Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 octobre 1858 10 octobre 1858
Description : 1858/10/10 (A3,N56). 1858/10/10 (A3,N56).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203102s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS.
503
leur secrétaire, qui a joué un rôle actif dans les conférences,
tient entre ses mains et imprime sur le traité le grand sceau
récemment arrivé de Pékin. Lorsque M. le baron Gros appose
à son tour, et le premier, sa signature sur le traité français,
les troupes, massées dans les cours de la pagode, présentent
les armes, et font entendre le cri trois fois répété de : Vive
l'Empereur !
» Son Excellence propose ensuite à Kouei-liang de choisir
celui des deux exemplaires qui doit être envoyé à Pékin, et il
le lui offre après l'avoir enveloppé dans un riche étui de soie
bleue brochée d'or, apporté de Paris. Se tournant alors vers
les commissaires, le baron Gros leur exprime tous ses vœux
pour la prospérité de la Chine, et il boit à la santé de l'em-
pereur Hien-foung.
» Les deux hauts dignitaires répondent quelques paroles
gracieuses pour l'ambassadeur, et, faisant remplir leurs
coupes d'un vin chinois, tiède et sucré, ils les vident à la
santé du souverain du grand empire de France, et montrent,
en les renversant, qu'ils n'ont rien laissé dans le fond. On
apporte du thé, des fruits, tout un diner chinois préparé
pour la circonstance. Après ce repas, M. le baron Gros prend
congé des deux hauts commissaires, et le cortége se remet
en marche dans le même ordre qu'à l'arrivée.
A l'approche de la nuit, on allume des flambeaux et des
torches, dont les reflets éclairent les longues files de curieux
qui encombrent les rues et se projettent sur les eaux du
Grand-Canal et du Peï-ho. Les canonnières et les troupes
anglaises rangées sur les quais poussent des hourras répétés;
les canonnières françaises font partir des boîtes d'artifice, et
leurs mâts et leurs cordages apparaissent au milieu d'une
brillante illumination. Des feux de Bengale, allumés à l'ar-
rivée de l'ambassadeur dans la cour du yamoun, font ressortir
les pittoresques contours de l'architecture chinoise; et ses
toits et ses figures fantastiques, délabrés par l'incurie de ses
possesseurs, semblent devoir une nouvelle vie au contact de
la civilisation de l'Occident.
» J'oubliais de dire, qu'après la signature du traité, l'am-
bassadeur de France avait demandé à Kouei-liang de vouloir
bien lui donner le pinceau dont il venait de se servir pour
tracer son nom sur le traité, et que Kouei-liang, en le lui
présentant, avait désiré avoir à son tour l'une des deux
plumes qui avaient servi à l'ambassadeur pour signer le
traité de Tien-tsin.
A partir de ce jour, une nouvelle ère commence pour la
Chine. Le grand et difficile problème de l'ouverture du Cé-
leste Empire est résolu. Sortant d'un isolement séculaire de
quatre mille ans, il entre enfin dans le concert du monde, et il
est livré à l'activité, aux lumières, à la science, au commerce
des nations occidentales. Désormais la religion chrétienne
pourra être pratiquée sans crainte dans tout l'empire, et nos
missionnaires seront à l'abri de persécutions incessantes.
» Le premier acte de l'ambassadeur de France, aussitôt
après la signature de la paix, a été de demander aux deux
hauts commissaires l'élargissement immédiat des chrétiens
détenus depuis de longues années dans l'intérieur de l'em-
pire; il a pu donner les noms de quelques-uns, et il lui a
été promis qu'un ordre émané de Pékin allait leur rendre
immédiatement la liberté.
» Après un séjour d'une semaine à Tien-tsin, les quatre
plénipotentiaires de France, d'Angleterre, de Russie et des
Etats-Unis comptent rejoindre leur navire et se rendre à
Shang-haï, puis au Japon. Le Laplace et le Présent, arrivés
de France ces jours-ci, accompagneront, dit-on, l'Auda-
cieuse à Nangasaki ou à Simoda.
MAI. de Bellecourt et Fréd. Bruce, premiers secrétaires des
ambassades française et anglaise, partiront sous peu pour
la France ; ils portent à Paris et à Londres les deux traités.
» On croit que le baron Gros et lord Elgin, avant de
quitter le golfe de Péchéli, veulent aller voir cette grande
muraille de la Chine, à la destruction de laquelle leur nom
se trouve désormais attaché. »
(Correspondance particulière du Moniteur.)
La teneur officielle du traité sera sans doute bientôt
connue. Les journaux anglais en ont donné une analyse
qui leur a été communiquée et que nous reproduirons au
moins en partie, en attendant le texte même du traité.
ERNEST DESPLACES.
LES CHINOIS EN AUSTRALIE.
Un anonyme qui signe Viator, et qui a fait dernièrement
un voyage dans la colonie de Victoria en Australie, adresse
au Times du 18 septembre quelques observations sur les
mesures que les gouvernements des colonies australiennes
ont prises ou vont prendre contre les Chinois. Après avoir
vécu pendant quelques semaines dans le voisinage immédiat
d'un camp de deux mille mineurs chinois, et ayant eu
d'autres occasions de connaître leurs habitudes de travail
assidu, de sobriété et d'obéissance aux autorités, il déclare
impolitiques et injustes les lourds impôts infligés à une classe
d'immigrants si éminemment précieuse dans une communauté
dont le besoin principal est le travail à bon marché. Dans
cette conviction, le Viator s'était proposé d'adresser au
ministre des colonies un Mémoire sur le système d'oppression
sous lequel souffrent les travailleurs chinois ; et pour exécu-
ter son projet, il n'attendait plus que l'arrivée de certains
documents d'Australie. Ces papiers ne lui étant pas parvenus,
il aurait encore gardé le silence, si le Sydney-Herald n'avait
annoncé que la Nouvelle-Galles du Sud est sur le point de
suivre le funeste exemple de la colonie de Victoria. Il ajoute
à la fin de sa lettre qu'en présence du traité avec la Chine,
dans lequel la libre entrée des Anglais dans l'Empire Céleste
est considérée comme une des stipulations les plus impor-
tantes, il y a lieu d'espérer que le gouvernement prendra
des mesures pour la prompte suppression de ces restrictions
injustes et illibérales exercées contre les Chinois sur le terri-
toire anglais.
Le Times du 21 septembre publie deux lettres en réponse
aux observations de Viator sur les dernières mesures prises
contre les Chinois en Australie. Les deux correspondants,
qui ont également résidé en Australie , dépeignent les
Chinois comme atteints des vices les plus répugnants, et
comme n'étant aucunement disposés à s'occuper de travaux
industriels ou agricoles, et par conséquent peu utiles à la
jeune société de l'Australie. Les Chinois qui arrivent en
Australie sont tous des hommes, et augmentent si rapide-
ment par les nouveaux arrivages, qu'ils dépasseraient bien,
tôt en nombre la population européenne. Us sont tous des
chercheurs d'or, ne contribuant ni à l'exportation ni à l'im-
portation; car ils vivent d'une petite quantité de riz, gardent
éternellement leurs vêtements chinois, et n'achètent ni terres,
ni maisons. Aussitôt qu'ils ont amassé assez d'or, ils re-
tournent en Chine. Ainsi ils seraient loin d'être cette classe
précieuse d'immigrants dont parle Viator, et la colonie qui
n'admet pas de criminels anglais, aurait parfaitement raison
de fermer la porte à ces Chinois sans moralité et sans utilité
pour la colonie.
JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS.
503
leur secrétaire, qui a joué un rôle actif dans les conférences,
tient entre ses mains et imprime sur le traité le grand sceau
récemment arrivé de Pékin. Lorsque M. le baron Gros appose
à son tour, et le premier, sa signature sur le traité français,
les troupes, massées dans les cours de la pagode, présentent
les armes, et font entendre le cri trois fois répété de : Vive
l'Empereur !
» Son Excellence propose ensuite à Kouei-liang de choisir
celui des deux exemplaires qui doit être envoyé à Pékin, et il
le lui offre après l'avoir enveloppé dans un riche étui de soie
bleue brochée d'or, apporté de Paris. Se tournant alors vers
les commissaires, le baron Gros leur exprime tous ses vœux
pour la prospérité de la Chine, et il boit à la santé de l'em-
pereur Hien-foung.
» Les deux hauts dignitaires répondent quelques paroles
gracieuses pour l'ambassadeur, et, faisant remplir leurs
coupes d'un vin chinois, tiède et sucré, ils les vident à la
santé du souverain du grand empire de France, et montrent,
en les renversant, qu'ils n'ont rien laissé dans le fond. On
apporte du thé, des fruits, tout un diner chinois préparé
pour la circonstance. Après ce repas, M. le baron Gros prend
congé des deux hauts commissaires, et le cortége se remet
en marche dans le même ordre qu'à l'arrivée.
A l'approche de la nuit, on allume des flambeaux et des
torches, dont les reflets éclairent les longues files de curieux
qui encombrent les rues et se projettent sur les eaux du
Grand-Canal et du Peï-ho. Les canonnières et les troupes
anglaises rangées sur les quais poussent des hourras répétés;
les canonnières françaises font partir des boîtes d'artifice, et
leurs mâts et leurs cordages apparaissent au milieu d'une
brillante illumination. Des feux de Bengale, allumés à l'ar-
rivée de l'ambassadeur dans la cour du yamoun, font ressortir
les pittoresques contours de l'architecture chinoise; et ses
toits et ses figures fantastiques, délabrés par l'incurie de ses
possesseurs, semblent devoir une nouvelle vie au contact de
la civilisation de l'Occident.
» J'oubliais de dire, qu'après la signature du traité, l'am-
bassadeur de France avait demandé à Kouei-liang de vouloir
bien lui donner le pinceau dont il venait de se servir pour
tracer son nom sur le traité, et que Kouei-liang, en le lui
présentant, avait désiré avoir à son tour l'une des deux
plumes qui avaient servi à l'ambassadeur pour signer le
traité de Tien-tsin.
A partir de ce jour, une nouvelle ère commence pour la
Chine. Le grand et difficile problème de l'ouverture du Cé-
leste Empire est résolu. Sortant d'un isolement séculaire de
quatre mille ans, il entre enfin dans le concert du monde, et il
est livré à l'activité, aux lumières, à la science, au commerce
des nations occidentales. Désormais la religion chrétienne
pourra être pratiquée sans crainte dans tout l'empire, et nos
missionnaires seront à l'abri de persécutions incessantes.
» Le premier acte de l'ambassadeur de France, aussitôt
après la signature de la paix, a été de demander aux deux
hauts commissaires l'élargissement immédiat des chrétiens
détenus depuis de longues années dans l'intérieur de l'em-
pire; il a pu donner les noms de quelques-uns, et il lui a
été promis qu'un ordre émané de Pékin allait leur rendre
immédiatement la liberté.
» Après un séjour d'une semaine à Tien-tsin, les quatre
plénipotentiaires de France, d'Angleterre, de Russie et des
Etats-Unis comptent rejoindre leur navire et se rendre à
Shang-haï, puis au Japon. Le Laplace et le Présent, arrivés
de France ces jours-ci, accompagneront, dit-on, l'Auda-
cieuse à Nangasaki ou à Simoda.
MAI. de Bellecourt et Fréd. Bruce, premiers secrétaires des
ambassades française et anglaise, partiront sous peu pour
la France ; ils portent à Paris et à Londres les deux traités.
» On croit que le baron Gros et lord Elgin, avant de
quitter le golfe de Péchéli, veulent aller voir cette grande
muraille de la Chine, à la destruction de laquelle leur nom
se trouve désormais attaché. »
(Correspondance particulière du Moniteur.)
La teneur officielle du traité sera sans doute bientôt
connue. Les journaux anglais en ont donné une analyse
qui leur a été communiquée et que nous reproduirons au
moins en partie, en attendant le texte même du traité.
ERNEST DESPLACES.
LES CHINOIS EN AUSTRALIE.
Un anonyme qui signe Viator, et qui a fait dernièrement
un voyage dans la colonie de Victoria en Australie, adresse
au Times du 18 septembre quelques observations sur les
mesures que les gouvernements des colonies australiennes
ont prises ou vont prendre contre les Chinois. Après avoir
vécu pendant quelques semaines dans le voisinage immédiat
d'un camp de deux mille mineurs chinois, et ayant eu
d'autres occasions de connaître leurs habitudes de travail
assidu, de sobriété et d'obéissance aux autorités, il déclare
impolitiques et injustes les lourds impôts infligés à une classe
d'immigrants si éminemment précieuse dans une communauté
dont le besoin principal est le travail à bon marché. Dans
cette conviction, le Viator s'était proposé d'adresser au
ministre des colonies un Mémoire sur le système d'oppression
sous lequel souffrent les travailleurs chinois ; et pour exécu-
ter son projet, il n'attendait plus que l'arrivée de certains
documents d'Australie. Ces papiers ne lui étant pas parvenus,
il aurait encore gardé le silence, si le Sydney-Herald n'avait
annoncé que la Nouvelle-Galles du Sud est sur le point de
suivre le funeste exemple de la colonie de Victoria. Il ajoute
à la fin de sa lettre qu'en présence du traité avec la Chine,
dans lequel la libre entrée des Anglais dans l'Empire Céleste
est considérée comme une des stipulations les plus impor-
tantes, il y a lieu d'espérer que le gouvernement prendra
des mesures pour la prompte suppression de ces restrictions
injustes et illibérales exercées contre les Chinois sur le terri-
toire anglais.
Le Times du 21 septembre publie deux lettres en réponse
aux observations de Viator sur les dernières mesures prises
contre les Chinois en Australie. Les deux correspondants,
qui ont également résidé en Australie , dépeignent les
Chinois comme atteints des vices les plus répugnants, et
comme n'étant aucunement disposés à s'occuper de travaux
industriels ou agricoles, et par conséquent peu utiles à la
jeune société de l'Australie. Les Chinois qui arrivent en
Australie sont tous des hommes, et augmentent si rapide-
ment par les nouveaux arrivages, qu'ils dépasseraient bien,
tôt en nombre la population européenne. Us sont tous des
chercheurs d'or, ne contribuant ni à l'exportation ni à l'im-
portation; car ils vivent d'une petite quantité de riz, gardent
éternellement leurs vêtements chinois, et n'achètent ni terres,
ni maisons. Aussitôt qu'ils ont amassé assez d'or, ils re-
tournent en Chine. Ainsi ils seraient loin d'être cette classe
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