Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-11-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 novembre 1863 01 novembre 1863
Description : 1863/11/01 (A8,N177). 1863/11/01 (A8,N177).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203256p
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
436 L'ISTHME DE SUEZ,
man font cause commune avec les Bourhantos, les
Dinsarah et les Assoubos. Les Somalis-Aïssa assistent
toujours les tribus orientales, dans les querelles qu'elles
soutiennent contre les Modaïtes, et assurent la sécu-
rité des caravanes qui commercent avec l'intérieur
de l'Abyssinie en leur donnant passage sur leur
territoire, sur lequel ils les escortent. Les Aïssa ont
quelquefois des compagnies d'archers au service des
Veheman. Les Danakils orientaux ont leurs établis-
sements principaux à Amphillah, Edds, Belloul, Ra-
hita et à Tadjoura.
Les Danakils occidentaux sont plutôt divisés en
kabyles ou tribus errantes; une grande ville, nommée
Ouallou, sert d'habitation commune aux tribus qui
s'y sont distribué le terrain et y vivent chacune dans
un quartier séparé. Coullou-Osman, Dini et Méhémet-
Mahamet sont les sultans ou maschaban des Adalys
orientaux; Aboubecker-Ibrahim est le chef des As-
soubos; Leurita, Alygary, Mahabed et Allou com-
mandent les Debeneh, les Veheman et les Modaïtes.
La ville de Ouallou est située sur un bras de ri-
vière qui est un des refluents du fleuve Aouashe
qui pénètre dans le Shoa, où il prend naissance.
L'Aouashe pourrait devenir une voie commerciale
importante ; il se perd dans les sables à une
vingtaine de lieues de Tadjoura.
Le commerce de l'Abyssinie avec le littoral de la
mer Rouge suivait autrefois trois routes principales.
La plus courte de ces routes partait de Gondar pour
aboutir à Adulis ou à Massouah à travers le Tigré
et le désert de Samhar. Le Tigré était gouverné par
les Bahar-Nagash, feudataires héréditaires de l'em-
pire abyssin ; la famille de, Sabagadis avait cette
charge. Une seconde route aboutissait à Amphillah
et à Edds. L'hostilité des Taltals contre les Amhrah,
qui s'est envenimée depuis la mort violente de Saba-
gadis, a fait renoncer aux routes qui aboutissaient
à Amphillah et à Edds, qui sont du reste de mau-
vaises stations navales, ainsi que Bellou, en sorte
que depuis Massouah jusqu'au détroit de Bab-el-Man-
deb il n'existe d'autre abri propre à recevoir des na-
vires que le port d'Oboc'h, situé à l'entrée même du
détroit, près Ras-Bir, où était située autrefois la se-
conde Bérénice, nommée Berenice Epidira.
La ville de Bérénice était probablement située
dans la baie d'Oboc'h, dont nous avons pris posses-
sion, et le nom de Bir pourrait être une décomposi-
tion encore subsistante de Bérénice. Il sera curieux
de voir s'il ne se trouve pas dans les parages qui l'a-
voisinent des constructions anciennes telles que
celles qui existent à Tadjoura et dans le golfe de
Goobut-Karab. Il existe près de Zeyla des pierres
chargées d'inscriptions.
Le commerce arabe, qui se fait principalement
avec des bateaux, s'était concentré à Tadjoura,
dont la petite crique est sûre pendant la mousson du
sud-est ; les bateaux cherchent une mer plus calme
dans les criques environnantes pendant la mousson
d'ouest, et s'abritent dans la crique de Ras-Aly qui
en est voisine.
Tadjoura paraît avoir une antiquité considérable;
on y découvre quelques ruines qui indiquent qu'elle a
été habitée par des peuples d'une civilisation plus
avancée que ceux qui y vivent.
On a trouvé derrière Tadjoura des débris de
meules de moulins et d'autres vestiges intéressants
qui se rapportent à une civilisation ancienne ; les
Danakils aujourd'hui ignorent l'usage des meules et
écrasent leur maïs entre deux pierres ; il est pro-
bable que Bérénice y avait fait des constructions
importantes. Les étymologistes croient reconnaître
dans le mot Tadjoura une appellation qui serait
synonyme de ville Noire.
Les habitants actuels sont sans doute les descen-
dants des habitants de cette ville Noire. lissa conten-
tent de vivre dans des cases faites en branchages
et en chaume.
Parcours des caravanes.
La proximité de Tadjoura des gorges qui con-
duisent dans les provinces méridionales d'Abyssinie
en a fait le centre du commerce que font ces pro-
vinces avec la mer. Ce commerce se fait par des ca-
ravanes ; chaque caravane se compose de 6 ou 700
chameaux ; le départ des caravanes a ordinairement
lieu trois fois par an.
Les caravanes visitent la ville de Aoussa, celle de
Ouallou, avant de pénétrer dans le Shoa, où leurs
stations principales sont Ankobar, Angolola, Alio-
Amba (1) et Debora Boran.
L'autorité du sultan de Tadjoura s'étend jusqu'au
lac Assal ; les gens de Leurita prennent alors la di-
rection de la caravane jusqu'à la limite du territoire
des Veheman, où elle est accompagnée par les gens
de Aly-Gary-Mahabed jusqu'à Aoussa, qui est gou-
vernée par Abel-Loro, fils d'Amphora.
Les Danakils sont musulmans ; mais quoiqu'ils
soient rigides observateurs des pratiques du pro-
phète, les rapports constants qu'ils ont avec les
Abyssins chrétiens les ont rendus tolérants.
Shoa et EITat.
Le Shoa et l'Effat sont chrétiens. Une ville mu-
sulmane du nom de Ouallou s'interpose, entre Aoussa
(1) Amba est une montagne ou plutôt un plateau sur lequel on
ne pénètre que par des plateaux très-escarpés. Les Ambas sont
très-communs en Abyssinie, surtout dans le Semien ; les guerres ci-
viles sont moins désastreuses en raison de la facilité de vue qu'of-
frent ces plateaux aux populations qui s'y réfugient,
man font cause commune avec les Bourhantos, les
Dinsarah et les Assoubos. Les Somalis-Aïssa assistent
toujours les tribus orientales, dans les querelles qu'elles
soutiennent contre les Modaïtes, et assurent la sécu-
rité des caravanes qui commercent avec l'intérieur
de l'Abyssinie en leur donnant passage sur leur
territoire, sur lequel ils les escortent. Les Aïssa ont
quelquefois des compagnies d'archers au service des
Veheman. Les Danakils orientaux ont leurs établis-
sements principaux à Amphillah, Edds, Belloul, Ra-
hita et à Tadjoura.
Les Danakils occidentaux sont plutôt divisés en
kabyles ou tribus errantes; une grande ville, nommée
Ouallou, sert d'habitation commune aux tribus qui
s'y sont distribué le terrain et y vivent chacune dans
un quartier séparé. Coullou-Osman, Dini et Méhémet-
Mahamet sont les sultans ou maschaban des Adalys
orientaux; Aboubecker-Ibrahim est le chef des As-
soubos; Leurita, Alygary, Mahabed et Allou com-
mandent les Debeneh, les Veheman et les Modaïtes.
La ville de Ouallou est située sur un bras de ri-
vière qui est un des refluents du fleuve Aouashe
qui pénètre dans le Shoa, où il prend naissance.
L'Aouashe pourrait devenir une voie commerciale
importante ; il se perd dans les sables à une
vingtaine de lieues de Tadjoura.
Le commerce de l'Abyssinie avec le littoral de la
mer Rouge suivait autrefois trois routes principales.
La plus courte de ces routes partait de Gondar pour
aboutir à Adulis ou à Massouah à travers le Tigré
et le désert de Samhar. Le Tigré était gouverné par
les Bahar-Nagash, feudataires héréditaires de l'em-
pire abyssin ; la famille de, Sabagadis avait cette
charge. Une seconde route aboutissait à Amphillah
et à Edds. L'hostilité des Taltals contre les Amhrah,
qui s'est envenimée depuis la mort violente de Saba-
gadis, a fait renoncer aux routes qui aboutissaient
à Amphillah et à Edds, qui sont du reste de mau-
vaises stations navales, ainsi que Bellou, en sorte
que depuis Massouah jusqu'au détroit de Bab-el-Man-
deb il n'existe d'autre abri propre à recevoir des na-
vires que le port d'Oboc'h, situé à l'entrée même du
détroit, près Ras-Bir, où était située autrefois la se-
conde Bérénice, nommée Berenice Epidira.
La ville de Bérénice était probablement située
dans la baie d'Oboc'h, dont nous avons pris posses-
sion, et le nom de Bir pourrait être une décomposi-
tion encore subsistante de Bérénice. Il sera curieux
de voir s'il ne se trouve pas dans les parages qui l'a-
voisinent des constructions anciennes telles que
celles qui existent à Tadjoura et dans le golfe de
Goobut-Karab. Il existe près de Zeyla des pierres
chargées d'inscriptions.
Le commerce arabe, qui se fait principalement
avec des bateaux, s'était concentré à Tadjoura,
dont la petite crique est sûre pendant la mousson du
sud-est ; les bateaux cherchent une mer plus calme
dans les criques environnantes pendant la mousson
d'ouest, et s'abritent dans la crique de Ras-Aly qui
en est voisine.
Tadjoura paraît avoir une antiquité considérable;
on y découvre quelques ruines qui indiquent qu'elle a
été habitée par des peuples d'une civilisation plus
avancée que ceux qui y vivent.
On a trouvé derrière Tadjoura des débris de
meules de moulins et d'autres vestiges intéressants
qui se rapportent à une civilisation ancienne ; les
Danakils aujourd'hui ignorent l'usage des meules et
écrasent leur maïs entre deux pierres ; il est pro-
bable que Bérénice y avait fait des constructions
importantes. Les étymologistes croient reconnaître
dans le mot Tadjoura une appellation qui serait
synonyme de ville Noire.
Les habitants actuels sont sans doute les descen-
dants des habitants de cette ville Noire. lissa conten-
tent de vivre dans des cases faites en branchages
et en chaume.
Parcours des caravanes.
La proximité de Tadjoura des gorges qui con-
duisent dans les provinces méridionales d'Abyssinie
en a fait le centre du commerce que font ces pro-
vinces avec la mer. Ce commerce se fait par des ca-
ravanes ; chaque caravane se compose de 6 ou 700
chameaux ; le départ des caravanes a ordinairement
lieu trois fois par an.
Les caravanes visitent la ville de Aoussa, celle de
Ouallou, avant de pénétrer dans le Shoa, où leurs
stations principales sont Ankobar, Angolola, Alio-
Amba (1) et Debora Boran.
L'autorité du sultan de Tadjoura s'étend jusqu'au
lac Assal ; les gens de Leurita prennent alors la di-
rection de la caravane jusqu'à la limite du territoire
des Veheman, où elle est accompagnée par les gens
de Aly-Gary-Mahabed jusqu'à Aoussa, qui est gou-
vernée par Abel-Loro, fils d'Amphora.
Les Danakils sont musulmans ; mais quoiqu'ils
soient rigides observateurs des pratiques du pro-
phète, les rapports constants qu'ils ont avec les
Abyssins chrétiens les ont rendus tolérants.
Shoa et EITat.
Le Shoa et l'Effat sont chrétiens. Une ville mu-
sulmane du nom de Ouallou s'interpose, entre Aoussa
(1) Amba est une montagne ou plutôt un plateau sur lequel on
ne pénètre que par des plateaux très-escarpés. Les Ambas sont
très-communs en Abyssinie, surtout dans le Semien ; les guerres ci-
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