Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1864-02-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 février 1864 15 février 1864
Description : 1864/02/15 (A9,N184). 1864/02/15 (A9,N184).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62033153
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 21/05/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 11&
la Compagnie sont ses ennemis mortels. Il faut qu'ils,
cèdent ou qu'ils tombent. Ce n'est pas l'Angleterre
qui parle ainsi, c'est la France par les hommes les
plus intelligents de la situation et les plus dévoués
à l'entreprise. »
Le prince Napoléon a ramené vertement ces fic-
tions à la vérité aux acclamations réitérées de l'opi-
nion et de la presse.
En distinguant entre la nation et le gouvernement,
il a hardiment indiqué et retracé le rôle de l'Angle-
terre dans cette affaire.
En présence de l'autorité et de la gravité de cet
exposé, la presse hostile de Londres n'a pu éviter de
s'expliquer; c'est ce qu'elle a fait dans les quatre
articles et les quatre journaux que nous venons de
mentionner.
De ces journaux, l'un, le Daily News, passe pour
recevoir les confidences du Foreign-Office. Le Daily
Telegraph et l'Examiner sont, dit-on, écrits sous l'ins-
piration de lord Palmerston. Le Spectator, plus indé-
pendant, n'en est pas moins, par ses relations et
l'importance de ses écrivains, en mesure de connaî-
tre la direction donnée aux affaires diplomatiques de
son pays.
Résumons d'abord les révélations curieuses et si-
gnificatives du Spectator.
Ce journal avoue que lord Palmerston a combattu
absolument tant qu'il l'a pu l'exécution du canal de
Suez, que. cette résistance absolue échoua, qu'elle
devait échouer, et qu'itn plan plus modéré fut dès lors
adopté.
Ce plan quel était-il? Laissons encore parler le
Spectator : « La Porte fut induite à prohiber le tra-
vail forcé dans l'intérêt général de l'humanité, et à
supprimer la concession des terrains comme portant
atteinte aux droits du suzerain. »
C'est là le fond de la note du 6 avril 1863. Ce
sont là les propositions de Nubar-Pacha. Qui les a
conçues ? qui les a suggérées ? qui les a fait prévaloir
auprès de la Porte? C'est encore ce que le Spectator
n'hésite pas à nous apprendre. En effet, invoquant
l'avis des trois jurisconsultes français, avocats de
Nubar, il ajoute : « Il n'est pas aisé de prouver que
sir Henry Bulwer ait eu tort en persuadant au sultan
d'exercer son droit. »
C'est donc l'ambassadeur anglais à Constantinople,
c'est sir Henry Bulwer qui a été le conseiller ou
plutôt l'artisan de toute cette trame, de l'aveu d'un
journal de Londres, dont nos adversaires pourront
difficilement contester ici l'autorité.
Il n'est pas inutile qu'on sache qu'après avoir
épuisé à Constantinople toute son influence, le noble
diplomate a quitté son poste pour se rendre en Oc-
cident dès qu'il a su que la question devait se trai-
ter- en France, et que son activité se distingue par
de nombreux voyages de Paris à Londres et de
Londres à Paris, où il se trouvait encore tout récem-
ment.
Les déclarations du Daily News ne sont pas moins
intéressantes que celles du Spectator.
Selon sa version, le sultan ignorait les dangers
que courait l'Egypte. On l'a averti. Sir Henry Bul-
wer conseilla à Sa Hautesse son célèbre voyage, et
de l'inspection des lieux le sultan aurait rapporté sa
décision relative à l'abolition du travail obligatoire
et au retrait de la concession des terrains.
Sauf « les conseils » de sir Henry, c'est là uns
petite fable assez malheureusement imaginée pour
dissimuler quelque peu la réalité. Le sultan n'a pas
visité l'isthme. La diplomatie anglaise s'y est oppo-
sée de tout son pouvoir. Par conséquent ce n'est
point sur ses observations personnelles qu'il se serait
décidé. De plus, la note du six avril est antérieure au
séjour du sultan en Egypte, puisqu'il n'y est arrivé
que le sept du même mois, et au moment de son dé-
- part la note était arrêtée et rédigée depuis plu-
sieurs jours. Or cette note contenait les deux prohi-
bitions sur la corvée et la concession des terrains.
Ce n'est donc pas la présence du sultan en Egypte
qui les a provoquées. Elles l'ont été par les conseils
donnés dont nous entretient le Daily News, par les
insistances de l'ambassadeur allant jusqu'à la vio-
lence comme nous l'apprenait à cette époque la
Gazette dJAugsboury, par la pression obstinée de sir
Henry, poursuivant le sultan jusqu'à bord de la fré-
gate qui l'emportait.
D'ailleurs le D(tily News fait bon marché lui-même
de son roman. Il reconnaît que l'ambassadeur an-
glais a été au total l'exécuteur du « plan plus mo-
déré » que nous décrivait tout à l'heure son con-
frère, et il en donne les raisons avec une grande
ingénuité : s'opposer au projet comme grand ou-
vrage de civilisation, c'eût été, dit-il, placer l'An-
gleterre dans un antagonisme odieux envers toute
l'Europe. Sir Henry pulwer a pris un rôle moins
dangereux et plus habile. Il a inspiré au divan les
propositions Nubar. La mine est sous l'édifice. Il ne
s'agit plus que d'obtenir du gouvernement français
la permission de la faire éclater, et avec ses auxi-
liaires français le Daity News est tranquille.
S'il est donc un fait plus que jamais avéré mainte-
nant, c'est que les propositions rejetées par le Con-
seil d'administration de la Compagnie sont des pro-
positions d'origine anglaise, non des propositions
d'origine turque ou égyptienne, des propositions sug-
gérées , voulues, dictées par la- diplomatie anglaise.
Quel était leur but ? Etait-ce d'assurer l'exé-
cution du canal ou de ruiner et désorganiser l'en-
treprise ? Là-dessus il suffit de lire la résolution du
la Compagnie sont ses ennemis mortels. Il faut qu'ils,
cèdent ou qu'ils tombent. Ce n'est pas l'Angleterre
qui parle ainsi, c'est la France par les hommes les
plus intelligents de la situation et les plus dévoués
à l'entreprise. »
Le prince Napoléon a ramené vertement ces fic-
tions à la vérité aux acclamations réitérées de l'opi-
nion et de la presse.
En distinguant entre la nation et le gouvernement,
il a hardiment indiqué et retracé le rôle de l'Angle-
terre dans cette affaire.
En présence de l'autorité et de la gravité de cet
exposé, la presse hostile de Londres n'a pu éviter de
s'expliquer; c'est ce qu'elle a fait dans les quatre
articles et les quatre journaux que nous venons de
mentionner.
De ces journaux, l'un, le Daily News, passe pour
recevoir les confidences du Foreign-Office. Le Daily
Telegraph et l'Examiner sont, dit-on, écrits sous l'ins-
piration de lord Palmerston. Le Spectator, plus indé-
pendant, n'en est pas moins, par ses relations et
l'importance de ses écrivains, en mesure de connaî-
tre la direction donnée aux affaires diplomatiques de
son pays.
Résumons d'abord les révélations curieuses et si-
gnificatives du Spectator.
Ce journal avoue que lord Palmerston a combattu
absolument tant qu'il l'a pu l'exécution du canal de
Suez, que. cette résistance absolue échoua, qu'elle
devait échouer, et qu'itn plan plus modéré fut dès lors
adopté.
Ce plan quel était-il? Laissons encore parler le
Spectator : « La Porte fut induite à prohiber le tra-
vail forcé dans l'intérêt général de l'humanité, et à
supprimer la concession des terrains comme portant
atteinte aux droits du suzerain. »
C'est là le fond de la note du 6 avril 1863. Ce
sont là les propositions de Nubar-Pacha. Qui les a
conçues ? qui les a suggérées ? qui les a fait prévaloir
auprès de la Porte? C'est encore ce que le Spectator
n'hésite pas à nous apprendre. En effet, invoquant
l'avis des trois jurisconsultes français, avocats de
Nubar, il ajoute : « Il n'est pas aisé de prouver que
sir Henry Bulwer ait eu tort en persuadant au sultan
d'exercer son droit. »
C'est donc l'ambassadeur anglais à Constantinople,
c'est sir Henry Bulwer qui a été le conseiller ou
plutôt l'artisan de toute cette trame, de l'aveu d'un
journal de Londres, dont nos adversaires pourront
difficilement contester ici l'autorité.
Il n'est pas inutile qu'on sache qu'après avoir
épuisé à Constantinople toute son influence, le noble
diplomate a quitté son poste pour se rendre en Oc-
cident dès qu'il a su que la question devait se trai-
ter- en France, et que son activité se distingue par
de nombreux voyages de Paris à Londres et de
Londres à Paris, où il se trouvait encore tout récem-
ment.
Les déclarations du Daily News ne sont pas moins
intéressantes que celles du Spectator.
Selon sa version, le sultan ignorait les dangers
que courait l'Egypte. On l'a averti. Sir Henry Bul-
wer conseilla à Sa Hautesse son célèbre voyage, et
de l'inspection des lieux le sultan aurait rapporté sa
décision relative à l'abolition du travail obligatoire
et au retrait de la concession des terrains.
Sauf « les conseils » de sir Henry, c'est là uns
petite fable assez malheureusement imaginée pour
dissimuler quelque peu la réalité. Le sultan n'a pas
visité l'isthme. La diplomatie anglaise s'y est oppo-
sée de tout son pouvoir. Par conséquent ce n'est
point sur ses observations personnelles qu'il se serait
décidé. De plus, la note du six avril est antérieure au
séjour du sultan en Egypte, puisqu'il n'y est arrivé
que le sept du même mois, et au moment de son dé-
- part la note était arrêtée et rédigée depuis plu-
sieurs jours. Or cette note contenait les deux prohi-
bitions sur la corvée et la concession des terrains.
Ce n'est donc pas la présence du sultan en Egypte
qui les a provoquées. Elles l'ont été par les conseils
donnés dont nous entretient le Daily News, par les
insistances de l'ambassadeur allant jusqu'à la vio-
lence comme nous l'apprenait à cette époque la
Gazette dJAugsboury, par la pression obstinée de sir
Henry, poursuivant le sultan jusqu'à bord de la fré-
gate qui l'emportait.
D'ailleurs le D(tily News fait bon marché lui-même
de son roman. Il reconnaît que l'ambassadeur an-
glais a été au total l'exécuteur du « plan plus mo-
déré » que nous décrivait tout à l'heure son con-
frère, et il en donne les raisons avec une grande
ingénuité : s'opposer au projet comme grand ou-
vrage de civilisation, c'eût été, dit-il, placer l'An-
gleterre dans un antagonisme odieux envers toute
l'Europe. Sir Henry pulwer a pris un rôle moins
dangereux et plus habile. Il a inspiré au divan les
propositions Nubar. La mine est sous l'édifice. Il ne
s'agit plus que d'obtenir du gouvernement français
la permission de la faire éclater, et avec ses auxi-
liaires français le Daity News est tranquille.
S'il est donc un fait plus que jamais avéré mainte-
nant, c'est que les propositions rejetées par le Con-
seil d'administration de la Compagnie sont des pro-
positions d'origine anglaise, non des propositions
d'origine turque ou égyptienne, des propositions sug-
gérées , voulues, dictées par la- diplomatie anglaise.
Quel était leur but ? Etait-ce d'assurer l'exé-
cution du canal ou de ruiner et désorganiser l'en-
treprise ? Là-dessus il suffit de lire la résolution du
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