Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 octobre 1858 25 octobre 1858
Description : 1858/10/25 (A3,N57). 1858/10/25 (A3,N57).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62031036
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
5.26 L'ISTHME DE SUEZ, LUNDI 25 OCTOBRE.
qui offre cent trente-trois mille hectares de terre comme
garantie secondaire, abstraction faite du canal maritime et
du canal d'eau douce, n'est-elle pas placée dans des con-
ditions tout exceptionnelles extrêmement favorables? 1
» Or, les revenus ne se feront pas même attendre, puisque
le canal d'eau douce pourra être achevé en une année, puis,
que aussitôt après se fera l'irrigation des terres cultivables, et
qu'enfin en deux ou trois ans le concessionnaire compte
livrer à la. circulation des navires une première communi-
cation entre les deux mers, moins vaste et moins profonde
que le canal définitif, mais qui permettra la traversée aux
neuf dixièmes de la navigation commerciale.
n Telle est la physionomie, telles sont les ressources de
l'entreprise projetée. D'après les devis, il est possible que
l'exécution de tous les travaux s'accomplisse avec une somme
inférieure au capital social, en sorte que les actions pour-
raient être libérées avant le payement complet de leur mon-
tant.
a Enfin, il est une considération qui ne doit pas être
négligée dans cette énumération des conditions de l'entre-
prise, c'est la sécurité qui lui assure le concours de toutes
les puissances. Peu importe, en effet, si la France, à son
grand honneur, fait la plus grande partie des frais de
l'œuvre qui a été conçue et qui est si vigoureusement menée
par un de ses enfants. Le canal une fois fait tombe sous la
protection commune de tous les gouvernements, qui seront
également intéressés à sa conservation et à sa prospérité.
Il est à l'abri des révolutions et des guerres. Quel que soit
l'avenir que Dieu réserve au monde, et quand même il lui
plairait qu'il fût encore bouleversé par quelqu'une de ces
luttes terribles dans lesquelles les intérêts particuliers sont
nécessairement sacrifiés, le canal de Suez serait respecté par
tout le monde; sa neutralité, protégée par chacune des puis-
sances, ne pourrait être violée, et il échapperait à toutes les
éventualités dans lesquelles périssent trop souvent les plus
belles œuvres de l'homme.
» Voilà ce que les négociants, les hommes d'affaires, les
esprits pratiques, si nombreux de l'autre côté du détroit,
commencent sans doute à comprendre, et ce qui motive par-
faitement l'exemple que nous avons donné de la perspicacité
du Times.
» Il ne nous en a pas coûté, quant à nous, d'énumérer
ainsi les conditions du percement de l'isthme de Suez, parce
qu'il faut vouloir résolûment les moyens quand on veut la
fin. Or, nous voulons de toutes nos forces l'exécution du
canal de Suez, parce que ce sera une œuvre digne de res-
pect et d'admiration, parce que le genre humain tout entier
y trouvera son compte, parce que c'est un beau spectacle de
voir l'homme, usant noblement des dons de la Providence,
approprier à ses besoins nouveaux et corriger, avec l'appro-
bation de Dieu, l'œuvre même du créateur.
» Aussi nous félicitons notre compatriote M. Ferdinand
de Lesseps de son initiative, de son énergie et de sa pa-
tience. Il sert dignement le pays, il contribue à développer
sa puissance commerciale,, il lui prépare de nouveaux titres
à l'estime et à la reconpaissance, du monde. Ces motifs sont
plus que suffisants pour que le concessionnaire ait droit à
tout potre concours. Si les avantages matériels de l'entre-
prise avaient été moins grands, notre opinion est que la
France n'en aurait pas moins été tenue de la réaliser. Ils
sont très-considérables; tant mieux. Nous sommes heureux
qu'une grande œuvre soit en même temps lucrative. La mani-
festation qu'on doit attendre du pays n'en sera que plus com-
plète et plus imposante. 1) P. DUBOIS.
LE « JOURNAL DES DÉBATS» ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Journal des Débats du Il octobre a publié un
excellent article sur la situation nouvelle de notre grande
entreprise. Nous en citons les passages principaux :
« Nos lecteurs apprendront avec plaisir que l'entreprise
relative au percement de l'isthme de Suez est à la veille de
recevoir une impulsion nouvelle et décisive. Quatre années se
sont écoulées depuis que le Vice-roi d'Egypte a rendu le
firman qui accorde à M. Ferdinand de Lesseps la concession
du canal projeté pour l'union des deux mers. Tout le monde
connaît les obstacles qui ont retardé jusqu'ici l'exécution de
ce projet. Ces quatre années d'attente n'ont pas été perdues
pour le crédit, pour le progrès moral et la popularité de
l'entreprise. Nous ne parlons pas seulement de la France et du
continent où l'opinion publique s'est prononcée avec une force,
avec un ensemble qui permettent d'affirmer que, si le canal
de Suez était seulement utile il y a quatre ans, il est aujour-
d'hui nécessaire. En Angleterre, on a vu les représentants de
toutes les grandes villes maritimes, industrielles et commer-
ciales , proclamer dans vingt meetings leur sympathie pour le
projet de M. de Lesseps. Dans le sein du Parlement, les hommes
d'Etat les plus illustres, les orateurs les plus populaires, lord
John Russell et M. Gladstone, M. Roebuck, M. Milner Gibson
et M. Bright sont venus apporter l'appui de leur éloquence et
de leur autorité parlementaire au canal de Suez. On a pu
remarquer la nuance qui existe entre l'opposition passionnée,
hautaine et tranchante de lord Palmerston et l'opposition cir*
conspecte et mesurée de M. Disraëli.
» Dans cette situation, quel parti devait prendre le conces-
sionnaire de l'entreprise? M. de Lesseps a compris ce qu'il se
devait à lui-même, ce qu'il devait à la cause qu'il représente,
aux intérêts généraux dont il est le mandataire. Il a pensé
que l'opposition aveugle qu'on lui a suscitée ne devait
pas l'emporter dans ses déterminations sur la sympathie non
équivoque, sur les encouragements unanimes qu'il avait ren-
contrés dans le reste de l'Europe. Avec la persévérance calme
et réfléchie dont il a donné depuis quatre ans la preuve écla-
tante, il a pris la résolution de passer outre et de poursuivre
son projet, en laissant à la diplomatie le soin de dénouer la
question politique, et de lever les obstacles qu'il est, comme
simple particulier, dans l'impuissance de vaincre par ses seuls
efforts et par ses moyens d'action personnels. Citoyen fran-
çais , il s'en remet avec confiance au gouvernement de son
pays pour la protection de ses droits particuliers comme
concessionnaire du canal maritime, et pour la protection des
intérêts que cette concession a créés en France.
» La résolution de M. de Lesseps est donc arrêtée ; son
plan de conduite est tracé. Il s'occupe en ce moment d'orga-
niser la Compagnie qui doit apporter son concours financier
à l'entreprise. Sa première démarche a été de faire appel aux
notabilités du commerce, de l'industrie et de la propriété
dans les principales villes de l'Europe et de l'Amérique, pour
leur offrir la mission de représenter les intérêts de la Com-
pagnie qui va se former. )
Ici l'honorable auteur de l'article, M. Louis Alloury,
énûmère les adhésions que nos lecteurs connaissent
déjà, et il donne la liste des villes principales où la
Compagnie universelle de Suez a des agents et des cor-
respondants. Puis il continue en ces termes :
« Ces mesures préliminaires d'organisation avancent ra-
pidement. Aussitôt que les agences qui doivent représenter la
qui offre cent trente-trois mille hectares de terre comme
garantie secondaire, abstraction faite du canal maritime et
du canal d'eau douce, n'est-elle pas placée dans des con-
ditions tout exceptionnelles extrêmement favorables? 1
» Or, les revenus ne se feront pas même attendre, puisque
le canal d'eau douce pourra être achevé en une année, puis,
que aussitôt après se fera l'irrigation des terres cultivables, et
qu'enfin en deux ou trois ans le concessionnaire compte
livrer à la. circulation des navires une première communi-
cation entre les deux mers, moins vaste et moins profonde
que le canal définitif, mais qui permettra la traversée aux
neuf dixièmes de la navigation commerciale.
n Telle est la physionomie, telles sont les ressources de
l'entreprise projetée. D'après les devis, il est possible que
l'exécution de tous les travaux s'accomplisse avec une somme
inférieure au capital social, en sorte que les actions pour-
raient être libérées avant le payement complet de leur mon-
tant.
a Enfin, il est une considération qui ne doit pas être
négligée dans cette énumération des conditions de l'entre-
prise, c'est la sécurité qui lui assure le concours de toutes
les puissances. Peu importe, en effet, si la France, à son
grand honneur, fait la plus grande partie des frais de
l'œuvre qui a été conçue et qui est si vigoureusement menée
par un de ses enfants. Le canal une fois fait tombe sous la
protection commune de tous les gouvernements, qui seront
également intéressés à sa conservation et à sa prospérité.
Il est à l'abri des révolutions et des guerres. Quel que soit
l'avenir que Dieu réserve au monde, et quand même il lui
plairait qu'il fût encore bouleversé par quelqu'une de ces
luttes terribles dans lesquelles les intérêts particuliers sont
nécessairement sacrifiés, le canal de Suez serait respecté par
tout le monde; sa neutralité, protégée par chacune des puis-
sances, ne pourrait être violée, et il échapperait à toutes les
éventualités dans lesquelles périssent trop souvent les plus
belles œuvres de l'homme.
» Voilà ce que les négociants, les hommes d'affaires, les
esprits pratiques, si nombreux de l'autre côté du détroit,
commencent sans doute à comprendre, et ce qui motive par-
faitement l'exemple que nous avons donné de la perspicacité
du Times.
» Il ne nous en a pas coûté, quant à nous, d'énumérer
ainsi les conditions du percement de l'isthme de Suez, parce
qu'il faut vouloir résolûment les moyens quand on veut la
fin. Or, nous voulons de toutes nos forces l'exécution du
canal de Suez, parce que ce sera une œuvre digne de res-
pect et d'admiration, parce que le genre humain tout entier
y trouvera son compte, parce que c'est un beau spectacle de
voir l'homme, usant noblement des dons de la Providence,
approprier à ses besoins nouveaux et corriger, avec l'appro-
bation de Dieu, l'œuvre même du créateur.
» Aussi nous félicitons notre compatriote M. Ferdinand
de Lesseps de son initiative, de son énergie et de sa pa-
tience. Il sert dignement le pays, il contribue à développer
sa puissance commerciale,, il lui prépare de nouveaux titres
à l'estime et à la reconpaissance, du monde. Ces motifs sont
plus que suffisants pour que le concessionnaire ait droit à
tout potre concours. Si les avantages matériels de l'entre-
prise avaient été moins grands, notre opinion est que la
France n'en aurait pas moins été tenue de la réaliser. Ils
sont très-considérables; tant mieux. Nous sommes heureux
qu'une grande œuvre soit en même temps lucrative. La mani-
festation qu'on doit attendre du pays n'en sera que plus com-
plète et plus imposante. 1) P. DUBOIS.
LE « JOURNAL DES DÉBATS» ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Journal des Débats du Il octobre a publié un
excellent article sur la situation nouvelle de notre grande
entreprise. Nous en citons les passages principaux :
« Nos lecteurs apprendront avec plaisir que l'entreprise
relative au percement de l'isthme de Suez est à la veille de
recevoir une impulsion nouvelle et décisive. Quatre années se
sont écoulées depuis que le Vice-roi d'Egypte a rendu le
firman qui accorde à M. Ferdinand de Lesseps la concession
du canal projeté pour l'union des deux mers. Tout le monde
connaît les obstacles qui ont retardé jusqu'ici l'exécution de
ce projet. Ces quatre années d'attente n'ont pas été perdues
pour le crédit, pour le progrès moral et la popularité de
l'entreprise. Nous ne parlons pas seulement de la France et du
continent où l'opinion publique s'est prononcée avec une force,
avec un ensemble qui permettent d'affirmer que, si le canal
de Suez était seulement utile il y a quatre ans, il est aujour-
d'hui nécessaire. En Angleterre, on a vu les représentants de
toutes les grandes villes maritimes, industrielles et commer-
ciales , proclamer dans vingt meetings leur sympathie pour le
projet de M. de Lesseps. Dans le sein du Parlement, les hommes
d'Etat les plus illustres, les orateurs les plus populaires, lord
John Russell et M. Gladstone, M. Roebuck, M. Milner Gibson
et M. Bright sont venus apporter l'appui de leur éloquence et
de leur autorité parlementaire au canal de Suez. On a pu
remarquer la nuance qui existe entre l'opposition passionnée,
hautaine et tranchante de lord Palmerston et l'opposition cir*
conspecte et mesurée de M. Disraëli.
» Dans cette situation, quel parti devait prendre le conces-
sionnaire de l'entreprise? M. de Lesseps a compris ce qu'il se
devait à lui-même, ce qu'il devait à la cause qu'il représente,
aux intérêts généraux dont il est le mandataire. Il a pensé
que l'opposition aveugle qu'on lui a suscitée ne devait
pas l'emporter dans ses déterminations sur la sympathie non
équivoque, sur les encouragements unanimes qu'il avait ren-
contrés dans le reste de l'Europe. Avec la persévérance calme
et réfléchie dont il a donné depuis quatre ans la preuve écla-
tante, il a pris la résolution de passer outre et de poursuivre
son projet, en laissant à la diplomatie le soin de dénouer la
question politique, et de lever les obstacles qu'il est, comme
simple particulier, dans l'impuissance de vaincre par ses seuls
efforts et par ses moyens d'action personnels. Citoyen fran-
çais , il s'en remet avec confiance au gouvernement de son
pays pour la protection de ses droits particuliers comme
concessionnaire du canal maritime, et pour la protection des
intérêts que cette concession a créés en France.
» La résolution de M. de Lesseps est donc arrêtée ; son
plan de conduite est tracé. Il s'occupe en ce moment d'orga-
niser la Compagnie qui doit apporter son concours financier
à l'entreprise. Sa première démarche a été de faire appel aux
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dans les principales villes de l'Europe et de l'Amérique, pour
leur offrir la mission de représenter les intérêts de la Com-
pagnie qui va se former. )
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