Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-10-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 octobre 1858 10 octobre 1858
Description : 1858/10/10 (A3,N56). 1858/10/10 (A3,N56).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203102s
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
506
L'ISTHME DE SUEZ,
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
taires. La possession de Sarawak donnerait à l'Angleterre le
commandement de la côte-sud de la mer de la Chine, un
vaste terrain houiller, où il y a une population de travailleurs,
les moyens d'assurer la communication télégraphique avec
la Chine, et des ressources immenses de produits minéraux
et végétaux; enfin, une grande influence dans des parages
où il se fait annuellement un commerce considérable. Les
adresses dont nous avons parlé, attireront sans doute toute
l'attention du gouvernement. R. LINDAU.
On lit dans le Daily-News du 22 septembre :
« Les banquiers, marchands et autres habitants de la ville
de Norwich préparent une pétition au gouvernement sem-
blable à celle des négociants de Manchester , concernant l'im-
portance du petit royaume de sir James Brooke dans l'île de
Bornéo, et l'intérêt qu'a l'Angleterre de protéger et même
d'acquérir cette conquête d'un particulier. « Les considérants
de cette pétition sont les mêmes que celles qui ont été pré-
sentées par les négociants de Manchester dans l'adresse que
nous avons reproduite, page 254 de notre numéro du 25 mai
dernier. R. L.
Nous venons de signaler le mouvement qui se produit en
Angleterre en faveur d'une prise de possession du territoire
de Sarawak, et l'on vient de voir la pétition adressée à cette
fin au gouvernement par les négociants de Norwich. Ces
messieurs déclarent que la possession de Sarawak serait d'au-
tant plus avantageuse que l'établissement de l'île de Labouan
avait complètement échoué. Il paraît que cette affirmation est
susceptible de quelques objections, du moins un certain
Argus demande, dans une lettre adressée au Daily-News,
comment sir James Brooke a pu représenter comme manqué
l'établissement de l'île Labouan, tandis que lors de l'acquisition
de Sarawak il décrivait en ces termes Labouan : « Labouan,
autant que je connais les intentions et le but du gouvernement,
est supérieur à Sarawak, plus au centre, plus dominant,
possédant du charbon, et isolé. » L'Argus voudrait aussi savoir
comment sir James Brooke a le pouvoir de céder Sarawak à
l'Angleterre, l'ayant reçu du sultan de Bornéo sous la réserve
expresse de son autorité et à condition de payer un tribut
annuel. Cette rente a été convertie en un bail à renouvelle-
ment; mais cela ne donne pas encore le droit d'aliénation , et
n'est pas une raison pour que l'Angleterre devienne la pro-
priétaire de biens volés.
En attendant, sir James Brooke continue son voyage à
travers l'Angleterre, et vient d'assister à l'assemblée de la
Société de la propagation de l'Évangile, à Liverpool, où il a
exposé son opinion sur le succès des missions chrétiennes.
Suivant le rajah de Sarawak, ce succès sera toujours insigni-
fiant tant qu'il existera une barrière entre les blancs et les
nations d'une autre couleur, et tant que les Anglais ne cher-
cheront pas à se rapprocher intimement des gens qu'ils veulent
convertir. R. L.
L'EMPIRE BIRMAN.
Le Times donnait, dans un de ses derniers numéros, des
détails intéressants sur les relations les plus récentes qu'a eues
l'Angleterre avec le royaume des Birmans.
« Au commencement de l'année 1857, dix-huit mois après
la fin de la dernière guerre contre les Birmans, le roi actuel
d'Ava, dit le Times, envoya une mission avec des présents au
gouverneur général des Indes, alors lord Dalhousie. Pour ré-
pondre à cette politesse, et pour négocier un traité, le major
Arthur Phayre, gouverneur du Pégou, fut désigné comme am-
bassadeur auprès du souverain birman, et le capitaine Yule
fut nommé secrétaire de l'ambassade et chargé en même
temps de la rédaction du récit des négociations. L'ouvrage de
M. Yule vient de paraître, et quoique la mission n'ait pas
réussi à conclure un traité avantageux, elle a du moins eu le
mérite de nous faire connaître plus exactement un pays cu-
rieux qui fait aussi partie de ce fabuleux Orient, célèbre par
ses richesses et ses mystères. Les mœurs de ce pays sont en-
core d'une barbarie somptueuse. Des bateaux dorés avec des
rames également dorées naviguent encore sur l'Iraouaddy; les
bâtiments de guerre étaient festonnés de mousseline et de bro-
catelle, tandis que les navires ordinaires, avec leurs larges
voiles et leurs coques presque invisibles, ressemblaient à des
pavillons colossaux effleurant les eaux. Les constructions sur
les rives sont splendides et pittoresques; l'éléphant blanc est
encore vénéré avec pompe comme une divinité, et la suprême
prérogative d'une ombrelle blanche est encore réservée comme
un attribut exclusif à la royauté. Mais l'arrogance de la cour
birmane a considérablement diminué; les cérémonies humi-
liantes pour les étrangers sont abolies ou adoucies; les pré-
sents ont plus de valeur que les cinq concombres et les dix-
huit oranges qu'un des rois prédécesseurs du roi actuel offrit
en échange des présents de la Compagnie. En vertu de la ré-
cente épreuve contre les forces anglaises, le roi a condescendu
à être d'une civilité extraordinaire, et la voie a été préparée à
des relations plus libres et plus intimes. Le roi a dû accéder à
tous les désirs des Européens; sans d'ailleurs vouloir donner
aucune partie du territoire et agréer un résident anglais au-
près de sa cour. C'est un homme très-remarquable; doué
d'une intelligence peu ordinaire, il a sincèrement à cœur le
bien-être de son peuple, qui le considère comme le plus juste
et le meilleur des souverains que les Birmans aient jamais eus.
Quelques entrevues particulières permirent au major Phayre
de connaître les opinions et le caractère du monarque, qui pos-
sède des connaissances assez exactes sur l'état de l'Europe et
sur ses progrès industriels et scientifiques.
» Quant au pays lui-même, il exporte, outre le coton, quel-
ques autres articles d'une valeur peu considérable, ainsi que
les noix aréca du Penang et d'Achem, des nids d'oiseaux et
des têtes de poissons de Senakenini et des détroits, les ailes
d'une certaine espèce d'oiseau importée de l'Inde, des cornes
de cerf, quelques centaines de pièces d'étoffes américaines et
anglaises. Une pierre très-dure et transparente (appelée ser-
pentin noble par Crawfurd et Pemberlon) se trouve dans les
mines du district de Mogoung, et se vend en grandes quantités
aux Chinois. L'ambre, provenant d'un des ports du nord, est
également acheté par les Chinois. L'article principal de l'im-
portation est la soie provenant du Yunan et des villes inter-
médiaires. Une petite quantité de drap russe passe également
par la Chine à Amarapoura, une des villes principales du Bir-
man. La balance du commerce est contre la Chine et en fa-
veur du Birman. Les cotons exportés annuellement peuvent
être évalués à 225,000 liv. st., et les soies importées à
120,000 1. st., ce qui fait une balance d'environ 105,000 1. st.
pour la valeur des autres importations de Chine, y compris
l'or et l'argent.
n Un fait très-remarquable et tout à fait inattendu, c'est que
le thé vendu à Amarapoura ne vient pas de Chine. Il a été
constaté que de grandes quantités de thé sont importées dans
L'ISTHME DE SUEZ,
DIMANCHE 10 OCTOBRE.
taires. La possession de Sarawak donnerait à l'Angleterre le
commandement de la côte-sud de la mer de la Chine, un
vaste terrain houiller, où il y a une population de travailleurs,
les moyens d'assurer la communication télégraphique avec
la Chine, et des ressources immenses de produits minéraux
et végétaux; enfin, une grande influence dans des parages
où il se fait annuellement un commerce considérable. Les
adresses dont nous avons parlé, attireront sans doute toute
l'attention du gouvernement. R. LINDAU.
On lit dans le Daily-News du 22 septembre :
« Les banquiers, marchands et autres habitants de la ville
de Norwich préparent une pétition au gouvernement sem-
blable à celle des négociants de Manchester , concernant l'im-
portance du petit royaume de sir James Brooke dans l'île de
Bornéo, et l'intérêt qu'a l'Angleterre de protéger et même
d'acquérir cette conquête d'un particulier. « Les considérants
de cette pétition sont les mêmes que celles qui ont été pré-
sentées par les négociants de Manchester dans l'adresse que
nous avons reproduite, page 254 de notre numéro du 25 mai
dernier. R. L.
Nous venons de signaler le mouvement qui se produit en
Angleterre en faveur d'une prise de possession du territoire
de Sarawak, et l'on vient de voir la pétition adressée à cette
fin au gouvernement par les négociants de Norwich. Ces
messieurs déclarent que la possession de Sarawak serait d'au-
tant plus avantageuse que l'établissement de l'île de Labouan
avait complètement échoué. Il paraît que cette affirmation est
susceptible de quelques objections, du moins un certain
Argus demande, dans une lettre adressée au Daily-News,
comment sir James Brooke a pu représenter comme manqué
l'établissement de l'île Labouan, tandis que lors de l'acquisition
de Sarawak il décrivait en ces termes Labouan : « Labouan,
autant que je connais les intentions et le but du gouvernement,
est supérieur à Sarawak, plus au centre, plus dominant,
possédant du charbon, et isolé. » L'Argus voudrait aussi savoir
comment sir James Brooke a le pouvoir de céder Sarawak à
l'Angleterre, l'ayant reçu du sultan de Bornéo sous la réserve
expresse de son autorité et à condition de payer un tribut
annuel. Cette rente a été convertie en un bail à renouvelle-
ment; mais cela ne donne pas encore le droit d'aliénation , et
n'est pas une raison pour que l'Angleterre devienne la pro-
priétaire de biens volés.
En attendant, sir James Brooke continue son voyage à
travers l'Angleterre, et vient d'assister à l'assemblée de la
Société de la propagation de l'Évangile, à Liverpool, où il a
exposé son opinion sur le succès des missions chrétiennes.
Suivant le rajah de Sarawak, ce succès sera toujours insigni-
fiant tant qu'il existera une barrière entre les blancs et les
nations d'une autre couleur, et tant que les Anglais ne cher-
cheront pas à se rapprocher intimement des gens qu'ils veulent
convertir. R. L.
L'EMPIRE BIRMAN.
Le Times donnait, dans un de ses derniers numéros, des
détails intéressants sur les relations les plus récentes qu'a eues
l'Angleterre avec le royaume des Birmans.
« Au commencement de l'année 1857, dix-huit mois après
la fin de la dernière guerre contre les Birmans, le roi actuel
d'Ava, dit le Times, envoya une mission avec des présents au
gouverneur général des Indes, alors lord Dalhousie. Pour ré-
pondre à cette politesse, et pour négocier un traité, le major
Arthur Phayre, gouverneur du Pégou, fut désigné comme am-
bassadeur auprès du souverain birman, et le capitaine Yule
fut nommé secrétaire de l'ambassade et chargé en même
temps de la rédaction du récit des négociations. L'ouvrage de
M. Yule vient de paraître, et quoique la mission n'ait pas
réussi à conclure un traité avantageux, elle a du moins eu le
mérite de nous faire connaître plus exactement un pays cu-
rieux qui fait aussi partie de ce fabuleux Orient, célèbre par
ses richesses et ses mystères. Les mœurs de ce pays sont en-
core d'une barbarie somptueuse. Des bateaux dorés avec des
rames également dorées naviguent encore sur l'Iraouaddy; les
bâtiments de guerre étaient festonnés de mousseline et de bro-
catelle, tandis que les navires ordinaires, avec leurs larges
voiles et leurs coques presque invisibles, ressemblaient à des
pavillons colossaux effleurant les eaux. Les constructions sur
les rives sont splendides et pittoresques; l'éléphant blanc est
encore vénéré avec pompe comme une divinité, et la suprême
prérogative d'une ombrelle blanche est encore réservée comme
un attribut exclusif à la royauté. Mais l'arrogance de la cour
birmane a considérablement diminué; les cérémonies humi-
liantes pour les étrangers sont abolies ou adoucies; les pré-
sents ont plus de valeur que les cinq concombres et les dix-
huit oranges qu'un des rois prédécesseurs du roi actuel offrit
en échange des présents de la Compagnie. En vertu de la ré-
cente épreuve contre les forces anglaises, le roi a condescendu
à être d'une civilité extraordinaire, et la voie a été préparée à
des relations plus libres et plus intimes. Le roi a dû accéder à
tous les désirs des Européens; sans d'ailleurs vouloir donner
aucune partie du territoire et agréer un résident anglais au-
près de sa cour. C'est un homme très-remarquable; doué
d'une intelligence peu ordinaire, il a sincèrement à cœur le
bien-être de son peuple, qui le considère comme le plus juste
et le meilleur des souverains que les Birmans aient jamais eus.
Quelques entrevues particulières permirent au major Phayre
de connaître les opinions et le caractère du monarque, qui pos-
sède des connaissances assez exactes sur l'état de l'Europe et
sur ses progrès industriels et scientifiques.
» Quant au pays lui-même, il exporte, outre le coton, quel-
ques autres articles d'une valeur peu considérable, ainsi que
les noix aréca du Penang et d'Achem, des nids d'oiseaux et
des têtes de poissons de Senakenini et des détroits, les ailes
d'une certaine espèce d'oiseau importée de l'Inde, des cornes
de cerf, quelques centaines de pièces d'étoffes américaines et
anglaises. Une pierre très-dure et transparente (appelée ser-
pentin noble par Crawfurd et Pemberlon) se trouve dans les
mines du district de Mogoung, et se vend en grandes quantités
aux Chinois. L'ambre, provenant d'un des ports du nord, est
également acheté par les Chinois. L'article principal de l'im-
portation est la soie provenant du Yunan et des villes inter-
médiaires. Une petite quantité de drap russe passe également
par la Chine à Amarapoura, une des villes principales du Bir-
man. La balance du commerce est contre la Chine et en fa-
veur du Birman. Les cotons exportés annuellement peuvent
être évalués à 225,000 liv. st., et les soies importées à
120,000 1. st., ce qui fait une balance d'environ 105,000 1. st.
pour la valeur des autres importations de Chine, y compris
l'or et l'argent.
n Un fait très-remarquable et tout à fait inattendu, c'est que
le thé vendu à Amarapoura ne vient pas de Chine. Il a été
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