Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 octobre 1858 25 octobre 1858
Description : 1858/10/25 (A3,N57). 1858/10/25 (A3,N57).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62031036
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
LUNDI 25 OCTOBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 597
Compagnie dans tous les départements de la France et à
l'étranger seront constituées, M. de Lesseps ouvrira dans les
formes légales une souscription publique dont on connaîtra
les conditions par la voie des annonces.
» Cette résolution de M. de Lesseps obtiendra, nous n'en
doutons pas, l'approbation générale en France et en Europe.
Le moment est venu, pour les particuliers comme pour les
gouvernements qui se sont associés par leurs vœux à son
entreprise, de lui prêter leur concours actif, matériel, effi-
cace. Dans quelques semaines, le canal de Suez ne sera plus
seulement représenté par M. de Lesseps ; il sera représenté
par une Compagnie européenne, ou plutôt par une Compa-
gnie universelle, selon le titre qu'elle porte dans les statuts
approuvés par le Vice-roi d'Egypte. Ce ne sera plus l'œuvre
d'un seul ni de quelques-uns: ce sera l'oeuvre de tous. C'est
dans cette forme et dans ces conditions nouvelles qu'il faudra
considérer et apprécier cette entreprise à Londres et à Constan-
tinople. » L. ALLOURY.
LE "MORNING CHRONICLE » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning-Chronicle du 5 octobre publie un article
très-favorable au canal de Suez. Le voici presque en
entier :
« Une très-grande entreprise de notre siècle, le canal de
Suez, est sur le point d'être commencée, et avec tout espoir
d'un succès complet. Il est trop tard à présent pour évoquer
quelque prétendu épouvantail relativement aux difficultés
techniques, afin de soutenir quelque projet de politique
égoïste qui s'opposerait à une si belle œuvre, et à l'opinion
universellement exprimée en sa faveur. En effet, il est bizarre
dans notre dix-neuvième siècle d'entendre des hommes dont
le monde a depuis longtemps admis bénévolement l'expérience
et la réputation parler de difficultés de creuser ce qu'ils
désignent en même temps comme un « fossé '). Les personnes
qui ont couvert le monde civilisé d'un réseau de chemins de
fer, qui ont percé les montagnes les plus élevées et les plus
dures, qui entament même les Alpes pour mener à travers
leur centre un grand chemin de fer, sont celles que nous
nous attendrions à voir les dernières effrayées de quelques
milles de sable dans le désert. Les gens qui ont vu l'Atlantique
traversé par un télégraphe sous-marin, qui sont transportés
à raison de 60 milles par heure, qui voient le génie humain
triompher dans chaque pays des obstacles que la nature a en
vain opposés à nos progrès, croiront difficilement que deux
mers séparées par un isthme de 90 milles de sable, ne puissent
être réunies par un canal. Quand le génie humain a pu dire
« que les Alpes ne soient plus », devons-nous, quand il s'agit
de communications entre le monde ancien, et de réunion des
mers, devons-nous reculer au delà des jours des Pharaons,
et être stupéfiés du projet de canalisation de l'étroit isthme
de Suez?
» Si les fantômes de difficultés techniques ne nous effrayent
pas, le public sera encore moins alarmé par ces fantômes
politiques basés sur cette formule mystérieuse : « la politique
immuable de l'Angleterre o. Le grand prêtre de ces mystères
ne dirige plus les destinées de l'Angleterre et ne fait plus de
politique ambiguë et égoïste pour nous faire descendre dans
l'estime du monde civilisé. Aucune théorie absurde sur la sé-
paration de la Turquie et de l'Égypte ne peut plus être admise
à jeter sa poussière dans les yeux des nations de l'Europe
pour empêcher l'exécution d'une œuvre nécessaire ; et encore
moins arrivera-t-il qu'une pensée aussi égoïste que d'éloigner
tous les autres pays de l'Inde et de l'Orient pèse de quel-
que poids auprès des hommes pratiques et sensés. Nous
avons dit à plusieurs occasions que la marche suivie par lord
Palmerston à l'égard du canal de Suez, et son aveu qu'il
savait toujours être la politique immuable de l'Angleterre de
s'opposer au projet, tendaient à compromettre la position de
notre pays et à lui attirer l'aversion de tous les autres États de
l'Europe. Persévérer dans cette conduite en ce moment est
une absurdité et une contradiction. Nous avons pris la France
pour notre alliée dans la ville de Canton, et nos plénipoten-
tiaires viennent d'obtenir en commun de justes concessions
de l'empereur de Chine. Peut-il y avoir quelque chose de plus
monstrueux que de dire maintenant que nous nous opposons
par tous les moyens qui sont en notre pouvoir à la construc-
tion du canal proposé, parce qu'il donnera à la France de
plus grandes facilités pour faire le commerce avec ce pays,
dont les murs viennent de s'écrouler devant nos forces et
notre diplomatie combinées?
» Quel but aussi veut-on atteindre en continuant de mani-
fester de l'inquiétude à chaque mouvement que peut faire la
France pour rapprocher son commerce de nos possessions de
l'Inde? Nous avons depuis longtemps mis un terme au mono-
pole de la Compagnie de l'Inde en qualité de corporation
commerçante; le dernier débris de puissance administrative
a été pris à la Compagnie il y a quelques semaines. Nous
gouvernons l'Inde à présent par un pouvoir exécutif émanant
de la reine, et il serait étrange, en effet, qu'après avoir ôté
à notre commerce colonial les privilèges des lois de naviga-
tion, et avoir ouvert notre commerce à toutes les nations du
globe, nous fissions des efforts pour conserver le monopole
du commerce anglais dans l'Inde. Si l'on veut que la France
soit une alliée précieuse de l'Angleterre, il faut qu'elle par-
tage avec nous non-seulement les dangers et les gloires de la
guerre, mais aussi les bienfaits d'un commerce étendu. Non-
seulement à l'égard de la France, mais aussi à l'égard de
tous les autres pays, nous devons être contents de les voir
concourir avec nous au commerce de l'Orient. Que nous le
voulions ou non, les autres pays essayeront d'atteindre le
but par la route la plus courte et la plus pratique. Il peut
être de notre avantage de forcer les autres nations à faire le
voyage par la route du Cap; mais si quelques milliers de
milles peuvent être gagnés par un canal à travers l'isthme de
Suez, nul effort de l'Angleterre pour empêcher l'exécution
de l'œuvre ne continuera longtemps à être couronné de
succès.
» Une preuve que les autres pays sont déterminés à voir
exécuter le canal de Suez est donnée par ce fait, que les
autres États européens ont déjà fourni toutes les sommes
demandées pour achever cette grande entreprise, à l'exception
des 1,600,000 liv. st. réservées à l'Angleterre. »
Ici le Morning-Chronicle donne la répartition que
nos lecteurs connaissent, et il indique les dimensions
précises qu'aura le canal de Suez, d'après le Rapport de
la Commission internationale; puis il continue :
« Si la France a pu construire la digue de Cherbourg, les
efforts combinés de plusieurs nations civilisées réussiront
certainement à construire dans les basses eaux de la côte
égyptienne, des côtes de la mer Rouge et de la Méditerranée,
des jetées propres à former les entrées d'une grande œuvre
destinée à augmenter le commerce, à étendre la civilisation
et à conférer au monde des bienfaits durant tpus'ies siècles.
En ce qui concerne les profits pécuniaires pour ceux qui
Compagnie dans tous les départements de la France et à
l'étranger seront constituées, M. de Lesseps ouvrira dans les
formes légales une souscription publique dont on connaîtra
les conditions par la voie des annonces.
» Cette résolution de M. de Lesseps obtiendra, nous n'en
doutons pas, l'approbation générale en France et en Europe.
Le moment est venu, pour les particuliers comme pour les
gouvernements qui se sont associés par leurs vœux à son
entreprise, de lui prêter leur concours actif, matériel, effi-
cace. Dans quelques semaines, le canal de Suez ne sera plus
seulement représenté par M. de Lesseps ; il sera représenté
par une Compagnie européenne, ou plutôt par une Compa-
gnie universelle, selon le titre qu'elle porte dans les statuts
approuvés par le Vice-roi d'Egypte. Ce ne sera plus l'œuvre
d'un seul ni de quelques-uns: ce sera l'oeuvre de tous. C'est
dans cette forme et dans ces conditions nouvelles qu'il faudra
considérer et apprécier cette entreprise à Londres et à Constan-
tinople. » L. ALLOURY.
LE "MORNING CHRONICLE » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning-Chronicle du 5 octobre publie un article
très-favorable au canal de Suez. Le voici presque en
entier :
« Une très-grande entreprise de notre siècle, le canal de
Suez, est sur le point d'être commencée, et avec tout espoir
d'un succès complet. Il est trop tard à présent pour évoquer
quelque prétendu épouvantail relativement aux difficultés
techniques, afin de soutenir quelque projet de politique
égoïste qui s'opposerait à une si belle œuvre, et à l'opinion
universellement exprimée en sa faveur. En effet, il est bizarre
dans notre dix-neuvième siècle d'entendre des hommes dont
le monde a depuis longtemps admis bénévolement l'expérience
et la réputation parler de difficultés de creuser ce qu'ils
désignent en même temps comme un « fossé '). Les personnes
qui ont couvert le monde civilisé d'un réseau de chemins de
fer, qui ont percé les montagnes les plus élevées et les plus
dures, qui entament même les Alpes pour mener à travers
leur centre un grand chemin de fer, sont celles que nous
nous attendrions à voir les dernières effrayées de quelques
milles de sable dans le désert. Les gens qui ont vu l'Atlantique
traversé par un télégraphe sous-marin, qui sont transportés
à raison de 60 milles par heure, qui voient le génie humain
triompher dans chaque pays des obstacles que la nature a en
vain opposés à nos progrès, croiront difficilement que deux
mers séparées par un isthme de 90 milles de sable, ne puissent
être réunies par un canal. Quand le génie humain a pu dire
« que les Alpes ne soient plus », devons-nous, quand il s'agit
de communications entre le monde ancien, et de réunion des
mers, devons-nous reculer au delà des jours des Pharaons,
et être stupéfiés du projet de canalisation de l'étroit isthme
de Suez?
» Si les fantômes de difficultés techniques ne nous effrayent
pas, le public sera encore moins alarmé par ces fantômes
politiques basés sur cette formule mystérieuse : « la politique
immuable de l'Angleterre o. Le grand prêtre de ces mystères
ne dirige plus les destinées de l'Angleterre et ne fait plus de
politique ambiguë et égoïste pour nous faire descendre dans
l'estime du monde civilisé. Aucune théorie absurde sur la sé-
paration de la Turquie et de l'Égypte ne peut plus être admise
à jeter sa poussière dans les yeux des nations de l'Europe
pour empêcher l'exécution d'une œuvre nécessaire ; et encore
moins arrivera-t-il qu'une pensée aussi égoïste que d'éloigner
tous les autres pays de l'Inde et de l'Orient pèse de quel-
que poids auprès des hommes pratiques et sensés. Nous
avons dit à plusieurs occasions que la marche suivie par lord
Palmerston à l'égard du canal de Suez, et son aveu qu'il
savait toujours être la politique immuable de l'Angleterre de
s'opposer au projet, tendaient à compromettre la position de
notre pays et à lui attirer l'aversion de tous les autres États de
l'Europe. Persévérer dans cette conduite en ce moment est
une absurdité et une contradiction. Nous avons pris la France
pour notre alliée dans la ville de Canton, et nos plénipoten-
tiaires viennent d'obtenir en commun de justes concessions
de l'empereur de Chine. Peut-il y avoir quelque chose de plus
monstrueux que de dire maintenant que nous nous opposons
par tous les moyens qui sont en notre pouvoir à la construc-
tion du canal proposé, parce qu'il donnera à la France de
plus grandes facilités pour faire le commerce avec ce pays,
dont les murs viennent de s'écrouler devant nos forces et
notre diplomatie combinées?
» Quel but aussi veut-on atteindre en continuant de mani-
fester de l'inquiétude à chaque mouvement que peut faire la
France pour rapprocher son commerce de nos possessions de
l'Inde? Nous avons depuis longtemps mis un terme au mono-
pole de la Compagnie de l'Inde en qualité de corporation
commerçante; le dernier débris de puissance administrative
a été pris à la Compagnie il y a quelques semaines. Nous
gouvernons l'Inde à présent par un pouvoir exécutif émanant
de la reine, et il serait étrange, en effet, qu'après avoir ôté
à notre commerce colonial les privilèges des lois de naviga-
tion, et avoir ouvert notre commerce à toutes les nations du
globe, nous fissions des efforts pour conserver le monopole
du commerce anglais dans l'Inde. Si l'on veut que la France
soit une alliée précieuse de l'Angleterre, il faut qu'elle par-
tage avec nous non-seulement les dangers et les gloires de la
guerre, mais aussi les bienfaits d'un commerce étendu. Non-
seulement à l'égard de la France, mais aussi à l'égard de
tous les autres pays, nous devons être contents de les voir
concourir avec nous au commerce de l'Orient. Que nous le
voulions ou non, les autres pays essayeront d'atteindre le
but par la route la plus courte et la plus pratique. Il peut
être de notre avantage de forcer les autres nations à faire le
voyage par la route du Cap; mais si quelques milliers de
milles peuvent être gagnés par un canal à travers l'isthme de
Suez, nul effort de l'Angleterre pour empêcher l'exécution
de l'œuvre ne continuera longtemps à être couronné de
succès.
» Une preuve que les autres pays sont déterminés à voir
exécuter le canal de Suez est donnée par ce fait, que les
autres États européens ont déjà fourni toutes les sommes
demandées pour achever cette grande entreprise, à l'exception
des 1,600,000 liv. st. réservées à l'Angleterre. »
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précises qu'aura le canal de Suez, d'après le Rapport de
la Commission internationale; puis il continue :
« Si la France a pu construire la digue de Cherbourg, les
efforts combinés de plusieurs nations civilisées réussiront
certainement à construire dans les basses eaux de la côte
égyptienne, des côtes de la mer Rouge et de la Méditerranée,
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