Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-12-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 décembre 1863 01 décembre 1863
Description : 1863/12/01 (A8,N179)-1863/12/03. 1863/12/01 (A8,N179)-1863/12/03.
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203258h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES :DEUX MËRS. 461
à l'examen et à la discussion de plusieurs membres
distingués du barreau de Paris, savoir :
MM. Crémieux, ancien ministre de la justice, membre
du conseil de l'ordre des avocats de Paris ;
Marie, ancien ministre de la justice, ancien bâ-
tonnier et membre du conseil de l'ordre des
avocats de Paris;
Plocque, bâtonnier de l'ordre des avocats de
Paris ;
Vatimesnil, ancien ministre de l'instruction pu-
blique, ancien conseiller d'État, ancien avocat
général à la Cour de cassation.
Dans quatre remarquables consultations distinctes et
personnelles, ces jurisconsultes éminents motivèrent et
affirmèrent très-énergiquement la même solution aux
trois questions posées.
La consultation de MM. Odilon Barrot, Dufaure, Jules
Favre, d'une part, et de l'autre la délibération du conseil
judiciaire de la Compagnie, avec les consultations de
MM. Crémieux, Marie, Plocque, Vatimesnil, furent trans-
mises au vice-roi.
Son Altesse avait donc à se prononcer sur deux opi-
nions, deux lignes de conduite diamétralement opposées ;
l'une, celle des jurisconsultes consultés par la Compa-
gnie, affirmant la régularité et la validité du contrat, l'ir-
révocabilité des engagements pris par le gouvernement
égyptien ; l'autre, celle des honorables avocats que son
agent avait consultés, et d'après lesquels la validité des
obligations diverses du gouvernement égyptien était su -
bordonnée à une clause conditionnelle qui n'était pas rem -
plie.
Après avoir écouté attentivement la lecture de tous
ces documents , lecture à laquelle M. Ferdinand de
Lesseps assistait, Mohammed-Saïd, en qui la conscience
et la connaissance de tous les faits parlait, lui dit : « J'a-
dopte l'opinion de vos avocats, et je rejette celle des
miens. »
C'est cette consultation du 9 mai 1860 oubliée, re-
poussée par le chef lui-même du gouvernement égyp-
tien, auteur de la concession, que viennent d'exhumer
les adversaires du canal.
Conformément à cette décision, Son Altesse donna
immédiatement l'ordre à son ministre des finances
d'inscrire la totalité de la souscription sur les registres
de la dette égyptienne, et de s'entendre avec le président
de la Compagnie afin de régler le mode de paiement
des deux dixièmes, les seuls exigibles à cette époque.
Un acte à cet effet fut passé entre le ministre des finan-
ces et deux administrateurs délégués ad hoc par le pré-
sident, reconnaissant, sans restriction ni réserve aucune,
la validité de la souscription égyptienne :pour une quan-
tité de 177,642 actions, effectuant le paiement des deux
dixièmes échus au moyen d'obligations du Trésor pro-
duisant 10 0/0 d'intérêt et déterminant le mode de paie-
ment des huit dixièmes à échoir.
Les dates ici sont expressives. La lettre par laquelle
le vice-roi demande un avis à ses conseils de Paris
est du 17 mars 1860. Leur consultation est du 9 mai
de la même année, et le traité que nous venons d'ana-
lyser, et qui est la dénégation complète des principes
développés dans cette consultation, est du 6 août sui-
vant.
Dès ce moment on n'entend plus parler que du con-
cours énergique et constant de Mohammed-Saïd.
Après avoir exécuté le contrat en ce qui concerne
la livraison des terres concédées à la Compagnie, il l'exé-
cute une seconde fois en ce qui concerne la souscription
de son gouvernement, et, ensuite, il Fexécute une troi-
sième fois dans une autre partie non moins importante,
dans la participation directe, publique, avouée de son
gouvernement à l'exécution des travaux.
En 1861, il se rend dans l'isthme. Il inspecte et ap-
prouve les opérations commencées. Il règle lui-même le
travail des fellahs. De concert avec la Compagnie et en
exécution des obligations prises par son gouvernement
pour assurer à la Compagnie les ouvriers qui lui sont
nécessaires, il fixe à vingt mille hommes les contingents
de travailleurs indigènes à verser mensuellement dans
l'isthme.
Cet ordre s'exécute sans interruption avec le concours
du gouvernement et de tous ses agents.
Bien plus, un haut fonctionnaire égyptien, Ismaïl-
Bey, est nommé spécialement par le vice-roi pour être
placé à la tête des travailleurs ; il les dirige, il les com-
mande officiellement.
Si Je vice-roi, comme on le dit dans la consultation,
eût entendu n'autoriser que des travaux préparatoires, il
n'eût certes pas fourni vingt mille hommes, et la ving-
tième partie de ce nombre eût été suffisante.
Le gouvernement égyptien a donc autorisé les travaux.
C'est la dernière condition de la pleine validité , du con-
trat.
Chacun de ces actes de Mohammed-Saïd a été continué,
confirmé par son successeur.
Depuis son avènement, les contingents se sont suc-
cédé dans l'isthme avec la même régularité.
Le représentant officiel du gouvernement dans l'isthme
préside toujours aux travaux des fellahs.
Par une convention du 20 mars dernier, Son Altesse
a réglé le paiement des quatre dixièmes appelés depuis
le traité passé avec son prédécesseur, le 5 août 1860.
Par une autre convention, à la date du 18 mars dernier,
elle a reconnu la pleine légitimité de la possession des
terrains de l'isthme par la Compagnie.
Ces deux actes signés si récemment ne contiennent au-
cune restriction ni réserve quelconque relativement à
la Porte.
A l'appui de cette série de faits, et comme réfutation
à l'examen et à la discussion de plusieurs membres
distingués du barreau de Paris, savoir :
MM. Crémieux, ancien ministre de la justice, membre
du conseil de l'ordre des avocats de Paris ;
Marie, ancien ministre de la justice, ancien bâ-
tonnier et membre du conseil de l'ordre des
avocats de Paris;
Plocque, bâtonnier de l'ordre des avocats de
Paris ;
Vatimesnil, ancien ministre de l'instruction pu-
blique, ancien conseiller d'État, ancien avocat
général à la Cour de cassation.
Dans quatre remarquables consultations distinctes et
personnelles, ces jurisconsultes éminents motivèrent et
affirmèrent très-énergiquement la même solution aux
trois questions posées.
La consultation de MM. Odilon Barrot, Dufaure, Jules
Favre, d'une part, et de l'autre la délibération du conseil
judiciaire de la Compagnie, avec les consultations de
MM. Crémieux, Marie, Plocque, Vatimesnil, furent trans-
mises au vice-roi.
Son Altesse avait donc à se prononcer sur deux opi-
nions, deux lignes de conduite diamétralement opposées ;
l'une, celle des jurisconsultes consultés par la Compa-
gnie, affirmant la régularité et la validité du contrat, l'ir-
révocabilité des engagements pris par le gouvernement
égyptien ; l'autre, celle des honorables avocats que son
agent avait consultés, et d'après lesquels la validité des
obligations diverses du gouvernement égyptien était su -
bordonnée à une clause conditionnelle qui n'était pas rem -
plie.
Après avoir écouté attentivement la lecture de tous
ces documents , lecture à laquelle M. Ferdinand de
Lesseps assistait, Mohammed-Saïd, en qui la conscience
et la connaissance de tous les faits parlait, lui dit : « J'a-
dopte l'opinion de vos avocats, et je rejette celle des
miens. »
C'est cette consultation du 9 mai 1860 oubliée, re-
poussée par le chef lui-même du gouvernement égyp-
tien, auteur de la concession, que viennent d'exhumer
les adversaires du canal.
Conformément à cette décision, Son Altesse donna
immédiatement l'ordre à son ministre des finances
d'inscrire la totalité de la souscription sur les registres
de la dette égyptienne, et de s'entendre avec le président
de la Compagnie afin de régler le mode de paiement
des deux dixièmes, les seuls exigibles à cette époque.
Un acte à cet effet fut passé entre le ministre des finan-
ces et deux administrateurs délégués ad hoc par le pré-
sident, reconnaissant, sans restriction ni réserve aucune,
la validité de la souscription égyptienne :pour une quan-
tité de 177,642 actions, effectuant le paiement des deux
dixièmes échus au moyen d'obligations du Trésor pro-
duisant 10 0/0 d'intérêt et déterminant le mode de paie-
ment des huit dixièmes à échoir.
Les dates ici sont expressives. La lettre par laquelle
le vice-roi demande un avis à ses conseils de Paris
est du 17 mars 1860. Leur consultation est du 9 mai
de la même année, et le traité que nous venons d'ana-
lyser, et qui est la dénégation complète des principes
développés dans cette consultation, est du 6 août sui-
vant.
Dès ce moment on n'entend plus parler que du con-
cours énergique et constant de Mohammed-Saïd.
Après avoir exécuté le contrat en ce qui concerne
la livraison des terres concédées à la Compagnie, il l'exé-
cute une seconde fois en ce qui concerne la souscription
de son gouvernement, et, ensuite, il Fexécute une troi-
sième fois dans une autre partie non moins importante,
dans la participation directe, publique, avouée de son
gouvernement à l'exécution des travaux.
En 1861, il se rend dans l'isthme. Il inspecte et ap-
prouve les opérations commencées. Il règle lui-même le
travail des fellahs. De concert avec la Compagnie et en
exécution des obligations prises par son gouvernement
pour assurer à la Compagnie les ouvriers qui lui sont
nécessaires, il fixe à vingt mille hommes les contingents
de travailleurs indigènes à verser mensuellement dans
l'isthme.
Cet ordre s'exécute sans interruption avec le concours
du gouvernement et de tous ses agents.
Bien plus, un haut fonctionnaire égyptien, Ismaïl-
Bey, est nommé spécialement par le vice-roi pour être
placé à la tête des travailleurs ; il les dirige, il les com-
mande officiellement.
Si Je vice-roi, comme on le dit dans la consultation,
eût entendu n'autoriser que des travaux préparatoires, il
n'eût certes pas fourni vingt mille hommes, et la ving-
tième partie de ce nombre eût été suffisante.
Le gouvernement égyptien a donc autorisé les travaux.
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confirmé par son successeur.
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préside toujours aux travaux des fellahs.
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le traité passé avec son prédécesseur, le 5 août 1860.
Par une autre convention, à la date du 18 mars dernier,
elle a reconnu la pleine légitimité de la possession des
terrains de l'isthme par la Compagnie.
Ces deux actes signés si récemment ne contiennent au-
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