Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-09-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 septembre 1860 15 septembre 1860
Description : 1860/09/15 (A5,N102). 1860/09/15 (A5,N102).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529968f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 3;3
sont fabriquées avec une argile très-grasse et qui exige
l'addition de cendres ou de parties siliceuses, avec de
la paille hachée, sans quoi elles se fendraient à la
cuisson. L'addition des parties siliceuses et de paille
hachée est un fait assaz ancien et trop connu de tous
les résidants pour avoir pu échapper à l'observation de
M. Spratt.
» Son rapport donne comme preuve d'une grande im-
portance, à l'appui de sa théorie sur la dispersion des
alluvions à l'est du littoral, ce fait qu'à l'époque des
plus hautes eaux du fleuve les forts vents du nord-ouest
règnent pendant trois ou quatre mois. Or, voici com-
ment se comportent les vents et le Nil d'après une
observation de vingt années :
» Du 15 mai au 15 septembre, les vent de nord-ouest
régnent, et leur plus grande furie est en juillet ; ils
sont très-faibles en septembre.
» Du 15 septembre à la fin décembre, calme et vents
variables; de janvier jusqu'au milieu de février, les
vents sont de l'ouest et amènent les pluies.
» De février jusqu'en mai, les vents du sud domi-
nent.
» Le Nil atteint son étiage du 20 juin au 4 juillet, et
à cette époque il croît d'une manière continue jusqu'au
80 septembre et même jusqu'au 14 octobre. Alors il
décroit sans discontinuer jusqu'à ce qu'il arrive à son
étiage. Il faut donc dire, contrairement à l'assertion de
M. Spratt, que les plus hautes eaux du fleuve répon-
dent à l'époque des plus grands calmes sur la côte.
» Ses observations sur les dunes de la côte ne sont
pas plus exactes. En effet, il établit que les dunes ne
commencent qu'à Burlos, tandis qu'en réalité les pre-
mières se rencontrent à 12 kilomètres en avant de Ro-
sette. Il prétend que ces dunes sont mobiles, tandis
qu'une observation de plus de vingt années, faite au
marabout d'Abou. Manelour, situé à 4 kilomètres environ
au-dessus de Rosette et au pied d'une dune très-élevée,
prouve que cette dune n'a pas avancé. Nous ne vou-
lons pas conclure de là que les grands vents ne soulè-
vent pas les sables du désert pour les entraîner dans
leur direction ; notre intention est de prouver que les
principales dunes qu'on observe un peu distantes de la
côte sont très anciennes, et que, comme toutes les an-
ciennes dunes façonnées par le temps, elles ont cessé de
s'avancer dans l'intérieur des terres.
» M. Spratt rapporte une expérience très-intéressante
qu'il a faite le 14 mai 1857 sur la plage de Port-Saïd.
Il déposa sur le bord de la mer, en face d'un signal,
onze charges de cendres et de scories, dont cinq exclu-
sivement de scories, pesant depuis 1 once jusqu'à 4 n
5 livres (31 grammes à 2 kilog. et 2 kilog. 1/2). Le
tout fut mis en tas à un niveau un peu plus élevé que
la mer. Après un laps de douze jours, pendant lesquels
il n'y avait eu qu'un fort coup de vent d'ouest et plu-
sieurs brises fraîches de l'est, le tas était entièrement
disparu, et on en retrouvait les fragments à l'est,
jusqu'à 1.500 mètres de distance ; l'un d'eux, pesant
3 livres 1/2, fut relevé à 216 mètres du point de départ.
» Cette expérience prouve, il est vrai, la grande
force des vents et des courants vers l'est, ce que nous
n'avons jamais contesté; mais elle démontre en même
temps l'assertion erronée de M. Spratt, quand il pré-
tend que le Nil transporte à la mer des poteries et des
briques parce qu'on en trouve sur le rivage entre Ro-
sette et Damiette. On en trouve encore bien davantage
entre Alexandrie et Rosette, et le courant littoral les
transporte vers l'est, en les usant peu à peu, de telle
sorte qu'au delà de Péluse il est fort difficile d'en ren-
contrer.
» Puisque l'influence des vents, des lames et des cou-
rants est si puissante pour transporter vers l'est les
alluvions du rivage, comment se fait-il que les dépôts
du Nil, d'après le capitaine Spratt, arrivent jusqu'à une
aussi grande distance dans l'ouest ? L'expérience qu'il
a faite sur le rivage aurait dû lui ouvrir les yeux sur
ce point important de la question. La vue de pierres
ponces qui sont lancées en grande quantité par les
forts brisants sur la plage aurait surtout dû faire com-
prendre à cet observateur que les sables du Nil n'entrent
pour rien dans la formation de la plage, et que les dé-
bris de poterie qu'il a remarqués le long du rivage
peuvent bien venir d'ailleurs que du Nil. En effet, on
ne trouve nulle part en Egypte de pierres ponces, ni
dans les profondeurs de la mer. On a donc la certitude
que ces matières ont été transportées de très-loin et
sans le concours du fleuve.
» M Spratt trouve que le rapport de la commission in-
ternationale a le tort de dire que la situation de Port-
Saïd, avec le courant constant du canal et la longueur
de ses jetées, se trouvera plus favorable que celle de
Malamocco, après la construction de la jetée qui a pro-
duit un approfondissement à l'entrée de ce port. 11 rap-
pelle, à l'appui de son assertion, que le port de Mala-
mocco est soumis à l'action des marées qui produisent
un courant très-fort à l'entrée de la lagune. Mais si le
courant du reflux est favorable à l'entretien du chenal,
celui du flux, qui est aussi fort que le premier puisqu'il
n'est point affaibli par l'opposition d'aucun fleuve, tend à
combler l'entrée avec les sables de la plage. Ainsi, avant
la construction de la jetée, il y avait formation d'un
banc de sable qui s'agrandissait chaque année. Ces sa
bles ne pouvaient être attribués, même dans le sys-
tème de M. Spratt, à l'apport d'aucun fleuve. Après la
construction de la jetée, disparition du banc de sable et
approfondissement .du chenal. Il n'y a donc aucune
présomption à supposer qu'il en sera de même à
Port-Saïd, où le canal produira un courant constant
d'eau dépourvue de troubles qui tendra à éloigner les
apports maritimes de l'embouchure.
» M. Spratt corrobore son opinion sur les ensable-
ments de la côte par les alluvions du Nil, de l'avis de
M. l'ingénieur en chef Lepère, exprimé dans son mé-
moire qui fait partie du grand ouvrage sur l'Egypte
Nous avons nous-même mentionné cet avis dans notre
avant-projet pour le combattre avec les armes que la
science actuelle nous donne. Nous n'avons pas à y re-
venir aujourd'hui ; nous voulons seulement montrer par
un exemple récent l'erreur dans laquelle peuvent tomber
les ingénieurs les plus éminents quand ils s'écartent de
l'observation exacte des faits. Nous voulons parler du
rapport de la commission technique internationale ap-
pelée à donner son avis sur les moyens d'améliorer la
navigation du Danube.
sont fabriquées avec une argile très-grasse et qui exige
l'addition de cendres ou de parties siliceuses, avec de
la paille hachée, sans quoi elles se fendraient à la
cuisson. L'addition des parties siliceuses et de paille
hachée est un fait assaz ancien et trop connu de tous
les résidants pour avoir pu échapper à l'observation de
M. Spratt.
» Son rapport donne comme preuve d'une grande im-
portance, à l'appui de sa théorie sur la dispersion des
alluvions à l'est du littoral, ce fait qu'à l'époque des
plus hautes eaux du fleuve les forts vents du nord-ouest
règnent pendant trois ou quatre mois. Or, voici com-
ment se comportent les vents et le Nil d'après une
observation de vingt années :
» Du 15 mai au 15 septembre, les vent de nord-ouest
régnent, et leur plus grande furie est en juillet ; ils
sont très-faibles en septembre.
» Du 15 septembre à la fin décembre, calme et vents
variables; de janvier jusqu'au milieu de février, les
vents sont de l'ouest et amènent les pluies.
» De février jusqu'en mai, les vents du sud domi-
nent.
» Le Nil atteint son étiage du 20 juin au 4 juillet, et
à cette époque il croît d'une manière continue jusqu'au
80 septembre et même jusqu'au 14 octobre. Alors il
décroit sans discontinuer jusqu'à ce qu'il arrive à son
étiage. Il faut donc dire, contrairement à l'assertion de
M. Spratt, que les plus hautes eaux du fleuve répon-
dent à l'époque des plus grands calmes sur la côte.
» Ses observations sur les dunes de la côte ne sont
pas plus exactes. En effet, il établit que les dunes ne
commencent qu'à Burlos, tandis qu'en réalité les pre-
mières se rencontrent à 12 kilomètres en avant de Ro-
sette. Il prétend que ces dunes sont mobiles, tandis
qu'une observation de plus de vingt années, faite au
marabout d'Abou. Manelour, situé à 4 kilomètres environ
au-dessus de Rosette et au pied d'une dune très-élevée,
prouve que cette dune n'a pas avancé. Nous ne vou-
lons pas conclure de là que les grands vents ne soulè-
vent pas les sables du désert pour les entraîner dans
leur direction ; notre intention est de prouver que les
principales dunes qu'on observe un peu distantes de la
côte sont très anciennes, et que, comme toutes les an-
ciennes dunes façonnées par le temps, elles ont cessé de
s'avancer dans l'intérieur des terres.
» M. Spratt rapporte une expérience très-intéressante
qu'il a faite le 14 mai 1857 sur la plage de Port-Saïd.
Il déposa sur le bord de la mer, en face d'un signal,
onze charges de cendres et de scories, dont cinq exclu-
sivement de scories, pesant depuis 1 once jusqu'à 4 n
5 livres (31 grammes à 2 kilog. et 2 kilog. 1/2). Le
tout fut mis en tas à un niveau un peu plus élevé que
la mer. Après un laps de douze jours, pendant lesquels
il n'y avait eu qu'un fort coup de vent d'ouest et plu-
sieurs brises fraîches de l'est, le tas était entièrement
disparu, et on en retrouvait les fragments à l'est,
jusqu'à 1.500 mètres de distance ; l'un d'eux, pesant
3 livres 1/2, fut relevé à 216 mètres du point de départ.
» Cette expérience prouve, il est vrai, la grande
force des vents et des courants vers l'est, ce que nous
n'avons jamais contesté; mais elle démontre en même
temps l'assertion erronée de M. Spratt, quand il pré-
tend que le Nil transporte à la mer des poteries et des
briques parce qu'on en trouve sur le rivage entre Ro-
sette et Damiette. On en trouve encore bien davantage
entre Alexandrie et Rosette, et le courant littoral les
transporte vers l'est, en les usant peu à peu, de telle
sorte qu'au delà de Péluse il est fort difficile d'en ren-
contrer.
» Puisque l'influence des vents, des lames et des cou-
rants est si puissante pour transporter vers l'est les
alluvions du rivage, comment se fait-il que les dépôts
du Nil, d'après le capitaine Spratt, arrivent jusqu'à une
aussi grande distance dans l'ouest ? L'expérience qu'il
a faite sur le rivage aurait dû lui ouvrir les yeux sur
ce point important de la question. La vue de pierres
ponces qui sont lancées en grande quantité par les
forts brisants sur la plage aurait surtout dû faire com-
prendre à cet observateur que les sables du Nil n'entrent
pour rien dans la formation de la plage, et que les dé-
bris de poterie qu'il a remarqués le long du rivage
peuvent bien venir d'ailleurs que du Nil. En effet, on
ne trouve nulle part en Egypte de pierres ponces, ni
dans les profondeurs de la mer. On a donc la certitude
que ces matières ont été transportées de très-loin et
sans le concours du fleuve.
» M Spratt trouve que le rapport de la commission in-
ternationale a le tort de dire que la situation de Port-
Saïd, avec le courant constant du canal et la longueur
de ses jetées, se trouvera plus favorable que celle de
Malamocco, après la construction de la jetée qui a pro-
duit un approfondissement à l'entrée de ce port. 11 rap-
pelle, à l'appui de son assertion, que le port de Mala-
mocco est soumis à l'action des marées qui produisent
un courant très-fort à l'entrée de la lagune. Mais si le
courant du reflux est favorable à l'entretien du chenal,
celui du flux, qui est aussi fort que le premier puisqu'il
n'est point affaibli par l'opposition d'aucun fleuve, tend à
combler l'entrée avec les sables de la plage. Ainsi, avant
la construction de la jetée, il y avait formation d'un
banc de sable qui s'agrandissait chaque année. Ces sa
bles ne pouvaient être attribués, même dans le sys-
tème de M. Spratt, à l'apport d'aucun fleuve. Après la
construction de la jetée, disparition du banc de sable et
approfondissement .du chenal. Il n'y a donc aucune
présomption à supposer qu'il en sera de même à
Port-Saïd, où le canal produira un courant constant
d'eau dépourvue de troubles qui tendra à éloigner les
apports maritimes de l'embouchure.
» M. Spratt corrobore son opinion sur les ensable-
ments de la côte par les alluvions du Nil, de l'avis de
M. l'ingénieur en chef Lepère, exprimé dans son mé-
moire qui fait partie du grand ouvrage sur l'Egypte
Nous avons nous-même mentionné cet avis dans notre
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science actuelle nous donne. Nous n'avons pas à y re-
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