Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-09-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 septembre 1863 15 septembre 1863
Description : 1863/09/15 (A8,N174). 1863/09/15 (A8,N174).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203253f
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
3EO L'ISTHME DE SUEZ,
cette évidence. On verra plus loin dans un article
'du Times que les raisons ne lui manqueraient point
pour motiver cette conversion.
Nous n'hésitons pas à déclarer qu'au moyen du
travail volontaire le gouvernement égyptien serait
hors d'état de rassembler la quantité d'ouvriers né-
cessaire pour l'entretien de ses canaux, qui sont
l'âme de son agriculture, pour la construction et la
réparation de ses chemins de fer et de ces routes,
pour l'exécution de ses grands travaux d'utilité pu-
blique, qui, depuis Mehemet-Ali jusqu'à nos jours,
ont transformé la face de l'Egypte.
Nous n'hésitons pas à déclarer que si l'hiver pro-
chain une tempête venait, comme en 1862, démolir
une partie du chemin de fer de Suez, les Anglais se-
raient réduits de nouveau à réclamer l'emploi du
travail obligatoire, sous peine de voir pour longtemps
couper leurs communications commerciales et pos-
tales avec l'Inde..
Nous n'hésitons pas à déclarer que le travail obli-
gatoire dans ses conditions les plus rigoureuses
est à cette heure même en plein exercice en Egypte,
et qu'il n'est nulle part l'objet d'une réclamation ni
de la part de la Turquie, ni de la part de l'Angle-
terre, si ce n'est sur la ligne de l'isthme.
Cette expérience du travail volontaire a d'ailleurs
été faite par l'entreprise elle-même ; c'est par là
qu'elle a commencé. Au début des travaux des pu-
blications ont été effectuées, des agents ont été expé-
diés dans tous les villages pour faire appel aux
ouvriers de bonne volonté, et ce n'est qu'après l'in-
suffisance constatée de ce mode de recrutement que
la Compagnie a invoqué l'observation des clauses de
son contrat du 20 juillet 1856 avec le gouvernement
égyptien.
Le travail volontaire ne serait donc possible qu'en
recourant aux ouvriers européens, et les conditions
du climat le leur interdiraient pendant une moitié de
l'année.
Nous ne parlons pas des difficultés et des frais énor-
*mes que produirait une telle combinaison ; nous rap-
pelons seulement qu'en vertu des conventions ils se-
raient à la charge du trésor de l'Egypte.
Remontons cependant aux origines de cette affaire.
Quoique nous les ayons déjà portées à la connaissance
de nos lecteurs, ils nous permettront de les leur
rappeler.
Le premier acte de la concession faite à M. F. de
Lesseps est du 20 novembre 1854. Dès les premiers
mois de 1855, l'opposition de la diplomatie anglaise
éclatait. La presse de Londres suivait ce mouvement,
et l'un des principaux motifs par lesquels elle cher-
chait à justifier sa résistance, c'était que, sous pré-
texte de travaux, la France enverrait sur la frontière
de l'Egypte des corps militaires déguisés en ouvriers,
pour intimider le gouvernement, et, au besoin, pour
envahir le pays. C'est afin de dissiper cette terreur
plus ou moins sincère, pour la guérir par les gages
les moins équivoques que, d'accord avec M. F. de Les-
seps, le vice-roi Mohammed-Saïd inséra dans l'acte dé-
finitif de concession, article 2, à la date du 5 janvier
1856, une clause par laquelle les quatre cinquièmes
au moins des ouvriers employés au canal devaient
être pris parmi les indigènes.
C'est, on ne l'ignore pas, en exécution de cette
clause et pour la rendre praticable, que fut passé,
six mois après, le contrat du 20 juillet 1856.
Sur ce point au moins l'opposition anglaise était
réduite au silence.
Elle se retourna. Après avoir proscrit le travail
volontaire elle voulut interdire le travail obligatoire.
C'était en réalité le travail sous tous les formes qu'il
lui fallait empêcher.
Pour ces occasions la politique tient toujours en
réserve, chez nos voisins, ou un verset de la Bible
ou une théorie philanthropique. On ferma donc les
yeux à Londres sur tous les abus du travail forcé et
de la corvée que pendant douze ans, de 1851 à
1862, les agents anglais n'avaient cessé de faire
au profit des intérêts .anglais, et il fut con-
venu que si le travail forcé et la corvée étaient
supportables quand ils étaient employés au service
de l'Angleterre, le travail obligatoire et salarié était
inexcusable et monstrueux quand il s'agissait d'une
œuvre d'utilité universelle, comme le percement de
l'isthme de Suez.
Les interpellations alors se succédèrent au Parle-
ment, et ce fut au sein de la Chambre des communes
que fut inventée cette fameuse loi abolissant la cor-
vée sur toute la surface de l'empire ottoman, et dont
il a été fait un usage si commode et si abondant
dans la note du 6 avril.
Seulement le ministère turc et les orateurs du
Parlement ont toujours oublié d'en citer le texte-ou
d'en trahir la date.
Dès lors, le gouvernement égyptien, pour saper
toute cette intrigue par sa base, n'a qu'un mot à
dire: « Montrez-moi cette prétendue loi» ,et il est bien
certain qu'on ne la lui montrera pas. Ceci, bien en-
tendu, est indépendant des raisons pour lesquelles,
conformément au traité, la Turquie n'a pas le droit
d'intervenir dans l'administration intérieure de l'E-
gypte, et certes, cette question du travail est essen-
tiellement d'ordre intérieur.
Après ce court historique, nous pensons qu'il reste
démontré que l'opposition anglaise ne veut pas plus
dans l'isthme du travail volontaire que du travail
obligatoire, qu'elle s'est accommodée même de la
cette évidence. On verra plus loin dans un article
'du Times que les raisons ne lui manqueraient point
pour motiver cette conversion.
Nous n'hésitons pas à déclarer qu'au moyen du
travail volontaire le gouvernement égyptien serait
hors d'état de rassembler la quantité d'ouvriers né-
cessaire pour l'entretien de ses canaux, qui sont
l'âme de son agriculture, pour la construction et la
réparation de ses chemins de fer et de ces routes,
pour l'exécution de ses grands travaux d'utilité pu-
blique, qui, depuis Mehemet-Ali jusqu'à nos jours,
ont transformé la face de l'Egypte.
Nous n'hésitons pas à déclarer que si l'hiver pro-
chain une tempête venait, comme en 1862, démolir
une partie du chemin de fer de Suez, les Anglais se-
raient réduits de nouveau à réclamer l'emploi du
travail obligatoire, sous peine de voir pour longtemps
couper leurs communications commerciales et pos-
tales avec l'Inde..
Nous n'hésitons pas à déclarer que le travail obli-
gatoire dans ses conditions les plus rigoureuses
est à cette heure même en plein exercice en Egypte,
et qu'il n'est nulle part l'objet d'une réclamation ni
de la part de la Turquie, ni de la part de l'Angle-
terre, si ce n'est sur la ligne de l'isthme.
Cette expérience du travail volontaire a d'ailleurs
été faite par l'entreprise elle-même ; c'est par là
qu'elle a commencé. Au début des travaux des pu-
blications ont été effectuées, des agents ont été expé-
diés dans tous les villages pour faire appel aux
ouvriers de bonne volonté, et ce n'est qu'après l'in-
suffisance constatée de ce mode de recrutement que
la Compagnie a invoqué l'observation des clauses de
son contrat du 20 juillet 1856 avec le gouvernement
égyptien.
Le travail volontaire ne serait donc possible qu'en
recourant aux ouvriers européens, et les conditions
du climat le leur interdiraient pendant une moitié de
l'année.
Nous ne parlons pas des difficultés et des frais énor-
*mes que produirait une telle combinaison ; nous rap-
pelons seulement qu'en vertu des conventions ils se-
raient à la charge du trésor de l'Egypte.
Remontons cependant aux origines de cette affaire.
Quoique nous les ayons déjà portées à la connaissance
de nos lecteurs, ils nous permettront de les leur
rappeler.
Le premier acte de la concession faite à M. F. de
Lesseps est du 20 novembre 1854. Dès les premiers
mois de 1855, l'opposition de la diplomatie anglaise
éclatait. La presse de Londres suivait ce mouvement,
et l'un des principaux motifs par lesquels elle cher-
chait à justifier sa résistance, c'était que, sous pré-
texte de travaux, la France enverrait sur la frontière
de l'Egypte des corps militaires déguisés en ouvriers,
pour intimider le gouvernement, et, au besoin, pour
envahir le pays. C'est afin de dissiper cette terreur
plus ou moins sincère, pour la guérir par les gages
les moins équivoques que, d'accord avec M. F. de Les-
seps, le vice-roi Mohammed-Saïd inséra dans l'acte dé-
finitif de concession, article 2, à la date du 5 janvier
1856, une clause par laquelle les quatre cinquièmes
au moins des ouvriers employés au canal devaient
être pris parmi les indigènes.
C'est, on ne l'ignore pas, en exécution de cette
clause et pour la rendre praticable, que fut passé,
six mois après, le contrat du 20 juillet 1856.
Sur ce point au moins l'opposition anglaise était
réduite au silence.
Elle se retourna. Après avoir proscrit le travail
volontaire elle voulut interdire le travail obligatoire.
C'était en réalité le travail sous tous les formes qu'il
lui fallait empêcher.
Pour ces occasions la politique tient toujours en
réserve, chez nos voisins, ou un verset de la Bible
ou une théorie philanthropique. On ferma donc les
yeux à Londres sur tous les abus du travail forcé et
de la corvée que pendant douze ans, de 1851 à
1862, les agents anglais n'avaient cessé de faire
au profit des intérêts .anglais, et il fut con-
venu que si le travail forcé et la corvée étaient
supportables quand ils étaient employés au service
de l'Angleterre, le travail obligatoire et salarié était
inexcusable et monstrueux quand il s'agissait d'une
œuvre d'utilité universelle, comme le percement de
l'isthme de Suez.
Les interpellations alors se succédèrent au Parle-
ment, et ce fut au sein de la Chambre des communes
que fut inventée cette fameuse loi abolissant la cor-
vée sur toute la surface de l'empire ottoman, et dont
il a été fait un usage si commode et si abondant
dans la note du 6 avril.
Seulement le ministère turc et les orateurs du
Parlement ont toujours oublié d'en citer le texte-ou
d'en trahir la date.
Dès lors, le gouvernement égyptien, pour saper
toute cette intrigue par sa base, n'a qu'un mot à
dire: « Montrez-moi cette prétendue loi» ,et il est bien
certain qu'on ne la lui montrera pas. Ceci, bien en-
tendu, est indépendant des raisons pour lesquelles,
conformément au traité, la Turquie n'a pas le droit
d'intervenir dans l'administration intérieure de l'E-
gypte, et certes, cette question du travail est essen-
tiellement d'ordre intérieur.
Après ce court historique, nous pensons qu'il reste
démontré que l'opposition anglaise ne veut pas plus
dans l'isthme du travail volontaire que du travail
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