Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-06-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 juin 1863 01 juin 1863
Description : 1863/06/01 (A8,N167). 1863/06/01 (A8,N167).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032469
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 183
Mohammed-Saïd jusqu'à ce que, en toute hâte, sans
préparatifs, sans aucune des précautions propres à
alimenter les travailleurs dans le désert , elle eut
obtenu de lui la levée et l'envoi d'une corvée de
50,000 hommes sur le théâtre du désastre pour ré-
tablir immédiatement cette voie que le Times avec
candeur nomme « le chemin anglais » ? Ce fait a retenti
dans tous les journaux de l'Europe. Il est certaine-
ment arrivé jusqu'aux oreilles de M. Griffith. Com-
ment alors son zèle et sa philanthropie sont-ils restés
muets ? Ne condamne-t-il le travail forcé qu'en tant
qu'il creuse le canal maritime ?
Mais la Porte du moins, de 1851 à 1855, de 1856 à
1860, et enfin dans l'hiver de 1861-62, devait con-
naître l'existence de sa loi. Elle devait en réclamer
l'application. Elle était sans doute alors animée des
mêmes sentiments qui l'agitent aujourd'hui. Elle
devait l'être bien plus. Car nous prouverons tout à
l'heure qu'il n'y a aucune espèce de comparaison
possible entre les souffrances qu'ont endurées dans
ces trois circonstances, prolongées pendant dix ans,
les fellahs qui ont travaillé à ces ouvrages, et le bien
être et les bons traitements dont n'ont cessé d'être
entourés les travailleurs de l'isthme. Faut-il donc
croire : ou que la loi n'existait pas ou qu'elle n'exis-
tait pas pour les Anglais seulement, et qu'on se ré-
servait de s'en servir exclusivement contre une en-
treprise d'intérêt universel, coupable d'être dirigée
par des Français? Nous abandonnons à la Turquie
et à l'Angleterre le choix de ces alternatives.
Maintenant, comme tout ici est sérieux, nous ré-
clamons de la Porte et de lord Palmerston la com-
munication du texte de cette loi, puisque c'est le nom
de loi qu'ils lui donnent. Car la Turquie ne peut pas
sans doute laisser supposer que cette loi ait été in-
ventée pour les besoins de la cause anglaise, et pour
créer un prétexte à des exigences qui, dès lors, n'au-
raient plus de bases ni de motifs. Cette loi où est-elle
donc ? On nous la présentera sans doute, et ce sera
une loi promulguée, notifiée à tous, et que tous ont
pu et dû connaître. Car autrement elle ne serait en-
core qu'un piège tendu aux entreprises de bonne foi
qui ont contracté d'après les usages reçus et établis.
Quoi qu'il en soit, et même en admettant sa réa-
lité, il nous sera facile de démontrer que cette loi
n'a jamais été appliquée, n'a jamais eu aucune vie
ni aucune force en Egypte, et que dans la pensée
de la Porte jamais jusqu'ici elle ne s'était appliquée
à l'Egypte.
Nous ne remonterons certainement point à l'origine
immémoriale de l'organisation du travail dans ce
pays. Tout le monde sait qu'elle est la tradition et
en quelque sorte la constitution même du peuple
égyptien, la raison de la fécondité de son sol,
l'instrument et la nécessité de sa richesse. Il n'est
pas, depuis que l'Egypte seul existe, un travail public
qui n'ait été exécuté par ces levées de travailleurs
effectuées au nom et par le pouvoir du gouverner
ment. Sans remonter loin dans les souvenirs histo-
riques, recherchons ce qui s'est fait en ce genre seu-
lement dans une période à laquelle a pu assister un
homme de notre génération.
1823. — Méhémet-Ali fait creuser le canal du
Mahmoudié, par 100,000 hommes. Ce canal devient
une des principales artères de l'Egypte, et il déter-
mine autour d'Alexandrie un tel mouvement d'affaires
et de production agricole qu'aujourd'hui sa popula-
tion est triplée, et que cette ville est devenue un desports
les plus florissants de la Méditerranée.
1830. — 60,000 hommes sont pendant trois ans
employés à déblayer autour du Caire des collines
de ruines encombrant les abords de cette capitale.
Ce travail immense rend à la culture de vastes ter-
rains qui sont aujourd'hui les plus beaux et les plus
riches jardins du Caire.
1835-1813. — Dans cet espace de temps 30 à
40,000 hommes au minimum sont employés à cons-
truire divers canaux de la plus grande utilité dans
la haute et la basse Egypte. Parmi ces canaux, nous
citerons le Cherkaouié, le Chebin, le Zafranieh, qui
sont aujourd'hui autant de sources et d'instruments
de la prospérité égyptienne.
Chaque année, curage des canaux au moyen de
50 à 60,000 hommes a-i minimum.
1841-46. — Etablissement des digues le long du
Nil depuis le Caire jusqu'à Rosette et Damiette.
100,000 hommes employés à la fois dans l'exécution
de ces vastes ouvrages.
1841-50. — Fortifications d'Alexandrie. Cons-
truction de l'arsenal, des môles, du bassin de caré-
nage. 15 à 20,000 hommes employés.
1846-60. — Barrage du Nil, auquel travaillent,
selon la saison et les besoins, de 10 à 50,000 hommes.
1851-55. — Chemin de fer d'Alexandrie au Caire.
20 à 30,000 hommes.
1854-60. -- Fortification de Saidieh sous Abbas-
Pacha, occupant de 10 à 30,000 hommes.
1855-60. — Chemin de fer du Caire à Suez, sous
Mohammed-Saïd, 10,000 hommes.
1856. — Mohammed-Saïd fait opérer le curage
du Mahmoudié en un mois par 61,000 hommes.
1856-58. — Chemin de fer de Samanoud et de
Zagazig. Nombre des travailleurs non connu.
1861-62. — Grande corvée de 50,000 hommes pour
réparer le chemin de fer du Caire à Suez.
En diverses autres années précédentes levées sem-
blables pour réparations analogues à la voie ferrée
entre Suez et Alexandrie.
Mohammed-Saïd jusqu'à ce que, en toute hâte, sans
préparatifs, sans aucune des précautions propres à
alimenter les travailleurs dans le désert , elle eut
obtenu de lui la levée et l'envoi d'une corvée de
50,000 hommes sur le théâtre du désastre pour ré-
tablir immédiatement cette voie que le Times avec
candeur nomme « le chemin anglais » ? Ce fait a retenti
dans tous les journaux de l'Europe. Il est certaine-
ment arrivé jusqu'aux oreilles de M. Griffith. Com-
ment alors son zèle et sa philanthropie sont-ils restés
muets ? Ne condamne-t-il le travail forcé qu'en tant
qu'il creuse le canal maritime ?
Mais la Porte du moins, de 1851 à 1855, de 1856 à
1860, et enfin dans l'hiver de 1861-62, devait con-
naître l'existence de sa loi. Elle devait en réclamer
l'application. Elle était sans doute alors animée des
mêmes sentiments qui l'agitent aujourd'hui. Elle
devait l'être bien plus. Car nous prouverons tout à
l'heure qu'il n'y a aucune espèce de comparaison
possible entre les souffrances qu'ont endurées dans
ces trois circonstances, prolongées pendant dix ans,
les fellahs qui ont travaillé à ces ouvrages, et le bien
être et les bons traitements dont n'ont cessé d'être
entourés les travailleurs de l'isthme. Faut-il donc
croire : ou que la loi n'existait pas ou qu'elle n'exis-
tait pas pour les Anglais seulement, et qu'on se ré-
servait de s'en servir exclusivement contre une en-
treprise d'intérêt universel, coupable d'être dirigée
par des Français? Nous abandonnons à la Turquie
et à l'Angleterre le choix de ces alternatives.
Maintenant, comme tout ici est sérieux, nous ré-
clamons de la Porte et de lord Palmerston la com-
munication du texte de cette loi, puisque c'est le nom
de loi qu'ils lui donnent. Car la Turquie ne peut pas
sans doute laisser supposer que cette loi ait été in-
ventée pour les besoins de la cause anglaise, et pour
créer un prétexte à des exigences qui, dès lors, n'au-
raient plus de bases ni de motifs. Cette loi où est-elle
donc ? On nous la présentera sans doute, et ce sera
une loi promulguée, notifiée à tous, et que tous ont
pu et dû connaître. Car autrement elle ne serait en-
core qu'un piège tendu aux entreprises de bonne foi
qui ont contracté d'après les usages reçus et établis.
Quoi qu'il en soit, et même en admettant sa réa-
lité, il nous sera facile de démontrer que cette loi
n'a jamais été appliquée, n'a jamais eu aucune vie
ni aucune force en Egypte, et que dans la pensée
de la Porte jamais jusqu'ici elle ne s'était appliquée
à l'Egypte.
Nous ne remonterons certainement point à l'origine
immémoriale de l'organisation du travail dans ce
pays. Tout le monde sait qu'elle est la tradition et
en quelque sorte la constitution même du peuple
égyptien, la raison de la fécondité de son sol,
l'instrument et la nécessité de sa richesse. Il n'est
pas, depuis que l'Egypte seul existe, un travail public
qui n'ait été exécuté par ces levées de travailleurs
effectuées au nom et par le pouvoir du gouverner
ment. Sans remonter loin dans les souvenirs histo-
riques, recherchons ce qui s'est fait en ce genre seu-
lement dans une période à laquelle a pu assister un
homme de notre génération.
1823. — Méhémet-Ali fait creuser le canal du
Mahmoudié, par 100,000 hommes. Ce canal devient
une des principales artères de l'Egypte, et il déter-
mine autour d'Alexandrie un tel mouvement d'affaires
et de production agricole qu'aujourd'hui sa popula-
tion est triplée, et que cette ville est devenue un desports
les plus florissants de la Méditerranée.
1830. — 60,000 hommes sont pendant trois ans
employés à déblayer autour du Caire des collines
de ruines encombrant les abords de cette capitale.
Ce travail immense rend à la culture de vastes ter-
rains qui sont aujourd'hui les plus beaux et les plus
riches jardins du Caire.
1835-1813. — Dans cet espace de temps 30 à
40,000 hommes au minimum sont employés à cons-
truire divers canaux de la plus grande utilité dans
la haute et la basse Egypte. Parmi ces canaux, nous
citerons le Cherkaouié, le Chebin, le Zafranieh, qui
sont aujourd'hui autant de sources et d'instruments
de la prospérité égyptienne.
Chaque année, curage des canaux au moyen de
50 à 60,000 hommes a-i minimum.
1841-46. — Etablissement des digues le long du
Nil depuis le Caire jusqu'à Rosette et Damiette.
100,000 hommes employés à la fois dans l'exécution
de ces vastes ouvrages.
1841-50. — Fortifications d'Alexandrie. Cons-
truction de l'arsenal, des môles, du bassin de caré-
nage. 15 à 20,000 hommes employés.
1846-60. — Barrage du Nil, auquel travaillent,
selon la saison et les besoins, de 10 à 50,000 hommes.
1851-55. — Chemin de fer d'Alexandrie au Caire.
20 à 30,000 hommes.
1854-60. -- Fortification de Saidieh sous Abbas-
Pacha, occupant de 10 à 30,000 hommes.
1855-60. — Chemin de fer du Caire à Suez, sous
Mohammed-Saïd, 10,000 hommes.
1856. — Mohammed-Saïd fait opérer le curage
du Mahmoudié en un mois par 61,000 hommes.
1856-58. — Chemin de fer de Samanoud et de
Zagazig. Nombre des travailleurs non connu.
1861-62. — Grande corvée de 50,000 hommes pour
réparer le chemin de fer du Caire à Suez.
En diverses autres années précédentes levées sem-
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