Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 octobre 1858 25 octobre 1858
Description : 1858/10/25 (A3,N57). 1858/10/25 (A3,N57).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62031036
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
LUNDI 25 OCTOBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX.MERS. 529
n° 9) tous les jours non fériés, de 9 heures du matin à
5 heures du soir.
Turin, le 29 septembre 1858.
, Le vice-président, DI POLLONE ;
FERRERO, secrétaire.
M. NÉGRELLI A M. STÉPHENSON.
On lit dans la Gazette autrichienne du 26 septembre :
« Vienne, 20 septembre 1858.
» Le numéro 136 de notre journal contient une lettre de
M. Négrelli à M. Stephenson, dans laquelle il fait justice
de ce que ce dernier a dit dans le Parlement anglais contre
l'exécution du canal de Suez. M. Stéphenson a ensuite
adressé au Times une réponse à la lettre de M. Négrelli; la
traduction de cette réponse , qui a été imprimée aussi sous
forme de brochure, nous est parvenue de la part de M. Sté-
phenson , avec la demande de l'insérer en entier dans nos
colonnes. M. Stéphenson, en nous faisant une telle demande,
a oublié que les journaux continentaux sont loin d'égaler en
étendue les journaux de son pays. Un article qui remplit
une colonne et demie en petits caractères dans le Times, et
qui compose une brochure de vingt pages, aurait pris la
presque totalité de notre journal. Nous n'étions pas non plus
autorisés à en faire un extrait, et si nous le faisons mainte-
nant, c'est uniquement pour rendre compréhensible la ré-
ponse de M. Négrelli. )
La Gazette autrichienne donne en effet une analyse
très-complète de la lettre de M. Stéphenson, suivie de
la réponse de M. Négrelli, qui n'a été retardée que par
là maladie à laquelle il a malheureusement succombé.
Voici le texte de cette réponse :
Vienne, 20 septembre 1858.
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
Le Times du 3 août publie la réponse de M. R. Stéphen-
son à ma lettre du 18 juin concernant le discours prononcé
par cet honorable membre de la Chambre des Communes sur
l'affaire du percement de l'isthme de Suez dans la séance
du 1er juin au Parlement anglais.
L'honorable gentleman, en voyant dans ma lettre des faits
qui rectifient ses assertions, semble être arraché à ce repos
olympien, d'où ni les réfutations de M. Paléocapa, ni celles
de la Commission internationale, ni celles du président
M. Conrad, ni celles de l'Académie des sciences, de l'Institut
impérial de France ne parvenaient à le faire sortir. Tous
ces hommes ont signé leurs noms; ils n'étaient pas des ano-
nymes, et leurs noms sont au moins autant estimés dans le
monde scientifique que celui de M. Stéphenson. Néanmoins
M. Stéphenson s'est tu jusqu'au moment où il m'a honoré
d'une réponse, ce qui prouve que les vérités exposées dans
ma lettre avec le plus de ménagements possible avaient frappé
juste. Ces vérités ne sont affaiblies ni par la longueur de la
réponse de l'honorable gentleman, ni par le ton injurieux
qu'il a pris, et encore moins par le poids de ses arguments.
M. Stéphenson se condamne lui-même dans sa lettre. Il y
a démontré lui-même tout le néant de son opposition contre
l'exécution du canal, et ceux qui ne sont pas aveuglés par
des préjugés peuvent en juger.
Ni l'appel à Alexandre le Grand ou à des hommes hono-
rables de notre temps qui connaissent aussi peu que lui la
situation et la configuration de l'isthme, ni l'érudition équi-
voque qu'il étale dans sa lettre, ne sauraient donner quelque
appui digne de remarque aux conclusions défavorables et
tirées par les cheveux de M. Stéphenson, en .face des re-
cherches exactes et scrupuleuses de la Commission inter-
nationale et le jugement qu'elles ont produit, à savoir, que
« le canal est possible et que son exécution ne rencontre pas
d'obstacles extraordinaires. » En ce sens il serait superflu de
continuer la polémique provoquée non par moi, mais par ses
affirmations hasardeuses prononcées au sein du Parlement
britannique.
Mais plusieurs erreurs, dont la rectification ne doit pas
être négligée, se sont encore glissées dans la longue lettre
de M. Stéphenson, et je vous prie, monsieur le rédacteur,
dans l'intérêt de la grande entreprise, de prêter encore une
fois les colonnes de votre journal à cette seconde rectification.
La convention de la Société d'études du canal de Suez, dans
laquelle étaient fixés les devoirs de toutes les parties contrac-
tantes, n'a été conclue à Paris que le 30 novembre 1846.
Ainsi donc M. Bourdaloue ne pouvait pas, au mois de sep-
tembre de la même année, c'est-à-dire trois mois avant la
conclusion du traité, partir pour l'Egypte afin d'en commen-
cer l'exécution. A partir de là il n'y avait plus de motif pour
M. Stéphenson, qui tenait à la différence de niveau, d'explo-
rer l'isthme de Suez; mais dans le compte rendu de la Société
d'études, il ne se trouve pas du tout, que je sache, la somme
de 4,500 livres sterling dont M. Stéphenson prétend avoir
payé le tiers.
Que M. Stéphenson, surchargé d'affaires et pour fortifier sa
santé, soit venu en Égypte en automne 1850, avec son yacht
ou n'importe par quel autre moyen, et qu'il se soit laissé con-
duire par un capitaine dans le désert jusqu'à une certaine
distance, cela ne peut en aucune manière démentir ce que
je maintiens, à savoir, qu'il n'a pas visité l'isthme de Suez
jusqu'à Péluse, Au contraire, la description de son excursion
dans le désert ne fait que confirmer tout ce que j'avance.
M. Stéphenson a fait une seconde fois ce même voyage en
1854, parce que, comme il dit dans sa lettre, son yacht
ayant été brûlé à Cowes, toutes ses curiosités recueillies sur
le plateau du nord ont été dévorées par le feu. C'est dans ce
voyage, et probablement de cet élastique « plateau du nord, »
que M. Stéphenson a pu voir et examiner tout l'isthme jus-
qu'à la Méditerranée, et qu'il s'est confirmé dans son opi-
nion sur l'impossibilité du canal. On disait alors que M. Sté-
phenson avait entrepris ce voyage non à cause de sa santé,
mais en vue de l'établissement d'un chemin de fer, et qu'il
en avait été suffisamment récompensé par le Vice-roi. L'époque
du voyage coïncide avec le projet et l'exécution du chemin
de fer, et explique pourquoi justement alors M. Stéphenson
s'est convaincu de l'impossibilité du canal. Mais, suivant ses
propres paroles, il n'a vu qu'une partie de l'isthme, et rien
du golfe de Péluse. Néanmoins il déclare impossible l'établis-
sement d'un port à cet endroit. De son côté, la Commission
internationale, qui a exploré pas à pas l'isthme entier et
examiné minutieusement le golfe de Péluse, s'est convaincue
qu'il n'y a presque rien à craindre des vents, et que les eaux
du Nil n'y amènent pas non plus du sable, du limon ou d'autres
matières. M. Stéphenson parle, suivant ses conjectures, de
choses qu'il n'a pas vues. Le rapport signé par MM. Conrad,
Lieussou et Manby lui prouve le contraire; seulement il fau-
drait qu'il se donnât la peine de le lire.
Je suis loin de vouloir défendre à quelqu'un d'avoir son
opinion particulière; mais ce que l'on dit dans le Parlement
est pour le public, et si M. Stéphenson se met à cheval sur
la science, il faut aussi qu'il puisse se. tenir en selle et qu'il
ne craigne pas les adversaires.
n° 9) tous les jours non fériés, de 9 heures du matin à
5 heures du soir.
Turin, le 29 septembre 1858.
, Le vice-président, DI POLLONE ;
FERRERO, secrétaire.
M. NÉGRELLI A M. STÉPHENSON.
On lit dans la Gazette autrichienne du 26 septembre :
« Vienne, 20 septembre 1858.
» Le numéro 136 de notre journal contient une lettre de
M. Négrelli à M. Stephenson, dans laquelle il fait justice
de ce que ce dernier a dit dans le Parlement anglais contre
l'exécution du canal de Suez. M. Stéphenson a ensuite
adressé au Times une réponse à la lettre de M. Négrelli; la
traduction de cette réponse , qui a été imprimée aussi sous
forme de brochure, nous est parvenue de la part de M. Sté-
phenson , avec la demande de l'insérer en entier dans nos
colonnes. M. Stéphenson, en nous faisant une telle demande,
a oublié que les journaux continentaux sont loin d'égaler en
étendue les journaux de son pays. Un article qui remplit
une colonne et demie en petits caractères dans le Times, et
qui compose une brochure de vingt pages, aurait pris la
presque totalité de notre journal. Nous n'étions pas non plus
autorisés à en faire un extrait, et si nous le faisons mainte-
nant, c'est uniquement pour rendre compréhensible la ré-
ponse de M. Négrelli. )
La Gazette autrichienne donne en effet une analyse
très-complète de la lettre de M. Stéphenson, suivie de
la réponse de M. Négrelli, qui n'a été retardée que par
là maladie à laquelle il a malheureusement succombé.
Voici le texte de cette réponse :
Vienne, 20 septembre 1858.
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
Le Times du 3 août publie la réponse de M. R. Stéphen-
son à ma lettre du 18 juin concernant le discours prononcé
par cet honorable membre de la Chambre des Communes sur
l'affaire du percement de l'isthme de Suez dans la séance
du 1er juin au Parlement anglais.
L'honorable gentleman, en voyant dans ma lettre des faits
qui rectifient ses assertions, semble être arraché à ce repos
olympien, d'où ni les réfutations de M. Paléocapa, ni celles
de la Commission internationale, ni celles du président
M. Conrad, ni celles de l'Académie des sciences, de l'Institut
impérial de France ne parvenaient à le faire sortir. Tous
ces hommes ont signé leurs noms; ils n'étaient pas des ano-
nymes, et leurs noms sont au moins autant estimés dans le
monde scientifique que celui de M. Stéphenson. Néanmoins
M. Stéphenson s'est tu jusqu'au moment où il m'a honoré
d'une réponse, ce qui prouve que les vérités exposées dans
ma lettre avec le plus de ménagements possible avaient frappé
juste. Ces vérités ne sont affaiblies ni par la longueur de la
réponse de l'honorable gentleman, ni par le ton injurieux
qu'il a pris, et encore moins par le poids de ses arguments.
M. Stéphenson se condamne lui-même dans sa lettre. Il y
a démontré lui-même tout le néant de son opposition contre
l'exécution du canal, et ceux qui ne sont pas aveuglés par
des préjugés peuvent en juger.
Ni l'appel à Alexandre le Grand ou à des hommes hono-
rables de notre temps qui connaissent aussi peu que lui la
situation et la configuration de l'isthme, ni l'érudition équi-
voque qu'il étale dans sa lettre, ne sauraient donner quelque
appui digne de remarque aux conclusions défavorables et
tirées par les cheveux de M. Stéphenson, en .face des re-
cherches exactes et scrupuleuses de la Commission inter-
nationale et le jugement qu'elles ont produit, à savoir, que
« le canal est possible et que son exécution ne rencontre pas
d'obstacles extraordinaires. » En ce sens il serait superflu de
continuer la polémique provoquée non par moi, mais par ses
affirmations hasardeuses prononcées au sein du Parlement
britannique.
Mais plusieurs erreurs, dont la rectification ne doit pas
être négligée, se sont encore glissées dans la longue lettre
de M. Stéphenson, et je vous prie, monsieur le rédacteur,
dans l'intérêt de la grande entreprise, de prêter encore une
fois les colonnes de votre journal à cette seconde rectification.
La convention de la Société d'études du canal de Suez, dans
laquelle étaient fixés les devoirs de toutes les parties contrac-
tantes, n'a été conclue à Paris que le 30 novembre 1846.
Ainsi donc M. Bourdaloue ne pouvait pas, au mois de sep-
tembre de la même année, c'est-à-dire trois mois avant la
conclusion du traité, partir pour l'Egypte afin d'en commen-
cer l'exécution. A partir de là il n'y avait plus de motif pour
M. Stéphenson, qui tenait à la différence de niveau, d'explo-
rer l'isthme de Suez; mais dans le compte rendu de la Société
d'études, il ne se trouve pas du tout, que je sache, la somme
de 4,500 livres sterling dont M. Stéphenson prétend avoir
payé le tiers.
Que M. Stéphenson, surchargé d'affaires et pour fortifier sa
santé, soit venu en Égypte en automne 1850, avec son yacht
ou n'importe par quel autre moyen, et qu'il se soit laissé con-
duire par un capitaine dans le désert jusqu'à une certaine
distance, cela ne peut en aucune manière démentir ce que
je maintiens, à savoir, qu'il n'a pas visité l'isthme de Suez
jusqu'à Péluse, Au contraire, la description de son excursion
dans le désert ne fait que confirmer tout ce que j'avance.
M. Stéphenson a fait une seconde fois ce même voyage en
1854, parce que, comme il dit dans sa lettre, son yacht
ayant été brûlé à Cowes, toutes ses curiosités recueillies sur
le plateau du nord ont été dévorées par le feu. C'est dans ce
voyage, et probablement de cet élastique « plateau du nord, »
que M. Stéphenson a pu voir et examiner tout l'isthme jus-
qu'à la Méditerranée, et qu'il s'est confirmé dans son opi-
nion sur l'impossibilité du canal. On disait alors que M. Sté-
phenson avait entrepris ce voyage non à cause de sa santé,
mais en vue de l'établissement d'un chemin de fer, et qu'il
en avait été suffisamment récompensé par le Vice-roi. L'époque
du voyage coïncide avec le projet et l'exécution du chemin
de fer, et explique pourquoi justement alors M. Stéphenson
s'est convaincu de l'impossibilité du canal. Mais, suivant ses
propres paroles, il n'a vu qu'une partie de l'isthme, et rien
du golfe de Péluse. Néanmoins il déclare impossible l'établis-
sement d'un port à cet endroit. De son côté, la Commission
internationale, qui a exploré pas à pas l'isthme entier et
examiné minutieusement le golfe de Péluse, s'est convaincue
qu'il n'y a presque rien à craindre des vents, et que les eaux
du Nil n'y amènent pas non plus du sable, du limon ou d'autres
matières. M. Stéphenson parle, suivant ses conjectures, de
choses qu'il n'a pas vues. Le rapport signé par MM. Conrad,
Lieussou et Manby lui prouve le contraire; seulement il fau-
drait qu'il se donnât la peine de le lire.
Je suis loin de vouloir défendre à quelqu'un d'avoir son
opinion particulière; mais ce que l'on dit dans le Parlement
est pour le public, et si M. Stéphenson se met à cheval sur
la science, il faut aussi qu'il puisse se. tenir en selle et qu'il
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