Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 octobre 1858 10 octobre 1858
Description : 1858/10/10 (A3,N56). 1858/10/10 (A3,N56).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203102s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS.
505
bion, à l'instar des colonies d'Amérique? Cependant nos cor-
respondances ne rapportent absolument rien de nouveau, sauf
que le maire de Melbourne va faire un voyage autour du
globe pour présenter à Sa Majesté la Reine d'Angleterre une
adresse de félicitations à l'occasion du mariage de la prin-
cesse royale. Ce héraut d'une révolution prochaine apporte
avec lui 4,200 liv. st., autre tribut de la colonie Victoria pour
les fonds de secours de l'Inde, et 110 liv. st. pour le fonds de
secours des filles de militaires.
» Telles sont nos nouvelles de Victoria, et on ne nous ac-
cusera pas d'exagération si nous disons que, malgré toutes les
fautes que nous pouvons avoir commises, nous avons en tout
cas réussi à établir une communauté riche, prospère, entre-
prenante, contente de ses institutions, et cordialement et même
passionnément attachée à la mère patrie.
Passons maintenant à la Nouvelle-Galles du Sud, colonie
qui était autrefois notre lieu de déportation , comme en ont
bien d'autres nations, seulement avec cette différence impor-
tante, que nos condamnés y étaient envoyés pour vivre et non
.pour mourir. La Nouvelle-Galles du Sud n'est pas dans un état
politique aussi tranquille que Victoria, car elle est sur le point
de se donner, sous le nom de bill de réforme, une nouvelle
constitution. Une lutte ardente va avoir lieu; la minorité con-
servatrice défend chaque pouce de son terrain ; mais la me-
sure deviendra néanmoins une loi sous peu de temps. Une
autre question s'est élevée qui, en considérant notre exclusion
de l'Empire Céleste, a un peu l'air d'une revanche comique.
Les Chinois, dans la Nouvelle-Galles du Sud, sont à présent
au nombre de 25,000, comme les Mormons, et pour des rai-
sons analogues, ils ont été expulsés de toutes les autres colo-
nies, et ils ont trouvé un asile dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Il n'est pas besoin de longues explications pour faire com-
prendre que l'émigration de 25,000 Chinois, tous hommes
sans femmes, n'est pas une chose qui ne provoque pas de sé-
rieuses objections dans une communauté anglaise; et ces ob-
jections sont encore aggravées par la jalousie des classes ou-
vrières, qui voient dans les Chinois des concurrents incom-
modes et les auteurs de l'abaissement des salaires. Il s'en est
suivi, non une prohibition absolue, mais un impôt très-lourd
de-10 liv. st., payable par chaque Chinois débarquant sur le
territoire australien.
» La colonie va d'ailleurs entreprendre trois nouveaux che-
mins de fer, vers le sud, l'ouest et le nord; elle a contribué
pour 5,000 liv. st. aux fonds de secours de l'Inde.
» Telles sont, pour ce mois, les correspondances d'Australie,
mêlées de bon et de mauvais, d'espérances et de désappointe-
ments, mais elles ne présentent certes pas dans l'ensemble un
tableau ni désagréable ni alarmant. Ce sont de jeunes com-
munautés qui se forgent leurs destinées par leur propre éner-
gie; c'est un progrès plein d'espérance et de vigueur, troublé
seulement par ces revers qui accompagnent les choses hu-
maines et les entreprises les plus prospères. »
Le Times lance ici quelques épigrammes contre la
colonie française de la Réunion, et il cite des faits qui
sortent de notre domaine et que nous ne discuterons
pas, bien que la réfutation de ces assertions paraisse
assez facile.
Le Times achève son article en disant :
« En résumant toutes ces choses, nous ne voyons pas de
quoi rougir des bulletins mensuels qui nous arrivent de nos
colonies d'Australie. »
ERNEST DESPLACES.
LES COLONIES NÉERLANDAISES DANS L'INDO-CHINE.
Voici ce que Sa Majesté le Roi de Hollande a dit des
colonies néerlandaises en ouvrant, à la Haye, le 20 sep-
tembre, la session législative de 1858-1859. Le dis-
cours du roi de Hollande se trouve dans le Moniteur
universel du 23 septembre :
« Dans nos possessions d'outre-mer aussi règnent l'ordre
» et la prospérité. Par une administration juste et équitable,
» qui favorise le développement matériel et intellectuel, et
» qui respecte les institutions des populations soumisés à
» notre pouvoir, mon gouvernement s'applique à consolider
» la confiance et l'attachement des indigènes pour l'autorité
» néerlandaise. Toutefois si cette autorité pouvait être mé-
» connue, il y a une nombreuse armée de terre et de mer
» bien exercée pour la maintenir énergiquement.
» La jouissance de tout ce bien-être, messieurs, doit nous
» faire persévérer dans nos efforts pour améliorer et com-
» pléter les institutions de l'État. »
La Hollande peut en effet montrer avec orgueil
toutes ses colonies, et surtout ses colonies asiatiques,
que les voyageurs les plus éclairés s'accordent à regar-
der comme le modèle des colonies européennes dans
ces parages.
ERNEST DESPLACES.
LES ANGLAIS A BORNÉO.
Le petit royaume que le radjah sir James Brooke s'est créé
dans l'île de Bornéo semble destiné à devenir l'objet d'un
mouvement sérieux de l'opinion publique en Angleterre.
Nous avons déjà fait mention des adresses des négociants de
Manchester et de Norwich, et il paraît qu'il s'en prépare de
semblables dans les autres ports du royaume pour inviter le
gouvernement à prendre les mesures nécessaires afin que
cette petite possession,, qui est déjà pour ainsi dire assimilée
à l'Angleterre, devienne la propriété définitive de la nation.
D'après le Daily-News du 24 septembre, la question est
celle-ci : Sir James Brooke a dépensé une grande partie de
sa fortune pour fonder son royaume, qui prospéra parfaite-
ment jusqu'à la dernière révolte des Chinois. Cette calamité
a si considérablement augmenté les frais de gouvernement,
que les charges sont devenues trop lourdes pour un simple
particulier. Afin d'assurer la liquidation, il y a deux voies à
suivre : transférer l'établissement de Sarawak et toutes ses
dettes au gouvernement anglais, ou le vendre à la Hollande.
L'opinion publique, en Angleterre, semble préférer la pre-
mière voie, ne fût-ce qu'en considération de la singulière
histoire de sir James Brooke et de sa conquête. Le Daily-
News dit avec raison qu'il ne faut en cela consulter que l'in-
térêt de l'Angleterre ; et sous ce rapport, il lui paraît avanta-
geux que le gouvernement anglais prenne possession du
territoire de Sarawak, en abandonnant l'établissement de
Labouan, qui n'a pas du tout réussi jusqu'aujourd'hui. Cepen-
dant ce changement serait, de l'avis du Daily-News, opéré
avec plus d'avantages par le gouvernement de l'Inde que par
celui de la métropole; les établissements du premier dans la
péninsule de Malacca, dans le Pénang et à Singapore ayant
parfaitement prospéré, tandis que les tentatives du dernier
dans l'île de Labouan ont parfaitement échoué. De plus, on
éviterait ainsi toutes les lenteurs et les difficultés parlemen-
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS.
505
bion, à l'instar des colonies d'Amérique? Cependant nos cor-
respondances ne rapportent absolument rien de nouveau, sauf
que le maire de Melbourne va faire un voyage autour du
globe pour présenter à Sa Majesté la Reine d'Angleterre une
adresse de félicitations à l'occasion du mariage de la prin-
cesse royale. Ce héraut d'une révolution prochaine apporte
avec lui 4,200 liv. st., autre tribut de la colonie Victoria pour
les fonds de secours de l'Inde, et 110 liv. st. pour le fonds de
secours des filles de militaires.
» Telles sont nos nouvelles de Victoria, et on ne nous ac-
cusera pas d'exagération si nous disons que, malgré toutes les
fautes que nous pouvons avoir commises, nous avons en tout
cas réussi à établir une communauté riche, prospère, entre-
prenante, contente de ses institutions, et cordialement et même
passionnément attachée à la mère patrie.
Passons maintenant à la Nouvelle-Galles du Sud, colonie
qui était autrefois notre lieu de déportation , comme en ont
bien d'autres nations, seulement avec cette différence impor-
tante, que nos condamnés y étaient envoyés pour vivre et non
.pour mourir. La Nouvelle-Galles du Sud n'est pas dans un état
politique aussi tranquille que Victoria, car elle est sur le point
de se donner, sous le nom de bill de réforme, une nouvelle
constitution. Une lutte ardente va avoir lieu; la minorité con-
servatrice défend chaque pouce de son terrain ; mais la me-
sure deviendra néanmoins une loi sous peu de temps. Une
autre question s'est élevée qui, en considérant notre exclusion
de l'Empire Céleste, a un peu l'air d'une revanche comique.
Les Chinois, dans la Nouvelle-Galles du Sud, sont à présent
au nombre de 25,000, comme les Mormons, et pour des rai-
sons analogues, ils ont été expulsés de toutes les autres colo-
nies, et ils ont trouvé un asile dans la Nouvelle-Galles du Sud.
Il n'est pas besoin de longues explications pour faire com-
prendre que l'émigration de 25,000 Chinois, tous hommes
sans femmes, n'est pas une chose qui ne provoque pas de sé-
rieuses objections dans une communauté anglaise; et ces ob-
jections sont encore aggravées par la jalousie des classes ou-
vrières, qui voient dans les Chinois des concurrents incom-
modes et les auteurs de l'abaissement des salaires. Il s'en est
suivi, non une prohibition absolue, mais un impôt très-lourd
de-10 liv. st., payable par chaque Chinois débarquant sur le
territoire australien.
» La colonie va d'ailleurs entreprendre trois nouveaux che-
mins de fer, vers le sud, l'ouest et le nord; elle a contribué
pour 5,000 liv. st. aux fonds de secours de l'Inde.
» Telles sont, pour ce mois, les correspondances d'Australie,
mêlées de bon et de mauvais, d'espérances et de désappointe-
ments, mais elles ne présentent certes pas dans l'ensemble un
tableau ni désagréable ni alarmant. Ce sont de jeunes com-
munautés qui se forgent leurs destinées par leur propre éner-
gie; c'est un progrès plein d'espérance et de vigueur, troublé
seulement par ces revers qui accompagnent les choses hu-
maines et les entreprises les plus prospères. »
Le Times lance ici quelques épigrammes contre la
colonie française de la Réunion, et il cite des faits qui
sortent de notre domaine et que nous ne discuterons
pas, bien que la réfutation de ces assertions paraisse
assez facile.
Le Times achève son article en disant :
« En résumant toutes ces choses, nous ne voyons pas de
quoi rougir des bulletins mensuels qui nous arrivent de nos
colonies d'Australie. »
ERNEST DESPLACES.
LES COLONIES NÉERLANDAISES DANS L'INDO-CHINE.
Voici ce que Sa Majesté le Roi de Hollande a dit des
colonies néerlandaises en ouvrant, à la Haye, le 20 sep-
tembre, la session législative de 1858-1859. Le dis-
cours du roi de Hollande se trouve dans le Moniteur
universel du 23 septembre :
« Dans nos possessions d'outre-mer aussi règnent l'ordre
» et la prospérité. Par une administration juste et équitable,
» qui favorise le développement matériel et intellectuel, et
» qui respecte les institutions des populations soumisés à
» notre pouvoir, mon gouvernement s'applique à consolider
» la confiance et l'attachement des indigènes pour l'autorité
» néerlandaise. Toutefois si cette autorité pouvait être mé-
» connue, il y a une nombreuse armée de terre et de mer
» bien exercée pour la maintenir énergiquement.
» La jouissance de tout ce bien-être, messieurs, doit nous
» faire persévérer dans nos efforts pour améliorer et com-
» pléter les institutions de l'État. »
La Hollande peut en effet montrer avec orgueil
toutes ses colonies, et surtout ses colonies asiatiques,
que les voyageurs les plus éclairés s'accordent à regar-
der comme le modèle des colonies européennes dans
ces parages.
ERNEST DESPLACES.
LES ANGLAIS A BORNÉO.
Le petit royaume que le radjah sir James Brooke s'est créé
dans l'île de Bornéo semble destiné à devenir l'objet d'un
mouvement sérieux de l'opinion publique en Angleterre.
Nous avons déjà fait mention des adresses des négociants de
Manchester et de Norwich, et il paraît qu'il s'en prépare de
semblables dans les autres ports du royaume pour inviter le
gouvernement à prendre les mesures nécessaires afin que
cette petite possession,, qui est déjà pour ainsi dire assimilée
à l'Angleterre, devienne la propriété définitive de la nation.
D'après le Daily-News du 24 septembre, la question est
celle-ci : Sir James Brooke a dépensé une grande partie de
sa fortune pour fonder son royaume, qui prospéra parfaite-
ment jusqu'à la dernière révolte des Chinois. Cette calamité
a si considérablement augmenté les frais de gouvernement,
que les charges sont devenues trop lourdes pour un simple
particulier. Afin d'assurer la liquidation, il y a deux voies à
suivre : transférer l'établissement de Sarawak et toutes ses
dettes au gouvernement anglais, ou le vendre à la Hollande.
L'opinion publique, en Angleterre, semble préférer la pre-
mière voie, ne fût-ce qu'en considération de la singulière
histoire de sir James Brooke et de sa conquête. Le Daily-
News dit avec raison qu'il ne faut en cela consulter que l'in-
térêt de l'Angleterre ; et sous ce rapport, il lui paraît avanta-
geux que le gouvernement anglais prenne possession du
territoire de Sarawak, en abandonnant l'établissement de
Labouan, qui n'a pas du tout réussi jusqu'aujourd'hui. Cepen-
dant ce changement serait, de l'avis du Daily-News, opéré
avec plus d'avantages par le gouvernement de l'Inde que par
celui de la métropole; les établissements du premier dans la
péninsule de Malacca, dans le Pénang et à Singapore ayant
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