Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-03-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 15 mars 1864 15 mars 1864
Description : 1864/03/15 (A9,N186). 1864/03/15 (A9,N186).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203317x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
1*72 L'ISTHME DE SUEZ,
terrains si divers, ces altitudes où se produisent tous
les climats, permettent au Mexique et à l'Amérique
centrale de déployer aux yeux du voyageur une
flore magnifique et variée telle que n'en offre aucun
autre point du globe. Bien des conquêtes y ont été
déjà faites par la science ; mais il reste de quoi
moissonner encore à pleines mains, et nos jardins,
nos parcs, nos forêts et nos cultures s'enrichiront de
plantes nouvelles d'ornement ou d'utilité.
» Dans ces régions où la nature prodigue la vie
sous toutes les formes, le règne animal n'est ni
moins riche ni moins curieux que le règne végétal.
Agassiz croit avoir retrouvé vivants, dans le golfe
du Mexique, certains polypiers antédiluviens, qui
sont entrés dans la composition du sol de la Floride,
et les encrines ne subsistent que là : relation mysté-
rieuse entre le monde des anciens jours et le nôtre.
» Il est une science presque nouvelle, l'anthropo-
logie, qui devra de vives lumières à l'étude sérieuse
des races ensevelies dans les grottes de l'Amérique
centrale et de celles qui vivent encore sur le plateau
de l'Anahuac ou dans les régions voisines. Les métis,
résultant des croisements accomplis entre les races
indigènes et étrangères, donneront lieu à une étude
qui soulèvera des questions de l'ordre le plus élevé,
à la fois physiologiques, morales et sociales.
» Le Mexique est encore plein de promesses pour
une autre science : la philologie comparée. A peine
a-t-elle âge d'homme, et cependant elle a retrouvé
déjà les origines des races humaines, renoué les liens
brisés des nations, et préparé, elle aussi, la solution
du grand problème de la variété ou de l'unité de
notre espèce, question qui semblait n'avoir qu'un
intérêt de curiosité scientifique, et que, depuis trois
ans, l'Amérique du Nord cherche à trancher dans
les mêlées furieuses d'une guerre plus que civile.
Sans doute l'étude des idiomes mexicains est depuis
longtemps commencée, mais il y aurait lieu de la
poursuivre sur une plus grande échelle. Les ruines
de Palenqué gardent des mystères peut-être compa-
rables à ceux que l'expédition d'Egypte trouva au
bord du Nil, et que, grâce à elle, Champollion put
ensuite percer.
» Le Mexique de Montezuma a péri presque tout
entier; l'expédition donnera les moyens de le re-
trouver. Peut-être nos voyageurs découvriront-ils
quelques-uns de ces rares manuscrits mexicains ou
yukatèques qui ont échappé aux dévastations. Ils
recueilleront certainement ces traditions orales dont
la critique moderne sait tirer si bon parti.
» En 1855, M. de Saussure a découvert, à quel-
ques lieues da Pérote) une ville entière dont nul,
avant lui, n'avait eu connaissance. Un voyageur
américain, se rendant directement de la mer à Me-
xico, par une route qu'il se traça lui-même, rencon-
tra dix-huit à vingt monuments considérables, dont
le souvenir s'était perdu. Les solitudes mexicaines
réservent de pareilles surprises à nos savants. Cette
grande et curieuse page des annales du monde, que
les siècles ont effacée, ils la feront revivre, et notre
génération, si avide des nobles émotions de l'histoire,
verra s'élargir l'horizon où peut errer sa pensée.
» Quand nos soldats quitteront cette terre, laissant
derrière eux de glorieux souvenirs, nos savants achè-
veront de la conquérir à la science. Il n'y a pas à
douter que, gràce à leurs travaux, quelques bran-
ches de nos connaissances ne soient vivifiées et éten-
dues, d'autres peut-être créées, et que des faits nou-
veaux ne produisent des idées nouvelles et fécondes
qui donnent à nos grandes études une secousse salu.
taire.
» Pour assurer à l'expédition scientifique du Mexi-
que toutes les garanties de succès, j'ai l'honneur de
proposer à Votre Majesté de vouloir bien constituer
par décret une commission qui siégera au ministère
de l'instruction publique. Composée d'hommes émi-
nents dans les sciences et dans l'Etat, ou de savants
qui ont déjà exploré l'Amérique centrale, cette com-
mission donnera aux voyageurs les instructions né-
cessaires, suivra les progrès de l'expédition et pré-
parera , pour le monde savant, la publication d'un
ouvrage qui sera, je l'espère, un monument digne
du patronage si direct que Votre Majesté daigne ac-
corder à cette belle entreprise.
» Je me persuade que, de leur côté, les pouvoirs
publics voudront s'associer aux desseins de l'Empe-
reur, et, en conséquence, j'ai également l'honneur
de prier Votre Majesté de vouloir bien renvoyer à
l'examen du conseil d'État un projet de loi portant
ouverture, au ministère de l'instruction publique,
d'un crédit de 200,000 francs pour subvenir aux frais
de l'expédition.
» Je suis, avec le plus profond respect, Sire, de
Votre Majesté le très-humble et très-obéissant servi-
teur,
Le ministre de l'instruction publique,
V. DURUY.
» Approuvé et renvoyé au conseil d'État.
NAPOLÉON.
Paris, le 27 février 1864.
» NAPOLÉON,
» Par la grâce de Dieu et la volonté nationale,
Empereur des Français,
» A tous présents et à venir, salut :
» Sur le rapport de notre ministre de l'instruction
publique,
terrains si divers, ces altitudes où se produisent tous
les climats, permettent au Mexique et à l'Amérique
centrale de déployer aux yeux du voyageur une
flore magnifique et variée telle que n'en offre aucun
autre point du globe. Bien des conquêtes y ont été
déjà faites par la science ; mais il reste de quoi
moissonner encore à pleines mains, et nos jardins,
nos parcs, nos forêts et nos cultures s'enrichiront de
plantes nouvelles d'ornement ou d'utilité.
» Dans ces régions où la nature prodigue la vie
sous toutes les formes, le règne animal n'est ni
moins riche ni moins curieux que le règne végétal.
Agassiz croit avoir retrouvé vivants, dans le golfe
du Mexique, certains polypiers antédiluviens, qui
sont entrés dans la composition du sol de la Floride,
et les encrines ne subsistent que là : relation mysté-
rieuse entre le monde des anciens jours et le nôtre.
» Il est une science presque nouvelle, l'anthropo-
logie, qui devra de vives lumières à l'étude sérieuse
des races ensevelies dans les grottes de l'Amérique
centrale et de celles qui vivent encore sur le plateau
de l'Anahuac ou dans les régions voisines. Les métis,
résultant des croisements accomplis entre les races
indigènes et étrangères, donneront lieu à une étude
qui soulèvera des questions de l'ordre le plus élevé,
à la fois physiologiques, morales et sociales.
» Le Mexique est encore plein de promesses pour
une autre science : la philologie comparée. A peine
a-t-elle âge d'homme, et cependant elle a retrouvé
déjà les origines des races humaines, renoué les liens
brisés des nations, et préparé, elle aussi, la solution
du grand problème de la variété ou de l'unité de
notre espèce, question qui semblait n'avoir qu'un
intérêt de curiosité scientifique, et que, depuis trois
ans, l'Amérique du Nord cherche à trancher dans
les mêlées furieuses d'une guerre plus que civile.
Sans doute l'étude des idiomes mexicains est depuis
longtemps commencée, mais il y aurait lieu de la
poursuivre sur une plus grande échelle. Les ruines
de Palenqué gardent des mystères peut-être compa-
rables à ceux que l'expédition d'Egypte trouva au
bord du Nil, et que, grâce à elle, Champollion put
ensuite percer.
» Le Mexique de Montezuma a péri presque tout
entier; l'expédition donnera les moyens de le re-
trouver. Peut-être nos voyageurs découvriront-ils
quelques-uns de ces rares manuscrits mexicains ou
yukatèques qui ont échappé aux dévastations. Ils
recueilleront certainement ces traditions orales dont
la critique moderne sait tirer si bon parti.
» En 1855, M. de Saussure a découvert, à quel-
ques lieues da Pérote) une ville entière dont nul,
avant lui, n'avait eu connaissance. Un voyageur
américain, se rendant directement de la mer à Me-
xico, par une route qu'il se traça lui-même, rencon-
tra dix-huit à vingt monuments considérables, dont
le souvenir s'était perdu. Les solitudes mexicaines
réservent de pareilles surprises à nos savants. Cette
grande et curieuse page des annales du monde, que
les siècles ont effacée, ils la feront revivre, et notre
génération, si avide des nobles émotions de l'histoire,
verra s'élargir l'horizon où peut errer sa pensée.
» Quand nos soldats quitteront cette terre, laissant
derrière eux de glorieux souvenirs, nos savants achè-
veront de la conquérir à la science. Il n'y a pas à
douter que, gràce à leurs travaux, quelques bran-
ches de nos connaissances ne soient vivifiées et éten-
dues, d'autres peut-être créées, et que des faits nou-
veaux ne produisent des idées nouvelles et fécondes
qui donnent à nos grandes études une secousse salu.
taire.
» Pour assurer à l'expédition scientifique du Mexi-
que toutes les garanties de succès, j'ai l'honneur de
proposer à Votre Majesté de vouloir bien constituer
par décret une commission qui siégera au ministère
de l'instruction publique. Composée d'hommes émi-
nents dans les sciences et dans l'Etat, ou de savants
qui ont déjà exploré l'Amérique centrale, cette com-
mission donnera aux voyageurs les instructions né-
cessaires, suivra les progrès de l'expédition et pré-
parera , pour le monde savant, la publication d'un
ouvrage qui sera, je l'espère, un monument digne
du patronage si direct que Votre Majesté daigne ac-
corder à cette belle entreprise.
» Je me persuade que, de leur côté, les pouvoirs
publics voudront s'associer aux desseins de l'Empe-
reur, et, en conséquence, j'ai également l'honneur
de prier Votre Majesté de vouloir bien renvoyer à
l'examen du conseil d'État un projet de loi portant
ouverture, au ministère de l'instruction publique,
d'un crédit de 200,000 francs pour subvenir aux frais
de l'expédition.
» Je suis, avec le plus profond respect, Sire, de
Votre Majesté le très-humble et très-obéissant servi-
teur,
Le ministre de l'instruction publique,
V. DURUY.
» Approuvé et renvoyé au conseil d'État.
NAPOLÉON.
Paris, le 27 février 1864.
» NAPOLÉON,
» Par la grâce de Dieu et la volonté nationale,
Empereur des Français,
» A tous présents et à venir, salut :
» Sur le rapport de notre ministre de l'instruction
publique,
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