Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-07-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 juillet 1862 15 juillet 1862
Description : 1862/07/15 (A7,N146). 1862/07/15 (A7,N146).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203300n
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/06/2012
=128 - L'ISTHME DE SUEZ.
difficultés étaient possibles, ou du moins elles
n'étaient pas démenties par l'expérience de l'anti-
quité.
Or, à cette heure, la Méditerranée communique de
Port-Saïd aux dunes de Ferdane.
Bientôt le seuil d'El-Guisr va être traversé, et dès
lors la certitude du succès apparaît matériellement
à tous les yeux. Pour ma part, je n'ai jamais prévu
de grandes difficultés dans la construction du canal ;
j'ai eu d'autres inquiétudes qui naissaient de l'o-
bligation d'accumuler au désert, dans une solitude
aride, jusque-là impraticable, les instruments né-
cessaires pour de pareils travaux. Réunir une masse
d'ouvriers, leur assurer les communications, les ap-
provisionnements et jusqu'à l'eau nécessaire à leurs
besoins et à leur alimentation; là, Messieurs, était le
problème tout entier. Le problème est résolu; je puis
dire encore ici que c'est un fait accompli. Sur la
ligne du désert, de Timsah à Port-Saïd, nous avons
une armée de vingt-cinq mille ouvriers indigènes,
sans compter nos travailleurs européens. Nous leur
avons fourni et assuré en abondance les vivres, l'eau,
tout ce qui leur était nécessaire, et en ce moment,
nous sommes en mesure d'approvisionner non-seule-
ment ces vingt-cinq mille hommes, mais encore un
nombre double.
La plus grande partie de nos approvisionne-
ments arrive en barque, en partant du Caire, par le
- Nil, branche de Damiette, et suit la branche tani-
tique jusqu'à Zagazig, l'ancienne Bubaste. Depuis
Zagazig, nous avons amélioré ou creusé un canal qui
porte l'eau du Nil jusqu'au pied de nos chantiers
à Timsah. Nous avons assuré la facilité, la sécurité
du travail dans une contrée où tout travail eût été
impossible sans les ressources créées par nos soins.
Nous avons fondé sur le bord de la Méditerranée, à
Port-Saïd, une ville de 4,000 habitants. Nous y avons
créé des établissements de toute espèce, et tous les
ateliers nécessaires, et nous y avons concentré un
matériel considérable : des machines, des bois, de la
houille, etc. D'autres centres de population sont
créés dans le désert, et nous croyons pouvoir dire
en toute confiance que s'il nous reste encore beau-
coup à faire, ce que nous avons fait est la démons-
tration que nous ne faillirons point dans l'accom-
plissement de notre œuvre. Le canal de Suez est
une question résolue; son achèvement n'est plus
qu'une affaire de temps et de temps prochain, w
Je crois utile de revenir en peu de mots sur les
principales objections qui nous ont été faites. Je rap-
pellerai d'abord qu'à mesure que nos progrès s'ac-
complissent, ils démentent successivement les pré-
dictions sinistres qu'on nous a prodiguées. On nous
avait dit que les navires ne pourraient pas aborder
dans la baie de Péluse, qu'ils s'y envaseraient. Des
centaines de navires ont déjà levé l'ancre devant
Port-Saïd, et y ont déchargé plus de 80,000 tonneaux.
On nous avait annoncé que nous serions envahis par
les sables du désert, et que notre tranchée serait
comblée au fur et à mesure qu'on la creuserait. Or,
nous avons en ce moment un canal qui traverse la
terre de Gessen, et où l'on ne trouve pas trace de
l'invasion des sables. Nous en avons un autre sur le
lac Menzaleh, qui sert à nos transports jusqu'à Fer-
dane et jusqu'au pied du seuil. Ceux-ci sont éga-
lemnet libres de tout ensablement. On a dit que nous
rencontrerions dans notre tracé des blocs de rochers
que nous aurions à trancher à la sape et à la mine,
et à défaut de rochers, on nous a dit que nos talus
sablonneux ne pourraient être maintenus et croule-
raientdans lecanal. Or, jusqu'ici,les terrains que nous
avons fouillés sont remarquables par leur solidité,
sans être toutefois des rochers.
On nous a dit que nous n'aurions pas d'ouvriers :
nous en avons vingt-cinq mille ; que nous les ferions
mourir de faim, de soif et de maladies : ils sont parfai-
tement nourris, abreuvés et soignés. J'ai donc le droit
d'affirmer que les événements futurs dissiperont les
objections survivantes, comme les événements passés
ont dissipé les objections déjà réfutées par les faits.
Parmi ces objections toutefois, Messieurs, il en est
que je désire examiner de nouveau avec vous, parce
qu'elles sont continuellement répétées, et parce que ce
sont celles sur lesquelles une expérience complète
n'a pas encore prononcé.
A Port-Saïd, nous -sommes en présence de la prin-
cipale objection qui nous ait été faite. Nous y avons
commencé une jetée. Cette jetée présentait des dif-
ficultés, non à cause des tempêtes, qui sont très-rares,
car vous remarquez que le cap de Damiette qui
s'avance en mer fait obstacle aux vents d'ouest et de
nord-ouest, mais parce que les pierres nécessaires à
la construction de cet ouvrage devaient être appor-
tées de fort loin ; il fallait les extraires d'une car-
rière située près d'Alexandrie. Mais nous ne ren-
contrerons plus cette difficulté lorsque le canal
d'eau douce arrivera jusqu'aux montagnes de Gébel-
Geneffé, où se trouvent des carrières. Les produits de
leur exploitation seront facilement apportés sur notre
canal jusqu'à la jetée de Port-Saïd. La pierre ne nous
reviendra plus alors qu'à 6 ou 8 francs le mètre,
tandis qu'elle nous coûte aujourd'hui le double, prix
du devis.
L'observation a démontré que le mouvement des
sables le long de la plage ne se prolonge pas en mer
au-delà de l'action des lames de fond, à partir des fonds
de 5 à 6 mètres. Or, les sables qui peuvent voyager le
long du rivage, ne tarderaient pas, s'ils n'étaient arrêtés
par un obstacle, à remplir la tranchée du canal C'est
une objection qu'on nous a faite ; mais avec un peu
d'étude ou de bonne foi, il était facile de reconnaître
qu'il suffisait pour arrêter les sables, de leur opposer,
difficultés étaient possibles, ou du moins elles
n'étaient pas démenties par l'expérience de l'anti-
quité.
Or, à cette heure, la Méditerranée communique de
Port-Saïd aux dunes de Ferdane.
Bientôt le seuil d'El-Guisr va être traversé, et dès
lors la certitude du succès apparaît matériellement
à tous les yeux. Pour ma part, je n'ai jamais prévu
de grandes difficultés dans la construction du canal ;
j'ai eu d'autres inquiétudes qui naissaient de l'o-
bligation d'accumuler au désert, dans une solitude
aride, jusque-là impraticable, les instruments né-
cessaires pour de pareils travaux. Réunir une masse
d'ouvriers, leur assurer les communications, les ap-
provisionnements et jusqu'à l'eau nécessaire à leurs
besoins et à leur alimentation; là, Messieurs, était le
problème tout entier. Le problème est résolu; je puis
dire encore ici que c'est un fait accompli. Sur la
ligne du désert, de Timsah à Port-Saïd, nous avons
une armée de vingt-cinq mille ouvriers indigènes,
sans compter nos travailleurs européens. Nous leur
avons fourni et assuré en abondance les vivres, l'eau,
tout ce qui leur était nécessaire, et en ce moment,
nous sommes en mesure d'approvisionner non-seule-
ment ces vingt-cinq mille hommes, mais encore un
nombre double.
La plus grande partie de nos approvisionne-
ments arrive en barque, en partant du Caire, par le
- Nil, branche de Damiette, et suit la branche tani-
tique jusqu'à Zagazig, l'ancienne Bubaste. Depuis
Zagazig, nous avons amélioré ou creusé un canal qui
porte l'eau du Nil jusqu'au pied de nos chantiers
à Timsah. Nous avons assuré la facilité, la sécurité
du travail dans une contrée où tout travail eût été
impossible sans les ressources créées par nos soins.
Nous avons fondé sur le bord de la Méditerranée, à
Port-Saïd, une ville de 4,000 habitants. Nous y avons
créé des établissements de toute espèce, et tous les
ateliers nécessaires, et nous y avons concentré un
matériel considérable : des machines, des bois, de la
houille, etc. D'autres centres de population sont
créés dans le désert, et nous croyons pouvoir dire
en toute confiance que s'il nous reste encore beau-
coup à faire, ce que nous avons fait est la démons-
tration que nous ne faillirons point dans l'accom-
plissement de notre œuvre. Le canal de Suez est
une question résolue; son achèvement n'est plus
qu'une affaire de temps et de temps prochain, w
Je crois utile de revenir en peu de mots sur les
principales objections qui nous ont été faites. Je rap-
pellerai d'abord qu'à mesure que nos progrès s'ac-
complissent, ils démentent successivement les pré-
dictions sinistres qu'on nous a prodiguées. On nous
avait dit que les navires ne pourraient pas aborder
dans la baie de Péluse, qu'ils s'y envaseraient. Des
centaines de navires ont déjà levé l'ancre devant
Port-Saïd, et y ont déchargé plus de 80,000 tonneaux.
On nous avait annoncé que nous serions envahis par
les sables du désert, et que notre tranchée serait
comblée au fur et à mesure qu'on la creuserait. Or,
nous avons en ce moment un canal qui traverse la
terre de Gessen, et où l'on ne trouve pas trace de
l'invasion des sables. Nous en avons un autre sur le
lac Menzaleh, qui sert à nos transports jusqu'à Fer-
dane et jusqu'au pied du seuil. Ceux-ci sont éga-
lemnet libres de tout ensablement. On a dit que nous
rencontrerions dans notre tracé des blocs de rochers
que nous aurions à trancher à la sape et à la mine,
et à défaut de rochers, on nous a dit que nos talus
sablonneux ne pourraient être maintenus et croule-
raientdans lecanal. Or, jusqu'ici,les terrains que nous
avons fouillés sont remarquables par leur solidité,
sans être toutefois des rochers.
On nous a dit que nous n'aurions pas d'ouvriers :
nous en avons vingt-cinq mille ; que nous les ferions
mourir de faim, de soif et de maladies : ils sont parfai-
tement nourris, abreuvés et soignés. J'ai donc le droit
d'affirmer que les événements futurs dissiperont les
objections survivantes, comme les événements passés
ont dissipé les objections déjà réfutées par les faits.
Parmi ces objections toutefois, Messieurs, il en est
que je désire examiner de nouveau avec vous, parce
qu'elles sont continuellement répétées, et parce que ce
sont celles sur lesquelles une expérience complète
n'a pas encore prononcé.
A Port-Saïd, nous -sommes en présence de la prin-
cipale objection qui nous ait été faite. Nous y avons
commencé une jetée. Cette jetée présentait des dif-
ficultés, non à cause des tempêtes, qui sont très-rares,
car vous remarquez que le cap de Damiette qui
s'avance en mer fait obstacle aux vents d'ouest et de
nord-ouest, mais parce que les pierres nécessaires à
la construction de cet ouvrage devaient être appor-
tées de fort loin ; il fallait les extraires d'une car-
rière située près d'Alexandrie. Mais nous ne ren-
contrerons plus cette difficulté lorsque le canal
d'eau douce arrivera jusqu'aux montagnes de Gébel-
Geneffé, où se trouvent des carrières. Les produits de
leur exploitation seront facilement apportés sur notre
canal jusqu'à la jetée de Port-Saïd. La pierre ne nous
reviendra plus alors qu'à 6 ou 8 francs le mètre,
tandis qu'elle nous coûte aujourd'hui le double, prix
du devis.
L'observation a démontré que le mouvement des
sables le long de la plage ne se prolonge pas en mer
au-delà de l'action des lames de fond, à partir des fonds
de 5 à 6 mètres. Or, les sables qui peuvent voyager le
long du rivage, ne tarderaient pas, s'ils n'étaient arrêtés
par un obstacle, à remplir la tranchée du canal C'est
une objection qu'on nous a faite ; mais avec un peu
d'étude ou de bonne foi, il était facile de reconnaître
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