Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1859-02-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 février 1859 15 février 1859
Description : 1859/02/15 (A4,N64). 1859/02/15 (A4,N64).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k65294998
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 05/07/2013
58 „ L'ISTHME DE SUEZ, MARDI 15 FÉVRIER.
agricole proportionnellement plus dense que celle d'aucun des
États de l'Europe. Elle sç compose de 5 millions d'âmes pour
3 millions et demi d'hectares. En France la population rurale
est de 20 à 25 millions pour 36 millions d' hectares ; par
conséquent, la population rurale en Égypte est répartie à
1,42, et en France, en prenant le chiffre le plushaut, à 0,69
seulement par hectare.
Toute proportion gardée, la population rurale de l'Egypte
est donc double de la population rurale de la France.
Les travailleurs- ne manqueront ni à la Compagnie ni à
personne en Egyptp à une condition : celle de les bien
traiter et de les bien payer, Expfiquong-nous cependant :
nous entendons par là non l'exagération de leur sa-
laire, ce qui serait le bouleversement de toutes les habi-
tudes et de toutes les règles du travail dans le pays; mais
l'observation de la justice, de l'humanité, de la fidélité aux
engagements pris, une équitable et encourageante propor-
tionnalité entre le salaire et le travail; et selon nous, tous ces
principes se trouvent admirablement mis en action dans
l'acte du Vice-roi sous la date du 20 juillet 1856, assurant à
l'entreprise les ouvriers fellahs qui lui seront nécessaires, et
réglant les rapports de ces ouvriers avec la Compagnie uni-
verselle.
Écoutons les termes par lesquels le rapport de la Commis-
sion internationale caractérise cet acte remarquable :
« Le salaire excédera de plus d'un tiers le prix moyen de
.» la paye que les fellahs ont jusqu'ici obtenue dans leur pays.
l' Indépendamment du salaire en espèces, des abris salubres
Il et la nourriture sont garantis aux ouvriers. On leur assure
n en outre tous les secours gratuits de l'art médical, en cas de
o maladie ou de blessures, avec une indemnité journalière équi-
» valant à la moitié de la paye.
» Ces mesures, qui font le plus grand honneur à l'humanité
» du gouvernement égyptien, auront, en ce qui concerne les
a devis des travaux du canal, l'avantage de nous donner une
» base tout à fait précise et parfaitement immuable), (p. 165).
Pourtant l'on doute encore et on se-défie. Certes, le Vice-
roi a promis de foprnir les ouvriers; le pourra-t-il ? Que
le fait réponde. Il a, en 1857 , réuni soixante-neuf mille tra-
vailleurs qui en quinze jours ont curé le Mahmoudieh. Mais
le creusement du Mahmoudieh lui-même a coûté la vie à vingt
mille hommes ! Les canaux de Maintenon ont coûté à Louis XIV
trente mille hommes. La construction du Mahmoudieh date de
quarante ans. Alors tout était encore désordre et désorganisation
en Egypte. Le curage récent de ce même canal au contraire a
été exécuté dans de telles conditions qu'on n'y a compté que
cinq malades par mille hommes. Soit, réplique-t-on; mais
les ouvriers conpentiront-ils-à travailler pour 1 franc? Sans
contredit et par la meilleure raison, parce que le taux usuel
de la journée en Egypte est très-inférieur 3. ce prix.
Bien traités, bien nourris, bien soignés et bien payés, les
fellahs afflueront spontanément et autant qu'elle pourra le
désirer dans les chantiers et sur les terres de la Compagnie.
Sa sécurité sur ce point et celle de ses représentants en Egypte
tât complète.
Cependant nous pouvons rassurer encore plus amplement
pes iQquiétqd. Quoique l'entreprise n'ait cessé de déclarer
très-haut que les ressources du travail égyptien suffiraient à
ses besoins et même les excéderaient largement, surtout par
l'effet de la substitution fréquente et économique des machines
à l'homme, les bras s'offrent de toutes parts à la Çompagnie.
Il s'en propose de la côte africaine; il s'en propose de la côte
asiatique. Tunis, Tripolt ont présenté des pffres, les popula-
tions dè Syrie ont fait aussi les leurs. On peut lire dans une
lettre d'Alger publiée par V Aclibar que les travailleurs algé-
riens eux-mêmes seràient tout disposés à accourir au premier
signal, signal qui ne sera pas donné. Vers Gaza seulement,
sur la lisière du désert, cinq mille Syriens demandent avec
instance à être employés aux travaux du canal, tout prêts à se
transporter sur les lieux avec leurs familles. L'Égypte, qui seule
y suffit, la Syrie, l'Afrique septentrionale, garantissent à la
Compagnie l'abondance des travailleurs, et pour la culture de
ses terres, et pour l'exécution de ses canaux, et pour toutes les
éventualités.
Nous pensons sur ce chef avoir achevé notre démonstration.
L'évaluation du revenu des cultures à 250 francs par hectare
est une évaluation modérée autorisée par l'expérience ; et nous
pouvons, sans remords de conscience, maintenir sur son
compte les 6 millions de revenus attribués pas les devis aux.
terrains cultivables, propriété perpétuelle de la Compagnie
universelle.
VI.
Est-il vrai qu'il passera par le canal de Suez non 3,000,000,
mais seulement 300,000 tonneaux ?
Est-il vrai que l'isthme ouvert, pas un navire à voiles ne
daignera le traverser?
Est-il vrai qu'en concurrence aux navires 4 vapeur, le
chemin de fer de Suez à Alexandrie transportera les mar-
chandises, n à très-peu de chose près ,, au même prix que
le canal?
Le prix de la traversée du canal, tout le monde le connaît,
10 francs par tonneau.
Le transport par le chemin de fer coûte : 1° d'Alexandrie
au Caire, 10 francs par quintal (45 kilogr.) ou 221 francs
par tonne de 1,000 kilogr. ; 2° du Caire à Suez la distance
étant moindre, moitié de la dépense, et c'est un minimum :
110 francs par tonne. Total : 331 francs par tonne.
331 francs ne sont pas à très-peu de chose près l'équivalent
de 11 francs.
Nous voilà donc rassurés pour la navigation à vapeur
contre la concurrence dn chemin de fer. Parlons de la navi-
gation à voiles.
Citons les arguments, nous pourrions dire le seul argu-
ment :
« J'ai voulu me rendre compte, en ayant égard aux mous-
» sons, de la différence de durée probable entre les deux
» routes. J'ai, à cet effet, supposé deux navires, également
n bons voiliers, partant ensemble du détroit de la Sonde pour
» la Manche, l'un passant par le Cap, l'autre par le canal de
» Suez; et foi trouvé que d'OCTOBRE EN AVRIL, le premier
» mettrait :
» Du détroit au Cap, 35 jours; du Cap à Sainte-Hélène,
» 15 jours ; de Sainte-Hélène en Manche, 55 jours. Total :
» 105 jours.
Il L'autre navire mettrait, DANS LA MÊME RAISON :
» Dp détroit de la Sonde au détroit de Bpb-eJ-Mandeb,
» 30 jours; du détroit de Bab-el-Mandeb à Suez, 30 jours ;
» passage du canal, supposé, 5 jours ; de Péluse en Manche
» (en n'étant pas trop contrarié par le détroit de Gibraltar),
a 45 jours. Soit, en tout, 110 jours.
» Il n'y aurait donc aucun avantage à prendre le canal
» de Suez dans cette saison-là.
o Dans Vautre saison, d'AVRIL A OCTOBRE, le navire allant
» par le Cap mettrait :
» Du détroit de la Sonde au Cap, 45 jours; du Cap à
agricole proportionnellement plus dense que celle d'aucun des
États de l'Europe. Elle sç compose de 5 millions d'âmes pour
3 millions et demi d'hectares. En France la population rurale
est de 20 à 25 millions pour 36 millions d' hectares ; par
conséquent, la population rurale en Égypte est répartie à
1,42, et en France, en prenant le chiffre le plushaut, à 0,69
seulement par hectare.
Toute proportion gardée, la population rurale de l'Egypte
est donc double de la population rurale de la France.
Les travailleurs- ne manqueront ni à la Compagnie ni à
personne en Egyptp à une condition : celle de les bien
traiter et de les bien payer, Expfiquong-nous cependant :
nous entendons par là non l'exagération de leur sa-
laire, ce qui serait le bouleversement de toutes les habi-
tudes et de toutes les règles du travail dans le pays; mais
l'observation de la justice, de l'humanité, de la fidélité aux
engagements pris, une équitable et encourageante propor-
tionnalité entre le salaire et le travail; et selon nous, tous ces
principes se trouvent admirablement mis en action dans
l'acte du Vice-roi sous la date du 20 juillet 1856, assurant à
l'entreprise les ouvriers fellahs qui lui seront nécessaires, et
réglant les rapports de ces ouvriers avec la Compagnie uni-
verselle.
Écoutons les termes par lesquels le rapport de la Commis-
sion internationale caractérise cet acte remarquable :
« Le salaire excédera de plus d'un tiers le prix moyen de
.» la paye que les fellahs ont jusqu'ici obtenue dans leur pays.
l' Indépendamment du salaire en espèces, des abris salubres
Il et la nourriture sont garantis aux ouvriers. On leur assure
n en outre tous les secours gratuits de l'art médical, en cas de
o maladie ou de blessures, avec une indemnité journalière équi-
» valant à la moitié de la paye.
» Ces mesures, qui font le plus grand honneur à l'humanité
» du gouvernement égyptien, auront, en ce qui concerne les
a devis des travaux du canal, l'avantage de nous donner une
» base tout à fait précise et parfaitement immuable), (p. 165).
Pourtant l'on doute encore et on se-défie. Certes, le Vice-
roi a promis de foprnir les ouvriers; le pourra-t-il ? Que
le fait réponde. Il a, en 1857 , réuni soixante-neuf mille tra-
vailleurs qui en quinze jours ont curé le Mahmoudieh. Mais
le creusement du Mahmoudieh lui-même a coûté la vie à vingt
mille hommes ! Les canaux de Maintenon ont coûté à Louis XIV
trente mille hommes. La construction du Mahmoudieh date de
quarante ans. Alors tout était encore désordre et désorganisation
en Egypte. Le curage récent de ce même canal au contraire a
été exécuté dans de telles conditions qu'on n'y a compté que
cinq malades par mille hommes. Soit, réplique-t-on; mais
les ouvriers conpentiront-ils-à travailler pour 1 franc? Sans
contredit et par la meilleure raison, parce que le taux usuel
de la journée en Egypte est très-inférieur 3. ce prix.
Bien traités, bien nourris, bien soignés et bien payés, les
fellahs afflueront spontanément et autant qu'elle pourra le
désirer dans les chantiers et sur les terres de la Compagnie.
Sa sécurité sur ce point et celle de ses représentants en Egypte
tât complète.
Cependant nous pouvons rassurer encore plus amplement
pes iQquiétqd. Quoique l'entreprise n'ait cessé de déclarer
très-haut que les ressources du travail égyptien suffiraient à
ses besoins et même les excéderaient largement, surtout par
l'effet de la substitution fréquente et économique des machines
à l'homme, les bras s'offrent de toutes parts à la Çompagnie.
Il s'en propose de la côte africaine; il s'en propose de la côte
asiatique. Tunis, Tripolt ont présenté des pffres, les popula-
tions dè Syrie ont fait aussi les leurs. On peut lire dans une
lettre d'Alger publiée par V Aclibar que les travailleurs algé-
riens eux-mêmes seràient tout disposés à accourir au premier
signal, signal qui ne sera pas donné. Vers Gaza seulement,
sur la lisière du désert, cinq mille Syriens demandent avec
instance à être employés aux travaux du canal, tout prêts à se
transporter sur les lieux avec leurs familles. L'Égypte, qui seule
y suffit, la Syrie, l'Afrique septentrionale, garantissent à la
Compagnie l'abondance des travailleurs, et pour la culture de
ses terres, et pour l'exécution de ses canaux, et pour toutes les
éventualités.
Nous pensons sur ce chef avoir achevé notre démonstration.
L'évaluation du revenu des cultures à 250 francs par hectare
est une évaluation modérée autorisée par l'expérience ; et nous
pouvons, sans remords de conscience, maintenir sur son
compte les 6 millions de revenus attribués pas les devis aux.
terrains cultivables, propriété perpétuelle de la Compagnie
universelle.
VI.
Est-il vrai qu'il passera par le canal de Suez non 3,000,000,
mais seulement 300,000 tonneaux ?
Est-il vrai que l'isthme ouvert, pas un navire à voiles ne
daignera le traverser?
Est-il vrai qu'en concurrence aux navires 4 vapeur, le
chemin de fer de Suez à Alexandrie transportera les mar-
chandises, n à très-peu de chose près ,, au même prix que
le canal?
Le prix de la traversée du canal, tout le monde le connaît,
10 francs par tonneau.
Le transport par le chemin de fer coûte : 1° d'Alexandrie
au Caire, 10 francs par quintal (45 kilogr.) ou 221 francs
par tonne de 1,000 kilogr. ; 2° du Caire à Suez la distance
étant moindre, moitié de la dépense, et c'est un minimum :
110 francs par tonne. Total : 331 francs par tonne.
331 francs ne sont pas à très-peu de chose près l'équivalent
de 11 francs.
Nous voilà donc rassurés pour la navigation à vapeur
contre la concurrence dn chemin de fer. Parlons de la navi-
gation à voiles.
Citons les arguments, nous pourrions dire le seul argu-
ment :
« J'ai voulu me rendre compte, en ayant égard aux mous-
» sons, de la différence de durée probable entre les deux
» routes. J'ai, à cet effet, supposé deux navires, également
n bons voiliers, partant ensemble du détroit de la Sonde pour
» la Manche, l'un passant par le Cap, l'autre par le canal de
» Suez; et foi trouvé que d'OCTOBRE EN AVRIL, le premier
» mettrait :
» Du détroit au Cap, 35 jours; du Cap à Sainte-Hélène,
» 15 jours ; de Sainte-Hélène en Manche, 55 jours. Total :
» 105 jours.
Il L'autre navire mettrait, DANS LA MÊME RAISON :
» Dp détroit de la Sonde au détroit de Bpb-eJ-Mandeb,
» 30 jours; du détroit de Bab-el-Mandeb à Suez, 30 jours ;
» passage du canal, supposé, 5 jours ; de Péluse en Manche
» (en n'étant pas trop contrarié par le détroit de Gibraltar),
a 45 jours. Soit, en tout, 110 jours.
» Il n'y aurait donc aucun avantage à prendre le canal
» de Suez dans cette saison-là.
o Dans Vautre saison, d'AVRIL A OCTOBRE, le navire allant
» par le Cap mettrait :
» Du détroit de la Sonde au Cap, 45 jours; du Cap à
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