Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-10-16
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 16 octobre 1863 16 octobre 1863
Description : 1863/10/16 (A8,N176). 1863/10/16 (A8,N176).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032558
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 421
e récit de ce voyage ; il réussit à transmettre à la
postérité quelques inscriptions d'Adulis qui prouvent
qu'à cette époque on .s'était étendu jusqu'aux monta-
gnes couvertes de neige que les voyageurs modernes
viennent de découvrir en Afrique, sous le nom de
Kilimanjaro.
Les villes d'Axum et d'Adoue s'atteignaient alors
facilement d'Adulis, et Axum était le centre d'un
empire que Cosmàs nomme celui des Axumites,- qui
avaient dans l'Inde de vastes ramifications. Lorsque
les Portugais, au xvie siècle, firent en Abyssinie une
expédition, qui sauva la foi chrétienne dans ces
contrées, ils s'appuyèrent aussi sur Adulis, et au nord
de Massouah on trouve encore une baie qui porte
leur nom. La France ne paraît pas non plus avoir
négligé ces pays, car une petite île voisine de Mas-
souah porte le nom d'île des Français.
Ile Dissey.
Quelques îles commandent le golfe d'Adulis. Dissey
est le plus grand de ces îlots ; il possède un chétif
village, et une source située à quelque distance des
maisons le rend habitable.
Les hommes qui habitent ces lieux sont de la
tribu des Hazortas, qui elle-même confine avec les
Danakils dont elle n'est qu'un rameau. Son petit
port le recommande à l'attention des marins.
La route d'Adulis à Axum, infestée autrefois par
Jes wgandages des Hazortas et Chohos, paraît devoir
être plus sûre depuis que ces peuples ont renoncé à
la vie errante.
PROVINCE DU TIGRÉ.
Quelques bandes de Taltals, tribus errantes du
Tigré, dont ils sont indigènes, s'interposent entre les
Chohos et l'intérieur, et il faut traverser l'Inderta et
le Samhar, où ils campent, avant d'arriver aux val-
lées fertiles du Tigré, qui ne sont éloignées à vol
d'oiseau que d'une vingtaine de lieues de la mer.
Le Tigré était gouverné autrefois d'une façon à
peu près indépendante par les Bahars-Nagash ou
rois de la mer.
La famille féodale de Sabagadis était la plus cé-
lèbre du Tigré, et réclamait même des droits à la
couronne d'Abyssinie. -
Pendant les luttes qui précédèrent l'usurpation- de
Négoussié, Oubié, son oncle, avait eu à réprimer
une révolte de Sabagadis, et Ras-Aly, le chef des
Chamgallas, qui était beau-père d'Oubié, devint alors
l'arbitre de l'Abyssinie. L'appui qu'il prêta à Oubié
lui permit de comprimer cette révolte, et l'infortuné
Sabagadis, surpris par Ras-Aly, paya sa révolte de
la vie et eut une fin aussi terrible que celle de Né.
goussié.
Théodoros, après la facile victoire qu'il a remportée
sur Négoussié, dont il avait su acheter l'entourage,
n'a pas eu le temps d'organiser le Tigré, et un des
membres de la famille de Sabagadis domine encore
dans cette province où il. est prêt à. lever l'étendard
contre Théodoros.
L'hostilité déclarée des Taltals, sujets de Sabagadis,.
contre les gens de ltHamhara (1) et de Semien, a eu
pour effet de paralyser le commerce qui se faisait
autrefois de l'intérieur avec les ports d'Amphillah et
d'Edds.
COTE DES DANAKILS.
Après avoir réussi dans son entrevue périlleuse et
avoir pris les lettres que Négoussié avait écrites à
l'Empereur, M. de Russel continua à explorer la côte
d'Abyssinie en descendant vers le détroit de Bab-el-
Mandeb. Aussi Amphillah et Edds attirèrent son at-
tention. La ville d'Amphillah a été, ainsi qu'Adulis,
une métropole où affluait autrefois un commerce
considérable; elle est réduite aujourd'hui à n'être
qu'une simple bourgade de pêcheurs.
Miader, située à quelque distance dans l'intérieur,
est le plus grand centre de ces parages; la popula-
tion devient plus rare à mesure qu'on s'élève vers la
montagne.
Cette ville est habitée par les Danakils, et Coullou
Oynan, le grand sheick ou Maschaban des Danakils,
fait sa résidence à l'intérieur. Un de ses cousins
réside à Miaders.
Edds n'abrite qu'une population de pêcheurs. Quel-
ques huîtres perlières permettent à cette population
de se livrer pendant la saison favorable à la pêche, et
les perles qu'ils prennent sont un objet de commerce
qui n'a pas grande valeur. Edds est sous la dépen-
dance du sheick Dini, dont les terrains confinent aux
territoires de Tadjoura. Le port d'Oboc'h est situé
sùr son terrain.
Après avoir visité toute cette côte, le Yémen passa
le détroit de Bab-el-Mandeb pendant la nuit ; - il ne
dut son salut qu'à ce qu'on put voir, quand on en fut
très-rapproché, la réverbération du récif qui part
de la pointe nord de Périm, où il n'y avait pas en-
core de phare.
Le contre-amiral de Langle, commandant alors la
division navale des côtes orientales d'Afrique, station-
nait sur la rade d'Aden avec la Cordelière, sur la-
quelle il avait son guidon, lorsque le Yémen jeta l'an-
cre sur cette rade, et il put s'aboucher avec M. de
Russel. -
Une courte relâche permit au Yémen de reprendre
(1) Les étrangers ont, d'après les lettres de M. Lejean, grand'-
peine à circuler eu Abyasiuie. M. Cameroons, qui était l'agent qui
devait remplacer M. Plowden à Gondar, est tombé au milieu des
révoltes du Tigré et a été heureux de gagner Axum.
e récit de ce voyage ; il réussit à transmettre à la
postérité quelques inscriptions d'Adulis qui prouvent
qu'à cette époque on .s'était étendu jusqu'aux monta-
gnes couvertes de neige que les voyageurs modernes
viennent de découvrir en Afrique, sous le nom de
Kilimanjaro.
Les villes d'Axum et d'Adoue s'atteignaient alors
facilement d'Adulis, et Axum était le centre d'un
empire que Cosmàs nomme celui des Axumites,- qui
avaient dans l'Inde de vastes ramifications. Lorsque
les Portugais, au xvie siècle, firent en Abyssinie une
expédition, qui sauva la foi chrétienne dans ces
contrées, ils s'appuyèrent aussi sur Adulis, et au nord
de Massouah on trouve encore une baie qui porte
leur nom. La France ne paraît pas non plus avoir
négligé ces pays, car une petite île voisine de Mas-
souah porte le nom d'île des Français.
Ile Dissey.
Quelques îles commandent le golfe d'Adulis. Dissey
est le plus grand de ces îlots ; il possède un chétif
village, et une source située à quelque distance des
maisons le rend habitable.
Les hommes qui habitent ces lieux sont de la
tribu des Hazortas, qui elle-même confine avec les
Danakils dont elle n'est qu'un rameau. Son petit
port le recommande à l'attention des marins.
La route d'Adulis à Axum, infestée autrefois par
Jes wgandages des Hazortas et Chohos, paraît devoir
être plus sûre depuis que ces peuples ont renoncé à
la vie errante.
PROVINCE DU TIGRÉ.
Quelques bandes de Taltals, tribus errantes du
Tigré, dont ils sont indigènes, s'interposent entre les
Chohos et l'intérieur, et il faut traverser l'Inderta et
le Samhar, où ils campent, avant d'arriver aux val-
lées fertiles du Tigré, qui ne sont éloignées à vol
d'oiseau que d'une vingtaine de lieues de la mer.
Le Tigré était gouverné autrefois d'une façon à
peu près indépendante par les Bahars-Nagash ou
rois de la mer.
La famille féodale de Sabagadis était la plus cé-
lèbre du Tigré, et réclamait même des droits à la
couronne d'Abyssinie. -
Pendant les luttes qui précédèrent l'usurpation- de
Négoussié, Oubié, son oncle, avait eu à réprimer
une révolte de Sabagadis, et Ras-Aly, le chef des
Chamgallas, qui était beau-père d'Oubié, devint alors
l'arbitre de l'Abyssinie. L'appui qu'il prêta à Oubié
lui permit de comprimer cette révolte, et l'infortuné
Sabagadis, surpris par Ras-Aly, paya sa révolte de
la vie et eut une fin aussi terrible que celle de Né.
goussié.
Théodoros, après la facile victoire qu'il a remportée
sur Négoussié, dont il avait su acheter l'entourage,
n'a pas eu le temps d'organiser le Tigré, et un des
membres de la famille de Sabagadis domine encore
dans cette province où il. est prêt à. lever l'étendard
contre Théodoros.
L'hostilité déclarée des Taltals, sujets de Sabagadis,.
contre les gens de ltHamhara (1) et de Semien, a eu
pour effet de paralyser le commerce qui se faisait
autrefois de l'intérieur avec les ports d'Amphillah et
d'Edds.
COTE DES DANAKILS.
Après avoir réussi dans son entrevue périlleuse et
avoir pris les lettres que Négoussié avait écrites à
l'Empereur, M. de Russel continua à explorer la côte
d'Abyssinie en descendant vers le détroit de Bab-el-
Mandeb. Aussi Amphillah et Edds attirèrent son at-
tention. La ville d'Amphillah a été, ainsi qu'Adulis,
une métropole où affluait autrefois un commerce
considérable; elle est réduite aujourd'hui à n'être
qu'une simple bourgade de pêcheurs.
Miader, située à quelque distance dans l'intérieur,
est le plus grand centre de ces parages; la popula-
tion devient plus rare à mesure qu'on s'élève vers la
montagne.
Cette ville est habitée par les Danakils, et Coullou
Oynan, le grand sheick ou Maschaban des Danakils,
fait sa résidence à l'intérieur. Un de ses cousins
réside à Miaders.
Edds n'abrite qu'une population de pêcheurs. Quel-
ques huîtres perlières permettent à cette population
de se livrer pendant la saison favorable à la pêche, et
les perles qu'ils prennent sont un objet de commerce
qui n'a pas grande valeur. Edds est sous la dépen-
dance du sheick Dini, dont les terrains confinent aux
territoires de Tadjoura. Le port d'Oboc'h est situé
sùr son terrain.
Après avoir visité toute cette côte, le Yémen passa
le détroit de Bab-el-Mandeb pendant la nuit ; - il ne
dut son salut qu'à ce qu'on put voir, quand on en fut
très-rapproché, la réverbération du récif qui part
de la pointe nord de Périm, où il n'y avait pas en-
core de phare.
Le contre-amiral de Langle, commandant alors la
division navale des côtes orientales d'Afrique, station-
nait sur la rade d'Aden avec la Cordelière, sur la-
quelle il avait son guidon, lorsque le Yémen jeta l'an-
cre sur cette rade, et il put s'aboucher avec M. de
Russel. -
Une courte relâche permit au Yémen de reprendre
(1) Les étrangers ont, d'après les lettres de M. Lejean, grand'-
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devait remplacer M. Plowden à Gondar, est tombé au milieu des
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