Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1857-12-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 décembre 1857 25 décembre 1857
Description : 1857/12/25 (A2,N37). 1857/12/25 (A2,N37).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6530636x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 20/06/2013
556 L'ISTHME DE SUEZ.
53,226,965, et même de 16,011,511, pour se relever
en 1855-56 à 145,251,109 fr.
En 1856-57, il est probable que l'importation du nu-
méraire a dû être bien plus forte encore que dans l'an-
née précédente.
Les exportations ont éprouvé moins de fluctuations,
si ce n'est dans la dernière année; elles ont été comme
il suit : 261,248,667 fr.; 271,159,736; 279,592,220;
266,927,113; 268,046,477; enfin, 315,231,587 fr
Les retours du numéraire n'ont été que de 6,953,564 fr.;
4,864,517; 12,699,945; 18,584,394; 30,135,285; et
enfin 28,570,775 fr.
Ainsi les importations totales, marchandises et numé-
raire, ont été en 1855-56 de 346,771,558 fr., et les
exportations de 343,802,362. Réunies , elles forment
un total de 690,573,920 fr. ; en chiffres ronds, de 700
millions de francs. -
Si maintenant on veut connaître comment cette somme
totale se répartit entre les diverses nations, voici ce que
l'on trouve :
L'Angleterre, dans les années 1854, 1855, 1856, a
importé pour 112,661,802 francs; 132,461,285 et
168,356,927 fr. ; elle a exporté pour 98,761,855 fr.;
96,218,962 et 125,344,957 fr. Ses importations prin-
cipales ont consisté en étoffes de coton , en fils de coton,
en métaux , en sel. Ses exportations principales ont été
l'indigo, le sucre, la soie, les graines de lin, de mou-
tarde, de pavot, le riz, le chanvre, le salpêtre, les
peaux.
La part de la France est naturellement beaucoup plus
restreinte: elle a importé pour 3,000,725 fr.; 3,487,357
et 6,237,417 fr. ; elle a exporté pour 10,833,665 fr.;
10,949,385 et 18,844,305 fr. Son importation princi-
pale consiste en vins, bières, spiritueux, mercerie,
modes, parfumerie. Son exportation consiste, pour les
trois quarts environ, en indigo ; la France exporte aussi
du riz pour un million de francs en moyenne.
L'importation des États-Unis, qui se compose en
partie d'étoffes de coton, s'est montée à 1,778,390 fr.;
3,003,862 et 2,238,715 fr. Son exportation, qui est
beaucoup plus forte et est surtout formée de graines de
lin, d'indigo, de toiles d'emballage, de peaux et de
salpêtre, s'est élevée à 17,721,907 fr.; 21,912,712 et
25,846,017 fr.
Après l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, le
commerce des autres nations est presque insignifiant, et
les importations et exportations n'étaient en 1856 que
de 1,675,751 et 1,924,007 fr.
Les renseignements qui précèdent suffisent pour faire
bien comprendre l'importance du commerce de Calcutta.
Avant l'insurrection qui vient de désoler les Indes, on
pouvait s'attendre avec pleine certitude à ce que le com-
merce ferait encore de très-grands et très-rapides pro-
grès. Quelle influence l'insurrection, avec toutes les
conséquences qu'elle entraîne, pourra-t-elle avoir sur
le mouvement général des transactions? Il serait, à cette
heure, bien difficile de le dire, et c'est là le secret de
l'avenir; mais cet avenir est assez prochain, si l'on en
juge par la tournure que prennent dès à présent les
choses. Il est évident que l'insurrection a été toute mi-
litaire , et qu'elle n'a point été nationale. Les cipayes se
sont soulevés, et ils ont tourné contre les Anglais les
armes que les Anglais leur avaient confiées. Mais la
masse de la population n'a pas pris part au désordre,
ainsi que la Heine d'Angleterre a pu naguère s'en féli-
citer dans son discours. Commercialement, il en est
résulté que le cours ordinaire de la production ne s'est
point arrêté, et que, sauf les districts et les points où
l'on se battait, le reste du pays conservait sa vie habi-
tuelle et ses travaux accoutumés. C'est un fait que toutes
les correspondances ont constaté; et il paraît bien que
le mouvement général des achats et des ventes ne s'est
pas très-profondément ressenti de ces convulsions par-
tielles, toutes terribles qu'elles ont été.
Aussi les juges les plus compétents et les plus expé-
rimentés croient-ils que la perturbation commerciale ne
sera point de longue durée. Dans la presse, à la tribune,
dans les meetings, tout le monde a exprimé cette opi-
nion en Angleterre. Il est à désirer, dans l'intérêt du
commerce, que cette prévision se réalise.
Quelles que soient les mesures qui seront adoptées
pour la réorganisation du gouvernement des Indes, que
la Compagnie soit conservée ou qu'elle soit détruite,
assez peu importe aux destinées du port de Calcutta. Il
lui importe même assez peu que Calcutta cesse d'être la
résidence du gouvernement général des Indes et qu'elle
soit remplacée par une ville plus centrale, par exemple
par Agra, dont on a plusieurs fois parlé pour en faire
la capitale de l'empire anglo-indien. Ce qui fait la for-
tune et la richesse assurées de Calcutta, c'est son port;
ce n'est pas la présence de l'autorité suprême. Si l'em-
pire britannique dans l'Inde est destiné, comme nous le
croyons, à devenir plus puissant encore qu'il ne l'est,
Calcutta profitera plus que toute autre ville de tous les
progrès qui seront obtenus, de toutes les améliorations
qui seront accomplies. La nature a fait pour elle une si-
tuation que ne possèdent ni Bombay ni Madras; et Cal-
cutta restera pour bien des siècles, et peut-être à jamais,
le port le plus considérable de ces parages.
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que le canal de
Suez est immensément intéressé à la prospérité de Cal-
cutta, puisque tous les navires d'Europe et des Etats-
Unis devront prendre la route de la Méditerranée et de
la mer Rouge pour se rendre aux Indes ou pour en re-
venir. Cette partie du trafic de Calcutta, qui est de beau-
coup la plus forte, revient à la voie nouvelle, et l'avan-
tage du futur canal est étroitement lié à l'avantage du
commerce universel.
PAUL MERRUAU.
Nota. — Nous pourrons bientôt publier sur le port de
Calcutta en 1857 des renseignements analogues à ceux que
nous venons de donner sur les années 1854, 1855 et 1856.
Le Gérant, ERMEST DESPLACES.
PARIS. TYPOGRAPHIE DE HENRI PLON, iliPRIIIEUR DE L EMPEREUR, RUE GARANGIKhK , 8.
53,226,965, et même de 16,011,511, pour se relever
en 1855-56 à 145,251,109 fr.
En 1856-57, il est probable que l'importation du nu-
méraire a dû être bien plus forte encore que dans l'an-
née précédente.
Les exportations ont éprouvé moins de fluctuations,
si ce n'est dans la dernière année; elles ont été comme
il suit : 261,248,667 fr.; 271,159,736; 279,592,220;
266,927,113; 268,046,477; enfin, 315,231,587 fr
Les retours du numéraire n'ont été que de 6,953,564 fr.;
4,864,517; 12,699,945; 18,584,394; 30,135,285; et
enfin 28,570,775 fr.
Ainsi les importations totales, marchandises et numé-
raire, ont été en 1855-56 de 346,771,558 fr., et les
exportations de 343,802,362. Réunies , elles forment
un total de 690,573,920 fr. ; en chiffres ronds, de 700
millions de francs. -
Si maintenant on veut connaître comment cette somme
totale se répartit entre les diverses nations, voici ce que
l'on trouve :
L'Angleterre, dans les années 1854, 1855, 1856, a
importé pour 112,661,802 francs; 132,461,285 et
168,356,927 fr. ; elle a exporté pour 98,761,855 fr.;
96,218,962 et 125,344,957 fr. Ses importations prin-
cipales ont consisté en étoffes de coton , en fils de coton,
en métaux , en sel. Ses exportations principales ont été
l'indigo, le sucre, la soie, les graines de lin, de mou-
tarde, de pavot, le riz, le chanvre, le salpêtre, les
peaux.
La part de la France est naturellement beaucoup plus
restreinte: elle a importé pour 3,000,725 fr.; 3,487,357
et 6,237,417 fr. ; elle a exporté pour 10,833,665 fr.;
10,949,385 et 18,844,305 fr. Son importation princi-
pale consiste en vins, bières, spiritueux, mercerie,
modes, parfumerie. Son exportation consiste, pour les
trois quarts environ, en indigo ; la France exporte aussi
du riz pour un million de francs en moyenne.
L'importation des États-Unis, qui se compose en
partie d'étoffes de coton, s'est montée à 1,778,390 fr.;
3,003,862 et 2,238,715 fr. Son exportation, qui est
beaucoup plus forte et est surtout formée de graines de
lin, d'indigo, de toiles d'emballage, de peaux et de
salpêtre, s'est élevée à 17,721,907 fr.; 21,912,712 et
25,846,017 fr.
Après l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, le
commerce des autres nations est presque insignifiant, et
les importations et exportations n'étaient en 1856 que
de 1,675,751 et 1,924,007 fr.
Les renseignements qui précèdent suffisent pour faire
bien comprendre l'importance du commerce de Calcutta.
Avant l'insurrection qui vient de désoler les Indes, on
pouvait s'attendre avec pleine certitude à ce que le com-
merce ferait encore de très-grands et très-rapides pro-
grès. Quelle influence l'insurrection, avec toutes les
conséquences qu'elle entraîne, pourra-t-elle avoir sur
le mouvement général des transactions? Il serait, à cette
heure, bien difficile de le dire, et c'est là le secret de
l'avenir; mais cet avenir est assez prochain, si l'on en
juge par la tournure que prennent dès à présent les
choses. Il est évident que l'insurrection a été toute mi-
litaire , et qu'elle n'a point été nationale. Les cipayes se
sont soulevés, et ils ont tourné contre les Anglais les
armes que les Anglais leur avaient confiées. Mais la
masse de la population n'a pas pris part au désordre,
ainsi que la Heine d'Angleterre a pu naguère s'en féli-
citer dans son discours. Commercialement, il en est
résulté que le cours ordinaire de la production ne s'est
point arrêté, et que, sauf les districts et les points où
l'on se battait, le reste du pays conservait sa vie habi-
tuelle et ses travaux accoutumés. C'est un fait que toutes
les correspondances ont constaté; et il paraît bien que
le mouvement général des achats et des ventes ne s'est
pas très-profondément ressenti de ces convulsions par-
tielles, toutes terribles qu'elles ont été.
Aussi les juges les plus compétents et les plus expé-
rimentés croient-ils que la perturbation commerciale ne
sera point de longue durée. Dans la presse, à la tribune,
dans les meetings, tout le monde a exprimé cette opi-
nion en Angleterre. Il est à désirer, dans l'intérêt du
commerce, que cette prévision se réalise.
Quelles que soient les mesures qui seront adoptées
pour la réorganisation du gouvernement des Indes, que
la Compagnie soit conservée ou qu'elle soit détruite,
assez peu importe aux destinées du port de Calcutta. Il
lui importe même assez peu que Calcutta cesse d'être la
résidence du gouvernement général des Indes et qu'elle
soit remplacée par une ville plus centrale, par exemple
par Agra, dont on a plusieurs fois parlé pour en faire
la capitale de l'empire anglo-indien. Ce qui fait la for-
tune et la richesse assurées de Calcutta, c'est son port;
ce n'est pas la présence de l'autorité suprême. Si l'em-
pire britannique dans l'Inde est destiné, comme nous le
croyons, à devenir plus puissant encore qu'il ne l'est,
Calcutta profitera plus que toute autre ville de tous les
progrès qui seront obtenus, de toutes les améliorations
qui seront accomplies. La nature a fait pour elle une si-
tuation que ne possèdent ni Bombay ni Madras; et Cal-
cutta restera pour bien des siècles, et peut-être à jamais,
le port le plus considérable de ces parages.
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que le canal de
Suez est immensément intéressé à la prospérité de Cal-
cutta, puisque tous les navires d'Europe et des Etats-
Unis devront prendre la route de la Méditerranée et de
la mer Rouge pour se rendre aux Indes ou pour en re-
venir. Cette partie du trafic de Calcutta, qui est de beau-
coup la plus forte, revient à la voie nouvelle, et l'avan-
tage du futur canal est étroitement lié à l'avantage du
commerce universel.
PAUL MERRUAU.
Nota. — Nous pourrons bientôt publier sur le port de
Calcutta en 1857 des renseignements analogues à ceux que
nous venons de donner sur les années 1854, 1855 et 1856.
Le Gérant, ERMEST DESPLACES.
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