Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-02-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 février 1864 15 février 1864
Description : 1864/02/15 (A9,N184). 1864/02/15 (A9,N184).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033153
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
116 L'ISTHME DE SUEZ,
Conseil motivant son rejet, pour se former une con-
viction. Mais nous n'avons encore entendu que la
pensée relativement modérée du Spectator et de
l'organe de lord Russell. Nous avons à interroger la
pensée des journaux de lord Palmerston. Ils nous
éclaireront sur les secrets du plan confié aux soins de
sir Henry Bulwer.
rexaminer ne veut à aucun prix entendre parler
de la Compagnie universelle formée en grande partie
par des capitaux français, et en conséquence il ré-
clame à grands cris l'application rigoureuse des pro-
positions Nubar. Pourquoi? Quel en doit être, à son
avis, le résultat ? Il nous le révèle assez ouvertement
par ces paroles remarquables, conclusion de son ar-
ticle :
» Le dénoûment, nous le supposons, sera l'aban-
» don de la direction de l'entreprise par l'énergique
« M. de Lesseps, et sa transmission aux mains d'un
» directeur ou d'une Compagnie plus conciliante et
» plus cosmopolite. »
- Le mot de l'énigme est facile à découvrir.
- C'est là aussi le vœu discret du Daily-News. Il rap-
pelle avec quelque attendrissement que la Turquie a
proposé de rembourser la Compagnie et de prendre
l'entreprise pour son compte ; ce qui, au dire de l'é-
crivain, enlève tout sujet de plainte à la Compagnie,
à M. de Lesseps et au gouvernement français.
Que si la Compagnie ne veut pas s'en aller avec
d'aussi bonnes conditions, le Daily-News ne compren-
drait point qu'on ne la ruinât pas en la dépouillant
de ses terrains et en lui enlevant ses travailleurs sans
indemnité. Il prononce que le rachat et l'indemnité
constituent jine demande « monstrueusement ab-
surde. »
Si nous ajoutons à ces exigences le tableau que
trace le Daily-News des embarras que l'achèvement
du canal doit causer, selon lui, au gouvernement
égyptien, des difficultés terribles qu'il annonce pour
la neutralisation du passage, on peut conclure sans
effort que la bonne volonté de ce journal lui-même
en faveur du canal maritime proprement dit, à part
ses accessoires et dépendances, est une bonne vo-
lonté des plus tièdes. -
Mais nous achevons d'être fixés par les significa-
tions sans ambiguité du Daily-Telegraph. Celui-là dé-
chire tous les voiles et montre à nu le fond de sa
pensée. Pour lui, toutes les précautions oratoires em-
ployées par ses confrères sont de l'hypocrisie : « L'An-
gleterre n'a jamais cessé, dit-il hautement, de s'op-
poser au projet, » et il proclame ouvertement c l'a-
version qu'éprouve le cabinet pour l'entreprise. »
Sans accepter toutes les assertions de ce rude
écrivain, nous pensons avoir, par cette accumulation
d'aveux, surabondamment démontré que les personnes
qui soutenaient que les jalousies anglaises, que la
diplomatie anglaise n'était pour rien dans ces ma-
chinations, ou trompaient le pays, ou se trompaient
désastreusement pour le pays et pour l'œuvre elle-
même.
Comme nous respectons toutes les intentions, nous
ne nous mêlons pas de faire la part de chacun ;
seulement nous osons espérer qu'à l'avenir on sera
moins hardi à nier l'évidence et à accuser la clair-
voyance de passion ou d'aveuglement.
Comment cependant les amis du cabinet anglais,
ces défenseurs si ardents de la Turquie, défendent-ils
son gouvernement? quels ménagements montrent-ils
pour sa dignité ? Ils lui ont imposé, à l'égard du
canal de Suez, une politique qui lui répugnait. Ils lui
ont ordonné de couvrir leurs intrigues de sa respon-
sabilité, de proclamer comme étant les siens les actes
qu'ils lui ont dictés, et puis, dans une heure qu'ils
jugent difficile, ils viennent lui donner un démenti.
Ils déclarent que la Porte a été dirigée par leur am-
bassadeur, que c'est à lui qu'elle a obéi ; que le mi-
nistère turc n'a été que son instrument; en d'autres
termes, après l'oppression secrète, l'humili ation pu
blique.
Se montre-t-on plus généreux ou plus réservé
pour ceux qui parmi nous se sont laissé entraîner
dans une voie que l'opinion publique a sévèrement-
appréciée? On en pourra juger par l'extrait suivant
de l'article de YExaminer :
« Un singulier exemple des progrès du siècle c'est
le procédé par lequel le gouvernement égyptien a
su parer et mettre en déroute cette attaque (de là
Compagnie). Au lieu de la vieille guerre diplomati-
que, ce gouvernement s'est adressé aux plus éminents
jurisconsultes français, leur a soumis son affaire,
a obtenu d'eux des opinions adverses aux demandés
de M. de Lesseps. Par ce moyen, lorsque ce dernier
a voulu lancer les foudres de la presse contre ceux
qu'il accusait de contrecarrer une grande entre-
prise française, les agents égyptiens se sont abrités
derrière l'opinion positive et écrite d'hommes tels
qu'Odilon Barrot et Jules Favrë. Le terrain était
miné sous les pas de M. de Lesseps. Il ne peut plus
se servir de son fantôme patriotique. »
Pourquoi toutefois cette sincérité inattendue et
cette levée de boucliers? Le prince Napoléon a dit
que l'Angleterre ne ferait pas la guerre pour empê-
cher le percement de l'isthme, et que le gouverne-
ment qui voudrait la lui proposer pour ce sujet serait
repoussé par l'indignation unanime de son pays.
Sur ce thème les quatre journaux que nous allons
reproduire se sont mis à l'œuvre. Ils ont prétendu que
le prince menaçait l'Angleterre d'une guerre, tandis
qu'au contraire ses paroles comme sa pensée avaient
pour but de prémunir ses auditeurs contre toute pos-
sibilité de guerre avec l'Angleterre. Ils se sont appli-
qués à irriter par tous ses points sensibles la suscep-
Conseil motivant son rejet, pour se former une con-
viction. Mais nous n'avons encore entendu que la
pensée relativement modérée du Spectator et de
l'organe de lord Russell. Nous avons à interroger la
pensée des journaux de lord Palmerston. Ils nous
éclaireront sur les secrets du plan confié aux soins de
sir Henry Bulwer.
rexaminer ne veut à aucun prix entendre parler
de la Compagnie universelle formée en grande partie
par des capitaux français, et en conséquence il ré-
clame à grands cris l'application rigoureuse des pro-
positions Nubar. Pourquoi? Quel en doit être, à son
avis, le résultat ? Il nous le révèle assez ouvertement
par ces paroles remarquables, conclusion de son ar-
ticle :
» Le dénoûment, nous le supposons, sera l'aban-
» don de la direction de l'entreprise par l'énergique
« M. de Lesseps, et sa transmission aux mains d'un
» directeur ou d'une Compagnie plus conciliante et
» plus cosmopolite. »
- Le mot de l'énigme est facile à découvrir.
- C'est là aussi le vœu discret du Daily-News. Il rap-
pelle avec quelque attendrissement que la Turquie a
proposé de rembourser la Compagnie et de prendre
l'entreprise pour son compte ; ce qui, au dire de l'é-
crivain, enlève tout sujet de plainte à la Compagnie,
à M. de Lesseps et au gouvernement français.
Que si la Compagnie ne veut pas s'en aller avec
d'aussi bonnes conditions, le Daily-News ne compren-
drait point qu'on ne la ruinât pas en la dépouillant
de ses terrains et en lui enlevant ses travailleurs sans
indemnité. Il prononce que le rachat et l'indemnité
constituent jine demande « monstrueusement ab-
surde. »
Si nous ajoutons à ces exigences le tableau que
trace le Daily-News des embarras que l'achèvement
du canal doit causer, selon lui, au gouvernement
égyptien, des difficultés terribles qu'il annonce pour
la neutralisation du passage, on peut conclure sans
effort que la bonne volonté de ce journal lui-même
en faveur du canal maritime proprement dit, à part
ses accessoires et dépendances, est une bonne vo-
lonté des plus tièdes. -
Mais nous achevons d'être fixés par les significa-
tions sans ambiguité du Daily-Telegraph. Celui-là dé-
chire tous les voiles et montre à nu le fond de sa
pensée. Pour lui, toutes les précautions oratoires em-
ployées par ses confrères sont de l'hypocrisie : « L'An-
gleterre n'a jamais cessé, dit-il hautement, de s'op-
poser au projet, » et il proclame ouvertement c l'a-
version qu'éprouve le cabinet pour l'entreprise. »
Sans accepter toutes les assertions de ce rude
écrivain, nous pensons avoir, par cette accumulation
d'aveux, surabondamment démontré que les personnes
qui soutenaient que les jalousies anglaises, que la
diplomatie anglaise n'était pour rien dans ces ma-
chinations, ou trompaient le pays, ou se trompaient
désastreusement pour le pays et pour l'œuvre elle-
même.
Comme nous respectons toutes les intentions, nous
ne nous mêlons pas de faire la part de chacun ;
seulement nous osons espérer qu'à l'avenir on sera
moins hardi à nier l'évidence et à accuser la clair-
voyance de passion ou d'aveuglement.
Comment cependant les amis du cabinet anglais,
ces défenseurs si ardents de la Turquie, défendent-ils
son gouvernement? quels ménagements montrent-ils
pour sa dignité ? Ils lui ont imposé, à l'égard du
canal de Suez, une politique qui lui répugnait. Ils lui
ont ordonné de couvrir leurs intrigues de sa respon-
sabilité, de proclamer comme étant les siens les actes
qu'ils lui ont dictés, et puis, dans une heure qu'ils
jugent difficile, ils viennent lui donner un démenti.
Ils déclarent que la Porte a été dirigée par leur am-
bassadeur, que c'est à lui qu'elle a obéi ; que le mi-
nistère turc n'a été que son instrument; en d'autres
termes, après l'oppression secrète, l'humili ation pu
blique.
Se montre-t-on plus généreux ou plus réservé
pour ceux qui parmi nous se sont laissé entraîner
dans une voie que l'opinion publique a sévèrement-
appréciée? On en pourra juger par l'extrait suivant
de l'article de YExaminer :
« Un singulier exemple des progrès du siècle c'est
le procédé par lequel le gouvernement égyptien a
su parer et mettre en déroute cette attaque (de là
Compagnie). Au lieu de la vieille guerre diplomati-
que, ce gouvernement s'est adressé aux plus éminents
jurisconsultes français, leur a soumis son affaire,
a obtenu d'eux des opinions adverses aux demandés
de M. de Lesseps. Par ce moyen, lorsque ce dernier
a voulu lancer les foudres de la presse contre ceux
qu'il accusait de contrecarrer une grande entre-
prise française, les agents égyptiens se sont abrités
derrière l'opinion positive et écrite d'hommes tels
qu'Odilon Barrot et Jules Favrë. Le terrain était
miné sous les pas de M. de Lesseps. Il ne peut plus
se servir de son fantôme patriotique. »
Pourquoi toutefois cette sincérité inattendue et
cette levée de boucliers? Le prince Napoléon a dit
que l'Angleterre ne ferait pas la guerre pour empê-
cher le percement de l'isthme, et que le gouverne-
ment qui voudrait la lui proposer pour ce sujet serait
repoussé par l'indignation unanime de son pays.
Sur ce thème les quatre journaux que nous allons
reproduire se sont mis à l'œuvre. Ils ont prétendu que
le prince menaçait l'Angleterre d'une guerre, tandis
qu'au contraire ses paroles comme sa pensée avaient
pour but de prémunir ses auditeurs contre toute pos-
sibilité de guerre avec l'Angleterre. Ils se sont appli-
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