Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1859-08-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 août 1859 01 août 1859
Description : 1859/08/01 (A4,N75). 1859/08/01 (A4,N75).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6529510v
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
230 L'ISTHME DE SUEZ,
C'était clairement révéler et constater la résis-
tance britannique.
Le 16 mars 1857, le Journal de Constantinople
était, s'il se peut, encore plus expressif et ex.
plicite. Il examinait le rapport de la commission
internationale, il en faisait la savante analyse, et il
concluait par les observations suivantes :
« Faire communiquer la Méditerranée à la mer Rouge,
pour faciliter la navigation entre l'Europe et la mer
des Indes, au moyen d'un grand canal maritime ouvert
à travers l'isthme de Suez, mettre ainsi en relation di-
recte le commerce des deux continents, lui donner en
Europe et en Asie un accès sûr et rapide, et réaliser
cette entreprise qui intéresse tous les Etats européens,
sans leur imposer des sacrifices au-dessus de leurs res-
sources respectives, tel est le problème que les auteurs
de ce grandiose projet se sont proposé de résoudre.
Ce projet, dès son origine, s'est vu entouré des sympathies
générales; les gouvernements et la presse de tous les pays l'ont
discuté et lui ont donné leur complète apprubalion; car il sa-
tisfait à l'une des aspirations de notre siècle, qui ne
s'accommode plus des lenteurs dont ses devanciers subis-
saient la dure contrainte. Il suit la loi de la science
moderne qui, passant sans hésitation de la théorie à
la pratique, trouve à chacune de ces découvertes une
application immédiate. La vapeur dompte la mer et les
vents, l'électricité supprime les distances, et lorsque ces
deux agents donnent une irrésistible impulsion au dé-
veloppement du commerce universel, si un obstacle ma-
tériel qu'ils sont eux-mêmes impuissants à vaincre
vient entraver ce développement, l'annulation de cet
obstacle n'est pas seulement un besoin impérieux pour
le génie de l'homme, c'est un devoir sacré que lui impose la
loi du progrès. C'est ainsi que le percement de l'isthme
de Suez a été compris ; et si des considérations politiques
qu'il ne nous appartient pas d'apprécier ont pu en retar-
der l'exécution, nous avons la ferme croyance que ce
projet, dont la réalisation importe aux intérêts du monde en-
tier, obtiendra un jour l'adhésion de toutes les puis-
sances. »
A coup sûr, en ce qui le concerne, le Journal de
Constantinople ne pouvait point engager plus ardem-
ment le concours de la Porte au percement de l'isthme;
elle y voit sa gloire, elle y voit le bien-être du monde,
le triomphe de la civilisation ; elle regarde la ratifica-
tion du projet comme un devoir sacré envers ■ le pro-
grès du genre humain, et le journal qui parle ainsi
pour elle s'afflige qu'un dissentiment trop connu
arrête les nobles et généreuses intentions du sultan,
mais il est convaincu que la seule adhésion qui
manque à l'étranger ne peut pas se faire attendre.
La Porte, selon le Journal de Constantinople, est
donc impatiente de donner à ce grand projet sa rati-
fication, et l'égoïsme intimidateur de quelques minis-
tres anglais retient seul sa signature.
D'un autre côté, les actes et les déclarations de la
Porte sont parfaitement confirmatifs de l'interprétation
que le Journal de Constantinople donne à ses senti-
ments.
Pendant le dernier voyage de M. de Lesseps et ses
fréquentes communications avec le grand-vizir, il
fait connaître aux dignitaires et tout ce que l'entre-
prise a fait, et tout ce qu'elle va faire, et toute la mar-
che qu'elle se propose de suivre. Les correspondances
de M. de Lesseps, il l'affirme, font foi que jamais au-
cune espèce d'objection ne lui fut opposée.
Mais c'est par la parole tout comme par le silence
que le gouvernement ottoman a voulu que ses dispo-
sitions fussent bien connues du monde. Il a été dé-
claré à plusieurs reprises par les ministres de la Porte
« qu'ils n'entendaient faire aucune opposition à l'exé-
cution du canal de Suez, en ce qui concernait l'empire
ottoman. » Cette déclaration est en outre constatée
dans une lettre adressée à M. de Lesseps par l'am-
bassadeur d'une des cinq grandes puissances. Cette
lettre, daiée du 8 avril 1858, est ainsi conçue :
« J'ai vu ce matin Aali-Pacha (grand-vizir) et
» Fuad-Pacha (ministre des affaires étrangères), Je
» les ai trouvés l'un et l'autre dans les mêmes disposi-
» tions, c'est-à-dire toujours favorables au canal, et dé-
» sireux D'ÉTABLIR PUBLIQUEMENT que la Porte n'oppose
» de son chef aucun obstacle à la réalisation de voire
» grande entreprise. »
Encore aujourd'hui ces sentiments de bienveillance
éclairée, cette haute conscience des immenses avan-
tages du canal de Suez pour la prospérité de l'empire,
dans la discussion actuelle le Journal de Constanti-
nople nous en fournit de nouvelles preuves. Il sup-
pose que la Compagnie veut empiéter et faire empiéter
le vice-roi sur les prérogatives suzeraines du sultan.
« C'est sous ce point de vue SEUL, qu'on le remarque bien,
» quenous combattons, dit-il, l'état actuel de la question
» de l'isthme. Nous ne luttons pas contre l'entreprise elle-
» même, à laquelle nous sommes loin de refuser nos sym-
» pathies. » Toute l'appréhension de la feuille semi-
officielle c'est qu'on n'arrive au fait accompli avant
que le sultan n'ait exercé son di oit, et alors même
elle reprend :
« Le but est louable, et nous ne nous permettrions
* pas de trouver le système mauvais, s'il ne tendait
» à porter atteinte aux droits suzerains de S. M. I. le
» Sultan. »
Sous ce rapport, le passé tout entier, tel que nous
venons de l'exposer, démontre complétement qu'il n'y
a jamais eu ni dans les opérations ni dans les inten -
tions de la Compagnie aucune tendance de cette
espèce.
L'organe de la Porte, au surplus, achève de cons-
tater la nature des dispositions de son gouvernement
par ces dernières paroles :
« Si la Sublime-Porte a cru devoir réserver son au-
» torisation, la Compagnie du canal n'a pas le droit
» de passer outre, car ce ne peut être, ce nous sem-
Il ble, le bon moyen de l'obtenir.
C'était clairement révéler et constater la résis-
tance britannique.
Le 16 mars 1857, le Journal de Constantinople
était, s'il se peut, encore plus expressif et ex.
plicite. Il examinait le rapport de la commission
internationale, il en faisait la savante analyse, et il
concluait par les observations suivantes :
« Faire communiquer la Méditerranée à la mer Rouge,
pour faciliter la navigation entre l'Europe et la mer
des Indes, au moyen d'un grand canal maritime ouvert
à travers l'isthme de Suez, mettre ainsi en relation di-
recte le commerce des deux continents, lui donner en
Europe et en Asie un accès sûr et rapide, et réaliser
cette entreprise qui intéresse tous les Etats européens,
sans leur imposer des sacrifices au-dessus de leurs res-
sources respectives, tel est le problème que les auteurs
de ce grandiose projet se sont proposé de résoudre.
Ce projet, dès son origine, s'est vu entouré des sympathies
générales; les gouvernements et la presse de tous les pays l'ont
discuté et lui ont donné leur complète apprubalion; car il sa-
tisfait à l'une des aspirations de notre siècle, qui ne
s'accommode plus des lenteurs dont ses devanciers subis-
saient la dure contrainte. Il suit la loi de la science
moderne qui, passant sans hésitation de la théorie à
la pratique, trouve à chacune de ces découvertes une
application immédiate. La vapeur dompte la mer et les
vents, l'électricité supprime les distances, et lorsque ces
deux agents donnent une irrésistible impulsion au dé-
veloppement du commerce universel, si un obstacle ma-
tériel qu'ils sont eux-mêmes impuissants à vaincre
vient entraver ce développement, l'annulation de cet
obstacle n'est pas seulement un besoin impérieux pour
le génie de l'homme, c'est un devoir sacré que lui impose la
loi du progrès. C'est ainsi que le percement de l'isthme
de Suez a été compris ; et si des considérations politiques
qu'il ne nous appartient pas d'apprécier ont pu en retar-
der l'exécution, nous avons la ferme croyance que ce
projet, dont la réalisation importe aux intérêts du monde en-
tier, obtiendra un jour l'adhésion de toutes les puis-
sances. »
A coup sûr, en ce qui le concerne, le Journal de
Constantinople ne pouvait point engager plus ardem-
ment le concours de la Porte au percement de l'isthme;
elle y voit sa gloire, elle y voit le bien-être du monde,
le triomphe de la civilisation ; elle regarde la ratifica-
tion du projet comme un devoir sacré envers ■ le pro-
grès du genre humain, et le journal qui parle ainsi
pour elle s'afflige qu'un dissentiment trop connu
arrête les nobles et généreuses intentions du sultan,
mais il est convaincu que la seule adhésion qui
manque à l'étranger ne peut pas se faire attendre.
La Porte, selon le Journal de Constantinople, est
donc impatiente de donner à ce grand projet sa rati-
fication, et l'égoïsme intimidateur de quelques minis-
tres anglais retient seul sa signature.
D'un autre côté, les actes et les déclarations de la
Porte sont parfaitement confirmatifs de l'interprétation
que le Journal de Constantinople donne à ses senti-
ments.
Pendant le dernier voyage de M. de Lesseps et ses
fréquentes communications avec le grand-vizir, il
fait connaître aux dignitaires et tout ce que l'entre-
prise a fait, et tout ce qu'elle va faire, et toute la mar-
che qu'elle se propose de suivre. Les correspondances
de M. de Lesseps, il l'affirme, font foi que jamais au-
cune espèce d'objection ne lui fut opposée.
Mais c'est par la parole tout comme par le silence
que le gouvernement ottoman a voulu que ses dispo-
sitions fussent bien connues du monde. Il a été dé-
claré à plusieurs reprises par les ministres de la Porte
« qu'ils n'entendaient faire aucune opposition à l'exé-
cution du canal de Suez, en ce qui concernait l'empire
ottoman. » Cette déclaration est en outre constatée
dans une lettre adressée à M. de Lesseps par l'am-
bassadeur d'une des cinq grandes puissances. Cette
lettre, daiée du 8 avril 1858, est ainsi conçue :
« J'ai vu ce matin Aali-Pacha (grand-vizir) et
» Fuad-Pacha (ministre des affaires étrangères), Je
» les ai trouvés l'un et l'autre dans les mêmes disposi-
» tions, c'est-à-dire toujours favorables au canal, et dé-
» sireux D'ÉTABLIR PUBLIQUEMENT que la Porte n'oppose
» de son chef aucun obstacle à la réalisation de voire
» grande entreprise. »
Encore aujourd'hui ces sentiments de bienveillance
éclairée, cette haute conscience des immenses avan-
tages du canal de Suez pour la prospérité de l'empire,
dans la discussion actuelle le Journal de Constanti-
nople nous en fournit de nouvelles preuves. Il sup-
pose que la Compagnie veut empiéter et faire empiéter
le vice-roi sur les prérogatives suzeraines du sultan.
« C'est sous ce point de vue SEUL, qu'on le remarque bien,
» quenous combattons, dit-il, l'état actuel de la question
» de l'isthme. Nous ne luttons pas contre l'entreprise elle-
» même, à laquelle nous sommes loin de refuser nos sym-
» pathies. » Toute l'appréhension de la feuille semi-
officielle c'est qu'on n'arrive au fait accompli avant
que le sultan n'ait exercé son di oit, et alors même
elle reprend :
« Le but est louable, et nous ne nous permettrions
* pas de trouver le système mauvais, s'il ne tendait
» à porter atteinte aux droits suzerains de S. M. I. le
» Sultan. »
Sous ce rapport, le passé tout entier, tel que nous
venons de l'exposer, démontre complétement qu'il n'y
a jamais eu ni dans les opérations ni dans les inten -
tions de la Compagnie aucune tendance de cette
espèce.
L'organe de la Porte, au surplus, achève de cons-
tater la nature des dispositions de son gouvernement
par ces dernières paroles :
« Si la Sublime-Porte a cru devoir réserver son au-
» torisation, la Compagnie du canal n'a pas le droit
» de passer outre, car ce ne peut être, ce nous sem-
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