Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-11-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 novembre 1858 10 novembre 1858
Description : 1858/11/10 (A3,N58). 1858/11/10 (A3,N58).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203104m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
5L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 10 NOVEMBRE.
dise, grâce à M. de Lesseps, arrivera d'un seul trait du fond
de l'Orient sur les rives européennes de la Méditerranée;
l'héritage de Venise reste seul vacant; la succession est ouverte !
» M. de Lesseps a convié tous les peuples à y prendre part,
mais n'en doutez pas, Messieurs, moi, son ami depuis trente
ans, je connais assez son ardent patriotisme pour savoir qu'il
a eu surtout en vue l'avenir commercial de notre chère patrie
et la large part qui revient de cet héritage aux ports de Mar-
seille.
» Vous l'avez bien compris, vous tous, Messieurs, qui êtes
venus assister à ce banquet, et vous, Mesdames, dont la pré-
sence ajoute tant de charme à cette fête et lui donne un si
vif éclat, vous qui savez si bien joindre à l'élégance et à la
grâce l'instinct de tout ce qui est noble et grand.
» Qu'un long cri de reconnaissance parte donc de tous les
points de la salle ; que les cordes les plus sympathiques de
vos âmes répondent à mon appel, et qu'un tonnerre d'applau-
dissements accueille ce toast que je porte du plus profond de
mon cœur :
» A M. de Lesseps!
» Au promoteur du percement de l'isthme de Suez ! Il
Nous pouvons reproduire, d'après le Constitutionnel, le
texte de la réponse du prochain exécuteur du percement de
l'isthme :
« Une émotion bien naturelle ne me permettra pas de vous
» faire un discours. L'honorable et digne président de la
» Chambre de commerce de Marseille vient, dans un langage
» éloquent, de faire ressortir le caractère universel de l'en-
» treprise qui va bientôt abaisser les barrières de l'Orient et
» qui excite parmi vous tant de sympathies. Marseille, si
» intelligente, n'est pas seulement, comme l'a dit un illustre
» poëte, la magnifique façade de la France. Elle repré-
» sente son principe essentiellement moral, modéré, civi-
» lisateur. Dans les villes que je viens de parcourir et au mi-
» lieu de cette assemblée enthousiaste, les manifestations si
» éclatantes dont j'ai été témoin sont un triomphe de l'opinion
a publique. Aussi, Messieurs , je puis vous assurer aujour-
» d'hui que, dans trois mois, les travaux du canal maritime
» commenceront, et dans trois ans un bâtiment marseillais,
» pavoisé des bannières de toutes les nations, traversera
» l'isthme de Suez. )
Ces paroles ont été saluées dans tout l'auditoire par une
longue et triple salve d'applaudissements.
M. le maire a pris ensuite la parole en ces termes :
, >« Monsieur,
» Au nom de la ville de Marseille, je vous remercie des
paroles que vous venez de faire entendre aux applaudisse-
ments prolongés de cette brillante réunion.
» Ces applaudissements vous prouvent assez, Monsieur,
l'énergie des sentiments que vous a voués la population mar-
seillaise. Je me rends avec bonheur, en ce moment, son
organe pour vous dire toute sa gratitude, toute son admira-
tion. C'est à vous, c'est à votre zèle infatigable, c'est à votre
haute intelligence, personne à Marseille ne l'ignore, que nous
devrons l'accomplissement de cette gigantesque entreprise
'qui va si heureusement transformer le commerce du monde.
» Marseille, vous l'avez dit, Monsieur, est appelée à un
grand rôle, et, par le bonheur de sa position, sa fortune
est celle de la France. Les intérêts du pays s'identifient en
- nous , il recueillera avec nous les fruits de cette magnifique
création , à laquelle désormais votre nom est attaché.
» Mais cet avenir fait à notre cité d'impérieux besoins.
Nous avons, nous aussi, à ieter les fondements de grandes
choses, qui, en développant notre prospérité, contribueront
puissamment à celle de la France.
» Dans l'accomplissement de cette tâche, nous aurons sans
cesse devant les yeux votre noble exemple, le souvenir de
votre persévérance, de votre dévouement, et c'est ainsi que
Marseille se rendra digne, nous en avons le ferme espoir,
des hautes destinées qui lui étaient déjà réservées et de celles
plus grandes encore que lui prépare l'ouverture de l'isthme
de Suez. »
Notre poëte, M. Barthélémy, a lu des vers qu'il a com-
posés à l'occasion de cette solennité, et que nous serons heu-
reux de publier.
Cette fête a été, en tous points, digne de la ville de Mar-
seille, digne de M. de Lesseps et de la gigantesque entreprise
à laquelle son nom restera glorieusement attaché.
BLANCHARD.
Le Courrier de Marseille nous apporte aussi une relation de
cette grande manifestation de l'opinion du premier port de la
France méridionale, et son intérêt nous fait aussi un devoir
de la reproduire.
u Hier a eu lieu le banquet que le commerce de Marseille a
offert à M. Ferdinand de Lesseps.
» La salle du Grand-Théâtre, où se donnait cette fête, était
littéralement trop petite pour contenir les flots de convives et
de spectateurs qui s'y pressaient de toutes parts.
» Une table de 400 couverts avait été dressée sur la scène,
qu'on avait agrandie tout exprès et décorée avec beaucoup
d'élégance et de goût. Derrière la table d'honneur, deux
grands tableaux, dus à l'habile pinceau de M. Crapelet, repré-
sentaient les ports de Marseille et l'isthme de, Suez.
» Les dames, qui occupaient presque exclusivement les lo-
ges et les banquettes de l'amphithéâtre, donnaient à la salle
l'aspect d'une corbeille de fleurs.
» Éclairage à giorno, décors de circonstance, tentures et
fleurs à profusion, musique, parfums, toilettes, rien ne man-
quait à cette fête vraiment féerique. -.
» Au dehors, les rues avaient été illuminées sur le passage de
AI' de Lesseps, qu'une commission d'honneur était allée pren-
dre à son hôtel, et qui a été escorté par la population , au mi-
lieu de l'enthousiasme général.
« Déjà, dans la journée, ces manifestations publiques s'é-
taient produites sur divers points, et la Chambre de commerce,
ainsi que le conseil municipal, M. le maire en tête, étaient al-
lés en corps faire visite à M. de Lesseps.
» Jamais Marseille ne s'est montrée plus hospitalière et plus
chaleureuse, et, certes, elle avait bien raison, car l'occasion
était unique. Il s'agissait de rendre hommage à une des plus
grandes conceptions des temps modernes, dans la personne
d'un des hommes les plus justement considérés.
« S'il est permis de battre des mains, c'est bien pour ap-
plaudir un compatriote qui vient d'être l'objet des plus flat-
teuses ovations à l'étranger, et qui retourne dans son pays
pour recevoir la consécration nationale de ces manifestations
méritées.
» Marseille, par un de ces privilèges qu'elle doit à son heu-
reuse situation, a eu la bonne fortune de fêter la première en
France M. Ferdinand de Lesseps, et l'on conviendra que, dans
ces conditions, elle ne pouvait improviser avec plus d'à-propos
les vivats, les illuminations, les sérénades et les toasts, en un
mot, tout le luxe des démonstrations cordiales qu'elle a fait
éclater hier au soir.
» Ajoutons à cela que Marseille, dans cette solennelle cir-
constance , exaltait une cause qui est avant tout la sienne, car
dise, grâce à M. de Lesseps, arrivera d'un seul trait du fond
de l'Orient sur les rives européennes de la Méditerranée;
l'héritage de Venise reste seul vacant; la succession est ouverte !
» M. de Lesseps a convié tous les peuples à y prendre part,
mais n'en doutez pas, Messieurs, moi, son ami depuis trente
ans, je connais assez son ardent patriotisme pour savoir qu'il
a eu surtout en vue l'avenir commercial de notre chère patrie
et la large part qui revient de cet héritage aux ports de Mar-
seille.
» Vous l'avez bien compris, vous tous, Messieurs, qui êtes
venus assister à ce banquet, et vous, Mesdames, dont la pré-
sence ajoute tant de charme à cette fête et lui donne un si
vif éclat, vous qui savez si bien joindre à l'élégance et à la
grâce l'instinct de tout ce qui est noble et grand.
» Qu'un long cri de reconnaissance parte donc de tous les
points de la salle ; que les cordes les plus sympathiques de
vos âmes répondent à mon appel, et qu'un tonnerre d'applau-
dissements accueille ce toast que je porte du plus profond de
mon cœur :
» A M. de Lesseps!
» Au promoteur du percement de l'isthme de Suez ! Il
Nous pouvons reproduire, d'après le Constitutionnel, le
texte de la réponse du prochain exécuteur du percement de
l'isthme :
« Une émotion bien naturelle ne me permettra pas de vous
» faire un discours. L'honorable et digne président de la
» Chambre de commerce de Marseille vient, dans un langage
» éloquent, de faire ressortir le caractère universel de l'en-
» treprise qui va bientôt abaisser les barrières de l'Orient et
» qui excite parmi vous tant de sympathies. Marseille, si
» intelligente, n'est pas seulement, comme l'a dit un illustre
» poëte, la magnifique façade de la France. Elle repré-
» sente son principe essentiellement moral, modéré, civi-
» lisateur. Dans les villes que je viens de parcourir et au mi-
» lieu de cette assemblée enthousiaste, les manifestations si
» éclatantes dont j'ai été témoin sont un triomphe de l'opinion
a publique. Aussi, Messieurs , je puis vous assurer aujour-
» d'hui que, dans trois mois, les travaux du canal maritime
» commenceront, et dans trois ans un bâtiment marseillais,
» pavoisé des bannières de toutes les nations, traversera
» l'isthme de Suez. )
Ces paroles ont été saluées dans tout l'auditoire par une
longue et triple salve d'applaudissements.
M. le maire a pris ensuite la parole en ces termes :
, >« Monsieur,
» Au nom de la ville de Marseille, je vous remercie des
paroles que vous venez de faire entendre aux applaudisse-
ments prolongés de cette brillante réunion.
» Ces applaudissements vous prouvent assez, Monsieur,
l'énergie des sentiments que vous a voués la population mar-
seillaise. Je me rends avec bonheur, en ce moment, son
organe pour vous dire toute sa gratitude, toute son admira-
tion. C'est à vous, c'est à votre zèle infatigable, c'est à votre
haute intelligence, personne à Marseille ne l'ignore, que nous
devrons l'accomplissement de cette gigantesque entreprise
'qui va si heureusement transformer le commerce du monde.
» Marseille, vous l'avez dit, Monsieur, est appelée à un
grand rôle, et, par le bonheur de sa position, sa fortune
est celle de la France. Les intérêts du pays s'identifient en
- nous , il recueillera avec nous les fruits de cette magnifique
création , à laquelle désormais votre nom est attaché.
» Mais cet avenir fait à notre cité d'impérieux besoins.
Nous avons, nous aussi, à ieter les fondements de grandes
choses, qui, en développant notre prospérité, contribueront
puissamment à celle de la France.
» Dans l'accomplissement de cette tâche, nous aurons sans
cesse devant les yeux votre noble exemple, le souvenir de
votre persévérance, de votre dévouement, et c'est ainsi que
Marseille se rendra digne, nous en avons le ferme espoir,
des hautes destinées qui lui étaient déjà réservées et de celles
plus grandes encore que lui prépare l'ouverture de l'isthme
de Suez. »
Notre poëte, M. Barthélémy, a lu des vers qu'il a com-
posés à l'occasion de cette solennité, et que nous serons heu-
reux de publier.
Cette fête a été, en tous points, digne de la ville de Mar-
seille, digne de M. de Lesseps et de la gigantesque entreprise
à laquelle son nom restera glorieusement attaché.
BLANCHARD.
Le Courrier de Marseille nous apporte aussi une relation de
cette grande manifestation de l'opinion du premier port de la
France méridionale, et son intérêt nous fait aussi un devoir
de la reproduire.
u Hier a eu lieu le banquet que le commerce de Marseille a
offert à M. Ferdinand de Lesseps.
» La salle du Grand-Théâtre, où se donnait cette fête, était
littéralement trop petite pour contenir les flots de convives et
de spectateurs qui s'y pressaient de toutes parts.
» Une table de 400 couverts avait été dressée sur la scène,
qu'on avait agrandie tout exprès et décorée avec beaucoup
d'élégance et de goût. Derrière la table d'honneur, deux
grands tableaux, dus à l'habile pinceau de M. Crapelet, repré-
sentaient les ports de Marseille et l'isthme de, Suez.
» Les dames, qui occupaient presque exclusivement les lo-
ges et les banquettes de l'amphithéâtre, donnaient à la salle
l'aspect d'une corbeille de fleurs.
» Éclairage à giorno, décors de circonstance, tentures et
fleurs à profusion, musique, parfums, toilettes, rien ne man-
quait à cette fête vraiment féerique. -.
» Au dehors, les rues avaient été illuminées sur le passage de
AI' de Lesseps, qu'une commission d'honneur était allée pren-
dre à son hôtel, et qui a été escorté par la population , au mi-
lieu de l'enthousiasme général.
« Déjà, dans la journée, ces manifestations publiques s'é-
taient produites sur divers points, et la Chambre de commerce,
ainsi que le conseil municipal, M. le maire en tête, étaient al-
lés en corps faire visite à M. de Lesseps.
» Jamais Marseille ne s'est montrée plus hospitalière et plus
chaleureuse, et, certes, elle avait bien raison, car l'occasion
était unique. Il s'agissait de rendre hommage à une des plus
grandes conceptions des temps modernes, dans la personne
d'un des hommes les plus justement considérés.
« S'il est permis de battre des mains, c'est bien pour ap-
plaudir un compatriote qui vient d'être l'objet des plus flat-
teuses ovations à l'étranger, et qui retourne dans son pays
pour recevoir la consécration nationale de ces manifestations
méritées.
» Marseille, par un de ces privilèges qu'elle doit à son heu-
reuse situation, a eu la bonne fortune de fêter la première en
France M. Ferdinand de Lesseps, et l'on conviendra que, dans
ces conditions, elle ne pouvait improviser avec plus d'à-propos
les vivats, les illuminations, les sérénades et les toasts, en un
mot, tout le luxe des démonstrations cordiales qu'elle a fait
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