Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-11-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 novembre 1863 15 novembre 1863
Description : 1863/11/15 (A8,N178). 1863/11/15 (A8,N178).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032573
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 449
cas où j'aurais échoué dans mes tentatives person-
nelles de formation d'une compagnie, à perdre le fruit
de mon temps, de mes peines, et à sacrifier ce que
j'avais pu risquer dans ma modeste position de for-
tune ; mais je n'avais ni la volonté ni le droit de com-
promettre les capitaux que je devais appeler en
qualité de mandataire du vice roi, et d'autoriser à
l'avance des tentatives de lésion de leurs intérêts
sans qu'on fût exposé à en supporter les conséquences.
S'il m'est permis d'être désintéressé pour moi-même,
je le serai d'autant moins pour ceux qui m'ont confié
leurs capitaux, et je ne cesserai, d'accord avec mes
honorables collègues du Conseil, de soutenir énergi-
quement leurs droits.
Il faut enfin considérer qu'après un séjour de six
mois à Constantinople, séjour qui a immédiatement
précédé l'appel aux capitaux en 1858, la ratification
de la Porte était constatée aux yeux du vice-roi et
aux miens dans la seule forme où les injonctions et
les menaces du cabinet anglais permettaient à la
Turquie de se prononcer. Une. déclaration écrite de
l'ambassadeur de France à Constantinople, déclara-
tion qui a été publiée dans un de mes rapports à
l'assemblée générale des actionnaires , s'exprimait
ainsi :
« Aali-Pacha et Fuad-Pacha sont l'un et l'autre
» dans les mêmes dispositions, c'est-à-dire toujours
» favorables au canal et très-désireux d'établir pu-
» bliquement que la Porte n'oppose de son chef
» aucun obstacle à la réalisation de cette grande
» entreprise. » Le seul obstacle à l'entreprise du
canal ne- venait donc pas de la Porte, il ne venait
et ne vient toujours que de l'Angleterre. Tout le
monde le sait aujourd'hui, et je m'étonne que vous
ne le sachiez pas vous-même ; car, le sachant, vous
n'auriez pas sans doute prêté le secours d'une plume
distinguée aux adversaires systématiques de l'ex-
pansion commerciale, maritime, scientifique et re-
ligieuse de la France et du continent européen, vers
les immenses régions où domine encore exclusive-
ment la puissance britannique.
Sous tous les rapports, je crois et le Conseil croit
que la Compagnie est légalement inattaquable. Je
crois et le Conseil croit que, comme entreprise indus-
trielle et financière, elle est en règle; qu'elle n'a
plus à demander ni sanction ni régularisation à
personne. Mais enfin la paix vaut mieux que la
guerre, et l'accord est toujours préférable à la lutte,
surtout lorsque cette lutte détourne ou distrait d'oc-
cupations à la fois plus utiles et plus productives.
Nous ne demanderions donc pas mieux que de pou-
voir vaquer sans diversion à l'achèvement des travaux
du canal, et certes, en cas de besoin, nous serions
prêts à des arrangements pourvu qu'ils ne portassent
pas sur des points essentiels à l'existence ou à la sé-
curité de la Compagnie. Nous avons dit notre avis
sur l'arrangement proposé. Il nous parait inaccep-
table. Vous nous reprochez de n'avoir pas cédé. Un
peu d'abandon de notre part et tout était fini, dites
vous. Pour nous, finir à ce prix, c'était cesser de
vivre. Mais enfin, même au prix de ces sacrificës,
est-il donc vrai, comme vous le prétendez, qu'une
paix définitive, qu'une jouissance paisible nous fût
assurée pour les débris qu'on nous offrait de con-
server ?
Je vous cite : « Il semble, d'après les publications
» actuelles de M. de Lesseps, que le gouvernement
» égyptien se croit sûr d'obtenir la sanction de la
» Porte à deux conditions : suppression des conces-
» sions de terres arrosées par le canal, abolition du
» système des corvées, etc. »
Comment ! vous avez pu tirer une supposition ou
une interprétation de cette nature, de ce qu'il vous
plaît d'appeler « mes publications actuelles, » c'est-
à-dire la délibération du Conseil du 30 octobre, c'est
ce que je ne puis concevoir.
Le Conseil n'a rien indiqué, ni voulu indiquer
de semblable; c'est cependant sur ce motif que vous
basez contre le Conseil vos accusations d'imprudence
et de provocation à une rupture.
Découvrez-moi, dans les propositions qui nous
ont été faites et dont le texte précède notre délibé-
ration ; découvrez-moi un mot, une assurance quel-
conque que l'acceptation de ces propositions sera
suivie d'un désarmement de la Porte, je veux dire
de la diplomatie anglaise.
La note du 6 avril, combinée par la diplomatie
anglaise, et dont la demande de Nubar-Pacha n'est
qu'une reproduction, a mieux pris ses précautions.
Tout y est parfaitement prévu et arrangé pour que,
quelque parti que prenne la Compagnie, rien ne
puisse être fini, et que toute latitude soit conservée
pour renouveler les difficultés. Je vais donc vous la
citer dans le passage qu'elle déclare elle-même être
la base de son système : « En résumé, le consen-
» tement de la Sublime-Porte est et doit être indisso-
» lublement lié à la solution PRÉALABLE des trois
» questions suivantes, savoir : la stipulation de la
» neutralité du canal; l'abolition du travail forcé, et
». l'abandon par la Compagnie de la clause qui con-
» cerne les canaux d'eau douce et la concession des
» terrains environnants. Une fois ces trois points dé"
» cidés, le gouvernement de S. M. le sultan, d'accord
» avec S. A. Ismaïl-Pacha, s'empressera de prendre
» en sérieuse considération chacun des autres articles
» du projet de contrat. »
Quant à l'ensemble du contrat en question, il
n'existe, suivant la note, qu'en état de projet.
Le public, notre juge, a maintenant sous les
cas où j'aurais échoué dans mes tentatives person-
nelles de formation d'une compagnie, à perdre le fruit
de mon temps, de mes peines, et à sacrifier ce que
j'avais pu risquer dans ma modeste position de for-
tune ; mais je n'avais ni la volonté ni le droit de com-
promettre les capitaux que je devais appeler en
qualité de mandataire du vice roi, et d'autoriser à
l'avance des tentatives de lésion de leurs intérêts
sans qu'on fût exposé à en supporter les conséquences.
S'il m'est permis d'être désintéressé pour moi-même,
je le serai d'autant moins pour ceux qui m'ont confié
leurs capitaux, et je ne cesserai, d'accord avec mes
honorables collègues du Conseil, de soutenir énergi-
quement leurs droits.
Il faut enfin considérer qu'après un séjour de six
mois à Constantinople, séjour qui a immédiatement
précédé l'appel aux capitaux en 1858, la ratification
de la Porte était constatée aux yeux du vice-roi et
aux miens dans la seule forme où les injonctions et
les menaces du cabinet anglais permettaient à la
Turquie de se prononcer. Une. déclaration écrite de
l'ambassadeur de France à Constantinople, déclara-
tion qui a été publiée dans un de mes rapports à
l'assemblée générale des actionnaires , s'exprimait
ainsi :
« Aali-Pacha et Fuad-Pacha sont l'un et l'autre
» dans les mêmes dispositions, c'est-à-dire toujours
» favorables au canal et très-désireux d'établir pu-
» bliquement que la Porte n'oppose de son chef
» aucun obstacle à la réalisation de cette grande
» entreprise. » Le seul obstacle à l'entreprise du
canal ne- venait donc pas de la Porte, il ne venait
et ne vient toujours que de l'Angleterre. Tout le
monde le sait aujourd'hui, et je m'étonne que vous
ne le sachiez pas vous-même ; car, le sachant, vous
n'auriez pas sans doute prêté le secours d'une plume
distinguée aux adversaires systématiques de l'ex-
pansion commerciale, maritime, scientifique et re-
ligieuse de la France et du continent européen, vers
les immenses régions où domine encore exclusive-
ment la puissance britannique.
Sous tous les rapports, je crois et le Conseil croit
que la Compagnie est légalement inattaquable. Je
crois et le Conseil croit que, comme entreprise indus-
trielle et financière, elle est en règle; qu'elle n'a
plus à demander ni sanction ni régularisation à
personne. Mais enfin la paix vaut mieux que la
guerre, et l'accord est toujours préférable à la lutte,
surtout lorsque cette lutte détourne ou distrait d'oc-
cupations à la fois plus utiles et plus productives.
Nous ne demanderions donc pas mieux que de pou-
voir vaquer sans diversion à l'achèvement des travaux
du canal, et certes, en cas de besoin, nous serions
prêts à des arrangements pourvu qu'ils ne portassent
pas sur des points essentiels à l'existence ou à la sé-
curité de la Compagnie. Nous avons dit notre avis
sur l'arrangement proposé. Il nous parait inaccep-
table. Vous nous reprochez de n'avoir pas cédé. Un
peu d'abandon de notre part et tout était fini, dites
vous. Pour nous, finir à ce prix, c'était cesser de
vivre. Mais enfin, même au prix de ces sacrificës,
est-il donc vrai, comme vous le prétendez, qu'une
paix définitive, qu'une jouissance paisible nous fût
assurée pour les débris qu'on nous offrait de con-
server ?
Je vous cite : « Il semble, d'après les publications
» actuelles de M. de Lesseps, que le gouvernement
» égyptien se croit sûr d'obtenir la sanction de la
» Porte à deux conditions : suppression des conces-
» sions de terres arrosées par le canal, abolition du
» système des corvées, etc. »
Comment ! vous avez pu tirer une supposition ou
une interprétation de cette nature, de ce qu'il vous
plaît d'appeler « mes publications actuelles, » c'est-
à-dire la délibération du Conseil du 30 octobre, c'est
ce que je ne puis concevoir.
Le Conseil n'a rien indiqué, ni voulu indiquer
de semblable; c'est cependant sur ce motif que vous
basez contre le Conseil vos accusations d'imprudence
et de provocation à une rupture.
Découvrez-moi, dans les propositions qui nous
ont été faites et dont le texte précède notre délibé-
ration ; découvrez-moi un mot, une assurance quel-
conque que l'acceptation de ces propositions sera
suivie d'un désarmement de la Porte, je veux dire
de la diplomatie anglaise.
La note du 6 avril, combinée par la diplomatie
anglaise, et dont la demande de Nubar-Pacha n'est
qu'une reproduction, a mieux pris ses précautions.
Tout y est parfaitement prévu et arrangé pour que,
quelque parti que prenne la Compagnie, rien ne
puisse être fini, et que toute latitude soit conservée
pour renouveler les difficultés. Je vais donc vous la
citer dans le passage qu'elle déclare elle-même être
la base de son système : « En résumé, le consen-
» tement de la Sublime-Porte est et doit être indisso-
» lublement lié à la solution PRÉALABLE des trois
» questions suivantes, savoir : la stipulation de la
» neutralité du canal; l'abolition du travail forcé, et
». l'abandon par la Compagnie de la clause qui con-
» cerne les canaux d'eau douce et la concession des
» terrains environnants. Une fois ces trois points dé"
» cidés, le gouvernement de S. M. le sultan, d'accord
» avec S. A. Ismaïl-Pacha, s'empressera de prendre
» en sérieuse considération chacun des autres articles
» du projet de contrat. »
Quant à l'ensemble du contrat en question, il
n'existe, suivant la note, qu'en état de projet.
Le public, notre juge, a maintenant sous les
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