt de la civilisation, une entente cordiale entre
tous les gouvernements chrétiens pour adopter une po-
litique d'union et de coopération dans leurs relations avec
la Chine. Il croit que devant cette union formidable de la
civilisation rassemblant toutes ses forces pour dicter ses
volontés, la Chine n'hésiterait point à céder aux justes
demandes qu'on aurait à lui faire. L'Angleterre, le Por-
tugal, la France, l'Espagne, la Hollande, l'Amérique
même ont toujours dans ces mers des bâtiments de
guerre et des escadres plus ou moins considérables. Il
y va d'un intérêt commun et l'action doit être commune.
Ces conseils de M. de Mas sont fort sages,, fort pra-
tiques, et il est à désirer qu'ils soient entendus de ceux
à qui ils s'adressent.
Après ces considérations toutes pratiques, on lira en-
core avec grand intérêt les détails que donne l'auteur sur
Canton, Macao, Hong-kong, et Chuzan , qu'il préfère
de beaucoup à Hong-kong, sur les missions chrétiennes
en Chine et notamment l'emprisonnement subi-dans l'in-
térieur de la Chine par le P. Michel Navarro en 1846.
Le P. M.Navarro a raconté lui-même ses souffrances, et
c'est son récit que publie M. Sinibaldo de Mas, à qui il
était adressé.
Les détails dans lesquels nous venons d'entrer doi-
vent montrer suffisamment quel puissant intérêt s'at-
tache au livre que nous avons analysé. Il sera con-
sulté avec le plus grand fruit par tous ceux qui suivent
avec quelque sympathie les événements immenses qui
se préparent dans les mers de Chine. Tous les pavillons
s'y sont donné rendez-vous, et selon toute apparence la
civilisation ne fera pas cette démonstration en vain. La
Chine ne peut pas' rester plus longtemps fermée aux
peuples qui ne demandent pas mieux que de commercer
pacifiquement avec elle. La barbarie, car c'en est une
de se clore comme la Chine le fait, devra céder devant
la justice des réclamations qu'on lui adresse. Mais comme
il s'agit de persuader les gens plus encore que de les
vaincre, pour les relations qu'on veut nouer avec eux ,
il faut que la prudence la plus éclairée préside à toutes
les démarches collectives qu'on va faire; et bien con-
naître le caractère de ceux à qui l'on s'adresse est un
élément considérable de succès. Pour acquérir cette
connaissance, du moins autant qu'on peut l'avoir dans
les livres, il n'y a pas de guide meilleur ni plus sûr que
M. Sinibaldo de Mas, et c'est à ce titre que nous recom-
mandons son ouvrage à nos lecteurs.
BARTHÉLÉMY SAINT-HILAIRE.
Le Gérant ERNEST DESPLACES.
PARIS. TTPCGRAPHlli DE HENRI PLON. IMPRIMEUR DE I»'EUPERBUH, HUE GARANGlÈRE 8.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 24/24
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6530635h/f24.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6530635h/f24.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6530635h/f24.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6530635h
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6530635h
Facebook
Twitter