Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-06-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 juin 1863 15 juin 1863
Description : 1863/06/15 (A8,N168). 1863/06/15 (A8,N168).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203247q
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MKHS. 221
nople, à Timsah comme h. Smyrne et à Beyrouth , à
Suez comme à Brousse et à Damas? Est-ce qu'il n'y
a pas cinquante mille étrangers formant la colonie
d'Alexandrie, vingt mille formant la colonie du
Caire, sous la juridiction de leurs consuls respectifs?
Alexandrie , le Caire, Smyrne, etc., sont-ils pour
cela sous le joug de la domination étrangère ? Les
individus non indig'ènes qui viendront se fixer dans
les villes de l'isthme y vivront sous les lois du pays,
sous le bénéfice et le droit commun de leurs immu-
nités, comme ils y vivent sous les autres points de
l'Egypte et de la Turquie. Les autorités de ces villes
seront égyptiennes , le pavillon égyptien y flottera
seul, les troupes égyptiennes les occuperont seules, et
le seul moyen d'y conserver la suzeraineté ottomane
est-il donc d'y conserver la désolation et le désert ?
Ou bien la Turquie entend-elle faire une exception con-
tre ces lieux parce qu'ils auront été rendus à la pro-
duction et à l'activité du commerce? Nous voudrions
qu'on nous expliquât en vertu de quel principe ou en
vertu de quel péché originel une route destinée à servir
de communication aux deux parties du monde les plus
opulentes et les plus peuplées devrait ne point participer
aux bienfaits des lois internationales et être seule exclue
de ce qui est la règle et le droit pour toutes les autres
parties de l'empire ottoman. La Porte voudrait-elle
bien nous dire pour quelle raison dix mille mem-
bres; par exemple, de la colonie d'Alexandrie, qui ne
sont point uu - péril pour la suzeraineté de la Porte
dans cette ville, deviendraient plus inquiétants, plus
dangereux ou plus suspects, s'ils quittaient Alexan-
drie pour aller faire leurs affaires à Port-Saïd, à Tim-
sah ou à Suez ? C'est d'ailleurs leur droit, répétons-
le. C'est un droit acquis aux Français et aux An-
glais en Turquie , par le même droit de réciprocité
acquis aux Turcs en Angleterre et en France, et nous
ne pouvons concevoir comment la Porte et surtout
comment sir Henry Bulwer ont pu introduire dans
leur note un argument aussi scandaleux et aussi in-
soutenable.
Nous en dirons autant des considérations sur les-
quelles la note s'appuie afin de dépouiller la Com-
pagnie des terrains qu'elle aura fertilisés et peuplés,
c'est-à-dire afin de la frustrer des fruits de ses sa-
crifices, de son travail, et de la récompenser par la
spoliation du plus grand service que l'on puisse
rendre à un pays en couvrant de récoltes ses
vastes espaces de sables et de solitudes. La Porte a
donc oublié tous ses programmes de réformes? Elle
a donc oublié tous ses hatti-chérifs et ses liatti-
houmayouns? Elle ne veut donc plus que les capi-
taux, les arts et l'intelligence de l'Europe viennent
rendre à la vie toutes ces immenses et fertiles pro-
vinces dont elle a fait des déserts? Elle veut donc
fonder l'empire du sable et de l'aridité ? Elle abroge
donc cet article 29 de son hatti-houmayoun du 18 fé
vrier 1856 :
« Il pourra être permis aux étrangers de posséder
des propriétés foncières dans mes États, en se con-
formant aux lois et règlements de police, en acquit-
tant les mêmes charges que les indigènes. »
Elle rétracte donc cet article 39 :
« On s'occupera également de la création de routes
et de canaux qui rendront les communications plus
faciles, et augmenteront les sources de richesse du
pays. »
Et l'article 40 :
« On abolira tout ce qui peut entraver le com-
merce et l'agriculture ; pour arriver à ces buts, on
recherchera les moyens de mettre à profit les scien-
ces, les arts et les capitaux de l'Europe, et de les
mettre ainsi successivement en exécution. »
Tout ce programme, écrit par la Porte, qu'est-il
autre chose que sa mise en pratique par la conces-
sion de Mohammed-Saïd à la Compagnie universelle
du canal de Suez ? Et comment ces engagements,
obtenus par un Anglais, lord Stratford de Redcliffe,
peuvent-ils être aussi complètement effacés par un
autre Anglais, sir Henry Bulwer?
L'Angleterre donc, en imposant à la Turquie
cette déplorable dépêche, l'a contrainte à se rejeter
dans ces errements de barbarie auxquels elle se van-
tait de vouloir l'arracher. Mais elle va plus loin en-
core : non-seulement en l'obligeant à contester à la
Compagnie la jouissance des terrains conquis sur la
stérilité elle pousse la Porte à empiéter sur le gou-
vernement intérieur de l'Egypte, mais encore la
note prétend imposer à l'Égypte et à la Compagnie
la rescision d'un véritable contrat de vente à titre
doublement onéreux pour la Compagnie et en pleine
exécution. La Compagnie, en effet, ne peut possé-
der que les terrains auxquels, par l'irrigation, elle
aura rendu leur faculté productrice. Elle a déjà dé-
pensé plusieurs millions à conquérir son droit : elle
a ouvert à la culture et à la navigation un canal
qui bientôt atteindra environ 125 kilomètres. Ce
n'est pas tout : à côté de cette charge, - elle en a
une seconde, une seconde qui est un véritable achat,
un véritable paiement des terrains concédés : c'est la
première part accordée au gouvernement égyptien
dans les bénéfices de l'entreprise, ainsi qu'il ressort
du texte suivant de l'acte de concession (art. 18) :
« En raison des concessions de terrains et autres
avantages accordés à la Compagnie par les articles
qui précèdent, nous réservons au profit du gouver-
nement égyptien un prélèvement de 15 0/0 sur les
bénéfices nets de chaque année, arrêtés et répartis
par l'assemblée générale des actionnaires. »
nople, à Timsah comme h. Smyrne et à Beyrouth , à
Suez comme à Brousse et à Damas? Est-ce qu'il n'y
a pas cinquante mille étrangers formant la colonie
d'Alexandrie, vingt mille formant la colonie du
Caire, sous la juridiction de leurs consuls respectifs?
Alexandrie , le Caire, Smyrne, etc., sont-ils pour
cela sous le joug de la domination étrangère ? Les
individus non indig'ènes qui viendront se fixer dans
les villes de l'isthme y vivront sous les lois du pays,
sous le bénéfice et le droit commun de leurs immu-
nités, comme ils y vivent sous les autres points de
l'Egypte et de la Turquie. Les autorités de ces villes
seront égyptiennes , le pavillon égyptien y flottera
seul, les troupes égyptiennes les occuperont seules, et
le seul moyen d'y conserver la suzeraineté ottomane
est-il donc d'y conserver la désolation et le désert ?
Ou bien la Turquie entend-elle faire une exception con-
tre ces lieux parce qu'ils auront été rendus à la pro-
duction et à l'activité du commerce? Nous voudrions
qu'on nous expliquât en vertu de quel principe ou en
vertu de quel péché originel une route destinée à servir
de communication aux deux parties du monde les plus
opulentes et les plus peuplées devrait ne point participer
aux bienfaits des lois internationales et être seule exclue
de ce qui est la règle et le droit pour toutes les autres
parties de l'empire ottoman. La Porte voudrait-elle
bien nous dire pour quelle raison dix mille mem-
bres; par exemple, de la colonie d'Alexandrie, qui ne
sont point uu - péril pour la suzeraineté de la Porte
dans cette ville, deviendraient plus inquiétants, plus
dangereux ou plus suspects, s'ils quittaient Alexan-
drie pour aller faire leurs affaires à Port-Saïd, à Tim-
sah ou à Suez ? C'est d'ailleurs leur droit, répétons-
le. C'est un droit acquis aux Français et aux An-
glais en Turquie , par le même droit de réciprocité
acquis aux Turcs en Angleterre et en France, et nous
ne pouvons concevoir comment la Porte et surtout
comment sir Henry Bulwer ont pu introduire dans
leur note un argument aussi scandaleux et aussi in-
soutenable.
Nous en dirons autant des considérations sur les-
quelles la note s'appuie afin de dépouiller la Com-
pagnie des terrains qu'elle aura fertilisés et peuplés,
c'est-à-dire afin de la frustrer des fruits de ses sa-
crifices, de son travail, et de la récompenser par la
spoliation du plus grand service que l'on puisse
rendre à un pays en couvrant de récoltes ses
vastes espaces de sables et de solitudes. La Porte a
donc oublié tous ses programmes de réformes? Elle
a donc oublié tous ses hatti-chérifs et ses liatti-
houmayouns? Elle ne veut donc plus que les capi-
taux, les arts et l'intelligence de l'Europe viennent
rendre à la vie toutes ces immenses et fertiles pro-
vinces dont elle a fait des déserts? Elle veut donc
fonder l'empire du sable et de l'aridité ? Elle abroge
donc cet article 29 de son hatti-houmayoun du 18 fé
vrier 1856 :
« Il pourra être permis aux étrangers de posséder
des propriétés foncières dans mes États, en se con-
formant aux lois et règlements de police, en acquit-
tant les mêmes charges que les indigènes. »
Elle rétracte donc cet article 39 :
« On s'occupera également de la création de routes
et de canaux qui rendront les communications plus
faciles, et augmenteront les sources de richesse du
pays. »
Et l'article 40 :
« On abolira tout ce qui peut entraver le com-
merce et l'agriculture ; pour arriver à ces buts, on
recherchera les moyens de mettre à profit les scien-
ces, les arts et les capitaux de l'Europe, et de les
mettre ainsi successivement en exécution. »
Tout ce programme, écrit par la Porte, qu'est-il
autre chose que sa mise en pratique par la conces-
sion de Mohammed-Saïd à la Compagnie universelle
du canal de Suez ? Et comment ces engagements,
obtenus par un Anglais, lord Stratford de Redcliffe,
peuvent-ils être aussi complètement effacés par un
autre Anglais, sir Henry Bulwer?
L'Angleterre donc, en imposant à la Turquie
cette déplorable dépêche, l'a contrainte à se rejeter
dans ces errements de barbarie auxquels elle se van-
tait de vouloir l'arracher. Mais elle va plus loin en-
core : non-seulement en l'obligeant à contester à la
Compagnie la jouissance des terrains conquis sur la
stérilité elle pousse la Porte à empiéter sur le gou-
vernement intérieur de l'Egypte, mais encore la
note prétend imposer à l'Égypte et à la Compagnie
la rescision d'un véritable contrat de vente à titre
doublement onéreux pour la Compagnie et en pleine
exécution. La Compagnie, en effet, ne peut possé-
der que les terrains auxquels, par l'irrigation, elle
aura rendu leur faculté productrice. Elle a déjà dé-
pensé plusieurs millions à conquérir son droit : elle
a ouvert à la culture et à la navigation un canal
qui bientôt atteindra environ 125 kilomètres. Ce
n'est pas tout : à côté de cette charge, - elle en a
une seconde, une seconde qui est un véritable achat,
un véritable paiement des terrains concédés : c'est la
première part accordée au gouvernement égyptien
dans les bénéfices de l'entreprise, ainsi qu'il ressort
du texte suivant de l'acte de concession (art. 18) :
« En raison des concessions de terrains et autres
avantages accordés à la Compagnie par les articles
qui précèdent, nous réservons au profit du gouver-
nement égyptien un prélèvement de 15 0/0 sur les
bénéfices nets de chaque année, arrêtés et répartis
par l'assemblée générale des actionnaires. »
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