Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-11-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 novembre 1858 10 novembre 1858
Description : 1858/11/10 (A3,N58). 1858/11/10 (A3,N58).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203104m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
MERCREDI 10 NOVEMBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 573
Déliant, sous ses doigts, sans un jour d'inertie,
Tous les nœuds gordiens de la diplomatie ;
Déroulant ses calculs, ses chiffres palpitants,
Devant des archiducs, des lords et des sultans ;
Changeant, en un clin d'oeil, de climats, de rivages;
Trouvant sur son chemin des peuplades sauvages,
De barbares séjours; puis, près des plus grands rois,
Des temps civilisés revendiquant les droits,
Tantôt sur un navire et tantôt sur la terre,
En wagon, à cheval ou sur un dromadaire,
Bravant la faim, la soif dans des sables sans puits ,
Les torrides soleils et la glace des nuits,
Traversant l'infini des mers vertes et bleues,
Il a fait, en quatre ans , quarante mille lieues.
L'Egypte, où nos soldats ont, depuis soixante ans,
Semé, sous leurs drapeaux, le grain des nouveaux temps,
L'Egypte, la première, entendit sa parole.
Là, Mohammed-Saïd, glorieux d'un tel rôle,
Mohammed, petit-fils de Méhémet-Ali,
Du vieillard dont le règne encor n'a point pâli,
Mohammed, qui n'est pas d'un sang qui dégénère,
Afin de rendre au Nil son lustre originaire,
A l'homme fatidique a remis son firman,
Sans regarder s'il est chrétien ou musulman;
Et du noble Français, que vit naître Bayonne,
Le nom dominateur dans l'Orient rayonne.
1
Partout où résonna sa généreuse voix,
Les hommes entraînés l'ont mis sur le pavois.
Oh! que d'accueils ardents, que de vœux, que de gages!
Combien d'ovations, dans combien de langages!
Aux bords américains le peuple l'applaudit;
New-York verse à ses pieds les sources du crédit;
La Nouvelle-Orléans, comme Boston, l'honore;
Un élan chaleureux fait bondir Baltimore.
Plus près, c'est Liverpool, Birmingham, Manchester,
Qui proclament son nom par cent bouches de fer;
De Londres à Dublin, l'Angleterre et l'Irlande
De meetings triomphants lui font une guirlande.
Partout l'or est promis, partout s'offrent des bras;
Ce sont des vœux sans fin, d'indicibles hourras;
Partout de ce grand feu courent les étincelles;
Les arsenaux d'Anvers, les comptoirs de Bruxelles
Ont les mêmes transports, et l'Autriche y répond,
Non moins que l'Italie et l'antique Hellespont;
A chacun de ses pas un succès se jalonne,
Et son dernier voyage a conquis Barcelone.
Dans notre France, enfin, de l'un à l'autre bout,
Pour marcher avec lui tout un peuple est debout;
Que de cœurs fraternels, de chaudes sympathies,
Que d'imposantes voix des plus hauts rangs parties!
Tandis qu'avec ivresse on l'exalte à Calais,
On bat des mains pour lui sous le ciel bordelais;
Tout s'enflamme au tison de son patriotisme.
Où va-t-il maintenant, ce destructeur de l'isthme?
Où sera-t-il demain? car les moments sont mûrs,
Et bien d'autres cités l'appellent dans leurs murs;
Hâtons-nous, prenons rang sous sa haute bannière;
Marseille ne doit pas s'y montrer la dernière.
Soyons l'écho puissant du mouvement public;
Armons-nous, sans retard, de la pioche et du pic,
Nous qui recueillerons, dans cette œuvre commune,
Une plus grande part de gloire et de fortune;
Nous qui, pour les vaisseaux affluant du dehors,
Allons être contraints de quadrupler nos ports;
Nous, qui, prophétisant l'éblouissante aurore
Où du monde indien va s'ouvrir le bosphore,
D'une cité nouvelle élevons le chantier,
Comme une hôtellerie offerte au monde entier;
Nous enfin, dont la ville, en six ans d'intervalle,
Sur la frange des mers n'aura plus de rivale.
Mais d'abord, pour montrer à ce grand visiteur
Que Marseille l'honore et marche à sa hauteur,
Dans un toast solennel entrechoquons nos verres.
Nous lui rendrons, un jour, des honneurs plus sévères,
Des honneurs mérités, tels qu'un peuple les rend
A l'homme qui le fait plus prospère et plus grand.
Oh! si vous permettiez à la voix du poëte,
Accouru de Paris pour cette rare fête,
Si vous lui permettiez d'indiquer un tribut
Pour celui qui nous lance à cet insigne but,
Je vous dirais : Parmi l'universel hommage,
Qu'il en ait un, chez nous, qui soit à notre image;
Qu'un vaisseau marseillais soit, d'avance, construit.
Et, quand viendra le jour que le monde poursuit,
Le jour où tombera la séculaire écluse
Qui sépare deux mers, de Suez à Péluse;
Quand le vieux Gibraltar qui s'ouvre à l'Occident
Du côté du soleil trouvera son pendant,
Il faut que ce vaisseau, pour consacrer cette heure,
Soit lancé sur les mers que sa poulaine effleure,
Avec ses mâts ornés d'olives et de ceps,
Et notre croix d'azur, et le nom de LESSEPS;
Qu'il entre, le premier, dans la route inconnue,
Et que l'ardente Égypte acclame sa venue,
En faisant retentir, mille fois, le canon,
Jusqu'au désert où dort la tête de Memnon.
BARTHÉLÉMY.
Marseille, le 27 octobre 1858.
LA MER ROUGE EN 1857,
D'APRÈS M. LE BARON RICHARD DE NEIMANS.
(Suite.)
Nous nous bornerons à peu près à traduire la fin
de l'excellent mémoire de M. le baron de Neimans, en
lui laissant tout entière la responsabilité des opinions
qu'il soutient. Mais ces opinions méritent la plus sé-
rieuse attention en ce qu'elles sont celles d'un homme
très-éclairé, qui a vu personnellement toutes les choses
dont il parle :
LES MOYENS DE COMMUNICATION DANS LA MER ROUGE.
« La manière dont les ports de la mer Rouge font le com-
merce entre eux est restée la même depuis des siècles, sans
modifications ni perfectionnements. De petites barques, mu-
nies de l'ancienne voile romaine, longent les côtes pour des-
servir de nombreux ports, et le seul lieu où les grands
navires de l'Inde restent au mouillage pendant quelque temps
est Djeddah.
» Une partie de ces bâtiments indiens touche aux ports de
Hodéida et de Lohéia, et un petit nombre d'entre eux s'ar-
rêtent quelques jours à Massoua. Djeddah est donc le centre
de tout le commerce. La grande majorité des barques na-
viguant dans la mer Rouge touchent au moins une fois par
an à ce port.
Déliant, sous ses doigts, sans un jour d'inertie,
Tous les nœuds gordiens de la diplomatie ;
Déroulant ses calculs, ses chiffres palpitants,
Devant des archiducs, des lords et des sultans ;
Changeant, en un clin d'oeil, de climats, de rivages;
Trouvant sur son chemin des peuplades sauvages,
De barbares séjours; puis, près des plus grands rois,
Des temps civilisés revendiquant les droits,
Tantôt sur un navire et tantôt sur la terre,
En wagon, à cheval ou sur un dromadaire,
Bravant la faim, la soif dans des sables sans puits ,
Les torrides soleils et la glace des nuits,
Traversant l'infini des mers vertes et bleues,
Il a fait, en quatre ans , quarante mille lieues.
L'Egypte, où nos soldats ont, depuis soixante ans,
Semé, sous leurs drapeaux, le grain des nouveaux temps,
L'Egypte, la première, entendit sa parole.
Là, Mohammed-Saïd, glorieux d'un tel rôle,
Mohammed, petit-fils de Méhémet-Ali,
Du vieillard dont le règne encor n'a point pâli,
Mohammed, qui n'est pas d'un sang qui dégénère,
Afin de rendre au Nil son lustre originaire,
A l'homme fatidique a remis son firman,
Sans regarder s'il est chrétien ou musulman;
Et du noble Français, que vit naître Bayonne,
Le nom dominateur dans l'Orient rayonne.
1
Partout où résonna sa généreuse voix,
Les hommes entraînés l'ont mis sur le pavois.
Oh! que d'accueils ardents, que de vœux, que de gages!
Combien d'ovations, dans combien de langages!
Aux bords américains le peuple l'applaudit;
New-York verse à ses pieds les sources du crédit;
La Nouvelle-Orléans, comme Boston, l'honore;
Un élan chaleureux fait bondir Baltimore.
Plus près, c'est Liverpool, Birmingham, Manchester,
Qui proclament son nom par cent bouches de fer;
De Londres à Dublin, l'Angleterre et l'Irlande
De meetings triomphants lui font une guirlande.
Partout l'or est promis, partout s'offrent des bras;
Ce sont des vœux sans fin, d'indicibles hourras;
Partout de ce grand feu courent les étincelles;
Les arsenaux d'Anvers, les comptoirs de Bruxelles
Ont les mêmes transports, et l'Autriche y répond,
Non moins que l'Italie et l'antique Hellespont;
A chacun de ses pas un succès se jalonne,
Et son dernier voyage a conquis Barcelone.
Dans notre France, enfin, de l'un à l'autre bout,
Pour marcher avec lui tout un peuple est debout;
Que de cœurs fraternels, de chaudes sympathies,
Que d'imposantes voix des plus hauts rangs parties!
Tandis qu'avec ivresse on l'exalte à Calais,
On bat des mains pour lui sous le ciel bordelais;
Tout s'enflamme au tison de son patriotisme.
Où va-t-il maintenant, ce destructeur de l'isthme?
Où sera-t-il demain? car les moments sont mûrs,
Et bien d'autres cités l'appellent dans leurs murs;
Hâtons-nous, prenons rang sous sa haute bannière;
Marseille ne doit pas s'y montrer la dernière.
Soyons l'écho puissant du mouvement public;
Armons-nous, sans retard, de la pioche et du pic,
Nous qui recueillerons, dans cette œuvre commune,
Une plus grande part de gloire et de fortune;
Nous qui, pour les vaisseaux affluant du dehors,
Allons être contraints de quadrupler nos ports;
Nous, qui, prophétisant l'éblouissante aurore
Où du monde indien va s'ouvrir le bosphore,
D'une cité nouvelle élevons le chantier,
Comme une hôtellerie offerte au monde entier;
Nous enfin, dont la ville, en six ans d'intervalle,
Sur la frange des mers n'aura plus de rivale.
Mais d'abord, pour montrer à ce grand visiteur
Que Marseille l'honore et marche à sa hauteur,
Dans un toast solennel entrechoquons nos verres.
Nous lui rendrons, un jour, des honneurs plus sévères,
Des honneurs mérités, tels qu'un peuple les rend
A l'homme qui le fait plus prospère et plus grand.
Oh! si vous permettiez à la voix du poëte,
Accouru de Paris pour cette rare fête,
Si vous lui permettiez d'indiquer un tribut
Pour celui qui nous lance à cet insigne but,
Je vous dirais : Parmi l'universel hommage,
Qu'il en ait un, chez nous, qui soit à notre image;
Qu'un vaisseau marseillais soit, d'avance, construit.
Et, quand viendra le jour que le monde poursuit,
Le jour où tombera la séculaire écluse
Qui sépare deux mers, de Suez à Péluse;
Quand le vieux Gibraltar qui s'ouvre à l'Occident
Du côté du soleil trouvera son pendant,
Il faut que ce vaisseau, pour consacrer cette heure,
Soit lancé sur les mers que sa poulaine effleure,
Avec ses mâts ornés d'olives et de ceps,
Et notre croix d'azur, et le nom de LESSEPS;
Qu'il entre, le premier, dans la route inconnue,
Et que l'ardente Égypte acclame sa venue,
En faisant retentir, mille fois, le canon,
Jusqu'au désert où dort la tête de Memnon.
BARTHÉLÉMY.
Marseille, le 27 octobre 1858.
LA MER ROUGE EN 1857,
D'APRÈS M. LE BARON RICHARD DE NEIMANS.
(Suite.)
Nous nous bornerons à peu près à traduire la fin
de l'excellent mémoire de M. le baron de Neimans, en
lui laissant tout entière la responsabilité des opinions
qu'il soutient. Mais ces opinions méritent la plus sé-
rieuse attention en ce qu'elles sont celles d'un homme
très-éclairé, qui a vu personnellement toutes les choses
dont il parle :
LES MOYENS DE COMMUNICATION DANS LA MER ROUGE.
« La manière dont les ports de la mer Rouge font le com-
merce entre eux est restée la même depuis des siècles, sans
modifications ni perfectionnements. De petites barques, mu-
nies de l'ancienne voile romaine, longent les côtes pour des-
servir de nombreux ports, et le seul lieu où les grands
navires de l'Inde restent au mouillage pendant quelque temps
est Djeddah.
» Une partie de ces bâtiments indiens touche aux ports de
Hodéida et de Lohéia, et un petit nombre d'entre eux s'ar-
rêtent quelques jours à Massoua. Djeddah est donc le centre
de tout le commerce. La grande majorité des barques na-
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