Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1863-03-01
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 01 mars 1863 01 mars 1863
Description : 1863/03/01 (A8,N161). 1863/03/01 (A8,N161).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203240t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/11/2012
66 L'ISTHME DE SUEZ,
» verte sur le feuil du Sérapéum, entre le lac Tim-
» sah et la mer Rouge. Le canal d'eau douce dirigé
» vers Suez contourne déjà les lacs Amers. »
Cette dépêche, au surplus, ne fait que confirmer
les indications qui nous sont fournies par nos avis
particuliers. Tout marche, en effet, sur la ligne des
travaux, avec la régularité, l'ordre et l'entrain les
plus satisfaisants. Nous pouvons toutefois ajouter
quelques détails plus complets et plus étendus à
ceux de la dépêche ci-dessus.
Sur les bords du canal d'eau douce, de Ras-el-
Ouady à Nefiche, les cultures se développent avec
une rapidité qui dépasse toutes les espérances. On
en pourra juger par ces chiffres certains. En septem-
bre dernier, les concessions faites dans cette partie
des possessions de la Compagnie s'élevaient à 777 fed-
dans. Elles se montaient en janvier à plus de 2,500
feddans. Par conséquent, la superficie des cultures a
presque quadruplé dans un espace d'environ quatre
mois, et ce mouvement est loin de se ralentir. Tous
les jours de nouvelles concessions de terres sont
sollicitées par les tribus nomades des contrées envi-
ronnantes, désireuses de se fixer sur ces domaines
où l'on trouve à la fois la protection, la sécurité et
la justice. c C'est, nous écrit un témoin oculaire,
un spectacle qui émeut et ravit que celui qui s'offre
aux regards en descendant de Tell-el-Kébir à Timsah.
A une certaine distance l'œil découvre encore l'aridité
et la nudité de l'immense désert, tandis que les deux
rives du canal sent toutes verdoyantes de planta-
tions de blé, d'orge et de bercim. Par intervalles, on
aperçoit, dans ces champs ensemencés pour la pre-
mière fois, des cultivateurs avec leurs bêtes de somme.
Sur la lisière; les gourbis qu'ils ont construits pour
s'abriter avec leurs familles, et, de temps en temps,
un Bédouin creusant la berge pour conduire jus-
qu'aux terrains qu'il a préparés les eaux fécondantes
du Nil que le canal lui fournit à discrétion. Des bar-
ques de toutes les grandeurs, tantôt remorquées par
des chameaux, tantôt poussées par le vent qui gon-
fle leurs voiles blanches, sillonnent et égaient le
paysage, jadis morne et désolé, et le cultivateur et
le navigateur se regardent comme étonnés de se ren-
contrer, la rame ou la pioche à la main, dans ces pa-
rages qu'ils avaient cru voués à jamais à la solitude
et à la stérilité. »
Nos lecteurs savent déjà que, depuis le milieu de
janvier, le canal d'eau douce, qui s'arrêtait à Ne-
fiche, d'où il devait se diriger vers Suez, a été poussé
jusqu'à la ville de Timsah, dont il baigne aujourd'hui
tout le front, séparé du lac de ce nom par une mince
bande de terre. Dès ce moment, Timsah a été, par
une route d'eau, en communication directe et con-
tinue avec le Caire, Alexandrie et toute la vallée du
Nil. Un fait pourra donner une idée exacte de l'hn-
portance et de la facilité de cette navigation. Der.
nièrement un navire apportait à Alexandrie une car-
gaison d'énormes tuyaux en fonte, commandés en
Angleterre pour former la conduite qui doit de Tim-
sah distribuer l'eau douce aux divers campements
du nord jusqu'à Port-Saïd. Cette cargaison, dé-
barquée à Alexandrie, a été reçue par les grosses
barques du Nil. Elles ont traversé le Mahmoudié, le
Nil, et sont parvenues sans rompre charge à Timsah,
où elles ont pu se décharger avec tant de rapidité
que, le soir même de leur arrivée, elles remettaient
à la voile pour retourner à Alexandrie.
En même temps, le canal fournit à la ville elle-
même l'eau douce avec une si grande abondance,
que Timsah est dès à présent, au milieu de ce dé-
sert, l'une des villes le mieux arrosées du monde. Un
ruisseau d'eau vive court le long du seuil des habi-
tations, et dans les maisons mêmes les bassins en sont
remplis. On se prépare par des coupures à arroser
tous les terrains bas qui se trouvent autour du pla-
teau de Timsah, et ce plateau lui-même sera rendu
à la fertilité au moyen d'une locomobile de peu de
force qui montera l'eau à cette hauteur avec une dé-
pense des plus modérées.
Cependant le lac Timsah, alimenté par deux af-
fluents, l'un venant de la Méditerranée par la tran-
chée du seuil d'El-Guisr, au chantier n° 6, l'autre
venu du canal d'eau douce par un déversoir formé
à Néfiche, se remplit à vue d'œil. Il déploie déjà une
vaste nappe d'eau au bout de laquelle on aperçoit la
tranchée du canal maritime se dirigeant vers Tous-
soum, et dans le lointain, à gauche, les dunes qui
couronnent le lac, et à droite, le Dgebel-Mariam tout
rempli des souvenirs bibliques. On trouvera plus loin,
dans une de nos correspondances de Timsah, des dé-
tails attestant que le lac est dès à présent praticable
à la navigation.
Deux découvertes importantes ont été faites dans
cette région. Une carrière contenant environ 300,000
mètres cubes de pierres a été trouvée sur une des
hauteurs baignées par le lac, et qui a le nom un peu
farouche de Plateau des hyènes. Cette carrière est
en pleine exploitation. Plus près encore de la ville,
au chantier n° 6, bordant le canal maritime, on en
a reconnu une autre d'une contenance d'environ
80,000 mètres cubes. La ville de Timsah est donc
certaine d'avoir économiquement à sa disposition et à
sa portée tous les matériaux nécessaires pour ses
constructions.
Nous avons plus d'une fois parlé de la conduite
d'eau jusqu'à Port-Saïd, dont la construction a été
confiée à M. Lasseron. Cet entrepreneur poursuit
son travail avec la plus louable activité. A l'heure
qu'il est, la conduite doit être arrivée au village
d'El-Guisr, et se prolongera bientôt jusqu'au lac
Balluh, où elle prendrales berges du canal maritime
pour aboutir à Kantara, à Ras-el-Ech, à Port-Saïd.
» verte sur le feuil du Sérapéum, entre le lac Tim-
» sah et la mer Rouge. Le canal d'eau douce dirigé
» vers Suez contourne déjà les lacs Amers. »
Cette dépêche, au surplus, ne fait que confirmer
les indications qui nous sont fournies par nos avis
particuliers. Tout marche, en effet, sur la ligne des
travaux, avec la régularité, l'ordre et l'entrain les
plus satisfaisants. Nous pouvons toutefois ajouter
quelques détails plus complets et plus étendus à
ceux de la dépêche ci-dessus.
Sur les bords du canal d'eau douce, de Ras-el-
Ouady à Nefiche, les cultures se développent avec
une rapidité qui dépasse toutes les espérances. On
en pourra juger par ces chiffres certains. En septem-
bre dernier, les concessions faites dans cette partie
des possessions de la Compagnie s'élevaient à 777 fed-
dans. Elles se montaient en janvier à plus de 2,500
feddans. Par conséquent, la superficie des cultures a
presque quadruplé dans un espace d'environ quatre
mois, et ce mouvement est loin de se ralentir. Tous
les jours de nouvelles concessions de terres sont
sollicitées par les tribus nomades des contrées envi-
ronnantes, désireuses de se fixer sur ces domaines
où l'on trouve à la fois la protection, la sécurité et
la justice. c C'est, nous écrit un témoin oculaire,
un spectacle qui émeut et ravit que celui qui s'offre
aux regards en descendant de Tell-el-Kébir à Timsah.
A une certaine distance l'œil découvre encore l'aridité
et la nudité de l'immense désert, tandis que les deux
rives du canal sent toutes verdoyantes de planta-
tions de blé, d'orge et de bercim. Par intervalles, on
aperçoit, dans ces champs ensemencés pour la pre-
mière fois, des cultivateurs avec leurs bêtes de somme.
Sur la lisière; les gourbis qu'ils ont construits pour
s'abriter avec leurs familles, et, de temps en temps,
un Bédouin creusant la berge pour conduire jus-
qu'aux terrains qu'il a préparés les eaux fécondantes
du Nil que le canal lui fournit à discrétion. Des bar-
ques de toutes les grandeurs, tantôt remorquées par
des chameaux, tantôt poussées par le vent qui gon-
fle leurs voiles blanches, sillonnent et égaient le
paysage, jadis morne et désolé, et le cultivateur et
le navigateur se regardent comme étonnés de se ren-
contrer, la rame ou la pioche à la main, dans ces pa-
rages qu'ils avaient cru voués à jamais à la solitude
et à la stérilité. »
Nos lecteurs savent déjà que, depuis le milieu de
janvier, le canal d'eau douce, qui s'arrêtait à Ne-
fiche, d'où il devait se diriger vers Suez, a été poussé
jusqu'à la ville de Timsah, dont il baigne aujourd'hui
tout le front, séparé du lac de ce nom par une mince
bande de terre. Dès ce moment, Timsah a été, par
une route d'eau, en communication directe et con-
tinue avec le Caire, Alexandrie et toute la vallée du
Nil. Un fait pourra donner une idée exacte de l'hn-
portance et de la facilité de cette navigation. Der.
nièrement un navire apportait à Alexandrie une car-
gaison d'énormes tuyaux en fonte, commandés en
Angleterre pour former la conduite qui doit de Tim-
sah distribuer l'eau douce aux divers campements
du nord jusqu'à Port-Saïd. Cette cargaison, dé-
barquée à Alexandrie, a été reçue par les grosses
barques du Nil. Elles ont traversé le Mahmoudié, le
Nil, et sont parvenues sans rompre charge à Timsah,
où elles ont pu se décharger avec tant de rapidité
que, le soir même de leur arrivée, elles remettaient
à la voile pour retourner à Alexandrie.
En même temps, le canal fournit à la ville elle-
même l'eau douce avec une si grande abondance,
que Timsah est dès à présent, au milieu de ce dé-
sert, l'une des villes le mieux arrosées du monde. Un
ruisseau d'eau vive court le long du seuil des habi-
tations, et dans les maisons mêmes les bassins en sont
remplis. On se prépare par des coupures à arroser
tous les terrains bas qui se trouvent autour du pla-
teau de Timsah, et ce plateau lui-même sera rendu
à la fertilité au moyen d'une locomobile de peu de
force qui montera l'eau à cette hauteur avec une dé-
pense des plus modérées.
Cependant le lac Timsah, alimenté par deux af-
fluents, l'un venant de la Méditerranée par la tran-
chée du seuil d'El-Guisr, au chantier n° 6, l'autre
venu du canal d'eau douce par un déversoir formé
à Néfiche, se remplit à vue d'œil. Il déploie déjà une
vaste nappe d'eau au bout de laquelle on aperçoit la
tranchée du canal maritime se dirigeant vers Tous-
soum, et dans le lointain, à gauche, les dunes qui
couronnent le lac, et à droite, le Dgebel-Mariam tout
rempli des souvenirs bibliques. On trouvera plus loin,
dans une de nos correspondances de Timsah, des dé-
tails attestant que le lac est dès à présent praticable
à la navigation.
Deux découvertes importantes ont été faites dans
cette région. Une carrière contenant environ 300,000
mètres cubes de pierres a été trouvée sur une des
hauteurs baignées par le lac, et qui a le nom un peu
farouche de Plateau des hyènes. Cette carrière est
en pleine exploitation. Plus près encore de la ville,
au chantier n° 6, bordant le canal maritime, on en
a reconnu une autre d'une contenance d'environ
80,000 mètres cubes. La ville de Timsah est donc
certaine d'avoir économiquement à sa disposition et à
sa portée tous les matériaux nécessaires pour ses
constructions.
Nous avons plus d'une fois parlé de la conduite
d'eau jusqu'à Port-Saïd, dont la construction a été
confiée à M. Lasseron. Cet entrepreneur poursuit
son travail avec la plus louable activité. A l'heure
qu'il est, la conduite doit être arrivée au village
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pour aboutir à Kantara, à Ras-el-Ech, à Port-Saïd.
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