Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1860-04-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 avril 1860 15 avril 1860
Description : 1860/04/15 (A5,N92). 1860/04/15 (A5,N92).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k65299582
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 125
Les voyageurs portugais se rendirent à Alexandrie,
au Caire, à Suez et à Aden. Là ils se séparèrent.
Covillan se dirigea vers Calicut et Goa ; de là, tra-
versant l'océan Indien, il alla visiter les mines de
Sofala. A son retour à Aden et au Caire, où il devait
rencontrer son compagnon Païva, il reçut la nouvelle
de sa mort.
Il fut rejoint au Caire par deux juifs, Abraham et
Joseph, qui lui apportaient des lettres du roi d'Abys-
sinie.
Covillan se rendit enfin dans les États du roi
d'Abyssinie. Ce prince, nommé Alexandre, le reçut
avec bonté et le garda à sa cour. L'ambassadeur se
maria dans le pays, et conservant sa faveur sous
différents princes, il parvint aux premiers emplois.
Il écrivit fréquemment au roi de Portugal, qui de son
côté n'épargna rien pour entretenir avec lui une
active correspondance. Dans le journal que Covillan
envoya à son souverain, il décrivit avec soin les
différents ports de l'Inde qu'il avait vus, la situation
et la richesse des mines de Sofala en Afrique, au nord
du cap de Bonne-Espérance, et il l'exhortait, tant en
son nom qu'au nom du roi d'Abyssinie, à poursuivre
avec vigueur la découverte d'un passage par le sud
de l'Afrique, passage qu'il soutenait être sans danger.
Il assura que le cap était connu dans l'Inde et en
Abyssinie, enfin il envoya une carte sur laquelle le
promontoire était bien tracé, ainsi que toutes les
villes qui bordaient la côte voisine.
Muni de ces instructions, le roi de Portugal fit
armer trois vaisseaux dont il donna le commande-
ment à Barthélemy Diaz. L'escadre de Diaz atteignit
le cap redoutable, objet des désirs et en même temps
de l'épouvante de ses marins ; mais lorsque Diaz
voulut se rapprocher de la terre, les équipages effrayés
par des vents violents et par une mer furieuse, refu-
sèrent d'aller plus loin.
Les marins, dont les visages étaient hâlés par une
longue navigation et par l'ardeur du soleil, crai-
gnaient réellement de devenir nègres. Toutes les
fables dont on les avait menacés avant leur départ
leur apparaissaient comme des réalités. Diaz fut
obligé de se contenter de la vue du cap des Tempêtes,
et au lieu de le doubler, il revint en Portugal où,
pendant le reste de la vie du roi, on ne cessa de
parler des dangers de l'expédition.
Pour détourner la cour de la poursuite de sa gé-
néreuse entreprise, beaucoup de gens puissants et
même des envoyés de souverains étrangers ap-
puyaient sur des motifs de haute politique leur op-
position au renouvellement de la tentative de Barthé-
lemy Diaz. Ils disaient, absolument comme on le dit
aujourd'hui pour le percement de l'isthme de Suez,
d'abord que l'entreprise était impossible, et ensuite
que sa réussite devant changer les rapports généraux
du commerce, les nations en possession exclusive du
commerce des Indes se réuniraient pour faire une
guerre d'extermination au Portugal.
Le prince Henri n'était plus là pour répondre aux
objections contradictoires et aux perfides insinua-
tions, et après lui s'était ralenti en Portugal l'esprit
d'entreprises et de découvertes maritimes.
Mais plus tard le roi don Emmanuel, écartant de
vaines terreurs, résolut de suivre le noble projet de
ses prédécesseurs. Il jeta les yeux sur Vasco de Gama,
homme distingué par son courage, par son carac-
tère et par sa présence d'esprit. Il lui remit le journal
et la carte de Pedro Covillan, ainsi que des lettres
pour les princes indiens et africains dont il avait
entendu parler.
Le 14 juillet 1497, Gama partit de Lisbonne avec
une petite flotte, et le 18 novembre il découvrit le
cap des Tempêtes. Mais les bâtiments étaient telle-
ment battus par la tourmente que les matelots refu-
saient d'aller plus loin. Les impressions du voyage de
Diaz étaient plus fortes sur leur esprit que l'obéissance
et la résignation qu'ils avaient solennellement promises
à la chapelle de la Vierge où Vasco les avait amenés en
procession avant son départ de Lisbonne. Ils se révol-
tèrent ouvertement; les pilotes eux-mêmes étaient à
< la tête des mutins. Mais Vasco, secondé par ses offi-
ciers, s'empara des chefs de la révolte, et les jeta,
chargés de fers, à fond de cale. Il prit lui-même en
main la barre du gouvernail, et, s'écartant de terre,
il gagna la pleine mer, au g'rand étonnement de
ses plus braves compagnons. La tempête dura encore
deux jours ; le 20, l'amiral avait eu l'honneur de
doubler le cap. Dans ce moment de triomphe, les
trompettes et les tambours se firent entendre. Vasco
rendit la liberté aux prisonniers, leur permit toutes
sortes de réjouissances, et les fit convenir que le cap
si redouté devait justement être appelé le cap de
Bonne-Espérance.
L'amiral débarqua avec Martin Alonso, qui parlait
plusieurs langues des nègres, sur la Terra de IVatal,
où il fut parfaitement accueilli par le roi et par les
indigènes.
Le 15 janvier 1498, après avoir renouvelé sa pro-
vision d'eau, que les nègres eux-mêmes aidèrent
à mettre à bord, Gama quitta cette nation douce
et hospitalière et s'avança jusqu'à un cap qu'il-
nomma le cap des Courants. Là commence la côte de
Natal; celle de Sofala est plus au nord. Gama, en
venant du midi au cap des Courants, arriva précisé-
ment au même endroit que Covillan, de sorte que ces
Portugais avaient fait à eux deux le tour entier de
l'Afrique.
David III, deuxième successeur d'Alexandre, monta
sur le trône, en 1508, à l'âge de douze ans. La reine ré-
gente Héléna et l'évêque Marc (l'Abouna), son favori,
prirent les rênes du gouvernement de l'Abyssinie, qui
commençait à être vivement inquiétée par les rois mu-
Les voyageurs portugais se rendirent à Alexandrie,
au Caire, à Suez et à Aden. Là ils se séparèrent.
Covillan se dirigea vers Calicut et Goa ; de là, tra-
versant l'océan Indien, il alla visiter les mines de
Sofala. A son retour à Aden et au Caire, où il devait
rencontrer son compagnon Païva, il reçut la nouvelle
de sa mort.
Il fut rejoint au Caire par deux juifs, Abraham et
Joseph, qui lui apportaient des lettres du roi d'Abys-
sinie.
Covillan se rendit enfin dans les États du roi
d'Abyssinie. Ce prince, nommé Alexandre, le reçut
avec bonté et le garda à sa cour. L'ambassadeur se
maria dans le pays, et conservant sa faveur sous
différents princes, il parvint aux premiers emplois.
Il écrivit fréquemment au roi de Portugal, qui de son
côté n'épargna rien pour entretenir avec lui une
active correspondance. Dans le journal que Covillan
envoya à son souverain, il décrivit avec soin les
différents ports de l'Inde qu'il avait vus, la situation
et la richesse des mines de Sofala en Afrique, au nord
du cap de Bonne-Espérance, et il l'exhortait, tant en
son nom qu'au nom du roi d'Abyssinie, à poursuivre
avec vigueur la découverte d'un passage par le sud
de l'Afrique, passage qu'il soutenait être sans danger.
Il assura que le cap était connu dans l'Inde et en
Abyssinie, enfin il envoya une carte sur laquelle le
promontoire était bien tracé, ainsi que toutes les
villes qui bordaient la côte voisine.
Muni de ces instructions, le roi de Portugal fit
armer trois vaisseaux dont il donna le commande-
ment à Barthélemy Diaz. L'escadre de Diaz atteignit
le cap redoutable, objet des désirs et en même temps
de l'épouvante de ses marins ; mais lorsque Diaz
voulut se rapprocher de la terre, les équipages effrayés
par des vents violents et par une mer furieuse, refu-
sèrent d'aller plus loin.
Les marins, dont les visages étaient hâlés par une
longue navigation et par l'ardeur du soleil, crai-
gnaient réellement de devenir nègres. Toutes les
fables dont on les avait menacés avant leur départ
leur apparaissaient comme des réalités. Diaz fut
obligé de se contenter de la vue du cap des Tempêtes,
et au lieu de le doubler, il revint en Portugal où,
pendant le reste de la vie du roi, on ne cessa de
parler des dangers de l'expédition.
Pour détourner la cour de la poursuite de sa gé-
néreuse entreprise, beaucoup de gens puissants et
même des envoyés de souverains étrangers ap-
puyaient sur des motifs de haute politique leur op-
position au renouvellement de la tentative de Barthé-
lemy Diaz. Ils disaient, absolument comme on le dit
aujourd'hui pour le percement de l'isthme de Suez,
d'abord que l'entreprise était impossible, et ensuite
que sa réussite devant changer les rapports généraux
du commerce, les nations en possession exclusive du
commerce des Indes se réuniraient pour faire une
guerre d'extermination au Portugal.
Le prince Henri n'était plus là pour répondre aux
objections contradictoires et aux perfides insinua-
tions, et après lui s'était ralenti en Portugal l'esprit
d'entreprises et de découvertes maritimes.
Mais plus tard le roi don Emmanuel, écartant de
vaines terreurs, résolut de suivre le noble projet de
ses prédécesseurs. Il jeta les yeux sur Vasco de Gama,
homme distingué par son courage, par son carac-
tère et par sa présence d'esprit. Il lui remit le journal
et la carte de Pedro Covillan, ainsi que des lettres
pour les princes indiens et africains dont il avait
entendu parler.
Le 14 juillet 1497, Gama partit de Lisbonne avec
une petite flotte, et le 18 novembre il découvrit le
cap des Tempêtes. Mais les bâtiments étaient telle-
ment battus par la tourmente que les matelots refu-
saient d'aller plus loin. Les impressions du voyage de
Diaz étaient plus fortes sur leur esprit que l'obéissance
et la résignation qu'ils avaient solennellement promises
à la chapelle de la Vierge où Vasco les avait amenés en
procession avant son départ de Lisbonne. Ils se révol-
tèrent ouvertement; les pilotes eux-mêmes étaient à
< la tête des mutins. Mais Vasco, secondé par ses offi-
ciers, s'empara des chefs de la révolte, et les jeta,
chargés de fers, à fond de cale. Il prit lui-même en
main la barre du gouvernail, et, s'écartant de terre,
il gagna la pleine mer, au g'rand étonnement de
ses plus braves compagnons. La tempête dura encore
deux jours ; le 20, l'amiral avait eu l'honneur de
doubler le cap. Dans ce moment de triomphe, les
trompettes et les tambours se firent entendre. Vasco
rendit la liberté aux prisonniers, leur permit toutes
sortes de réjouissances, et les fit convenir que le cap
si redouté devait justement être appelé le cap de
Bonne-Espérance.
L'amiral débarqua avec Martin Alonso, qui parlait
plusieurs langues des nègres, sur la Terra de IVatal,
où il fut parfaitement accueilli par le roi et par les
indigènes.
Le 15 janvier 1498, après avoir renouvelé sa pro-
vision d'eau, que les nègres eux-mêmes aidèrent
à mettre à bord, Gama quitta cette nation douce
et hospitalière et s'avança jusqu'à un cap qu'il-
nomma le cap des Courants. Là commence la côte de
Natal; celle de Sofala est plus au nord. Gama, en
venant du midi au cap des Courants, arriva précisé-
ment au même endroit que Covillan, de sorte que ces
Portugais avaient fait à eux deux le tour entier de
l'Afrique.
David III, deuxième successeur d'Alexandre, monta
sur le trône, en 1508, à l'âge de douze ans. La reine ré-
gente Héléna et l'évêque Marc (l'Abouna), son favori,
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