Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-11-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 novembre 1863 01 novembre 1863
Description : 1863/11/01 (A8,N177). 1863/11/01 (A8,N177).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203256p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 437
et le Shoa. Le scheick de Ouallou est indépendant,
et reconnaît, suivant l'occasion, l'autorité des Da-
nakils ou celle des. empereurs d'Abyssinie ou du
souverain du Shoa, quand il arrive que le Shoa se
gouverne d'une façon indépendante. Elle appartient
à Emir Beschir, qui est musulman.
Les caravanes du Narea et du Caffa, provinces occi-
dentales du Shoa tombées entre les mains des Gallas,
viennent à Ankabar et à Alio-Amba, porter leurs
marchandises, qui consistent en gomme, dents d'é-
léphants, cuirs verts, café. C'est la province de Caffa
qui a donné son nom à la fève aromatique qui fait
aujourd'hui les délices du monde entier.
Le Caffa et le Narea ont conservé en partie la foi
- chrétienne. Peu de voyageurs ont pénétré dans ces
pays éloignés, où le zèle évangélique de nos mis-
sionnaires catholiques a cependant fondé une mis-
sion, qui est dirigée maintenant par le père Léon des
Avanchers. Quelques enfants arrachés à j'esclavage
ont été conduits en Europe et sont élevés à Vérone
par les soins de cette mission catholique qui est
desservie par des pères de l'ordre des capucins.
En général, toutes les terres désignées par le nom
de Shidema sont chrétiennes. M. de Laugle a fait
transporter d'Aden à Suez dix enfants qui étaient
accompagnés par un des pères de cette mission qui
les conduisaient à Vérone, où est le centre de la
mission.
Une république israélite a longtemps maintenu
son indépendance dans le sud de l'Abyssinie, où les
juifs recevaient le nom de fallashiam, qui, d'après
l'interprétation donnée, signifierait réfugiés. L'histoire
de cette république se perd dans la nuit des temps.
Les empereurs d'Abyssinie ont tous tenu à honneur
de tirer leur origine de la reine de Saba et de Sa-
lomon, et les peuples qui se sont répandus sur le
rivage sud du golfe d'Aden jusqu'au cap Gu.arda-
fuy conservent encore la race des chevaux de Sa-
lomon.
Zeyla, Harrar et les tribus Somalis.
Les tribus Somalis confinent aux tribus Danakiles.
Elles sont gouvernées par des chefs qui prennent le
nom de hoghaz. La tribu des Essa ou Aissa confine
avec le territoire de Tadjoura, et enveloppe la ville
de Zeyla, qui est liée à la Turquie par un faible
lien; elle acquitte une douane au pacha de Ho-
deïda. Elle avait autrefois des princes de la famille
d'Aly. Elle était une des stations connues sous le
nom d'Adalys, d'où l'on fait dériver Zeyla. Il pour-
rait bien se faire que le nom d'Adel ne fût qu'une
corruption du nom d'Adulis, car les investigations
des antiquaires ont fait connaître qu'il existait trois
villes de ce nom, qui se reliaient sans aucun doute
à la métropole, située près de Massouah dont elles
étaient peut-être des colonies.
Les Somalis sont possesseurs de troupeaux nom-
breux. Leurs tribus comprennent, outre les Essa, les
Aber-Hoûel, les Aber-Garhajis, les Aber-Toljiala et
les Mejertines. Les Lolbahantas s'interposent entre
les Aber-Toljiala et les Eugadines. Les Eugadines
habitent la vallée du Ouebis Denock, dont les premiers
affluents arrosent Harrar. Les Lolbahantas et les
Eugadines sont riches en bétail de toute espèce et ont
de la cavalerie.
Une différence radicale sépare les usages des tribus
Somalis de ceux des tribus des Danakils. L'Afrique
commence vraiment à Zeyla. L'Africain est fier
de sa mère, il ne reçoit la noblesse que d'elle, tan-
dis que les tribus qui habitent au nord suivent
la coutume des peuples sémitiques, et regardent la
femme comme n'influant en rien sur le sang, qui
se transmet de mâle à mâle.
Ces peuples sont nomades ; ils suivent leurs trou-
peaux et recherchent les pâturages. Leurs pérégrina-
tions les rapprochent de la côte depuis le mois de
janvier jusqu'à la fin de mars, mois où règne la
saison des pluies à la côte, tandis que l'intérieur est
ravagé par la sécheresse.
Zeyla est séparée de Tadjoura par une chalne de
montagnes qui termine le fond d'un golfe nommé le
Goobut Karab. Ce bassin naturel qui, avant les bou-
leversements du sol, a dû servir de déversoir à
l'Aouashe, pourrait peut-être s'utiliser pour le com-
merce. On y trouve quelques constructions ancien-
nes.
Le bassin qui s'ouvre vers le S. 0. de Tadjoura
et de Zeyla, n'est pas moins intéressant que celui
qui s'ouvre vers le N. 0. Harrar, ville importante,
murée, habitée par des peuples musulmans, est le
centre du commerce qui aboutit à Zeyla. Harrar a
son scheick particulier. Lorsque l'empire abyssin re-
prit quelques forces après le secours que lui donna
la couronne de Portugal, il reconquit Harrar.
Les vallées qui s'ouvrent devant Harrar sont arro-
sées par des fleuves qui viennent se réunir sous
l'équateur, où ils se perdent dans le sable près de
Brawa, après avoir arrosé le territoire de Ouarcheïck
et celui de Moguetchou. Ces pays ont un intérêt
croissant pour l'Europe. Un autre fleuve se jette
à la mer par l'embouchure nommée le Joub ou.
Juba. M. Guillain, capitaine de vaisseau, officier
très-distingué, gouverneur de la nouvelle Calédonie,
a tenté de reconnaître le cours d'une partie du Ouebi.
Son itinéraire est intéressant; il a été publié dans la
relation qu'il a faite de la campagne du Ducouëdic
qu'il commandait lorsqu'il a fait oes explorations.
et le Shoa. Le scheick de Ouallou est indépendant,
et reconnaît, suivant l'occasion, l'autorité des Da-
nakils ou celle des. empereurs d'Abyssinie ou du
souverain du Shoa, quand il arrive que le Shoa se
gouverne d'une façon indépendante. Elle appartient
à Emir Beschir, qui est musulman.
Les caravanes du Narea et du Caffa, provinces occi-
dentales du Shoa tombées entre les mains des Gallas,
viennent à Ankabar et à Alio-Amba, porter leurs
marchandises, qui consistent en gomme, dents d'é-
léphants, cuirs verts, café. C'est la province de Caffa
qui a donné son nom à la fève aromatique qui fait
aujourd'hui les délices du monde entier.
Le Caffa et le Narea ont conservé en partie la foi
- chrétienne. Peu de voyageurs ont pénétré dans ces
pays éloignés, où le zèle évangélique de nos mis-
sionnaires catholiques a cependant fondé une mis-
sion, qui est dirigée maintenant par le père Léon des
Avanchers. Quelques enfants arrachés à j'esclavage
ont été conduits en Europe et sont élevés à Vérone
par les soins de cette mission catholique qui est
desservie par des pères de l'ordre des capucins.
En général, toutes les terres désignées par le nom
de Shidema sont chrétiennes. M. de Laugle a fait
transporter d'Aden à Suez dix enfants qui étaient
accompagnés par un des pères de cette mission qui
les conduisaient à Vérone, où est le centre de la
mission.
Une république israélite a longtemps maintenu
son indépendance dans le sud de l'Abyssinie, où les
juifs recevaient le nom de fallashiam, qui, d'après
l'interprétation donnée, signifierait réfugiés. L'histoire
de cette république se perd dans la nuit des temps.
Les empereurs d'Abyssinie ont tous tenu à honneur
de tirer leur origine de la reine de Saba et de Sa-
lomon, et les peuples qui se sont répandus sur le
rivage sud du golfe d'Aden jusqu'au cap Gu.arda-
fuy conservent encore la race des chevaux de Sa-
lomon.
Zeyla, Harrar et les tribus Somalis.
Les tribus Somalis confinent aux tribus Danakiles.
Elles sont gouvernées par des chefs qui prennent le
nom de hoghaz. La tribu des Essa ou Aissa confine
avec le territoire de Tadjoura, et enveloppe la ville
de Zeyla, qui est liée à la Turquie par un faible
lien; elle acquitte une douane au pacha de Ho-
deïda. Elle avait autrefois des princes de la famille
d'Aly. Elle était une des stations connues sous le
nom d'Adalys, d'où l'on fait dériver Zeyla. Il pour-
rait bien se faire que le nom d'Adel ne fût qu'une
corruption du nom d'Adulis, car les investigations
des antiquaires ont fait connaître qu'il existait trois
villes de ce nom, qui se reliaient sans aucun doute
à la métropole, située près de Massouah dont elles
étaient peut-être des colonies.
Les Somalis sont possesseurs de troupeaux nom-
breux. Leurs tribus comprennent, outre les Essa, les
Aber-Hoûel, les Aber-Garhajis, les Aber-Toljiala et
les Mejertines. Les Lolbahantas s'interposent entre
les Aber-Toljiala et les Eugadines. Les Eugadines
habitent la vallée du Ouebis Denock, dont les premiers
affluents arrosent Harrar. Les Lolbahantas et les
Eugadines sont riches en bétail de toute espèce et ont
de la cavalerie.
Une différence radicale sépare les usages des tribus
Somalis de ceux des tribus des Danakils. L'Afrique
commence vraiment à Zeyla. L'Africain est fier
de sa mère, il ne reçoit la noblesse que d'elle, tan-
dis que les tribus qui habitent au nord suivent
la coutume des peuples sémitiques, et regardent la
femme comme n'influant en rien sur le sang, qui
se transmet de mâle à mâle.
Ces peuples sont nomades ; ils suivent leurs trou-
peaux et recherchent les pâturages. Leurs pérégrina-
tions les rapprochent de la côte depuis le mois de
janvier jusqu'à la fin de mars, mois où règne la
saison des pluies à la côte, tandis que l'intérieur est
ravagé par la sécheresse.
Zeyla est séparée de Tadjoura par une chalne de
montagnes qui termine le fond d'un golfe nommé le
Goobut Karab. Ce bassin naturel qui, avant les bou-
leversements du sol, a dû servir de déversoir à
l'Aouashe, pourrait peut-être s'utiliser pour le com-
merce. On y trouve quelques constructions ancien-
nes.
Le bassin qui s'ouvre vers le S. 0. de Tadjoura
et de Zeyla, n'est pas moins intéressant que celui
qui s'ouvre vers le N. 0. Harrar, ville importante,
murée, habitée par des peuples musulmans, est le
centre du commerce qui aboutit à Zeyla. Harrar a
son scheick particulier. Lorsque l'empire abyssin re-
prit quelques forces après le secours que lui donna
la couronne de Portugal, il reconquit Harrar.
Les vallées qui s'ouvrent devant Harrar sont arro-
sées par des fleuves qui viennent se réunir sous
l'équateur, où ils se perdent dans le sable près de
Brawa, après avoir arrosé le territoire de Ouarcheïck
et celui de Moguetchou. Ces pays ont un intérêt
croissant pour l'Europe. Un autre fleuve se jette
à la mer par l'embouchure nommée le Joub ou.
Juba. M. Guillain, capitaine de vaisseau, officier
très-distingué, gouverneur de la nouvelle Calédonie,
a tenté de reconnaître le cours d'une partie du Ouebi.
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