Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-09-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 septembre 1860 15 septembre 1860
Description : 1860/09/15 (A5,N102). 1860/09/15 (A5,N102).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529968f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
302 L'ISTHME DE SUEZ,
de coraux, de coquillages. Les sables siliceux qui en-
combrent le rivage d'Egypte sont donc les alluvions du
Nil réparties par les vents et les courants sur toute la
côte, depuis Aboukir jusqu'en Syrie. C'est en vain,
ajoute-t-il, qu'on voudrait considérer ces sables sili-
ceux comme le résultat de l'érosion des côtes à l'ouest
du Nil, car il a constaté que les roches qui forment la
côte depuis Aboukir jusqu'au golfe des Arabes, sont
silico-calcaires (calcareous sandstone),
» Tel est l'exposé de la brochure que nous avons à
examiner et que le capitaine Spratt cherche à justifier
par un certain nombre d'expériences et de faits qu'il a
recueillis sur les lieux ; c'est en discutant ces expérien-
ces et ces faits que nous arrivons à une conclusion dia-
métralement opposée à la sienne.
» Sur la carte jointe à la brochure, les fonds sablon-
neux de la mer s'arrêtent à la pointe d'Aboukir, et de
ce lieu à Alexandrie il n'y a plus que des dépôts ma-
rins. Cependant la plage entre ces deux points est
tout entière composée de sable siliceux qui s'étend jus-
qu'à une certaine distance en mer, et le terrain lui-
même qui s'étend derrière cette plage porte le nom
arabe de Raudé, c'est-à-dire sable. Cette première inexac-
titude devait être signalée, parce qu'elle indique l'es-
prit dans lequel a été conçu le rapport de l'officier an-
glais.
» Les roches qui forment la côte à l'ouest d'Aboukir
jusqu'au golfe des Arabes, sont bien, comme l'indique
la brochure, un calcaire mélangé de silice dans des pro-
portions très-variables, à tel point qus dans quelques
parties le sable domine la chaux; mais à partir de la
pointe est de ce golfe, la roche est un grès à gros
grains avec ciment calcaire. La commission internatio-
nale qui a parcouru toute la côte, depuis le golfe des
Arabes jusque près d'Aboukir, a recueilli des sables
siliceux tout le long de cette plage.
» Le capitaine Spratt ne conteste pas l'existence du
grand banc de sable siliceux qui occupe la moitié de
la rade d'Alexandrie et qui est figuré sur toutes les
cartes marines, ni le fait de l'ensablement rapide du
port Neuf. Il a passé sous silence cette partie de l'avant-
projet, parce qu'il lui aurait été difficile d'expliquer
comment les sables du Nil sont venus remonter contre
les vents régnants et les courants jusque dans la rade
d'Alexandrie, puisqu'il constate dans son rapport que
les dépôts du Nil n'atteignent pas à l'ouest la pointe d'A-
boukir.
» Il reconnaît que les bancs de sable qu'on rencontre
sur la côte sont composés de grains aussi gros que la
graine de moutarde. Or, tous les sondages que nous avons
faits dans le lit du Nil et dans la vallée, jusqu'à 20 ki-
lomètres au-dessus de l'embouchure du Nil dans ses
deux branches, ne nous ont fourni que de la vase et
du sable vaseux. Il est vrai que plus haut, à la tête du
Deita, on trouve dans le lit du Nil des sables qui ont
presque la même grosseur que ceux de la côte ; mais
ils n'ont pas la même couleur, ils sont plus jaunes.
» Lorsque la corvette égyptienne Yand Becker est allée
stationner tout l'hiver de 1856 dans la rade de Péluse,
sur une profondeur de 8 mètres, chaque fois qu'elle a
relevé ses ancres, celles-ci ont constamment ramené
de la vase argileuse, de même que toute la partie basse
du Delta est formée d'une terre argileuse très-com-
pacte. Cependant le capitaine Spratt prétend que l'in-
fluence des sables du Nil s'étend jusqu'à la profondeur
de 10 à 15 brasses, de même que dans le Delta, as-
sure-t-il, on ne peut faire de bonnes briques par suite
de la trop grande portion de sable que contient la terre.
Il y a ici une double confusion qu'il importe d'éclaircir.
# On sait que les argiles de transport sont formées
principalement de silice et d'alumine dans des propor-
tions variables, et que l'analyse quantitative s'obtient
en agitant dans un vase d'eau un poids déterminé de
cette matière. La silice, plus dense que l'alumine, se
précipite au fond et reste isolée par le décantage. C'est
ce que le capitaine Spratt a fait avec des vases argi-
leuses qu'il a extraites du fond de la mer, et tant qu'il
a trouvé de la silice dans cette argile, il s'est cru en
droit de conclure que ce sable provenait du Nil.
» Pour savoir ce qu'il y a de vrai et de faux dans
cette appréciation, il faut se rappeler que le Nil, comme
l'Adour et tous 1rs grands fleuves en général, ne trans-
porte à la mer que des matières limoneuses d'une té-
nuité extrême, et qui se trouvent comme en dissolution
plutôt qu'en suspension dans l'eau à cause de leurs af-
finités.
» Ces matières sont transportées au loin dans la mer
et vont se déposer dans les grandes profondeurs où l'ac-
tion des lames ne se fait plus sentir. Leur composition
n'est pas différente de celle du sol de la vallée dans sa
partie littorale, c'est-à-dire silice et alumine réduites à
une grande ténuité, puisqu'elles le déposent en même
temps et ne forment qu'une même masse. Il est cer-
tain qu'à l'époque des crues du Nil la mer est fortement
colorée le long de la côte par les troubles du fleuve, et
que cette coloration se fait encore apercevoir à 30 milles
au large, ainsi que les marins et les voyageurs l'ont
constaté. Il est très-probable que plus les troubles se
déposent au loin, et plus la proportion de silice di-
minue, parce que ce sont les matières les plus ténues,
et, si on peut s'exprimer ainsi, les plus fluides qui
restent soumises le plus longtemps à l'action du fleuve.
» On peut donc admettre à la rigueur que les vases
que l'on commence à rencontrer à la profondeur de 8
mètres proviennent en partie du fleuve et qu'elles varient
dans une proportion plus ou moins grande de silice
suivant leur distance du rivage, sans en conclure que
la plage sablonneuse à gros grains soit un produit du
Nil, qui ne transporte que des matières limoneuses.
D Mais la preuve la plus flagrante que les sables de
la plage, pas plus que le fond vaseux de la rade, ne
sont des matières fluviales, c'est qu'on trouve les mê-
mes sables et les mêmes vases dans la baie de Suez.
Or, aucun fleuve ne débouche dans la rade de Suez, ni
même dans toute l'étendue de la mer Rouge. La pré-
sence du Nil n'est donc pas nécessaire pour produire
les phénomènes qu'on remarque dans la baie de Péluse.
» Pour ce qui est des briques, M. Spratt a confondu
celles qui se fabriquent dans la partie supérieure du
Delta et qui sont en effet d'une argile sablonneuse,
avec celles qui proviennent des environs de Rosette e
de Damiette dans les parties basses du Delta. Celles-ci
de coraux, de coquillages. Les sables siliceux qui en-
combrent le rivage d'Egypte sont donc les alluvions du
Nil réparties par les vents et les courants sur toute la
côte, depuis Aboukir jusqu'en Syrie. C'est en vain,
ajoute-t-il, qu'on voudrait considérer ces sables sili-
ceux comme le résultat de l'érosion des côtes à l'ouest
du Nil, car il a constaté que les roches qui forment la
côte depuis Aboukir jusqu'au golfe des Arabes, sont
silico-calcaires (calcareous sandstone),
» Tel est l'exposé de la brochure que nous avons à
examiner et que le capitaine Spratt cherche à justifier
par un certain nombre d'expériences et de faits qu'il a
recueillis sur les lieux ; c'est en discutant ces expérien-
ces et ces faits que nous arrivons à une conclusion dia-
métralement opposée à la sienne.
» Sur la carte jointe à la brochure, les fonds sablon-
neux de la mer s'arrêtent à la pointe d'Aboukir, et de
ce lieu à Alexandrie il n'y a plus que des dépôts ma-
rins. Cependant la plage entre ces deux points est
tout entière composée de sable siliceux qui s'étend jus-
qu'à une certaine distance en mer, et le terrain lui-
même qui s'étend derrière cette plage porte le nom
arabe de Raudé, c'est-à-dire sable. Cette première inexac-
titude devait être signalée, parce qu'elle indique l'es-
prit dans lequel a été conçu le rapport de l'officier an-
glais.
» Les roches qui forment la côte à l'ouest d'Aboukir
jusqu'au golfe des Arabes, sont bien, comme l'indique
la brochure, un calcaire mélangé de silice dans des pro-
portions très-variables, à tel point qus dans quelques
parties le sable domine la chaux; mais à partir de la
pointe est de ce golfe, la roche est un grès à gros
grains avec ciment calcaire. La commission internatio-
nale qui a parcouru toute la côte, depuis le golfe des
Arabes jusque près d'Aboukir, a recueilli des sables
siliceux tout le long de cette plage.
» Le capitaine Spratt ne conteste pas l'existence du
grand banc de sable siliceux qui occupe la moitié de
la rade d'Alexandrie et qui est figuré sur toutes les
cartes marines, ni le fait de l'ensablement rapide du
port Neuf. Il a passé sous silence cette partie de l'avant-
projet, parce qu'il lui aurait été difficile d'expliquer
comment les sables du Nil sont venus remonter contre
les vents régnants et les courants jusque dans la rade
d'Alexandrie, puisqu'il constate dans son rapport que
les dépôts du Nil n'atteignent pas à l'ouest la pointe d'A-
boukir.
» Il reconnaît que les bancs de sable qu'on rencontre
sur la côte sont composés de grains aussi gros que la
graine de moutarde. Or, tous les sondages que nous avons
faits dans le lit du Nil et dans la vallée, jusqu'à 20 ki-
lomètres au-dessus de l'embouchure du Nil dans ses
deux branches, ne nous ont fourni que de la vase et
du sable vaseux. Il est vrai que plus haut, à la tête du
Deita, on trouve dans le lit du Nil des sables qui ont
presque la même grosseur que ceux de la côte ; mais
ils n'ont pas la même couleur, ils sont plus jaunes.
» Lorsque la corvette égyptienne Yand Becker est allée
stationner tout l'hiver de 1856 dans la rade de Péluse,
sur une profondeur de 8 mètres, chaque fois qu'elle a
relevé ses ancres, celles-ci ont constamment ramené
de la vase argileuse, de même que toute la partie basse
du Delta est formée d'une terre argileuse très-com-
pacte. Cependant le capitaine Spratt prétend que l'in-
fluence des sables du Nil s'étend jusqu'à la profondeur
de 10 à 15 brasses, de même que dans le Delta, as-
sure-t-il, on ne peut faire de bonnes briques par suite
de la trop grande portion de sable que contient la terre.
Il y a ici une double confusion qu'il importe d'éclaircir.
# On sait que les argiles de transport sont formées
principalement de silice et d'alumine dans des propor-
tions variables, et que l'analyse quantitative s'obtient
en agitant dans un vase d'eau un poids déterminé de
cette matière. La silice, plus dense que l'alumine, se
précipite au fond et reste isolée par le décantage. C'est
ce que le capitaine Spratt a fait avec des vases argi-
leuses qu'il a extraites du fond de la mer, et tant qu'il
a trouvé de la silice dans cette argile, il s'est cru en
droit de conclure que ce sable provenait du Nil.
» Pour savoir ce qu'il y a de vrai et de faux dans
cette appréciation, il faut se rappeler que le Nil, comme
l'Adour et tous 1rs grands fleuves en général, ne trans-
porte à la mer que des matières limoneuses d'une té-
nuité extrême, et qui se trouvent comme en dissolution
plutôt qu'en suspension dans l'eau à cause de leurs af-
finités.
» Ces matières sont transportées au loin dans la mer
et vont se déposer dans les grandes profondeurs où l'ac-
tion des lames ne se fait plus sentir. Leur composition
n'est pas différente de celle du sol de la vallée dans sa
partie littorale, c'est-à-dire silice et alumine réduites à
une grande ténuité, puisqu'elles le déposent en même
temps et ne forment qu'une même masse. Il est cer-
tain qu'à l'époque des crues du Nil la mer est fortement
colorée le long de la côte par les troubles du fleuve, et
que cette coloration se fait encore apercevoir à 30 milles
au large, ainsi que les marins et les voyageurs l'ont
constaté. Il est très-probable que plus les troubles se
déposent au loin, et plus la proportion de silice di-
minue, parce que ce sont les matières les plus ténues,
et, si on peut s'exprimer ainsi, les plus fluides qui
restent soumises le plus longtemps à l'action du fleuve.
» On peut donc admettre à la rigueur que les vases
que l'on commence à rencontrer à la profondeur de 8
mètres proviennent en partie du fleuve et qu'elles varient
dans une proportion plus ou moins grande de silice
suivant leur distance du rivage, sans en conclure que
la plage sablonneuse à gros grains soit un produit du
Nil, qui ne transporte que des matières limoneuses.
D Mais la preuve la plus flagrante que les sables de
la plage, pas plus que le fond vaseux de la rade, ne
sont des matières fluviales, c'est qu'on trouve les mê-
mes sables et les mêmes vases dans la baie de Suez.
Or, aucun fleuve ne débouche dans la rade de Suez, ni
même dans toute l'étendue de la mer Rouge. La pré-
sence du Nil n'est donc pas nécessaire pour produire
les phénomènes qu'on remarque dans la baie de Péluse.
» Pour ce qui est des briques, M. Spratt a confondu
celles qui se fabriquent dans la partie supérieure du
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