Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1859-09-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 septembre 1859 01 septembre 1859
Description : 1859/09/01 (A4,N77). 1859/09/01 (A4,N77).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529512p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
272 L'ISTHME DE SUEZ.
droguer ; on les voit fréquemment un petit pilon à la
main, préparant des médicaments. Toute famille aisée
reçoit la visite quotidienne du thay-thudc (docteur). Mais
les médecins rencontrent une concurrence redoutable
chez les sorciers, que l'on appelle très-souvent aussi
dans les cas de maladie.
La cuisine est fort peu compliquée : le riz cuit à l'eau
forme, avec le poisson frais ou sec, l'aliment principal.
Le chien et le crocodile composent des mets délicats
dont les Cochinchinois sont très-friands ; ainsi que des
vers à soie frits, et des œufs couvés. Assez générale-
ment les Annamites prennent leur repas accroupis,
comme les tailleurs, par terre, sur une natte ou sur une
estrade. Ils se servent le plus habituellement de tasses,
à peu près pareilles à celles dans lesquelles nous pre-
nons le café au lait et de petites assiettes de la dimen-
sion de nos soucoupes; de petits bâtonnets en bois ou
en ivoire remplacent les fourchettes et les cuillers.
L'Annamite est un joueur passionné qui, malgré la
défense portée par la loi contre les jeux de hasard,
joue, dit on, jusqu'à sa femme et ses enfants, et même
sa personne. Outre les coqs, les Cochinchinois font
battre aussi de petits poissons rouges, qui, réunis dans
le même vase, se livrent un combat à mort, sur lequel
repose le pari.
En Cochinchine et au Camboge, la polygamie est un
luxe réservé seulement aux riches; les pauvres n'ont
.qu'une femme, mais avec la faculté d'en changer quand
il leur plaît. Mais pour prendre un nouveau mari, la
femme, comme dans la loi de Moïse, est obligée d'a-
voir un billet de répudiation signé de son premier
mari.
A l'exception des chrétiens, dont le nombre est éva-
lué à cinq cent mille, toute la population de l'Annam
ne connaît pas d'autre religion que celle de Bouddha.
Une des cérémonies les plus importantes de ce culte, ce
sont les funérailles, qui exigent des préparatifs fort
longs et fort coûteux. Le défunt, revêtu de ses plus
beaux habits, et pourvu de vivres pour le grand voyage,
est placé dans une bière dont on se munit longtemps
avant le décès, et qui forme un présent des plus estimés.
Le corps est porté à sa dernière demeure par vingt ou
trente personnes, qui, à différentes stations, offrent au
mort un sacrifice. Pendant que le cortége s'achemine
avec beaucoup de lenteur et de recueillement, le maî-
- tre des cérémonies suit de l'œil un verre rempli d'eau
placé sur le cercueil, afin que l'on puisse juger si le
corps est maintenu dans une position parfaitement
horizontale.
La dông ou sapèque de zinc, un peu plus grosse qu'un
double centime, et percée au milieu d'un trou carré,
- est la monnaie la moins précieuse. Son poids excessif
la rend très-embarassante, et de plus elle s'altère fa-
cilement à l'humidité. Et cependant la plupart des
Annamites ont leur fortune en sapèques. La monnaie
d'argent cochinchinoise est ordinairement en lingots
-quadrangulaires. Le plus grand lingot qu'on appelle
nen, vaut 82 fr.; il y en a un petit de forme assez élé-
gante et couvert de caractères, qui vaut le dixième de
la nen. On voit fort peu de monnaie d'or. Le roi Ming-
Manh a cependant, il y a une dizaine d'années, fabri-
qué des piastres d'assez mauvais aloi.
Les Cochinchinois divisent le jour en douze heures,
dont chacune par conséquent équivaut à deux des nô-
tres. Ils partagent la nuit en cinq veilles. A la fin de
chaque veille, dans beaucoup de villages, des gardiens
font retentir l'air du bruit des tam-tam pour effrayer
les voleurs et les pirates.
L'année cochinchinoise est partagée en douze mois
lunaires; tous les deux ou trois ans on ajoute un trei-
zième mois, afin que l'année lunaire concorde avec l'an-
née solaire, de telle sorte que dans l'espace de dix-neuf
ans, il y a sept mois intercalaires. Les Annamites comp-
tent le temps par cycles de douze ans, qui, répété
cinq fois, forment le grand cycle de soixante ans ; l'an-
née 1863 sera la fin d'un grand cycle.
La numération annamite repose sur le système dé-
cimal. Les indigènes se servent d'une petite table garnie
de boules, avec laquelle ils comptent très-rapidement.
Il existe deux langues dans l'Annam : l'une vulgaire
que parle le peuple, et l'autre lettrée, qui est usitée dans
les actes publics, et dont la connaissance ne peut s'ac-
quérir qu'au prix de longues années d'études. Quant à
l'annamite vulgaire, la plus grande difficulté qu'il pré-
sente à un étranger consiste dans ses aspirations na-
sales, et surtout dans sa tonalité, qui fait varier ou
changer complètement le sens des mots. La langue co-
chinchinoise est humble et même servile, comme la
plupart des langues orientales, et réfléchit parfaite-
ment le caractère des habitants.
E. JONVEAux.
Le Gérant : ERNEST DESPLACES.
En vente chez LONGUET, géographe-éditeur,
8, rue de la Paix, à Paris.
CARTE DE L'ISTHME DE SUEZ
AVEC LE TRACÉ DES CANAUX CONCÉDÉS
PAR S. A. MOHAlIED SAID
Vice-roi d'Egypte
Pour la jonction de la mer Rouge à la Méditerranée, et
celle du Nil au lac Timsah à l'échelle de 1/250,0008.
Une feuille imprimée en couleur,
Prix ; ÎO fr.
— ———————————————————————————————— j
4
PARIS. - IMPRIMERIE CENTRALE DE NAPOLÉON CHAIX ET C', RUE BERGÈRE, 20
droguer ; on les voit fréquemment un petit pilon à la
main, préparant des médicaments. Toute famille aisée
reçoit la visite quotidienne du thay-thudc (docteur). Mais
les médecins rencontrent une concurrence redoutable
chez les sorciers, que l'on appelle très-souvent aussi
dans les cas de maladie.
La cuisine est fort peu compliquée : le riz cuit à l'eau
forme, avec le poisson frais ou sec, l'aliment principal.
Le chien et le crocodile composent des mets délicats
dont les Cochinchinois sont très-friands ; ainsi que des
vers à soie frits, et des œufs couvés. Assez générale-
ment les Annamites prennent leur repas accroupis,
comme les tailleurs, par terre, sur une natte ou sur une
estrade. Ils se servent le plus habituellement de tasses,
à peu près pareilles à celles dans lesquelles nous pre-
nons le café au lait et de petites assiettes de la dimen-
sion de nos soucoupes; de petits bâtonnets en bois ou
en ivoire remplacent les fourchettes et les cuillers.
L'Annamite est un joueur passionné qui, malgré la
défense portée par la loi contre les jeux de hasard,
joue, dit on, jusqu'à sa femme et ses enfants, et même
sa personne. Outre les coqs, les Cochinchinois font
battre aussi de petits poissons rouges, qui, réunis dans
le même vase, se livrent un combat à mort, sur lequel
repose le pari.
En Cochinchine et au Camboge, la polygamie est un
luxe réservé seulement aux riches; les pauvres n'ont
.qu'une femme, mais avec la faculté d'en changer quand
il leur plaît. Mais pour prendre un nouveau mari, la
femme, comme dans la loi de Moïse, est obligée d'a-
voir un billet de répudiation signé de son premier
mari.
A l'exception des chrétiens, dont le nombre est éva-
lué à cinq cent mille, toute la population de l'Annam
ne connaît pas d'autre religion que celle de Bouddha.
Une des cérémonies les plus importantes de ce culte, ce
sont les funérailles, qui exigent des préparatifs fort
longs et fort coûteux. Le défunt, revêtu de ses plus
beaux habits, et pourvu de vivres pour le grand voyage,
est placé dans une bière dont on se munit longtemps
avant le décès, et qui forme un présent des plus estimés.
Le corps est porté à sa dernière demeure par vingt ou
trente personnes, qui, à différentes stations, offrent au
mort un sacrifice. Pendant que le cortége s'achemine
avec beaucoup de lenteur et de recueillement, le maî-
- tre des cérémonies suit de l'œil un verre rempli d'eau
placé sur le cercueil, afin que l'on puisse juger si le
corps est maintenu dans une position parfaitement
horizontale.
La dông ou sapèque de zinc, un peu plus grosse qu'un
double centime, et percée au milieu d'un trou carré,
- est la monnaie la moins précieuse. Son poids excessif
la rend très-embarassante, et de plus elle s'altère fa-
cilement à l'humidité. Et cependant la plupart des
Annamites ont leur fortune en sapèques. La monnaie
d'argent cochinchinoise est ordinairement en lingots
-quadrangulaires. Le plus grand lingot qu'on appelle
nen, vaut 82 fr.; il y en a un petit de forme assez élé-
gante et couvert de caractères, qui vaut le dixième de
la nen. On voit fort peu de monnaie d'or. Le roi Ming-
Manh a cependant, il y a une dizaine d'années, fabri-
qué des piastres d'assez mauvais aloi.
Les Cochinchinois divisent le jour en douze heures,
dont chacune par conséquent équivaut à deux des nô-
tres. Ils partagent la nuit en cinq veilles. A la fin de
chaque veille, dans beaucoup de villages, des gardiens
font retentir l'air du bruit des tam-tam pour effrayer
les voleurs et les pirates.
L'année cochinchinoise est partagée en douze mois
lunaires; tous les deux ou trois ans on ajoute un trei-
zième mois, afin que l'année lunaire concorde avec l'an-
née solaire, de telle sorte que dans l'espace de dix-neuf
ans, il y a sept mois intercalaires. Les Annamites comp-
tent le temps par cycles de douze ans, qui, répété
cinq fois, forment le grand cycle de soixante ans ; l'an-
née 1863 sera la fin d'un grand cycle.
La numération annamite repose sur le système dé-
cimal. Les indigènes se servent d'une petite table garnie
de boules, avec laquelle ils comptent très-rapidement.
Il existe deux langues dans l'Annam : l'une vulgaire
que parle le peuple, et l'autre lettrée, qui est usitée dans
les actes publics, et dont la connaissance ne peut s'ac-
quérir qu'au prix de longues années d'études. Quant à
l'annamite vulgaire, la plus grande difficulté qu'il pré-
sente à un étranger consiste dans ses aspirations na-
sales, et surtout dans sa tonalité, qui fait varier ou
changer complètement le sens des mots. La langue co-
chinchinoise est humble et même servile, comme la
plupart des langues orientales, et réfléchit parfaite-
ment le caractère des habitants.
E. JONVEAux.
Le Gérant : ERNEST DESPLACES.
En vente chez LONGUET, géographe-éditeur,
8, rue de la Paix, à Paris.
CARTE DE L'ISTHME DE SUEZ
AVEC LE TRACÉ DES CANAUX CONCÉDÉS
PAR S. A. MOHAlIED SAID
Vice-roi d'Egypte
Pour la jonction de la mer Rouge à la Méditerranée, et
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