Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-10-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 octobre 1860 15 octobre 1860
Description : 1860/10/15 (A5,N104). 1860/10/15 (A5,N104).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529970h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
332 L'ISTHME DE SUEZ,
lement de missionnaires anglais, se mit en marche à la
fin de juin pour Sou-Chow, et obtint les informations
contenues dans cette brève narration.
» Au départ," de grandes difficultés s'élevèrent, par
suite de la peur des bateliers et de leur désobéissance.
Enfin, moyennant promesse de double paie, ils consen-
tirent à se mettre en route, mais ne cessèrent jamais
pendant tout le voyage de nous inquiéter d'une façon
à laquelle nous n'étions pas accoutumés.
» Une visite aux rebelles exige dans un Chinois une
énergie considérable , et nous excusions en partie la
conduite fâcheuse des bateliers, en considérant que, s'ils
avaient été soumis et tranquilles, ils auraient vraisem-
'blablement été trop timides pour nous amener à notre
but.
» Nous remontâmes la rivière de Shang-Haï, d'abord
de 20 milles au sud, puis de 20 milles encore à l'ouest,
jusqu'à ce que nous eussions passé les pagodes de Sung-
Kong et avancé jusqu'à Luchü, à 30 milles de Shang-Haï.
Là, nous rencontrâmes divers bateaux appartenant à
des négociants anglais, attendant de traverser le terri-
toire des rebelles pour se rendre dans les pays de la soie.
La soie nouvelle est toute prête pour le marché anglais,
et l'arrivée des rebelles en ce moment à Kishing et
Nantzin, centre de ce commerce, est des plus inoppor-
tunes.
a A peu de milles de ce lieu, nous remarquâmes que
le peuple regardait avec inquiétude une procession à
distance : c'était un corps de rebellesjà pied et à cheval
en route deKishingà Bing-Bong;leur chemin se trouvait
sur la rive occidentale du grand canal. Quittant les vil-
lageois qui semblaient craindre de s'approcher trop près,
nous débarquâmes et marchâmes vers la troupe. Le canal
de 80 à 10D pieds de large nous fit obstacle, et nous eûmes
à retourner à nos bateaux et à nous avancer du côté
opposé où nous nous arrêtâmes dans une crique. Les
chefs de l'arrière-garde de la cavalcade entrèrent dans
nos bateaux sur notre invitation et engagèrent joyeuse-
ment une conversation avec nous.
» L'un de ces chefs, Ho-sin-i, était extrêmement franc
et obligeant; il avait abandonné le parti impérial en
avril et s'était joint aux insurgés ; il est natif de Kan-
ton et a souvent visité Hong-Kong et Shang-Haï.
» Questionné sur la religion du parti auquel il appar-
tient, il s'excusa d'entrer dans des détails en disant
qu'il n'était qu'un prosélyte tout récent, et qu'ayant
consacré tout son temps à des opérations militaires, il
ne pouvait que répéter les formules élémentaires de la
croyance des Tai-Pings. Il ajouta que le chef du mouve -
ment révolutionnaire était sans aucun doute encore vi-
vant, un autre des chefs natif de Kwangsi l'avait vu
deux fois au commencement de l'année, lorsqu'il se
montrait en public pour adorer le Père Céleste ; il parait
ainsi une ou deux fois par mois.
» En réponse à une question sur un parent de Tien
Wang qui était allé à Nankin au commencement de
1858 pour joindre l'insurrection, on nous apprit qu'il
avait le commandement en second : il y a cinq ans, il
employa plusieurs mois à Shang-Haï à écrire des com-
mentaires sur le nouveau testament tout entier, d'après
les instructions d'un de nos missionnaires. On ne jugeait
pas alors sûr pour lui de se rendre à Nankin, mais il y
arriva parla route intérieure de Kanton. Il avait été bap-
tisé par le révérend Théodore Hamberg, missionnaire
allemand, en 1853, et il en avait reçu des renseignements
contenus dans la brochure intitulée : Les visions de Hung-
Sin-Tshuen. Les renseignements curieux et authentiques
contenus dans ce livre, sont nos meilleures lumières
sur l'histoire primitive de la rébellion. Il justifie d'une
manière satisfaisante son origine religieuse, et démontre
que si le fondateur a erré en se regardant lui-même
comme l'objet d'une immédiate révélation divine, il
croit sincèrement au christianisme.
» Les chefs des Taï-Pings quittèrent nos bateaux et
remontèrent sur leurs chevaux; nous les suivîmes par
le grand canal à Bing-Bong ou Ping-Wang.
» Huit jours avant notre visite une grande résis-
tance avait été opposée par cette place ; elle présente
maintenant un spectacle douloureux; les parties de la
ville qu'on ne pouvait défendre avaient été brûlées et
étaient encore en feu lorsque nous y arrivâmes, tandis
que les cadavres des morts, au nombre de soixante ou
soixante-dix, flottaient sur le canal et nous heurtaient
à notre approche.
» La position de cette ville est importante parce que
la route d'eau conduisant de Sou-Chow par le grand
canal aux grandes cités de Hang-cheu et de Hu-cheu se
sépare ici se rendant au sud par Kishing, d'un côté,
et à l'ouest par Nantzin, de l'autre. Elle fut donc dé-
fendue avec acharnement par les impériaux, et elle est
maintenant fortement fortifiée parles révolutionnaires.
Elle était gardée par plusieurs milliers a d'hommes à
la longue chevelure, D et ils y avaient construit de
très-bonnes défenses. La ville n'est pas murée et une
circonférence complète de terrassements a été formée
du côté de la terre ; le fossé et l'espace qui lui fait
front étant rendus inabordables par une infinité de
petites estacades de bambous enfoncés dans le sol.
Les maisons faisant face aux canaux étaient percées
de meurtrières, et tout avait été préparé pour résister
à un assaut. Nous vîmes seulement un ou deux canons
et ne remarquâmes que peu de fusils dans les mains
des défenseurs; la plus grande partie des rebelles ne
semble pas avoir d'autres armes que des épées et des
piques.
» Nous découvrîmes la résidence de notre ami dans la
matinée après quelques recherches faites à travers les
rues ruinées et une foule de soldats Tai-Pings se pava-
nant dans des habits rouges et jaunes. Les portes et
les devantures des boutiques avaient été toutes enle-
vées pour concourir à la fortification, et la monnaie
de cuivre commune du pays était semée sur le pavé.
Les habitants qui l'auraient ramassée s'étaient sauvés
par terreur de la guerre, et les rebelles, dont plusieurs
portent des bracelets d'or et d'argent et des pierres
précieuses à leurs bonnets, regardent le cuivre avec
dédain. Notre ami Ho partageait l'habitation de Siau-
San-Fa, un des deux chefs commandant à Bing-Bong.
Les connaissances précédentes de ce chef à l'égard des
lement de missionnaires anglais, se mit en marche à la
fin de juin pour Sou-Chow, et obtint les informations
contenues dans cette brève narration.
» Au départ," de grandes difficultés s'élevèrent, par
suite de la peur des bateliers et de leur désobéissance.
Enfin, moyennant promesse de double paie, ils consen-
tirent à se mettre en route, mais ne cessèrent jamais
pendant tout le voyage de nous inquiéter d'une façon
à laquelle nous n'étions pas accoutumés.
» Une visite aux rebelles exige dans un Chinois une
énergie considérable , et nous excusions en partie la
conduite fâcheuse des bateliers, en considérant que, s'ils
avaient été soumis et tranquilles, ils auraient vraisem-
'blablement été trop timides pour nous amener à notre
but.
» Nous remontâmes la rivière de Shang-Haï, d'abord
de 20 milles au sud, puis de 20 milles encore à l'ouest,
jusqu'à ce que nous eussions passé les pagodes de Sung-
Kong et avancé jusqu'à Luchü, à 30 milles de Shang-Haï.
Là, nous rencontrâmes divers bateaux appartenant à
des négociants anglais, attendant de traverser le terri-
toire des rebelles pour se rendre dans les pays de la soie.
La soie nouvelle est toute prête pour le marché anglais,
et l'arrivée des rebelles en ce moment à Kishing et
Nantzin, centre de ce commerce, est des plus inoppor-
tunes.
a A peu de milles de ce lieu, nous remarquâmes que
le peuple regardait avec inquiétude une procession à
distance : c'était un corps de rebellesjà pied et à cheval
en route deKishingà Bing-Bong;leur chemin se trouvait
sur la rive occidentale du grand canal. Quittant les vil-
lageois qui semblaient craindre de s'approcher trop près,
nous débarquâmes et marchâmes vers la troupe. Le canal
de 80 à 10D pieds de large nous fit obstacle, et nous eûmes
à retourner à nos bateaux et à nous avancer du côté
opposé où nous nous arrêtâmes dans une crique. Les
chefs de l'arrière-garde de la cavalcade entrèrent dans
nos bateaux sur notre invitation et engagèrent joyeuse-
ment une conversation avec nous.
» L'un de ces chefs, Ho-sin-i, était extrêmement franc
et obligeant; il avait abandonné le parti impérial en
avril et s'était joint aux insurgés ; il est natif de Kan-
ton et a souvent visité Hong-Kong et Shang-Haï.
» Questionné sur la religion du parti auquel il appar-
tient, il s'excusa d'entrer dans des détails en disant
qu'il n'était qu'un prosélyte tout récent, et qu'ayant
consacré tout son temps à des opérations militaires, il
ne pouvait que répéter les formules élémentaires de la
croyance des Tai-Pings. Il ajouta que le chef du mouve -
ment révolutionnaire était sans aucun doute encore vi-
vant, un autre des chefs natif de Kwangsi l'avait vu
deux fois au commencement de l'année, lorsqu'il se
montrait en public pour adorer le Père Céleste ; il parait
ainsi une ou deux fois par mois.
» En réponse à une question sur un parent de Tien
Wang qui était allé à Nankin au commencement de
1858 pour joindre l'insurrection, on nous apprit qu'il
avait le commandement en second : il y a cinq ans, il
employa plusieurs mois à Shang-Haï à écrire des com-
mentaires sur le nouveau testament tout entier, d'après
les instructions d'un de nos missionnaires. On ne jugeait
pas alors sûr pour lui de se rendre à Nankin, mais il y
arriva parla route intérieure de Kanton. Il avait été bap-
tisé par le révérend Théodore Hamberg, missionnaire
allemand, en 1853, et il en avait reçu des renseignements
contenus dans la brochure intitulée : Les visions de Hung-
Sin-Tshuen. Les renseignements curieux et authentiques
contenus dans ce livre, sont nos meilleures lumières
sur l'histoire primitive de la rébellion. Il justifie d'une
manière satisfaisante son origine religieuse, et démontre
que si le fondateur a erré en se regardant lui-même
comme l'objet d'une immédiate révélation divine, il
croit sincèrement au christianisme.
» Les chefs des Taï-Pings quittèrent nos bateaux et
remontèrent sur leurs chevaux; nous les suivîmes par
le grand canal à Bing-Bong ou Ping-Wang.
» Huit jours avant notre visite une grande résis-
tance avait été opposée par cette place ; elle présente
maintenant un spectacle douloureux; les parties de la
ville qu'on ne pouvait défendre avaient été brûlées et
étaient encore en feu lorsque nous y arrivâmes, tandis
que les cadavres des morts, au nombre de soixante ou
soixante-dix, flottaient sur le canal et nous heurtaient
à notre approche.
» La position de cette ville est importante parce que
la route d'eau conduisant de Sou-Chow par le grand
canal aux grandes cités de Hang-cheu et de Hu-cheu se
sépare ici se rendant au sud par Kishing, d'un côté,
et à l'ouest par Nantzin, de l'autre. Elle fut donc dé-
fendue avec acharnement par les impériaux, et elle est
maintenant fortement fortifiée parles révolutionnaires.
Elle était gardée par plusieurs milliers a d'hommes à
la longue chevelure, D et ils y avaient construit de
très-bonnes défenses. La ville n'est pas murée et une
circonférence complète de terrassements a été formée
du côté de la terre ; le fossé et l'espace qui lui fait
front étant rendus inabordables par une infinité de
petites estacades de bambous enfoncés dans le sol.
Les maisons faisant face aux canaux étaient percées
de meurtrières, et tout avait été préparé pour résister
à un assaut. Nous vîmes seulement un ou deux canons
et ne remarquâmes que peu de fusils dans les mains
des défenseurs; la plus grande partie des rebelles ne
semble pas avoir d'autres armes que des épées et des
piques.
» Nous découvrîmes la résidence de notre ami dans la
matinée après quelques recherches faites à travers les
rues ruinées et une foule de soldats Tai-Pings se pava-
nant dans des habits rouges et jaunes. Les portes et
les devantures des boutiques avaient été toutes enle-
vées pour concourir à la fortification, et la monnaie
de cuivre commune du pays était semée sur le pavé.
Les habitants qui l'auraient ramassée s'étaient sauvés
par terreur de la guerre, et les rebelles, dont plusieurs
portent des bracelets d'or et d'argent et des pierres
précieuses à leurs bonnets, regardent le cuivre avec
dédain. Notre ami Ho partageait l'habitation de Siau-
San-Fa, un des deux chefs commandant à Bing-Bong.
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