Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-10-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 octobre 1860 15 octobre 1860
Description : 1860/10/15 (A5,N104). 1860/10/15 (A5,N104).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529970h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
330 L'ISTHME DE SUEZ,
ciété composée d'ingénieurs allemands, anglais et fran-
çais, se formait pour étudier de nouveau cette grande
question, sous la direction de MM. Robert Stephenson,
Negrelli et Paulin Talabot. Accueillie avec la plus
grande bienveillance par le vice-roi, elle put poursuivre
ses opérations dans des conditions beaucoup plus favo-
rables que celles qui avaient dû, d'après M. Lepère lui-
même, conduire les ingénieurs de l'armée d'Egypte à
des résultats incertains. M. Linant de Bellefonds avait
été autorisé à s'adjoindre aux travaux de la brigade
française. Les observations faites avec d'excellents ins-
truments par des opérateurs exercés, dirigés par un
habile ingénieur, M. Bourdaloue, conduisirent aux ré-
sultats suivants :
» 1° Que la basse mer du 8 décembre 1841 à Tineh
étant prise pour point de départ, la basse mer du 25
novembre à Suez n'était que de 3 centimètres au-des-
sus de ce niveau; or la marée du 8 décembre ayant été
à Tineh de 01,38, et c()lle du 25 novembre à Suez de
0,n,99, la différence entre les niveaux moyens des deux
mers serait donc de Om.80; 2" que le niveau des basses
eaux du Nil, au Caire, est de 131\1,27 au-dessus de la
basse mer du 8 décembre à Tineh.
» L'exactitude de ces chiffres a été confirmée, suivant
l'observation de M. P. Talabot, par une dernière vérifi-
cation faite, en 1853, par les soins de M. Linant, qui a
donné pour le niveau du repère de basse mer à Suez
une cote plus élevée de 12 centimètres seulement que
celle qui résultait du nivellement de 181'7.
"En 1854, M. Ferdinand de Lesseps résumait, dans un
savant mémoire présenté au vice-roi d'Egypte, l'ensem-
ble des travaux relatifs à la canalisation et au perce-
ment de l'isthme, depuis les Pharaons jusqu'à nos jours;
et, en démontrant la possibilité de la jonction des deux
mers, il indiquait par des chiffres extraits de nos anna-
les maritimes et commerciales les immenses avantages
qui en résulteraient pour toutes les nations. Il obtenait
peu de temps après de Mohammed-Saïd, justement frap-
pé de la grandeur et de l'utilité d'une telle entreprise,
la concession du canal de Suez.
* Une nouvelle exploration de l'isthme, à laquelle,
suivant les instructions du vice-roi, M. de Lesseps de »
vait présider, eut alors lieu sous la direction de MM. Li-
nant-Bey et Mougel-Bey. Cette exploration, terminée
en janvier 1855, eut pour résultat la détermination d'un
tracé direct du canal, allant de Suez à Péluse, sur une
longueur de 29 lieues. MM. Linant et Mougel rédigèrent
un avant-projet publié dès lors par M. de Lesseps, et qui
devait être la base de l'entreprise, après avoir été sou
mis, en Europe, aux observations des hommes compé-
tents.
» En même temps que se poursuivait cette enquête
scientifique, M. de Lesseps poursuivait personnellement
une enquête commerciale dans laquelle sa loyauté, son
énergie, son dévouement sincère à l'intérêt général
triomphaient des obstacles qu'une aveugle opposition
suscitait encore. En s'adressant, dans un de ses discours,
aux armateurs, aux industriels, aux commerçants, aux
hommes d'Etat de l'Angleterre, il disait :
« La prospérité de l'Orient se rattache aujourd'hui
» aux intérêts de la civilisation en général ; et le meil-
» leur moyen de travailler à son bien-être, en même
temps qu'à celui de l'humanité, c'est d'abattre les
» barrières naturelles qui séparent encore les hommes,
les races et les nations. La guerre et le commerce
» ont civilisé le monde. La guerre aura fait son temps
» après le suprême effort auquel nous assistons; le com-
Il merce seul poursuivra ses conquêtes. Préparons-nous
» à lui ouvrir une nouvelle route. Ce but peut être
» recherché et atteint, suivant les expressions d'un
» homme d'Etat qui est en même temps un grand écri-
» vain, à travers les orages el lus ténèbres de la guerre.
1) Rapprochons de l'Europe les populations de l'Océa-
» nie, de l'Australie, de la Chine, des Indes et de l'A-
» frique; faisons-les participer aux bienfaits de la ci-
» vilisation.
» Pour mener à fin cette entreprise, nous faisons
» appel à tous les hommes de cœur et d'intelligence,
car elle est digne de leurs sympathies ; nous invo-
» quons l'appui de tous les hommes politiques, parce
» que toutes les nations sont intéressées à l'établisse-
Il ment de communications nouvelles et faciles entre
Il les deux hémisphères; enfin, nous nous adresserons
» aux capitalistes lorsque la certitude de l'exécution et
» des profits à recueillir, déjà reconnue par des juges
» compétents, sera une question définitivement résolue
» par la science européenne. »
» Pendant les années 1855 et 1856, M. de Lesseps
» poursuivit avec un zèle infatigable les démarches qui
Il devaient préparer la réussite de l'entreprise à laquelle
» il s'était voué.
Il Une commission internationale, composée des in-
génieurs les plus éminents de l'Europe, se réunit, sous
les auspices des gouvernements, pour examiner l'avant-
projet et proposer les principales résolutions d'un pro-
jet définitif. Une partie des membres de cette commis-
sion, auxquels s'adjoignit M. de Lesseps, entreprit une
nouvelle exploration de l'isthme. Elle reconnut d'abord
la situation avantageuse de la rade de Suez, qui devait
former la tète du canal. Elle suivit ensuite à travers le
désert tout le parcours de ce canal, retrouva en divers
lieux les traces des anciens travaux, et put constater
que le sol de l'isthme était composé en majeure partie
d'argiles et de sables fixes qui ne présentaient nul
obstacle à la canalisation. Des observations concluan-
tes démontrèrent aussi qu'on n'avait rien à craindre du
déplacement des sables mobiles.
» Une exp'oration très-complète et très-précise du
golfe de Péluse terminait les travaux de la commission,
qui, dans un rapport sommaire, déclarait « que le canal
direct de Suez à Péluse est l'unique solution du pro-
blème, et qu'il n'y a pas d'autre moyen pratique de
joindre la mer Houge à la Méditerranée ; que l'exécu-
tion de ce canal maritime est facile, et que le succès
en est assuré; que les deux ports à créer à Suez
et à Péluse n'offrent que des difficultés ordinaires, celui
de Suez s'ouvrant sur une rade vaste et sûre, accessible
en tout temps, et où l'on trouve 8 mètres d'eau a
1,600 mètres du rivage; celui de Péluse étant placé dans
la région où l'on trouve 8 mètres d'eau à 2,300 mètres,
par une tenue excellente et un appareillage facile. »
ciété composée d'ingénieurs allemands, anglais et fran-
çais, se formait pour étudier de nouveau cette grande
question, sous la direction de MM. Robert Stephenson,
Negrelli et Paulin Talabot. Accueillie avec la plus
grande bienveillance par le vice-roi, elle put poursuivre
ses opérations dans des conditions beaucoup plus favo-
rables que celles qui avaient dû, d'après M. Lepère lui-
même, conduire les ingénieurs de l'armée d'Egypte à
des résultats incertains. M. Linant de Bellefonds avait
été autorisé à s'adjoindre aux travaux de la brigade
française. Les observations faites avec d'excellents ins-
truments par des opérateurs exercés, dirigés par un
habile ingénieur, M. Bourdaloue, conduisirent aux ré-
sultats suivants :
» 1° Que la basse mer du 8 décembre 1841 à Tineh
étant prise pour point de départ, la basse mer du 25
novembre à Suez n'était que de 3 centimètres au-des-
sus de ce niveau; or la marée du 8 décembre ayant été
à Tineh de 01,38, et c()lle du 25 novembre à Suez de
0,n,99, la différence entre les niveaux moyens des deux
mers serait donc de Om.80; 2" que le niveau des basses
eaux du Nil, au Caire, est de 131\1,27 au-dessus de la
basse mer du 8 décembre à Tineh.
» L'exactitude de ces chiffres a été confirmée, suivant
l'observation de M. P. Talabot, par une dernière vérifi-
cation faite, en 1853, par les soins de M. Linant, qui a
donné pour le niveau du repère de basse mer à Suez
une cote plus élevée de 12 centimètres seulement que
celle qui résultait du nivellement de 181'7.
"En 1854, M. Ferdinand de Lesseps résumait, dans un
savant mémoire présenté au vice-roi d'Egypte, l'ensem-
ble des travaux relatifs à la canalisation et au perce-
ment de l'isthme, depuis les Pharaons jusqu'à nos jours;
et, en démontrant la possibilité de la jonction des deux
mers, il indiquait par des chiffres extraits de nos anna-
les maritimes et commerciales les immenses avantages
qui en résulteraient pour toutes les nations. Il obtenait
peu de temps après de Mohammed-Saïd, justement frap-
pé de la grandeur et de l'utilité d'une telle entreprise,
la concession du canal de Suez.
* Une nouvelle exploration de l'isthme, à laquelle,
suivant les instructions du vice-roi, M. de Lesseps de »
vait présider, eut alors lieu sous la direction de MM. Li-
nant-Bey et Mougel-Bey. Cette exploration, terminée
en janvier 1855, eut pour résultat la détermination d'un
tracé direct du canal, allant de Suez à Péluse, sur une
longueur de 29 lieues. MM. Linant et Mougel rédigèrent
un avant-projet publié dès lors par M. de Lesseps, et qui
devait être la base de l'entreprise, après avoir été sou
mis, en Europe, aux observations des hommes compé-
tents.
» En même temps que se poursuivait cette enquête
scientifique, M. de Lesseps poursuivait personnellement
une enquête commerciale dans laquelle sa loyauté, son
énergie, son dévouement sincère à l'intérêt général
triomphaient des obstacles qu'une aveugle opposition
suscitait encore. En s'adressant, dans un de ses discours,
aux armateurs, aux industriels, aux commerçants, aux
hommes d'Etat de l'Angleterre, il disait :
« La prospérité de l'Orient se rattache aujourd'hui
» aux intérêts de la civilisation en général ; et le meil-
» leur moyen de travailler à son bien-être, en même
temps qu'à celui de l'humanité, c'est d'abattre les
» barrières naturelles qui séparent encore les hommes,
les races et les nations. La guerre et le commerce
» ont civilisé le monde. La guerre aura fait son temps
» après le suprême effort auquel nous assistons; le com-
Il merce seul poursuivra ses conquêtes. Préparons-nous
» à lui ouvrir une nouvelle route. Ce but peut être
» recherché et atteint, suivant les expressions d'un
» homme d'Etat qui est en même temps un grand écri-
» vain, à travers les orages el lus ténèbres de la guerre.
1) Rapprochons de l'Europe les populations de l'Océa-
» nie, de l'Australie, de la Chine, des Indes et de l'A-
» frique; faisons-les participer aux bienfaits de la ci-
» vilisation.
» Pour mener à fin cette entreprise, nous faisons
» appel à tous les hommes de cœur et d'intelligence,
car elle est digne de leurs sympathies ; nous invo-
» quons l'appui de tous les hommes politiques, parce
» que toutes les nations sont intéressées à l'établisse-
Il ment de communications nouvelles et faciles entre
Il les deux hémisphères; enfin, nous nous adresserons
» aux capitalistes lorsque la certitude de l'exécution et
» des profits à recueillir, déjà reconnue par des juges
» compétents, sera une question définitivement résolue
» par la science européenne. »
» Pendant les années 1855 et 1856, M. de Lesseps
» poursuivit avec un zèle infatigable les démarches qui
Il devaient préparer la réussite de l'entreprise à laquelle
» il s'était voué.
Il Une commission internationale, composée des in-
génieurs les plus éminents de l'Europe, se réunit, sous
les auspices des gouvernements, pour examiner l'avant-
projet et proposer les principales résolutions d'un pro-
jet définitif. Une partie des membres de cette commis-
sion, auxquels s'adjoignit M. de Lesseps, entreprit une
nouvelle exploration de l'isthme. Elle reconnut d'abord
la situation avantageuse de la rade de Suez, qui devait
former la tète du canal. Elle suivit ensuite à travers le
désert tout le parcours de ce canal, retrouva en divers
lieux les traces des anciens travaux, et put constater
que le sol de l'isthme était composé en majeure partie
d'argiles et de sables fixes qui ne présentaient nul
obstacle à la canalisation. Des observations concluan-
tes démontrèrent aussi qu'on n'avait rien à craindre du
déplacement des sables mobiles.
» Une exp'oration très-complète et très-précise du
golfe de Péluse terminait les travaux de la commission,
qui, dans un rapport sommaire, déclarait « que le canal
direct de Suez à Péluse est l'unique solution du pro-
blème, et qu'il n'y a pas d'autre moyen pratique de
joindre la mer Houge à la Méditerranée ; que l'exécu-
tion de ce canal maritime est facile, et que le succès
en est assuré; que les deux ports à créer à Suez
et à Péluse n'offrent que des difficultés ordinaires, celui
de Suez s'ouvrant sur une rade vaste et sûre, accessible
en tout temps, et où l'on trouve 8 mètres d'eau a
1,600 mètres du rivage; celui de Péluse étant placé dans
la région où l'on trouve 8 mètres d'eau à 2,300 mètres,
par une tenue excellente et un appareillage facile. »
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Collections numériques similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 10/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6529970h/f10.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6529970h/f10.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6529970h/f10.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6529970h
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6529970h
Facebook
Twitter