Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 octobre 1858 10 octobre 1858
Description : 1858/10/10 (A3,N56). 1858/10/10 (A3,N56).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203102s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
502
L'ISTHME DE SUEZ,
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
d'un engagement conventionnel et n'autorisait aucunement
d'ailleurs la prédication du christianisme ni rentrée des mis-
sionnaires dans les provinces du Céleste Empire.
D'autre part, les légations étrangères n'étaient admises
à résider qu'à Macao ou à Hong-kong et n'avaient jamais pu
entrer en rapport qu'avec le vice-roi de Canton. Notre mission
diplomatique avait dû, comme les autres, fixer sa résidence
en dehors du territoire chinois, et elle s'était toujours trouvée
dans l'impossibilité de communiquer directement avec le
gouvernement central. Cet état de choses offrait de graves
inconvénients, en plaçant les représentants étrangers dans
une situation d'infériorité qui rendait leur action complète-
ment inefficace et nuisait à leur considération dans l'esprit
des Chinois.
» Le traitement et les avantages que le gouvernement de
l'Empereur a cru devoir réclamer, nous sont aujourd'hui
accordés formellement et sans réserve.
» Tous les ports importants du littoral chinois, de même
que les grandes voies intérieures de communication, sont
ouverts à notre navigation et à notre commerce. Nos natio-
naux, qui, aux termes de la convention de 1844, n'avaient
accès que dans cinq ports, pourront désormais, munis de passe-
ports, parcourir sans obstacle toutes les parties de la Chine.
v Ce n'est pas seulement grâce à un édit spontané du sou-
verain que les Chinois chrétiens cessent d'avoir à redouter
les persécutions des mandarins; c'est en vertu de stipulations
conventionnelles, qui, rendant hommage aux bienfaits de la
doctrine chrétienne, abolissent la législation qui la proscri-
vait, et permettent aux missionnaires de l'Occident de circuler
librement dans l'intérieur de l'empire pour la répandre parmi
les Chinois.
» Le vice-roi de Canton cesse d'être l'intermédiaire obligé
de nos communications; le représentant de la France traitera
directement avec le cabinet de Pékin, et il obtient à cet effet
le droit de résidence dans cette capitale. Les avantages de
cette concession, contre laquelle se révoltait surtout l'orgueil
chinois, sont manifestes. On n'aura plus à craindre que la
déloyauté de certains fonctionnaires n'entrave la solution
prompte et satisfaisante de tous les différends qui pourraient
surgir. Ces communications directes avec le cabinet chinois
auront pour conséquence de dissiper plus d'une idée fausse,
et d'éclairer sur bien des points un gouvernement qui a pres-
que tout à apprendre sur les nations de l'Occident.
» Le commerce recevra de nouveaux développements à la
faveur du droit acquis désormais aux négociants d'acheter
directement et sans intermédiaire les marchandises sur le lieu
même de production. Une révision nouvelle des tarifs harmo-
nisera les droits de douane avec les variations de prix. Les
marchandises n'auront plus à subir les surtaxes arbitraires
dont les mandarins provinciaux les frappaient au passage; le
gouvernement publiera une taxe de transit uniforme. Le droit
de tonnage sera également abaissé.
» Depuis longtemps, la navigation commerciale réclame
une sécurité qui lui manque dans des mers où la piraterie
exerce impunément ses ravages; des mesures seront prises
pour la destruction de ce fléau.
» Enfin, le gouvernement chinois s'est engagé à payer à
la France une somme de 15 millions de francs, tant en répa-
ration des dommages éprouvés par les négociants français,
qu'en compensation des frais occasionnés par la guerre.
» Les vœux que formaient tous les esprits éclairés sont
donc exaucés. La Chine, arrachée à son immobilité et à son
isolement, subira l'heureuse influence du christianisme et de
la civilisation, et prendra en même temps, dans le mouve-
ment commercial du monde, le rôle que lui assignent ses
immenses ressources.
,, Il n'est pas inutile de faire remarquer en terminant que
si des résultats d'une telle importance ont été obtenus au
bout du monde, avec des forces militaires si peu considé-
rables, on doit l'attribuer et à la bonne entente heureuse-
ment maintenue entre les gouvernements de France et d'An-
gleterre, et à la valeur dont les marins des deux pays viennent
de donner de nouvelles preuves. »
Une correspondance particulière adressée aussi au
Moniteur universel donne les détails suivants qui sont
pleins d'intérêt :
« Tien-tsin, 28 juin 1858.
» La journée du 27 juin 1858 comptera parmi les plus
solennelles et les plus importantes dans l'histoire des relations
de la France avec le Céleste Empire. Après quinze jours de
discussions avec les deux hauts dignitaires envoyés de Pékin ,
les négociations étant terminées, et la France ayant obtenu
toutes les légitimes satisfactions auxquelles elle avait droit, le
traité de paix, de commerce et de navigation a été signé hier
soir. A cinq heures et demie, le baron Gros est sorti de son
yamoun pour se rendre à la pagode de Haï-kouang, où
l'attendaient les commissaires impériaux. Lorsqu'il a paru
sur le quai, tous les bâtiments mouillés dans le Grand-Canal
et dans le Peï-ho se sont pavoisés de mille couleurs ; les ma-
telots , debout sur les vergues, l'ont salué de cinq cris de :
Vive l'Empereur! et les Anglais ont répondu par de chaleu-
reux hourras.
» Une foule immense couvrait les bords du fleuve. L'amiral
Rigault de Genouilly, en grande tenue, à cheval, suivi de
tous les commandants des bâtiments de guerre français,
également à cheval et en grande tenue, était en tête du cor-
tège. L'escorte se composait de détachements des compagnies
de débarquement, de l'artillerie, du génie, de l'infanterie de
marine, de cette petite armée, en un mot, qui, par la vi-
gueur de ses coups, l'habileté de ses chefs, l'audace de ses en-
treprises et l'énergique et puissante coopération de ses braves
alliés, a su réduire en six mois, aux volontés de Ja France
et de l'Angleterre, un empire de 360 millions d'habitants,
qui se vante de posséder une armée de 800 mille hommes.
,) Le drapeau national était porté par un sous-officier de
l'infanterie de marine devant l'ambassadeur. Deux officiers à
cheval, MM. de Besplas et d'Ozouville, escortaient Son Ex-
cellence. Sa chaise était suivie par celles de MM. Duchesne de
Bellecourt, de Contades, de Moges, de la Tour-Maubourg,
de Trévise, de Flavigny, secrétaires et attachés de la mission.
M. Marques, interprète, précédait l'ambassadeur, et vingt
chaises, renfermant les officiers de l'escadre venus du golfe
de Péchéli pour assister à la cérémonie, complétaient le cor-
tége du représentant de la France.
» A son arrivée dans la cour intérieure de la pagode, le
baron Gros a été reçu par les deux hauts commissaires de la
dynastie Ta-tsing, entourés d'une foule de mandarins à glo-
bules bleus, blancs, de toutes couleurs. On s'assied, on prend
le thé, et l'on s'adresse de mutuelles félicitations au sujet de
la paix, de la bonne intelligence si heureusement rétablie.
L'ambassadeur engage les commissaires impériaux à signer
les premiers sur le texte chinois, en se réservant de signer
sur le texte français.
» Kouei-liang et Houa-cha-na prennent leur pinceau, et
dessinent, successivement, sur les divers exemplaires du
traité, les caractères qui forment leur signature. Py-hen,
L'ISTHME DE SUEZ,
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
d'un engagement conventionnel et n'autorisait aucunement
d'ailleurs la prédication du christianisme ni rentrée des mis-
sionnaires dans les provinces du Céleste Empire.
D'autre part, les légations étrangères n'étaient admises
à résider qu'à Macao ou à Hong-kong et n'avaient jamais pu
entrer en rapport qu'avec le vice-roi de Canton. Notre mission
diplomatique avait dû, comme les autres, fixer sa résidence
en dehors du territoire chinois, et elle s'était toujours trouvée
dans l'impossibilité de communiquer directement avec le
gouvernement central. Cet état de choses offrait de graves
inconvénients, en plaçant les représentants étrangers dans
une situation d'infériorité qui rendait leur action complète-
ment inefficace et nuisait à leur considération dans l'esprit
des Chinois.
» Le traitement et les avantages que le gouvernement de
l'Empereur a cru devoir réclamer, nous sont aujourd'hui
accordés formellement et sans réserve.
» Tous les ports importants du littoral chinois, de même
que les grandes voies intérieures de communication, sont
ouverts à notre navigation et à notre commerce. Nos natio-
naux, qui, aux termes de la convention de 1844, n'avaient
accès que dans cinq ports, pourront désormais, munis de passe-
ports, parcourir sans obstacle toutes les parties de la Chine.
v Ce n'est pas seulement grâce à un édit spontané du sou-
verain que les Chinois chrétiens cessent d'avoir à redouter
les persécutions des mandarins; c'est en vertu de stipulations
conventionnelles, qui, rendant hommage aux bienfaits de la
doctrine chrétienne, abolissent la législation qui la proscri-
vait, et permettent aux missionnaires de l'Occident de circuler
librement dans l'intérieur de l'empire pour la répandre parmi
les Chinois.
» Le vice-roi de Canton cesse d'être l'intermédiaire obligé
de nos communications; le représentant de la France traitera
directement avec le cabinet de Pékin, et il obtient à cet effet
le droit de résidence dans cette capitale. Les avantages de
cette concession, contre laquelle se révoltait surtout l'orgueil
chinois, sont manifestes. On n'aura plus à craindre que la
déloyauté de certains fonctionnaires n'entrave la solution
prompte et satisfaisante de tous les différends qui pourraient
surgir. Ces communications directes avec le cabinet chinois
auront pour conséquence de dissiper plus d'une idée fausse,
et d'éclairer sur bien des points un gouvernement qui a pres-
que tout à apprendre sur les nations de l'Occident.
» Le commerce recevra de nouveaux développements à la
faveur du droit acquis désormais aux négociants d'acheter
directement et sans intermédiaire les marchandises sur le lieu
même de production. Une révision nouvelle des tarifs harmo-
nisera les droits de douane avec les variations de prix. Les
marchandises n'auront plus à subir les surtaxes arbitraires
dont les mandarins provinciaux les frappaient au passage; le
gouvernement publiera une taxe de transit uniforme. Le droit
de tonnage sera également abaissé.
» Depuis longtemps, la navigation commerciale réclame
une sécurité qui lui manque dans des mers où la piraterie
exerce impunément ses ravages; des mesures seront prises
pour la destruction de ce fléau.
» Enfin, le gouvernement chinois s'est engagé à payer à
la France une somme de 15 millions de francs, tant en répa-
ration des dommages éprouvés par les négociants français,
qu'en compensation des frais occasionnés par la guerre.
» Les vœux que formaient tous les esprits éclairés sont
donc exaucés. La Chine, arrachée à son immobilité et à son
isolement, subira l'heureuse influence du christianisme et de
la civilisation, et prendra en même temps, dans le mouve-
ment commercial du monde, le rôle que lui assignent ses
immenses ressources.
,, Il n'est pas inutile de faire remarquer en terminant que
si des résultats d'une telle importance ont été obtenus au
bout du monde, avec des forces militaires si peu considé-
rables, on doit l'attribuer et à la bonne entente heureuse-
ment maintenue entre les gouvernements de France et d'An-
gleterre, et à la valeur dont les marins des deux pays viennent
de donner de nouvelles preuves. »
Une correspondance particulière adressée aussi au
Moniteur universel donne les détails suivants qui sont
pleins d'intérêt :
« Tien-tsin, 28 juin 1858.
» La journée du 27 juin 1858 comptera parmi les plus
solennelles et les plus importantes dans l'histoire des relations
de la France avec le Céleste Empire. Après quinze jours de
discussions avec les deux hauts dignitaires envoyés de Pékin ,
les négociations étant terminées, et la France ayant obtenu
toutes les légitimes satisfactions auxquelles elle avait droit, le
traité de paix, de commerce et de navigation a été signé hier
soir. A cinq heures et demie, le baron Gros est sorti de son
yamoun pour se rendre à la pagode de Haï-kouang, où
l'attendaient les commissaires impériaux. Lorsqu'il a paru
sur le quai, tous les bâtiments mouillés dans le Grand-Canal
et dans le Peï-ho se sont pavoisés de mille couleurs ; les ma-
telots , debout sur les vergues, l'ont salué de cinq cris de :
Vive l'Empereur! et les Anglais ont répondu par de chaleu-
reux hourras.
» Une foule immense couvrait les bords du fleuve. L'amiral
Rigault de Genouilly, en grande tenue, à cheval, suivi de
tous les commandants des bâtiments de guerre français,
également à cheval et en grande tenue, était en tête du cor-
tège. L'escorte se composait de détachements des compagnies
de débarquement, de l'artillerie, du génie, de l'infanterie de
marine, de cette petite armée, en un mot, qui, par la vi-
gueur de ses coups, l'habileté de ses chefs, l'audace de ses en-
treprises et l'énergique et puissante coopération de ses braves
alliés, a su réduire en six mois, aux volontés de Ja France
et de l'Angleterre, un empire de 360 millions d'habitants,
qui se vante de posséder une armée de 800 mille hommes.
,) Le drapeau national était porté par un sous-officier de
l'infanterie de marine devant l'ambassadeur. Deux officiers à
cheval, MM. de Besplas et d'Ozouville, escortaient Son Ex-
cellence. Sa chaise était suivie par celles de MM. Duchesne de
Bellecourt, de Contades, de Moges, de la Tour-Maubourg,
de Trévise, de Flavigny, secrétaires et attachés de la mission.
M. Marques, interprète, précédait l'ambassadeur, et vingt
chaises, renfermant les officiers de l'escadre venus du golfe
de Péchéli pour assister à la cérémonie, complétaient le cor-
tége du représentant de la France.
» A son arrivée dans la cour intérieure de la pagode, le
baron Gros a été reçu par les deux hauts commissaires de la
dynastie Ta-tsing, entourés d'une foule de mandarins à glo-
bules bleus, blancs, de toutes couleurs. On s'assied, on prend
le thé, et l'on s'adresse de mutuelles félicitations au sujet de
la paix, de la bonne intelligence si heureusement rétablie.
L'ambassadeur engage les commissaires impériaux à signer
les premiers sur le texte chinois, en se réservant de signer
sur le texte français.
» Kouei-liang et Houa-cha-na prennent leur pinceau, et
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