Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1859-10-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 octobre 1859 15 octobre 1859
Description : 1859/10/15 (A4,N80). 1859/10/15 (A4,N80).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529515x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
316 L'ISTHME DE SUEZ,
européennes; l'Angleterre et la France vont aller dé-
finitivement planter au sein de ces barbares leurs
drapeau civilisateur; déjà l'intercourse entre les
mers orientales et les nôtres a pris un développe-
ment inespéré, et ce n'est encore qu'un développe-
ment naissant, Comment peut-on supposer qu'une
route abrégeant de 3,000 lieues la distance qui nous
sépare de ces vastes marchés ne serait pas égale-
ment avantageuse et au monde qui l'attend et à la
compagnie qui participera proportionnellement à ses
lééfic?
ERNEST DESPLACES.
LA MACHINE CRÉÉE POUR LE DÉBLAIS DE L'ISTHME.
Le Monde illustré a publié dans l'un de ses derniers
numéros un charmant dessin exact et simple repré-
sentant la machine à draguer qui doit être employée
dans les opération du percement de l'isthme de Suez.
Ce dessin est accompagné et expliqué par la note
suivante :
Dans la partie de la Seine qui longe à droite le bois
de Boulogne et Saint-James, et à gauche de l'île de
Neuilly, on essaie en ce moment plusieurs moyens de
creuser le lit du fleuve en portant simultanément le gra-
vier à une assez grande distance de la rive. Le but que
l'on se propose est d'économiser le temps et les bras
en faisant le plus de besogne possible. La machine dont
nous donnons le croquis est celle qui paraît jusqu'à pré-
sent devoir réunir le plus d'avantages. M. de Lesseps,
dont tous les instants sont aujourd'hui consacrés au
grand œuvre du percement de l'isthme, en est l'inven-
teur. Cet appareil consiste en une drague ordinaire
comme toutes celles employées en France; une puis-
sante machine à vapeur fait mouvoir une roue dentée
qui entraîne dans sa rotation une chaîne sans fin ; cette
chaîne porte des augets qui vont tour à tour s'emplir
au fond du fleuve, et se vident ensuite dans un vaste
entonnoir situé à la partie supérieure. Pour porter au
loin le gravier sortant de l'eau, on a imaginé une pou-
tre en fonte, composée de deux bâtis parallèles entre
lesquels tournent deux rouleaux ; ces rouleaux portent
une toile goudronnée sans fin, qui prend le gravier à sa
sortie de l'entonnoir, et va le porter à une distance de
trente mètres; le mouvement est donné à ces rouleaux
au moyen d'une courroie et de deux pignons d'angle
marchant par la machine de la drague.
Pour porter le sable à des distances plus éloignées
encore, on n'a qu'à ajouter à la première toile de trente
mètres une seconde toile ; ce tablier roule également
sur des rouleaux entre deux poutres parallèles ; ces
poutres sont suspendues à deux chèvres très-élevées,
fixées elles-mêmes sur un plateau de charpente qui
peut se déplacer au moyen de roues et de treuils au fur
et à mesure que le creusage avance. Les palans qui
supportent les poutres permettent de- donner plus ou
moins d'inclinaison à l'appareil. Une machine locomo-
bile est spécialement chargée de faire marcher cette
longue toile au moyen de courroies de transmission.
On voit sur le dessin les deux machines réunies et en
marche.
Si les essais ont, comme on le suppose, un résulta
heureux, on établira sur l'isthme un grand nombre de
ces appareils, et le percement sera loin d'avoir la durée
qu'on avait d'abord supposée.
ÉMILE BoinDELIN.
LE MUSÉE DU CAIRE.
Le nom de M. Mariette est très-connu dans le monde
des sciences et des arts. Ce jeune et savant archéologue
fouille depuis plusieurs années le sol de l'Égypte, et le
musée du Louvre possède de précieux vestiges que sa
persévérance est parvenue à arracher à la poussière so-
lidifiée dont les siècles les avaient couverts.
Mais, en le voyant opérer avec autant d'activité et de
bonheur, le vice-roi d'Égypte se mit à penser qu'il était
bien bon de laisser ainsi dépouiller son pays au profit
des collectionneurs et des curieux de l'Europe. Il avait
l'intention de faire élever au Caire une construction
assez semblable à notre palais de l'industrie; il était
tout naturel de conserver pour les étagères de ce musée
des antiquités égyptiennes tout ce que l'on arracherait
aux entrailles du sol et aux ruines du désert.
Sur ces entrefaites, l'heureux M. Mariette mit la main
sur le tombeau d'une reine, d'une princesse ou de quel-
que opulente financière des temps archaïques. Quand
on l'ouvrit, on trouva près de la momie de la défunte une
foule d'objets, de costumes, d'ornements d'une grande
valeur comme matière, d'une plus grande valeur encore
sous le rapport de l'élégance, du goût et du travail.
Ne rions donc pas de l'usage, admis chez les anciens,
de placer près des morts les objets qui avaient pu leur
être utiles ou agréables pendant leur vie. Nous lui de-
vons les spécimens de toutes sortes qui ornent aujour-
d'hui nos collections les plus précieuses; les témoignages
d'une civilisation, d'une industrie qui ont produit des
merveilles.
La découverte inattendue de l'archéologue français
fut destinée au musée futur du Caire ; mais quelques
objets avaient besoin de réparations, surtout d'être net-
toyés. Le vice-roi chargea M. Mariette de faire opérer
cette restauration à Paris. Sans doute aussi, il permit à
notre jeune et savant compatriote de laisser voir ces
curiosités aux amateurs de la capitale. Voilà pourquoi
et comment l'Académie des inscriptions et belles-lettres
avait l'avantage de voir étalée sous ses yeux une toilette
égyptienne presque complète du temps de Cléopâtre, de
Sémiramis ou de toute autre beauté célèbre immortalisée
par les poëtes et les historiens.
Il y avait là des couronnes, des colliers, des pendants
d'oreilles, des bracelets, des anneaux, des épingles d'une
pureté de dessin et de forme, d'une élégance d'ornemen-
tation, d'une délicatesse de travail dont on ne peut se
faire une idée. Je doute que les plus habiles orfévres ou
ciseleurs de notre époque puissent travailler mieux. On
européennes; l'Angleterre et la France vont aller dé-
finitivement planter au sein de ces barbares leurs
drapeau civilisateur; déjà l'intercourse entre les
mers orientales et les nôtres a pris un développe-
ment inespéré, et ce n'est encore qu'un développe-
ment naissant, Comment peut-on supposer qu'une
route abrégeant de 3,000 lieues la distance qui nous
sépare de ces vastes marchés ne serait pas égale-
ment avantageuse et au monde qui l'attend et à la
compagnie qui participera proportionnellement à ses
lééfic?
ERNEST DESPLACES.
LA MACHINE CRÉÉE POUR LE DÉBLAIS DE L'ISTHME.
Le Monde illustré a publié dans l'un de ses derniers
numéros un charmant dessin exact et simple repré-
sentant la machine à draguer qui doit être employée
dans les opération du percement de l'isthme de Suez.
Ce dessin est accompagné et expliqué par la note
suivante :
Dans la partie de la Seine qui longe à droite le bois
de Boulogne et Saint-James, et à gauche de l'île de
Neuilly, on essaie en ce moment plusieurs moyens de
creuser le lit du fleuve en portant simultanément le gra-
vier à une assez grande distance de la rive. Le but que
l'on se propose est d'économiser le temps et les bras
en faisant le plus de besogne possible. La machine dont
nous donnons le croquis est celle qui paraît jusqu'à pré-
sent devoir réunir le plus d'avantages. M. de Lesseps,
dont tous les instants sont aujourd'hui consacrés au
grand œuvre du percement de l'isthme, en est l'inven-
teur. Cet appareil consiste en une drague ordinaire
comme toutes celles employées en France; une puis-
sante machine à vapeur fait mouvoir une roue dentée
qui entraîne dans sa rotation une chaîne sans fin ; cette
chaîne porte des augets qui vont tour à tour s'emplir
au fond du fleuve, et se vident ensuite dans un vaste
entonnoir situé à la partie supérieure. Pour porter au
loin le gravier sortant de l'eau, on a imaginé une pou-
tre en fonte, composée de deux bâtis parallèles entre
lesquels tournent deux rouleaux ; ces rouleaux portent
une toile goudronnée sans fin, qui prend le gravier à sa
sortie de l'entonnoir, et va le porter à une distance de
trente mètres; le mouvement est donné à ces rouleaux
au moyen d'une courroie et de deux pignons d'angle
marchant par la machine de la drague.
Pour porter le sable à des distances plus éloignées
encore, on n'a qu'à ajouter à la première toile de trente
mètres une seconde toile ; ce tablier roule également
sur des rouleaux entre deux poutres parallèles ; ces
poutres sont suspendues à deux chèvres très-élevées,
fixées elles-mêmes sur un plateau de charpente qui
peut se déplacer au moyen de roues et de treuils au fur
et à mesure que le creusage avance. Les palans qui
supportent les poutres permettent de- donner plus ou
moins d'inclinaison à l'appareil. Une machine locomo-
bile est spécialement chargée de faire marcher cette
longue toile au moyen de courroies de transmission.
On voit sur le dessin les deux machines réunies et en
marche.
Si les essais ont, comme on le suppose, un résulta
heureux, on établira sur l'isthme un grand nombre de
ces appareils, et le percement sera loin d'avoir la durée
qu'on avait d'abord supposée.
ÉMILE BoinDELIN.
LE MUSÉE DU CAIRE.
Le nom de M. Mariette est très-connu dans le monde
des sciences et des arts. Ce jeune et savant archéologue
fouille depuis plusieurs années le sol de l'Égypte, et le
musée du Louvre possède de précieux vestiges que sa
persévérance est parvenue à arracher à la poussière so-
lidifiée dont les siècles les avaient couverts.
Mais, en le voyant opérer avec autant d'activité et de
bonheur, le vice-roi d'Égypte se mit à penser qu'il était
bien bon de laisser ainsi dépouiller son pays au profit
des collectionneurs et des curieux de l'Europe. Il avait
l'intention de faire élever au Caire une construction
assez semblable à notre palais de l'industrie; il était
tout naturel de conserver pour les étagères de ce musée
des antiquités égyptiennes tout ce que l'on arracherait
aux entrailles du sol et aux ruines du désert.
Sur ces entrefaites, l'heureux M. Mariette mit la main
sur le tombeau d'une reine, d'une princesse ou de quel-
que opulente financière des temps archaïques. Quand
on l'ouvrit, on trouva près de la momie de la défunte une
foule d'objets, de costumes, d'ornements d'une grande
valeur comme matière, d'une plus grande valeur encore
sous le rapport de l'élégance, du goût et du travail.
Ne rions donc pas de l'usage, admis chez les anciens,
de placer près des morts les objets qui avaient pu leur
être utiles ou agréables pendant leur vie. Nous lui de-
vons les spécimens de toutes sortes qui ornent aujour-
d'hui nos collections les plus précieuses; les témoignages
d'une civilisation, d'une industrie qui ont produit des
merveilles.
La découverte inattendue de l'archéologue français
fut destinée au musée futur du Caire ; mais quelques
objets avaient besoin de réparations, surtout d'être net-
toyés. Le vice-roi chargea M. Mariette de faire opérer
cette restauration à Paris. Sans doute aussi, il permit à
notre jeune et savant compatriote de laisser voir ces
curiosités aux amateurs de la capitale. Voilà pourquoi
et comment l'Académie des inscriptions et belles-lettres
avait l'avantage de voir étalée sous ses yeux une toilette
égyptienne presque complète du temps de Cléopâtre, de
Sémiramis ou de toute autre beauté célèbre immortalisée
par les poëtes et les historiens.
Il y avait là des couronnes, des colliers, des pendants
d'oreilles, des bracelets, des anneaux, des épingles d'une
pureté de dessin et de forme, d'une élégance d'ornemen-
tation, d'une délicatesse de travail dont on ne peut se
faire une idée. Je doute que les plus habiles orfévres ou
ciseleurs de notre époque puissent travailler mieux. On
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 99.96%.
- Collections numériques similaires Thématique : ingénierie, génie civil Thématique : ingénierie, génie civil /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCthèm02"Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp11" Corpus : ports et travaux maritimes Corpus : ports et travaux maritimes /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPCcorp16"
- Auteurs similaires Desplaces Ernest Desplaces Ernest /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Desplaces Ernest" or dc.contributor adj "Desplaces Ernest")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 12/16
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k6529515x/f12.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k6529515x/f12.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k6529515x/f12.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k6529515x
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://heritage.ecoledesponts.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k6529515x
Facebook
Twitter