Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-10-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 octobre 1862 01 octobre 1862
Description : 1862/10/01 (A7,N151). 1862/10/01 (A7,N151).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203305q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/04/2012
m
L'ISTHME SE SUEZ,
dtnt l'avait doué la Providence à un degré presque égal,
put suffire à tant de travaux, d'occupations, de fatigues @
menés de front pendant une carrière constamment active
de soixante-quatre ans. Ce fut, nous n'hésitons pas à
le dire, par cette activité même, qui jamais n'eut rien
de fébrile et se posséda toujours, à la fois infatigable
et impassible. Ce lut aussi par l'emploi du temps le
plus régulier et le plus consciencieux. Ce fut surtout
par cette noble passion qui animait chez lui et conte-
nait toutes les autres, l'amour du devoir. Il en don-
nait des preuves continuelles à l'Académie, car le devoir
académique fut rempli par lui, comme tous les autres,
avec la même exactitude et la même ponctualité jus-
qu'à la fin. A nos deux dernières séances encore, il nous
en donnait la preuve, à faire envie, avec ces quatre-vingts
cinq ans, aux plus jeunes parmi nous. Deux vendredis
de suite, il est venu nous lire, comme son testament
scientifique, un mémoire sur les dimensions de la grande
pyramide d'Égypte, où il défendait pour la dernière fois,
hélas 1 les principes et les conclusions de ce grand tra-
vail sur le système métrique des anciens Égyptiens,
qui, plus que tout autre, avait contribué à lui ouvrir
les portes de l'Académie. La fin de sa vie académique
devait ainsi se réunir à son commencement, dans un
cercle à la fois heureux et fatal.
» Et maintenant, je ne saurais mieux, Messieurs, ra-
cheter cette improvisation, dont l'imperfection, je le
sens, ne peut être sauvée que par la nécessité des con-
venances, qu'en rappelant un mot qui résume tout, avec
autant d'énergie que de simplicité, sur cette belle et noble
vie. Lorsque.notre confrère, il y a quelques années* fut
présenté pour la première fois, avec plusieurs des rares
survivants de l'expédition d'Egypte, au Président de la
République, qui n'était point encore l'Empereur, mais
qui se nommait Napoléon, le chef d'Etat lui dit: « Mon-
» sieur Jomard, il y a longtemps que je vous connais
» comme l'un des hommes qui honorent la France de
» nos jours. »
, » Messieurs, en disant avec moi, à celui que nous re-
grettons tous, l'adieu suprême, nous ratifions cet éloge,
qui, parti d'une telle bouche, répond tout ensemble aux
mérites de M. Jomard et aux sentiments, qu'il garda
toute sa vie, d'un culte égal à celui de la science. »
DISCOUBS DE M. D'AVEZAC,
Secrétaire de la Société de Géographie.
Messieurs,
» Dans la pensée de celui dont nous entourons la
tombe, dans ses affections, dans sa vie tout entière,
- la géographie a tenu une trop grande place pour qu'il
tut possible, à ce moment de la séparation dernière, de
ne pas payer à sa mémoire un tribut spécial au nom de
la Société de géographie, dont il fut un des premiers
fondateurs, et dont il a pendant quarante ans partagé
les travaux avec un zèle, un dévouement, une activité,
qui jamais n'ont laissé apercevoir un seul instant de
défaillance.
» la droiture et l'élévation de son caractère, la sûreté
de ses relations, la constance de ses amitiés, l'aménité
de ses manières, l'enjouement aimable de son esprit,
sa force d'âme dans les épreuves morales aussi bien
que dans les souffrances physiques, nous n'avons pas
à les répéter ici : nous voulons seulement rappeler qu'elle
fut l'occupation principale de la longue existence qu'il lui
a été donné d'accomplir.
» Élève de l'Ecole polytechnique dès la création de cette
illustre pépinière d'hommes aptes à toutes les destinations
scientifiques, la carrière vers laquelle le portaient ses
goûts détermina son entrée à l'École d'application des
ingénieurs-géographes, d'où il sortit un peu avant le
terme pour faire partie de la célèbre expédition
d'Egypte. Là, pendant trois années, il concourut labo-
rieusement, sous la direction de Jacotin, aux levées topo-
graphiques qui devaient fournir les éléments au grand
atlas en 53 feuilles compris dans la monumentale Des-
cription de l'Egypte ; mais il ne s'était pas borné au travail
de précision du géographe, et les portefeuilles qu'il
rapporta en France au retour, contenaient soixante
feuilles de dessins variés, jugés dignes de faire aussi
partie du grand ouvrage.
» Quelques mois à peine après sa rentrée à Paris, le
jeune et savant officier avait été envoyé en Bavière
pour y concourir aux opérations topographiques dont
la direction était confiée à Bonne. Mais sa présence à
Paris était nécessaire pour les travaux de la commis-
sion d'Egypte, et il se décida, au mois d'avril 1803, à
quitter le corps des ingénieurs-géographes, afin de se
consacrer sans partage à une œuvre où, simple coopé-
rateur à l'origine, il devint à la longue l'agent princi-
pal, et qu'il conduisit enfin à son terme en 1825. Entre
les mémoires que lui-même y a fournis, celui qui traite
du système métrique des anciens Egyptiens se lie
étroitement à l'histoire de la géographie, et ce côté
l'auteur n'avait eu garde de le négliger. C'était là un
travail capital, dont il avait été récompensé à bref délai
par son élection à l'Institut dès 1818.
» Il prenait, en même temps, un grand intérêt et
quelquefois une part active aux publications de voyages
et descriptions géographiques, à celles surtout qui tou-
chaient à cette Egypte, avec laquelle il s'était en q jel-
sorte identifié : c'est ainsi qu'il avait coopéré à la rédac-
tion du voyage de Cailliaud à l'Oasis de Thèbes, ou
vrage splendide, dont l'achèvement »définitif, après une
interruption de plus de quarante ans, était, il y a quel-
ques jours à peine, sa principale occupation.
» 11 fut naturellement un des plus empressés à se join-
dre à ces quelques hommes d'élite qui fondèrent à Paris,
en 1821, la Société de géographie, dont il devait être le
plus ferme soutien : création heureuse et féconde,
imitée de proche en proche à l'étranger, et qui compte
aujourd'hui jusqu'à douze associations formées, à son
exemple, dans les principaux États des deux mondes.
Elle sollicitait, elle inspirait, elle récompensait le zèle
des voyageurs, et nul ne peut oublier avec quelle ar-
deur M. Jomard personnellement les aidait de ses con-
seils, mettait à leur service toute l'influence dont il
pouvait disposer : il suffit de prononcer le nom de René
Caillé pour rappeler à tous le chaleureux dévouement
L'ISTHME SE SUEZ,
dtnt l'avait doué la Providence à un degré presque égal,
put suffire à tant de travaux, d'occupations, de fatigues @
menés de front pendant une carrière constamment active
de soixante-quatre ans. Ce fut, nous n'hésitons pas à
le dire, par cette activité même, qui jamais n'eut rien
de fébrile et se posséda toujours, à la fois infatigable
et impassible. Ce lut aussi par l'emploi du temps le
plus régulier et le plus consciencieux. Ce fut surtout
par cette noble passion qui animait chez lui et conte-
nait toutes les autres, l'amour du devoir. Il en don-
nait des preuves continuelles à l'Académie, car le devoir
académique fut rempli par lui, comme tous les autres,
avec la même exactitude et la même ponctualité jus-
qu'à la fin. A nos deux dernières séances encore, il nous
en donnait la preuve, à faire envie, avec ces quatre-vingts
cinq ans, aux plus jeunes parmi nous. Deux vendredis
de suite, il est venu nous lire, comme son testament
scientifique, un mémoire sur les dimensions de la grande
pyramide d'Égypte, où il défendait pour la dernière fois,
hélas 1 les principes et les conclusions de ce grand tra-
vail sur le système métrique des anciens Égyptiens,
qui, plus que tout autre, avait contribué à lui ouvrir
les portes de l'Académie. La fin de sa vie académique
devait ainsi se réunir à son commencement, dans un
cercle à la fois heureux et fatal.
» Et maintenant, je ne saurais mieux, Messieurs, ra-
cheter cette improvisation, dont l'imperfection, je le
sens, ne peut être sauvée que par la nécessité des con-
venances, qu'en rappelant un mot qui résume tout, avec
autant d'énergie que de simplicité, sur cette belle et noble
vie. Lorsque.notre confrère, il y a quelques années* fut
présenté pour la première fois, avec plusieurs des rares
survivants de l'expédition d'Egypte, au Président de la
République, qui n'était point encore l'Empereur, mais
qui se nommait Napoléon, le chef d'Etat lui dit: « Mon-
» sieur Jomard, il y a longtemps que je vous connais
» comme l'un des hommes qui honorent la France de
» nos jours. »
, » Messieurs, en disant avec moi, à celui que nous re-
grettons tous, l'adieu suprême, nous ratifions cet éloge,
qui, parti d'une telle bouche, répond tout ensemble aux
mérites de M. Jomard et aux sentiments, qu'il garda
toute sa vie, d'un culte égal à celui de la science. »
DISCOUBS DE M. D'AVEZAC,
Secrétaire de la Société de Géographie.
Messieurs,
» Dans la pensée de celui dont nous entourons la
tombe, dans ses affections, dans sa vie tout entière,
- la géographie a tenu une trop grande place pour qu'il
tut possible, à ce moment de la séparation dernière, de
ne pas payer à sa mémoire un tribut spécial au nom de
la Société de géographie, dont il fut un des premiers
fondateurs, et dont il a pendant quarante ans partagé
les travaux avec un zèle, un dévouement, une activité,
qui jamais n'ont laissé apercevoir un seul instant de
défaillance.
» la droiture et l'élévation de son caractère, la sûreté
de ses relations, la constance de ses amitiés, l'aménité
de ses manières, l'enjouement aimable de son esprit,
sa force d'âme dans les épreuves morales aussi bien
que dans les souffrances physiques, nous n'avons pas
à les répéter ici : nous voulons seulement rappeler qu'elle
fut l'occupation principale de la longue existence qu'il lui
a été donné d'accomplir.
» Élève de l'Ecole polytechnique dès la création de cette
illustre pépinière d'hommes aptes à toutes les destinations
scientifiques, la carrière vers laquelle le portaient ses
goûts détermina son entrée à l'École d'application des
ingénieurs-géographes, d'où il sortit un peu avant le
terme pour faire partie de la célèbre expédition
d'Egypte. Là, pendant trois années, il concourut labo-
rieusement, sous la direction de Jacotin, aux levées topo-
graphiques qui devaient fournir les éléments au grand
atlas en 53 feuilles compris dans la monumentale Des-
cription de l'Egypte ; mais il ne s'était pas borné au travail
de précision du géographe, et les portefeuilles qu'il
rapporta en France au retour, contenaient soixante
feuilles de dessins variés, jugés dignes de faire aussi
partie du grand ouvrage.
» Quelques mois à peine après sa rentrée à Paris, le
jeune et savant officier avait été envoyé en Bavière
pour y concourir aux opérations topographiques dont
la direction était confiée à Bonne. Mais sa présence à
Paris était nécessaire pour les travaux de la commis-
sion d'Egypte, et il se décida, au mois d'avril 1803, à
quitter le corps des ingénieurs-géographes, afin de se
consacrer sans partage à une œuvre où, simple coopé-
rateur à l'origine, il devint à la longue l'agent princi-
pal, et qu'il conduisit enfin à son terme en 1825. Entre
les mémoires que lui-même y a fournis, celui qui traite
du système métrique des anciens Egyptiens se lie
étroitement à l'histoire de la géographie, et ce côté
l'auteur n'avait eu garde de le négliger. C'était là un
travail capital, dont il avait été récompensé à bref délai
par son élection à l'Institut dès 1818.
» Il prenait, en même temps, un grand intérêt et
quelquefois une part active aux publications de voyages
et descriptions géographiques, à celles surtout qui tou-
chaient à cette Egypte, avec laquelle il s'était en q jel-
sorte identifié : c'est ainsi qu'il avait coopéré à la rédac-
tion du voyage de Cailliaud à l'Oasis de Thèbes, ou
vrage splendide, dont l'achèvement »définitif, après une
interruption de plus de quarante ans, était, il y a quel-
ques jours à peine, sa principale occupation.
» 11 fut naturellement un des plus empressés à se join-
dre à ces quelques hommes d'élite qui fondèrent à Paris,
en 1821, la Société de géographie, dont il devait être le
plus ferme soutien : création heureuse et féconde,
imitée de proche en proche à l'étranger, et qui compte
aujourd'hui jusqu'à douze associations formées, à son
exemple, dans les principaux États des deux mondes.
Elle sollicitait, elle inspirait, elle récompensait le zèle
des voyageurs, et nul ne peut oublier avec quelle ar-
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seils, mettait à leur service toute l'influence dont il
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