Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-02-15
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 15 février 1863 15 février 1863
Description : 1863/02/15 (A8,N160). 1863/02/15 (A8,N160).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62032395
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
50 L'ISTHME DE SUEZ,
la marine égyptienne dans la mer Rouge. La situation
de la mère du jeune prince est assurée par la part qui
lui revient dans l'héritage en vertu des lois musul-
manes.
Les questions d'administration intérieure ont déjà
attiré l'attention sérieuse du vice-roi. Les lettres
d'Égypte signalent divers projets comme adoptés ou
prêts à l'être.
Nous avons, dans notre précédent numéro, parlé
de l'intention de Son Altesse de réorganiser le conseil
d'État; les questions touchant à l'instruction publi-
que ont été en même temps, et avant tout, l'objet
de son examen.
Le conseil suprême de l'instruction publique aurait
été reconstitué et placé sous la présidence d'un
Français d'un haut mérite, et dont nos lecteurs con-
naissent le nom, Kœnig-Bey, l'ancien professeur de
Mohammed-Saïd, en dernier lieu le secrétaire de
ses commandements. Un autre Français, le docteur
Burguière-Bey, serait chargé de la direction de l'école
de médecine; l'école militaire serait réorganisée, et
un collège nouveau serait fondé au Caire.
Il est question aussi, dit-on, de créer un journal
arabe pour tous les actes du gouvernement, sorte
de Moniteur qui porterait à la connaissance des po-
pulations les décrets et les intentions du pouvoir.
Cette feuille serait utile surtout pour les villes se-
condaires et les campagnes.
Enfin, on parle de la création d'un grand-livre de
la dette publique.
Au point de vue des intérêts matériels, Son Altesse
veut apporter dans l'administration du pays, ainsi
au surplus qu'elle l'a déclaré au corps consulaire,
l'ordre et la régularité la plus grande, dont elle a
pu apprécier les avantages dans le cercle plus
restreint de la gestion de ses propres affaires.
Imitant en cela les gouvernements européens, le
vice-roi serait dans l'intention de soumettre toutes
les dépenses à un contrôle sévère, et au lieu d'avoir
recours pour ses fournitures à quelques négociants,
il les mettrait en adjudications publiques annoncées
plusieurs mois à l'avance, de façon que les indus-
triels et les fabricants de tous les pays puissent con-
naître les cahiers des charges et concourir directe-
ment.
Les ressources immenses de l'Egypte seraient alors
consacrées à donner à l'agriculture, au commerce,
aux grands travaux d'utilité publique tout le déve-
loppement dont ils sont susceptibles.
On annonce déjà que d'importants travaux vont
être entrepris presque immédiatement pour réparer et
améliorer des canaux creusés sous Méhémet-Ali, et
qui, depuis, ont, par les effets du temps, subi quel-
ques détériorations.
Son Altesse est fermement décidée à maintenir dans
le pays placé sous son pouvoir l'ordre et la tranquil-
lité, en protégeant au même titre indigènes et Euro-
péens ; et une occasion vient de se présenter, dans
laquelle elle a donné la preuve que les fauteurs de
troubles seraient énergiquement punis, et que les
chrétiens comme les musulmans avaient droit à
son égale protection.
Il est rare qu'en Orient un changement de gou-
vernement ne réveille point, un instant au moins, les
espérances du vieux parti fanatique, qui s'éteint ce-
pendant chaque jour devant les progrès de la civi-
lisation.
Le 30 janvier, un Français, M. Conseil, qui passait
à cheval dans une rue d'Alexandrie, fut subitement
l'objet des insultes de quelques hommes de la popu-
lace, à laquelle ne craignirent point de se joindre
plusieurs soldats et même un officier. Renversé de
cheval et traîné dans la boue, il fut conduit, les mains
liées derrière le dos, à la Zabtié (bureau de police
principal). Le consul- général de France 'par inté-
rim, M. de Beauval, dès qu'il eut connaissance de ces
faits graves, s'empressa d'en avertir le vice-roi,
alors au Caire, en lui demandant la réparation due
à l'outrage fait à un de ses nationaux.
Son Altesse est immédiatement accourue à Alexan-
drie, et a déclaré qu'elle tenait à punir les coupables,
et, en faisant un exemple, à rectifier l'opinion des
gens malintentionnés; qu'en conséquence elle n'hési.
terait pas à accorder les réparations demandées.
« J'arrive à Alexandrie, a ajouté le vice-roi, et je
prouverai à l'Europe et à la France que la confiance
n'a jamais cessé d'exister. D
En effet, les plus coupables, un officier et plusieurs
soldats, ont été conduits par un bataillon de troupes
de ligne devant le consulat général de France, situé
sur une grande place où la population européenne
presque tout entière s'était donné rendez-vous ; on
leur a lu la sentence qui les condamnait aux ga-
lères, et on les a publiquement dégradés.
L'émotion, au surplus, a été, hâtons-nous de le dé-
clarer, toute passagère. Elle est restée isolée à Alexan-
drie dans un seul quartier, et elle n'a pas eu le plus
léger contre-coup soit au Caire, soit sur les chan-
tiers de l'jsthme, où l'on se trouve au milieu d'une
multitude toute bienveillante, et où l'on ne compte
pas un surveillant européen sur deux ou trois mille
Arabes. L'élément turbulent n'avait et n'a donc aucune
racine profonde dans la population indigène. Depuis,
la plus grande tranquillité n'a cessé de régner par-
tout.
Quoi qu'il en soit, les mesures énergiques prises par
la marine égyptienne dans la mer Rouge. La situation
de la mère du jeune prince est assurée par la part qui
lui revient dans l'héritage en vertu des lois musul-
manes.
Les questions d'administration intérieure ont déjà
attiré l'attention sérieuse du vice-roi. Les lettres
d'Égypte signalent divers projets comme adoptés ou
prêts à l'être.
Nous avons, dans notre précédent numéro, parlé
de l'intention de Son Altesse de réorganiser le conseil
d'État; les questions touchant à l'instruction publi-
que ont été en même temps, et avant tout, l'objet
de son examen.
Le conseil suprême de l'instruction publique aurait
été reconstitué et placé sous la présidence d'un
Français d'un haut mérite, et dont nos lecteurs con-
naissent le nom, Kœnig-Bey, l'ancien professeur de
Mohammed-Saïd, en dernier lieu le secrétaire de
ses commandements. Un autre Français, le docteur
Burguière-Bey, serait chargé de la direction de l'école
de médecine; l'école militaire serait réorganisée, et
un collège nouveau serait fondé au Caire.
Il est question aussi, dit-on, de créer un journal
arabe pour tous les actes du gouvernement, sorte
de Moniteur qui porterait à la connaissance des po-
pulations les décrets et les intentions du pouvoir.
Cette feuille serait utile surtout pour les villes se-
condaires et les campagnes.
Enfin, on parle de la création d'un grand-livre de
la dette publique.
Au point de vue des intérêts matériels, Son Altesse
veut apporter dans l'administration du pays, ainsi
au surplus qu'elle l'a déclaré au corps consulaire,
l'ordre et la régularité la plus grande, dont elle a
pu apprécier les avantages dans le cercle plus
restreint de la gestion de ses propres affaires.
Imitant en cela les gouvernements européens, le
vice-roi serait dans l'intention de soumettre toutes
les dépenses à un contrôle sévère, et au lieu d'avoir
recours pour ses fournitures à quelques négociants,
il les mettrait en adjudications publiques annoncées
plusieurs mois à l'avance, de façon que les indus-
triels et les fabricants de tous les pays puissent con-
naître les cahiers des charges et concourir directe-
ment.
Les ressources immenses de l'Egypte seraient alors
consacrées à donner à l'agriculture, au commerce,
aux grands travaux d'utilité publique tout le déve-
loppement dont ils sont susceptibles.
On annonce déjà que d'importants travaux vont
être entrepris presque immédiatement pour réparer et
améliorer des canaux creusés sous Méhémet-Ali, et
qui, depuis, ont, par les effets du temps, subi quel-
ques détériorations.
Son Altesse est fermement décidée à maintenir dans
le pays placé sous son pouvoir l'ordre et la tranquil-
lité, en protégeant au même titre indigènes et Euro-
péens ; et une occasion vient de se présenter, dans
laquelle elle a donné la preuve que les fauteurs de
troubles seraient énergiquement punis, et que les
chrétiens comme les musulmans avaient droit à
son égale protection.
Il est rare qu'en Orient un changement de gou-
vernement ne réveille point, un instant au moins, les
espérances du vieux parti fanatique, qui s'éteint ce-
pendant chaque jour devant les progrès de la civi-
lisation.
Le 30 janvier, un Français, M. Conseil, qui passait
à cheval dans une rue d'Alexandrie, fut subitement
l'objet des insultes de quelques hommes de la popu-
lace, à laquelle ne craignirent point de se joindre
plusieurs soldats et même un officier. Renversé de
cheval et traîné dans la boue, il fut conduit, les mains
liées derrière le dos, à la Zabtié (bureau de police
principal). Le consul- général de France 'par inté-
rim, M. de Beauval, dès qu'il eut connaissance de ces
faits graves, s'empressa d'en avertir le vice-roi,
alors au Caire, en lui demandant la réparation due
à l'outrage fait à un de ses nationaux.
Son Altesse est immédiatement accourue à Alexan-
drie, et a déclaré qu'elle tenait à punir les coupables,
et, en faisant un exemple, à rectifier l'opinion des
gens malintentionnés; qu'en conséquence elle n'hési.
terait pas à accorder les réparations demandées.
« J'arrive à Alexandrie, a ajouté le vice-roi, et je
prouverai à l'Europe et à la France que la confiance
n'a jamais cessé d'exister. D
En effet, les plus coupables, un officier et plusieurs
soldats, ont été conduits par un bataillon de troupes
de ligne devant le consulat général de France, situé
sur une grande place où la population européenne
presque tout entière s'était donné rendez-vous ; on
leur a lu la sentence qui les condamnait aux ga-
lères, et on les a publiquement dégradés.
L'émotion, au surplus, a été, hâtons-nous de le dé-
clarer, toute passagère. Elle est restée isolée à Alexan-
drie dans un seul quartier, et elle n'a pas eu le plus
léger contre-coup soit au Caire, soit sur les chan-
tiers de l'jsthme, où l'on se trouve au milieu d'une
multitude toute bienveillante, et où l'on ne compte
pas un surveillant européen sur deux ou trois mille
Arabes. L'élément turbulent n'avait et n'a donc aucune
racine profonde dans la population indigène. Depuis,
la plus grande tranquillité n'a cessé de régner par-
tout.
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