Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1862-05-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 mai 1862 01 mai 1862
Description : 1862/05/01 (A7,N141)-1862/05/04. 1862/05/01 (A7,N141)-1862/05/04.
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203295s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/07/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 141
en d'autres termes, elle excède de quelques millions
seulement une année du revenu. Cette dette a
plusieurs origines. La première et la plus considé-
rable est dans la construction des voies ferrées et
des lignes télégraphiques dont l'Egypte a été sil-
lonnée. C'était là une dépense productive. La se-
conde cause est l'arriéré qu'avaient laissé les précé-
dents vice-rois, arriéré que Mohammed-Saïd a voulu
liquider avec une loyauté et même une munificence
qui a parfois excité des critiques. Mais quel a été
le résultat de cette intelligente générosité ? La con-
fiance publique a fondé le crédit ; la bonne foi du
gouvernement, sa fidélité scrupuleuse à remplir les
engagements du passé, même quand ils pouvaient
paraître contestables, sont devenues la base de ce
crédit. Toutes les obligations contractées pour parer
aux dépenses extraordinaires ayant continué à être
remplies avec une rigide exactitude, le mouvement
des affaires a pris une impulsion inconnue jusque-
là, et les capitaux étrangers ont afflué en Egypte.
Un chiffre peut suffire à faire apprécier le pro-
grès accompli : l'escompte des bons du Trésor était
il y a peu de mois encore à Alexandrie de 15 à 20
010 par an ; il est aujourd'hui à 8 0/0. Il ne faut pas
oublier que l'intérêt normal en Orient est de 10 0/0.
Le budget égyptien est parfaitement en position
de payer en quatre années la dette dont il est grevé,
les recettes excédant les dépenses ordinaires d'en-
viron 40 millions. La situation s'est améliorée et
s'améliore tous les jours par les réformes que Son
Altesse ne cesse d'effectuer. Parmi les économies
nous rappellerons la réduction déjà opérée dans
l'armée, la simplification des rouages administratifs,
la vente d'immeubles et de matériel improductifs
ou onéreux à l'Etat, et spécialement celle des édifices
et établissements nécessaires autrefois au fonctionne-
ment du monopole. Nous devons mentionner cette
dernière mesure à plusieurs points de vue ; elle rend
de plus en plus impossible le rétablissement du
monopole lui-même ; en faisant rentrer du numé-
raire au Trésor, elle le débarrasse des frais d'entre-
tien et de garde d'une multitude d'édifices élevés à
grands frais dans toutes les provinces, en faisant
vendre, même à bas prix, des bàtiments inutiles,
le gouvernement ménage aux acheteurs des avan-
tages dont profitent en définitive le commerce et
l'industrie privée. C'est dans ces conditions que nous
avons fait l'acquisition des magasins de Damiette
et de Boulac.
En résumé, Mohammed-Saïd a élevé en quelques
années l'Egypte à un degré de liberté, de bien-être,
de prospérité générale dont ses annales peut-être
n'offrent pas d'autre exemple. Il a constitué le crédit
de son pays sur le principe de la bonne foi la plus
scrupuleuse et de l'inaltérable fidélité aux engage-
ments. La solidité de ce crédit vient d'être éprouvée
d'une façon décisive. Voulant liquider immédiatement
une portion de sa dette flottante, le gouvernement
égyptien a contracté un emprunt de 40 millions,
émis en obligations trentenaires. Quelques jours ont
suffi pour que la souscription fût plusieurs fois cou-
verte à Londres. Le crédit de l'Égypte en France
n'est point, à coup sûr, inférieur à son crédit en An-
gleterre.
Nous avons cru, Messieurs, vous devoir ces expli-
cations, car notre prospérité se rattache par plus
d'un lien à celle de l'Egypte, que notre entreprise
est sans contredit destinée à favoriser avec énergie,
et nous pensons que notre intérêt et aussi notre devoir
sont de l'appuyer et de l'aider dans ses développe-
ments. Mohammed-Saïd a des droits au tribut de notre
reconnaissance. Nous lui devons beaucoup, mais nous
espérons le payer par les progrès et le bien-être que
nous apporterons à son peuple.
Dans le courant de ce mois, S. A. le vice-roi
d'Egypte viendra recevoir l'hospitalité de la France
et de son souverain. Nous saluerons en lui à la fois
et le régénérateur de son pays et le créateur d'une
œuvre qui a fait tressaillir le monde d'émotion et
d'espérance. Nous connaîtrions bien mal notre pays si
nous doutions un instant de l'accueil qu'il saura faire
à l'émancipateur des fellahs, au promoteur, au pro-
tecteur du canal des deux mers. Nous vous connaî-
trions bien peu vous-mêmes, Messieurs, si nous dou-
tions de la gratitude et de l'affection avec lesquelles
vous accueillerez le véritable fondateur de notre
Compagnie. Si Mohammed-Saïd n'eût pas vécu, s'il
n'eût pas régné en Égypte, jamais peut-être le canal
de Suez n'aurait été entrepris. Un si grand service
rendu à l'humanité a fait contracter au monde une
dette envers ce prince ; cette dette est aussi la nôtre,
et nous nous efforcerons de l'acquitter. (Applaudisse-
ments.)
SITUATION DES TRAVAUX.
M. le président. — Je continue la lecture du rap-
port :
Nous reprenons, Messieurs, l'exposé de la situa-
tion de nos travaux au point où l'a laissé le rapport
que nous avons eu l'honneur de vous présenter l'an-
née dernière.
Dès le mois d'avril 1861, trois mille hommes avaient
entamé l'excavation du canal d'eau douce.
Au nord, par le prolongement de la rigole mari-
time de Kantara à Ferdane, nous devions faire arri-
ver la Méditerranée jusqu'au pied du seuil d'El-Guisr
et ouvrir cette nouvelle voie à nos communications.
Au seuil, nous avions commencé un établissement
capable d'abriter nos ateliers, nos ustensiles, nos em-
ployés européens et nos travailleurs arabes. Nous
ajoutions que la 1* avait été divisée en
chantiers distinajf £ et que l'anWocédait aux premiè-
en d'autres termes, elle excède de quelques millions
seulement une année du revenu. Cette dette a
plusieurs origines. La première et la plus considé-
rable est dans la construction des voies ferrées et
des lignes télégraphiques dont l'Egypte a été sil-
lonnée. C'était là une dépense productive. La se-
conde cause est l'arriéré qu'avaient laissé les précé-
dents vice-rois, arriéré que Mohammed-Saïd a voulu
liquider avec une loyauté et même une munificence
qui a parfois excité des critiques. Mais quel a été
le résultat de cette intelligente générosité ? La con-
fiance publique a fondé le crédit ; la bonne foi du
gouvernement, sa fidélité scrupuleuse à remplir les
engagements du passé, même quand ils pouvaient
paraître contestables, sont devenues la base de ce
crédit. Toutes les obligations contractées pour parer
aux dépenses extraordinaires ayant continué à être
remplies avec une rigide exactitude, le mouvement
des affaires a pris une impulsion inconnue jusque-
là, et les capitaux étrangers ont afflué en Egypte.
Un chiffre peut suffire à faire apprécier le pro-
grès accompli : l'escompte des bons du Trésor était
il y a peu de mois encore à Alexandrie de 15 à 20
010 par an ; il est aujourd'hui à 8 0/0. Il ne faut pas
oublier que l'intérêt normal en Orient est de 10 0/0.
Le budget égyptien est parfaitement en position
de payer en quatre années la dette dont il est grevé,
les recettes excédant les dépenses ordinaires d'en-
viron 40 millions. La situation s'est améliorée et
s'améliore tous les jours par les réformes que Son
Altesse ne cesse d'effectuer. Parmi les économies
nous rappellerons la réduction déjà opérée dans
l'armée, la simplification des rouages administratifs,
la vente d'immeubles et de matériel improductifs
ou onéreux à l'Etat, et spécialement celle des édifices
et établissements nécessaires autrefois au fonctionne-
ment du monopole. Nous devons mentionner cette
dernière mesure à plusieurs points de vue ; elle rend
de plus en plus impossible le rétablissement du
monopole lui-même ; en faisant rentrer du numé-
raire au Trésor, elle le débarrasse des frais d'entre-
tien et de garde d'une multitude d'édifices élevés à
grands frais dans toutes les provinces, en faisant
vendre, même à bas prix, des bàtiments inutiles,
le gouvernement ménage aux acheteurs des avan-
tages dont profitent en définitive le commerce et
l'industrie privée. C'est dans ces conditions que nous
avons fait l'acquisition des magasins de Damiette
et de Boulac.
En résumé, Mohammed-Saïd a élevé en quelques
années l'Egypte à un degré de liberté, de bien-être,
de prospérité générale dont ses annales peut-être
n'offrent pas d'autre exemple. Il a constitué le crédit
de son pays sur le principe de la bonne foi la plus
scrupuleuse et de l'inaltérable fidélité aux engage-
ments. La solidité de ce crédit vient d'être éprouvée
d'une façon décisive. Voulant liquider immédiatement
une portion de sa dette flottante, le gouvernement
égyptien a contracté un emprunt de 40 millions,
émis en obligations trentenaires. Quelques jours ont
suffi pour que la souscription fût plusieurs fois cou-
verte à Londres. Le crédit de l'Égypte en France
n'est point, à coup sûr, inférieur à son crédit en An-
gleterre.
Nous avons cru, Messieurs, vous devoir ces expli-
cations, car notre prospérité se rattache par plus
d'un lien à celle de l'Egypte, que notre entreprise
est sans contredit destinée à favoriser avec énergie,
et nous pensons que notre intérêt et aussi notre devoir
sont de l'appuyer et de l'aider dans ses développe-
ments. Mohammed-Saïd a des droits au tribut de notre
reconnaissance. Nous lui devons beaucoup, mais nous
espérons le payer par les progrès et le bien-être que
nous apporterons à son peuple.
Dans le courant de ce mois, S. A. le vice-roi
d'Egypte viendra recevoir l'hospitalité de la France
et de son souverain. Nous saluerons en lui à la fois
et le régénérateur de son pays et le créateur d'une
œuvre qui a fait tressaillir le monde d'émotion et
d'espérance. Nous connaîtrions bien mal notre pays si
nous doutions un instant de l'accueil qu'il saura faire
à l'émancipateur des fellahs, au promoteur, au pro-
tecteur du canal des deux mers. Nous vous connaî-
trions bien peu vous-mêmes, Messieurs, si nous dou-
tions de la gratitude et de l'affection avec lesquelles
vous accueillerez le véritable fondateur de notre
Compagnie. Si Mohammed-Saïd n'eût pas vécu, s'il
n'eût pas régné en Égypte, jamais peut-être le canal
de Suez n'aurait été entrepris. Un si grand service
rendu à l'humanité a fait contracter au monde une
dette envers ce prince ; cette dette est aussi la nôtre,
et nous nous efforcerons de l'acquitter. (Applaudisse-
ments.)
SITUATION DES TRAVAUX.
M. le président. — Je continue la lecture du rap-
port :
Nous reprenons, Messieurs, l'exposé de la situa-
tion de nos travaux au point où l'a laissé le rapport
que nous avons eu l'honneur de vous présenter l'an-
née dernière.
Dès le mois d'avril 1861, trois mille hommes avaient
entamé l'excavation du canal d'eau douce.
Au nord, par le prolongement de la rigole mari-
time de Kantara à Ferdane, nous devions faire arri-
ver la Méditerranée jusqu'au pied du seuil d'El-Guisr
et ouvrir cette nouvelle voie à nos communications.
Au seuil, nous avions commencé un établissement
capable d'abriter nos ateliers, nos ustensiles, nos em-
ployés européens et nos travailleurs arabes. Nous
ajoutions que la 1* avait été divisée en
chantiers distinajf £ et que l'anWocédait aux premiè-
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