Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-04-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 avril 1860 15 avril 1860
Description : 1860/04/15 (A5,N92). 1860/04/15 (A5,N92).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k65299582
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
128 L'ISTHME DE SUEZ.
feu et le pillage des plus riches églises de l'Abyssinie,
attaqua sans succès l'armée des Maures ; ses troupes
furent taillées en pièces.
En 1536, vingt-huitième année de son règne, Da-
vid traversa le Tacazzé et eut plusieurs rencontres
désastreuses avec les habitants du Siré et du Se-
rawé.
Le 7 mars, Ammer, un des lieutenants de Gragné,
surprit et tua le prince Victor, fils aîné du roi, qui
allait joindre son père, et dispersa son armée. Trois
jours après, le roi combattait en personne l'armée
d'Ammer à Zaat; mais il fut encore vaincu, et le plus
jeune de ses fils, le prince Menas, fait prisonnier.
Le roi, resté presque seul, alla se réfugier dans les
rochers de la haute montagne de Tsalem ; mais il y
fut encore poursuivi et n'échappa à l'ennemi qu'en
traversant à la nage le Tacazzé. Il se retira alors
sur le Tabar, montagne de la province de Siré, où
il demeura tout l'hiver.
La constance admirable de David, qui seul semblait
ne pas désespérer de sa cause, étonnait à la fois ses
amis et ses ennemis. Aussi tous les braves soldats
qui avaient pu échapper aux troupes maures répan-
dues autour de la montagne où était le roi, n'hési-
tèrent pas à se rendre auprès de ce prince, et il se
trouva bientôt à la tête d'une armée, peu nombreuse
il est vrai, mais d'une valeur à toute épreuve.
Un lieutenant d'Ammer, Achmet-Eddin, voulut
alors traverser la province de Siré, chargé des dé-
pouilles des églises et des villes qu'il avait pilleés.Le
Roi fondit tout à coup sur lui du haut de la montagne,
le surprit, le tua de sa propre main et le laissa, avec
tous les siens, étendu sur le champ de bataille.
La mort d'Ammer donna quelque repos à David.
L'abouna Marc, vieux et infirme, n'ayant plus de rap-
ports avec l'Egypte depuis la conquête des Turcs,
était devenu assez indifférent pour l'église du Caire;
quelque temps avant sa mort, il désigna, à la prière
du roi, pour son successeur un prêtre portugais
nommé Juan Bermudes.
Juan consentit à accepter le patriarcat d'Abyssi-
nie, à la condition toutefois que le pape l'approuve-
rait, et il partit pour Rome en traversant l'Arabie et
l'Egypte. Paul III, alors pape, lui confirma non-seu-
lement le patriarcat d'Abyssinie, mais lui donna
aussi celui d'Alexandrie et le titre de patriarche de
la mer. Il y avait douze ans que Zaga-Zaab était
parti pour le Portugal ; on n'entendait plus parler de
lui. Juan Bermudes n'avait pas seulement une mis-
sion auprès du pape, il était aussi l'ambassadeur
de David à la cour du Portugal, chargé de ré-
clamer des secours contre les ennemis menaçant
l'Abyssinie d'une ruine prochaine.
Pendant que David se maintenait au nord de
l'Abyssinie, une catastrophe terrible ensanglanta le
midi.
Le visirMudgid surprit dans la montagne de Gessem
la famille royale, la fit prisonnière, et passa au fil
de l'épée, sans distinction d'âge ni de sexe, tous ses
défenseurs. Ce fut en 1540 qu'arriva ce terrible évé-
nement. Les malheurs de David étaient alors à leur
comble ; il mourut la même année.
La chute de l'empire d'Abyssinie semblait inévi-
table. La famine et la peste, suite ordinaire en
Orient des guerres prolongées, ravageaient le pays
et emportaient ceux que le fer avait épargnés.
Claudius, encore très-jeune, monta sur le trône de
David, son père, dans un temps où l'empire semblait
devoir plus que jamais avoir besoin d'une main ferme
et expérimentée. Mais Claudius possédait des grâces
et une affabilité qui, à la première vue, lui ga-
gnaient tous les cœurs. Sa mère, Sabel Venghel,
célèbre par sa sagesse et son courage, l'avait élevé
elle-même avec le plus grand soin.
Les Maures se félicitèrent de n'avoir plus affaire
qu'à un jeune homme à peine sorti de la tutelle des
femmes. Tous les chefs musulmans s'empressèrent de
former une ligue contre Claudius. Ils levèrent de
nouvelles troupes dans toutes les provinces qui leur
étaient soumises.
Le jeune roi réunit les débris des armées de son
père, marcha contre les confédérés, les battit dans
plusieurs rencontres, et répandit la terreur parmi,
eux.
Les succès de Claudius soutinrent le courage des
Abyssiniens et leur inspirèrent une confiance allant
jusqu'à l'enthousiasme. Tous ceux qui avaient com-
battu sous son père se hâtèrent de se rendre auprès
de lui. Les Agow de Lasta surtout descendirent en
foule de leurs montagnes escarpées.
Claudius marcha de nouveau contre les Maures.
Il détruisit un corps d'armée commandé par un gé-
néral très-expérimenté nommé Jonathan. Ce général
tomba lui-même sous le fer des Abyssiniens.
Le roi était dans le pays de Samen, voisin de la
province de Lasta. Il traversa le Tacazzé afin de se
rapprocher des districts où l'armée des confédérés
était cantonnée.
Une bataille fut livrée, le 24 avril 1541, contre
Ammer, général en chef des confédérés. Claudius
s'était mis en embuscade dans un chemin qui devait
couper la retraite à Ammer, dont l'armée fut anéantie.
(La fin au prochain numéro.)
Le Gérant : ERNEST DESPLACES.
PARIS. IMPRIMERIE CENTRALE DE NAPOLÉON CBAIX E! C*, ! LE IIERGiaE, 20
feu et le pillage des plus riches églises de l'Abyssinie,
attaqua sans succès l'armée des Maures ; ses troupes
furent taillées en pièces.
En 1536, vingt-huitième année de son règne, Da-
vid traversa le Tacazzé et eut plusieurs rencontres
désastreuses avec les habitants du Siré et du Se-
rawé.
Le 7 mars, Ammer, un des lieutenants de Gragné,
surprit et tua le prince Victor, fils aîné du roi, qui
allait joindre son père, et dispersa son armée. Trois
jours après, le roi combattait en personne l'armée
d'Ammer à Zaat; mais il fut encore vaincu, et le plus
jeune de ses fils, le prince Menas, fait prisonnier.
Le roi, resté presque seul, alla se réfugier dans les
rochers de la haute montagne de Tsalem ; mais il y
fut encore poursuivi et n'échappa à l'ennemi qu'en
traversant à la nage le Tacazzé. Il se retira alors
sur le Tabar, montagne de la province de Siré, où
il demeura tout l'hiver.
La constance admirable de David, qui seul semblait
ne pas désespérer de sa cause, étonnait à la fois ses
amis et ses ennemis. Aussi tous les braves soldats
qui avaient pu échapper aux troupes maures répan-
dues autour de la montagne où était le roi, n'hési-
tèrent pas à se rendre auprès de ce prince, et il se
trouva bientôt à la tête d'une armée, peu nombreuse
il est vrai, mais d'une valeur à toute épreuve.
Un lieutenant d'Ammer, Achmet-Eddin, voulut
alors traverser la province de Siré, chargé des dé-
pouilles des églises et des villes qu'il avait pilleés.Le
Roi fondit tout à coup sur lui du haut de la montagne,
le surprit, le tua de sa propre main et le laissa, avec
tous les siens, étendu sur le champ de bataille.
La mort d'Ammer donna quelque repos à David.
L'abouna Marc, vieux et infirme, n'ayant plus de rap-
ports avec l'Egypte depuis la conquête des Turcs,
était devenu assez indifférent pour l'église du Caire;
quelque temps avant sa mort, il désigna, à la prière
du roi, pour son successeur un prêtre portugais
nommé Juan Bermudes.
Juan consentit à accepter le patriarcat d'Abyssi-
nie, à la condition toutefois que le pape l'approuve-
rait, et il partit pour Rome en traversant l'Arabie et
l'Egypte. Paul III, alors pape, lui confirma non-seu-
lement le patriarcat d'Abyssinie, mais lui donna
aussi celui d'Alexandrie et le titre de patriarche de
la mer. Il y avait douze ans que Zaga-Zaab était
parti pour le Portugal ; on n'entendait plus parler de
lui. Juan Bermudes n'avait pas seulement une mis-
sion auprès du pape, il était aussi l'ambassadeur
de David à la cour du Portugal, chargé de ré-
clamer des secours contre les ennemis menaçant
l'Abyssinie d'une ruine prochaine.
Pendant que David se maintenait au nord de
l'Abyssinie, une catastrophe terrible ensanglanta le
midi.
Le visirMudgid surprit dans la montagne de Gessem
la famille royale, la fit prisonnière, et passa au fil
de l'épée, sans distinction d'âge ni de sexe, tous ses
défenseurs. Ce fut en 1540 qu'arriva ce terrible évé-
nement. Les malheurs de David étaient alors à leur
comble ; il mourut la même année.
La chute de l'empire d'Abyssinie semblait inévi-
table. La famine et la peste, suite ordinaire en
Orient des guerres prolongées, ravageaient le pays
et emportaient ceux que le fer avait épargnés.
Claudius, encore très-jeune, monta sur le trône de
David, son père, dans un temps où l'empire semblait
devoir plus que jamais avoir besoin d'une main ferme
et expérimentée. Mais Claudius possédait des grâces
et une affabilité qui, à la première vue, lui ga-
gnaient tous les cœurs. Sa mère, Sabel Venghel,
célèbre par sa sagesse et son courage, l'avait élevé
elle-même avec le plus grand soin.
Les Maures se félicitèrent de n'avoir plus affaire
qu'à un jeune homme à peine sorti de la tutelle des
femmes. Tous les chefs musulmans s'empressèrent de
former une ligue contre Claudius. Ils levèrent de
nouvelles troupes dans toutes les provinces qui leur
étaient soumises.
Le jeune roi réunit les débris des armées de son
père, marcha contre les confédérés, les battit dans
plusieurs rencontres, et répandit la terreur parmi,
eux.
Les succès de Claudius soutinrent le courage des
Abyssiniens et leur inspirèrent une confiance allant
jusqu'à l'enthousiasme. Tous ceux qui avaient com-
battu sous son père se hâtèrent de se rendre auprès
de lui. Les Agow de Lasta surtout descendirent en
foule de leurs montagnes escarpées.
Claudius marcha de nouveau contre les Maures.
Il détruisit un corps d'armée commandé par un gé-
néral très-expérimenté nommé Jonathan. Ce général
tomba lui-même sous le fer des Abyssiniens.
Le roi était dans le pays de Samen, voisin de la
province de Lasta. Il traversa le Tacazzé afin de se
rapprocher des districts où l'armée des confédérés
était cantonnée.
Une bataille fut livrée, le 24 avril 1541, contre
Ammer, général en chef des confédérés. Claudius
s'était mis en embuscade dans un chemin qui devait
couper la retraite à Ammer, dont l'armée fut anéantie.
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