Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-02-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 février 1864 15 février 1864
Description : 1864/02/15 (A9,N184). 1864/02/15 (A9,N184).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033153
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 117
tibilité britannique. Ils n'ont rien épargné pour exas--
pérer les défiances de l'Angleterre contre nous. Ils ont
imputé au gouvernement français les intentions les
plus perfides et les moins justifiées. Ils se sont écriés
qu'il voulait se saisir de la route de l'Inde, couper
les communications anglaises avec les mers orientales,
s'approprier l'isthme, le fortifier, couvrir les bords
du canal de ses colonies afin de s'emparer plus tard
de l'Egypte entière, le tout pour se donner les moyens
d'aboutir à nous déclarer sans être trop désavoués
par leur pays que dans un tel cas la nation an-
glaise nous ferait la guerre.
Nous n'en doutons pas et nous sommes les pre-
miers à déclarer que, les choses étant ainsi, ce serait
pour elle une guerre juste. Si, sous couleur de proté-
ger une entreprise commerciale, un travail d'utilité
universelle, la France pouvait commettre la faute et
la folie de violer les traités, de manquer à la foi
publique, de mentir à ses propres protestations, elle
mériterait d'attirer sur elle non-seulement toute la
puissance armée de l'Angleterre, mais encore l'hosti-
lité de toute l'Europe. Et, certes, c'est ce qui ne
manquerait point d'arriver. Croit-on que l'Europe
verrait et souffrirait avec tranquillité que le passage
de toute la navigation d'Occident en Orient fût le
privilège, le monopole ou la possession d'un seul
peuple ? La liberté et la neutralité du canal de Suez, et,
par le canal de Suez, la liberté et l'indépendance de
l'Egypte sont placées sous la garde du monde
entier, défendues par les intérêts du monde en-
tier. L'Examiner a raison quand il dit que le pas-
sage de Suez sera plus important que ceux du Sund
et des Dardanelles. C'est pour cela même que son
affranchissement de toute domination exclusive
est plus assuré; c'est pour cela même que le
sort de l'Egypte aura pris le plus haut degré de
stabilité ; c'est pour cela même, comme nous l'avons
dit si souvent, que ceux qui veulent le canal ne peu-
vent être soupçonnés de penser à conquérir l'Egypte,
et qu'il en est tout autrement de ceux qui ne le
veulent pas.
Nous comprenons d'ailleurs facilement la tactique
de ce petit accès belliqueux. Il est tout simplement
un petit essai d'intimidation. Les affaires des ennemis
du canal vont donc bien mal puisqu'ils sont réduits
à ce suprême expédient. Est-ce qu'il est un diplo-
mate qui osât seulement balbutier leurs arguments
autour d'un tapis vert en présence d'un contradic-
teur? Est-ce que les calomnies débitées contre la
France et la Compagnie à ce propos ont le moindre
fondement? Est-ce qu'elles obtiennent la moindre
créance? Est-ce que toutes les nations et l'Angleterre
la première n'ont pas été invité es à s'associer à
l'entreprise? Est-ce que l'Angleterre n'a pas été
paaîtresse d'y participer et d'y jouer un rôle en vertu
de sa souscription,? Est-ce la France et M. de Lesseps
ou est-ce lord Palmerston qui l'ont empêchée de figu-
rer dans la fondation de l'œuvre, dans son administra-
tion, d'en partager tous les avantages financiers ?
Est-ce que l'acte de concession lui-même, c'est-à-dire
la loi de la Compagnie ne réserve point au pa-
villon britannique, comme à tous les autres pa-
villons, l'entière et libre pratique du nouveau
Bosphore? Est-ce que l'Angleterre ne sait pas
faire valoir ses droits ? Est-ce que la Compagnie n'a
pas intérêt à les maintenir et à les respecter,
ne fût-ce que pour ne point s'attirer un si puissant
adversaire sur les bras? Oui le prince Napoléon
avait raison de sourire et de s'étonner qu'on parlât
de guerre avec l'Angleterre à propos du canal de
Suez. La meilleure preuve de cette impossibilité,
c'est, nous le répétons, l'attitude des journaux qui
en parlent, et qui, pour en insinuer la pensée, sont
forcés de fabriquer des chimères aussi contraires à la
nature des choses qu'à la force des situations.
Le moment est mal choisi pour semer entre les
deux peuples ces nouveaux germes de division.
Nous nous affligeons entre autres de voir un journal
grave comme le Spectator se livrer à des inven-
tions incroyables et qui pourraient donner lieu
aux plus écrasantes récriminations. Ce n'est pas
la France qui affecte des airs impérieux ni en
Egypte ni en Orient. Là-dessus la conscience du
monde et celle de l'Orient ont répondu d'avance.
Nous regrettons profondément, par exemple, que le
Spectator ait si complètement dénaturé un des actes
les plus légitimes de la diplomatie française en
Egypte. Ce journal prétend qu'un de nos consuls a
obligé le vice-roi à dégrader un officier égyptien pour
avoir coudoyé un zouave. Rien n'est plus faux, et
voici la vérité pourtant bien connue sur cet épi-
sode. Après la mort de Mohammed-Saïd l'esprit
de fanatisme s'était réveillé dans une partie de la
population. La vie des Européens étaient menacée.
L'un d'eux assailli par une foule furieuse avait été
frappé, blesssé, foulé aux pieds et laissé à demi
mort sur la place. C'était un sujet français. Le vice-
roi s'empressa d'écrire et de promettre spontanément
au représentant de la France une satisfaction écla-
tante, promesse que sa justice inspirée par la plus
intelligente politique s'empressa de réaliser. En effet,
cet acte rendit immédiatement le calme à l'Egypte ;
il fut salué par les acclamations de la population
européenne tout entière et par celles aussi de la
colonie anglaise.
Nous ne savons ce qu'il y a de réel dans le récit
Telatif au postillon français dont nous entretient auss
le Spectator. Il devrait négliger ces historiettes. Elles
ne sont pas dignes de lui. Elles pourraient ameneri
des représailles. Ne se souvient-il point de la conduite
tibilité britannique. Ils n'ont rien épargné pour exas--
pérer les défiances de l'Angleterre contre nous. Ils ont
imputé au gouvernement français les intentions les
plus perfides et les moins justifiées. Ils se sont écriés
qu'il voulait se saisir de la route de l'Inde, couper
les communications anglaises avec les mers orientales,
s'approprier l'isthme, le fortifier, couvrir les bords
du canal de ses colonies afin de s'emparer plus tard
de l'Egypte entière, le tout pour se donner les moyens
d'aboutir à nous déclarer sans être trop désavoués
par leur pays que dans un tel cas la nation an-
glaise nous ferait la guerre.
Nous n'en doutons pas et nous sommes les pre-
miers à déclarer que, les choses étant ainsi, ce serait
pour elle une guerre juste. Si, sous couleur de proté-
ger une entreprise commerciale, un travail d'utilité
universelle, la France pouvait commettre la faute et
la folie de violer les traités, de manquer à la foi
publique, de mentir à ses propres protestations, elle
mériterait d'attirer sur elle non-seulement toute la
puissance armée de l'Angleterre, mais encore l'hosti-
lité de toute l'Europe. Et, certes, c'est ce qui ne
manquerait point d'arriver. Croit-on que l'Europe
verrait et souffrirait avec tranquillité que le passage
de toute la navigation d'Occident en Orient fût le
privilège, le monopole ou la possession d'un seul
peuple ? La liberté et la neutralité du canal de Suez, et,
par le canal de Suez, la liberté et l'indépendance de
l'Egypte sont placées sous la garde du monde
entier, défendues par les intérêts du monde en-
tier. L'Examiner a raison quand il dit que le pas-
sage de Suez sera plus important que ceux du Sund
et des Dardanelles. C'est pour cela même que son
affranchissement de toute domination exclusive
est plus assuré; c'est pour cela même que le
sort de l'Egypte aura pris le plus haut degré de
stabilité ; c'est pour cela même, comme nous l'avons
dit si souvent, que ceux qui veulent le canal ne peu-
vent être soupçonnés de penser à conquérir l'Egypte,
et qu'il en est tout autrement de ceux qui ne le
veulent pas.
Nous comprenons d'ailleurs facilement la tactique
de ce petit accès belliqueux. Il est tout simplement
un petit essai d'intimidation. Les affaires des ennemis
du canal vont donc bien mal puisqu'ils sont réduits
à ce suprême expédient. Est-ce qu'il est un diplo-
mate qui osât seulement balbutier leurs arguments
autour d'un tapis vert en présence d'un contradic-
teur? Est-ce que les calomnies débitées contre la
France et la Compagnie à ce propos ont le moindre
fondement? Est-ce qu'elles obtiennent la moindre
créance? Est-ce que toutes les nations et l'Angleterre
la première n'ont pas été invité es à s'associer à
l'entreprise? Est-ce que l'Angleterre n'a pas été
paaîtresse d'y participer et d'y jouer un rôle en vertu
de sa souscription,? Est-ce la France et M. de Lesseps
ou est-ce lord Palmerston qui l'ont empêchée de figu-
rer dans la fondation de l'œuvre, dans son administra-
tion, d'en partager tous les avantages financiers ?
Est-ce que l'acte de concession lui-même, c'est-à-dire
la loi de la Compagnie ne réserve point au pa-
villon britannique, comme à tous les autres pa-
villons, l'entière et libre pratique du nouveau
Bosphore? Est-ce que l'Angleterre ne sait pas
faire valoir ses droits ? Est-ce que la Compagnie n'a
pas intérêt à les maintenir et à les respecter,
ne fût-ce que pour ne point s'attirer un si puissant
adversaire sur les bras? Oui le prince Napoléon
avait raison de sourire et de s'étonner qu'on parlât
de guerre avec l'Angleterre à propos du canal de
Suez. La meilleure preuve de cette impossibilité,
c'est, nous le répétons, l'attitude des journaux qui
en parlent, et qui, pour en insinuer la pensée, sont
forcés de fabriquer des chimères aussi contraires à la
nature des choses qu'à la force des situations.
Le moment est mal choisi pour semer entre les
deux peuples ces nouveaux germes de division.
Nous nous affligeons entre autres de voir un journal
grave comme le Spectator se livrer à des inven-
tions incroyables et qui pourraient donner lieu
aux plus écrasantes récriminations. Ce n'est pas
la France qui affecte des airs impérieux ni en
Egypte ni en Orient. Là-dessus la conscience du
monde et celle de l'Orient ont répondu d'avance.
Nous regrettons profondément, par exemple, que le
Spectator ait si complètement dénaturé un des actes
les plus légitimes de la diplomatie française en
Egypte. Ce journal prétend qu'un de nos consuls a
obligé le vice-roi à dégrader un officier égyptien pour
avoir coudoyé un zouave. Rien n'est plus faux, et
voici la vérité pourtant bien connue sur cet épi-
sode. Après la mort de Mohammed-Saïd l'esprit
de fanatisme s'était réveillé dans une partie de la
population. La vie des Européens étaient menacée.
L'un d'eux assailli par une foule furieuse avait été
frappé, blesssé, foulé aux pieds et laissé à demi
mort sur la place. C'était un sujet français. Le vice-
roi s'empressa d'écrire et de promettre spontanément
au représentant de la France une satisfaction écla-
tante, promesse que sa justice inspirée par la plus
intelligente politique s'empressa de réaliser. En effet,
cet acte rendit immédiatement le calme à l'Egypte ;
il fut salué par les acclamations de la population
européenne tout entière et par celles aussi de la
colonie anglaise.
Nous ne savons ce qu'il y a de réel dans le récit
Telatif au postillon français dont nous entretient auss
le Spectator. Il devrait négliger ces historiettes. Elles
ne sont pas dignes de lui. Elles pourraient ameneri
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