Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-09-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 septembre 1860 15 septembre 1860
Description : 1860/09/15 (A5,N102). 1860/09/15 (A5,N102).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529968f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
304 L'ISTHME DE SUEZ.
« Examen du rapport de la Commission technique sur l'amé-
lioration des bouches du Danube.
« Cet avis a été basé sur les documents que la com-
mission a pu obtenir et qui lui ont été fournis en partie
par M. le capitaine Spratt. après l'étude hydrographi-
que qu'il avait faite des embouchures du Danube. C'est
par l'examen de ces documents que nous terminerons
notre travail sur l'ensablement des côtes.
» La commission commence par reconnaître que
les seules difficultés de la navigation du Danube pro-
viennent des bancs qui existent au-devant des embou
chures. Mais quand elle attribue la formation de ces
bancs à l'énorme quantité de matières solides apportées
par les eaux du fleuve, cette erreur provient de l'inexac-
titude des documents qui lui ont été fournis, comme on
peut s'en convaincre par le passage suivant du rapport :
« Les faits observés font d'ailleurs voir que plus le vo-
» lume d'eau qui sort d'un des bras est grand, et par
» conséquent plus la masse des matières alluviales est
» considérable, plus les barres et les dépôts sont puis-
» sants. C'est ainsi que les bancs de l'embouchure de
» la Kilia sont plus étendus et plus élevés que ceux du
» bras de Saint-Georges, et ces derniers plus que ceux de
» la Soulina. L'observation prouve également qu'en géné-
» ral pendant les grandes crues les barres s'exhaussent, et
» qu'elles s'abaissent pendant les basses eaux. D
» Or c'est le contraire qui a lieu sur tous les fleuves
sans exception, sur le Nil comme sur l'Adour, sur le
Rhône comme sur le Mississipi.
11 La théorie l'affirme même dans le système de la
commission, qui regarde les barres comme le résultat
de l'équilibre établi entre les actions opposées du fleuve
et de la mer. Il est évident que dans les crues l'action
du fleuve étant de beaucoup augmentée reporte la barre
plus au loin dans de plus grandes profondeurs, et par
sa vitesse emporte une partie de sa hauteur. C'est l'in-
verse à l'époque de l'étiage.
» Ainsi la théorie et l'observation des faits donnent le
démenti le plus formel aux assertions de M. Spratt.
Mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que le projet
présenté à la commission par cet officier est en pleine
contradiction avec les assertions qu'il avance. Ce n'est
pas la bouche de Soulina ni celle de Saint-Georges qu'il
choisit, mai sl'une des bouches de la Kilia, où les bancs
sont plus étendus et plus élevés que ceux des deux
autres branches.
» Aussi ce projet a-t-il été repoussé par la commission,
qui a très-judicieusement adopté la branche Saint-
Georges malgré sa théorie sur la formation des barres
qui devait conduire à prendre de préférence la Sou-
lina.
» Ainsi dans les trois exemples remarquables que nous
venons d'examiner, l'Adour, le Nil et le Danube, on
ne peut expliquer la formation des bancs et des barres
par les alluvions fluviatiles sans se trouver en con-
tradiction flagrante avec les faits les plus évidents et
les mieux observés, tandis qu'en les attribuant aux al-
luvions marines tous les faits s'expliquent et se coor-
donnent facilement.
» Conclusions finales.
» Nous sommes donc autorisés à conclure d'après tout
ce qui précède:
D 1° Que les barres et les bancs qui se trouvent à
l'embouchure des fleuves, ainsi que les parties mobiles
du rivage, proviennent des débris des côtes qui sont
divisés par l'action des brisants et transportés le long
des rivages par les courants ;
» 2° Qu'il n'y a d'exception à cette loi que pour les
fleuves qui débouchent au fond d'un golfe dans une
direction opposée aux vents régnants et où le courant
littoral est trop faible pour entraîner les matières char-
riées par le fleuve ;
D 3° Que le seul moyen d'empêcher les matières
charriées par le courant littoral de former des barres
ou dépôts qui sont en obstacle à la navigation des
fleuves, est de les emmagasiner au moyen d'une jetée
placée en prolongement de la rive du fleuve, du
côté où vient le courant littoral, et avancée en mer au
moins jusqu'à la profondeur où l'on trouve le terrain
stable :
» 4° Qu'une seconde jetée placée sur l'autre rive
du fleuve, mais moins avancée que la première, est
également nécessaire pour empêcher l'ensablement du
chenal ;
» 5° Que ces deux jetées doivent se diriger en mer,
en présentant un évasement, et que l'extrémité de la
plus petite doit être défilée par la plus longue des
vents régnants ;
» 6° Que l'emploi des dragues pour maintenir le
chenal ainsi disposé ne sera plus qu'un travail auxi-
liaire d'une faible importance ;
» 1° Que la conservation et l'entretien des ports
établis sur une plage mobile ne peuvent s'obtenir
qu'en agrandissant le magasin des matières alluvia-
les par l'allongement progressif des jetées, ou en le
vidant lorsqu'il vient à se remplir.
D C'est d'après ces principes que les études de Port-
Saïd ont été faites, et il n'y a pas à craindre que l'ex-
périence vienne les démentir puisqu'ils sont basés sur
l'observation des lois qui président à la formation des
plages. »
MOUGEL BEY.
AVIS
Les personnes dont l'abonnement
expire prochainement sont priées de
le renouveler de suite, si elle. ne ven-
lent éprouver de retant ~ du Jour watt. 1 ^A
Le Gérant : Emuest T)s!SfikACJ0S.^v
, ; -{:.> -1
PARIS. — IIliPlUlIIEalE CENTRALE DE NAPOLÉON CHAIX El C., RUE ttEMU E, 20.
« Examen du rapport de la Commission technique sur l'amé-
lioration des bouches du Danube.
« Cet avis a été basé sur les documents que la com-
mission a pu obtenir et qui lui ont été fournis en partie
par M. le capitaine Spratt. après l'étude hydrographi-
que qu'il avait faite des embouchures du Danube. C'est
par l'examen de ces documents que nous terminerons
notre travail sur l'ensablement des côtes.
» La commission commence par reconnaître que
les seules difficultés de la navigation du Danube pro-
viennent des bancs qui existent au-devant des embou
chures. Mais quand elle attribue la formation de ces
bancs à l'énorme quantité de matières solides apportées
par les eaux du fleuve, cette erreur provient de l'inexac-
titude des documents qui lui ont été fournis, comme on
peut s'en convaincre par le passage suivant du rapport :
« Les faits observés font d'ailleurs voir que plus le vo-
» lume d'eau qui sort d'un des bras est grand, et par
» conséquent plus la masse des matières alluviales est
» considérable, plus les barres et les dépôts sont puis-
» sants. C'est ainsi que les bancs de l'embouchure de
» la Kilia sont plus étendus et plus élevés que ceux du
» bras de Saint-Georges, et ces derniers plus que ceux de
» la Soulina. L'observation prouve également qu'en géné-
» ral pendant les grandes crues les barres s'exhaussent, et
» qu'elles s'abaissent pendant les basses eaux. D
» Or c'est le contraire qui a lieu sur tous les fleuves
sans exception, sur le Nil comme sur l'Adour, sur le
Rhône comme sur le Mississipi.
11 La théorie l'affirme même dans le système de la
commission, qui regarde les barres comme le résultat
de l'équilibre établi entre les actions opposées du fleuve
et de la mer. Il est évident que dans les crues l'action
du fleuve étant de beaucoup augmentée reporte la barre
plus au loin dans de plus grandes profondeurs, et par
sa vitesse emporte une partie de sa hauteur. C'est l'in-
verse à l'époque de l'étiage.
» Ainsi la théorie et l'observation des faits donnent le
démenti le plus formel aux assertions de M. Spratt.
Mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que le projet
présenté à la commission par cet officier est en pleine
contradiction avec les assertions qu'il avance. Ce n'est
pas la bouche de Soulina ni celle de Saint-Georges qu'il
choisit, mai sl'une des bouches de la Kilia, où les bancs
sont plus étendus et plus élevés que ceux des deux
autres branches.
» Aussi ce projet a-t-il été repoussé par la commission,
qui a très-judicieusement adopté la branche Saint-
Georges malgré sa théorie sur la formation des barres
qui devait conduire à prendre de préférence la Sou-
lina.
» Ainsi dans les trois exemples remarquables que nous
venons d'examiner, l'Adour, le Nil et le Danube, on
ne peut expliquer la formation des bancs et des barres
par les alluvions fluviatiles sans se trouver en con-
tradiction flagrante avec les faits les plus évidents et
les mieux observés, tandis qu'en les attribuant aux al-
luvions marines tous les faits s'expliquent et se coor-
donnent facilement.
» Conclusions finales.
» Nous sommes donc autorisés à conclure d'après tout
ce qui précède:
D 1° Que les barres et les bancs qui se trouvent à
l'embouchure des fleuves, ainsi que les parties mobiles
du rivage, proviennent des débris des côtes qui sont
divisés par l'action des brisants et transportés le long
des rivages par les courants ;
» 2° Qu'il n'y a d'exception à cette loi que pour les
fleuves qui débouchent au fond d'un golfe dans une
direction opposée aux vents régnants et où le courant
littoral est trop faible pour entraîner les matières char-
riées par le fleuve ;
D 3° Que le seul moyen d'empêcher les matières
charriées par le courant littoral de former des barres
ou dépôts qui sont en obstacle à la navigation des
fleuves, est de les emmagasiner au moyen d'une jetée
placée en prolongement de la rive du fleuve, du
côté où vient le courant littoral, et avancée en mer au
moins jusqu'à la profondeur où l'on trouve le terrain
stable :
» 4° Qu'une seconde jetée placée sur l'autre rive
du fleuve, mais moins avancée que la première, est
également nécessaire pour empêcher l'ensablement du
chenal ;
» 5° Que ces deux jetées doivent se diriger en mer,
en présentant un évasement, et que l'extrémité de la
plus petite doit être défilée par la plus longue des
vents régnants ;
» 6° Que l'emploi des dragues pour maintenir le
chenal ainsi disposé ne sera plus qu'un travail auxi-
liaire d'une faible importance ;
» 1° Que la conservation et l'entretien des ports
établis sur une plage mobile ne peuvent s'obtenir
qu'en agrandissant le magasin des matières alluvia-
les par l'allongement progressif des jetées, ou en le
vidant lorsqu'il vient à se remplir.
D C'est d'après ces principes que les études de Port-
Saïd ont été faites, et il n'y a pas à craindre que l'ex-
périence vienne les démentir puisqu'ils sont basés sur
l'observation des lois qui président à la formation des
plages. »
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