Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-09-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 septembre 1858 25 septembre 1858
Description : 1858/09/25 (A3,N55). 1858/09/25 (A3,N55).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203101c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
4i6 L'ISTHME DE SUEZ, SAMEDI 25 SEPTEMBRE
» moment où les obstacles qui entravent cette noble entreprise
» seront enfin levés par une politique éclairée et satisfai-
» santé.
» G. F. BARUFFI,
» professeur à l'Université royale de Turin. ))
LE « CONSTITUTIONNEL « ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Constitutionnel du 7 septembre publiait l'article
suivant, que nous reproduisons en entier :
« Plusieurs conseils généraux viennent de renouveler spon-
tanément le vœu qu'ils avaient émis l'année dernière en fa-
veur du percement de l'isthme de Suez. On n'a pas oublié que
la presque unanimité de ces assemblées s'était prononcée dans
ce sens en 1857. Ce fut une manifestation remarquable qui
prouva que la question était devenue nationale. Ce fut un
puissant encouragement pour le concessionnaire. Son entre-
prise, qui sort des conditions ordinaires des affaires indus-
trielles par son caractère éminemment civilisateur et par sa
portée politique, en reçut une nouvelle impulsion.
» Les témoignages de sympathie que viennent de formuler
plusieurs conseils, et notamment ceux des Bouches-du-Rhône,
de la Loire-Inférieure et de l'Hérault, montrent que l'opi-
nion, si fortement exprimée l'année dernière, n'a rien perdu
de sa vivacité. Bien loin de là; il semble qu'elle ait acquis
une plus grande énergie par suite de l'opposition injuste que
le percement de l'isthme de Suez a rencontrée en Angleterre.
Cette opposition même a servi l'entreprise, parce que, dans
tout le reste de l'Europe, on s'est révolté naturellement contre
l'injustice. Le sentiment de la grandeur du projet s'est aug-
menté de toute la réprobation qu'ont inspirée les manœuvres
pour le faire avorter. Aussi la question n'a jamais été plus
populaire qu'en ce moment.
» Jamais non plus l'opinion qui a adopté cette entreprise,
qui la porte et qui l'a tant grandie , n'a été plus près de
triompher.
» La situation était difficile à l'époque où les délégués des
départements envoyaient de tous les points de la France, au
percement de l'isthme de Suez, leur importante adhésion;
mais elle a bien changé depuis lors. Fort de l'appui de ses
concitoyens, le concessionnaire a poursuivi son œuvre avec
un redoublement d'énergie et de ténacité. Il a recueilli en
Autriche, en Égypte, en Russie, en Espagne, en Italie et en
Hollande les assurances les plus éclatantes d'un cordial con-
cours.
» Ainsi, le faisceau des sympathies de l'Europe a été ras-
semblé pendant l'intervalle qui s'est écoulé entre les deux
sessions des conseils généraux.
Reste l'Angleterre. Mais sa politique a changé de ton , et
son attitude s'est singulièrement modifiée. Le gouvernement
de la Grande-Bretagne était encore dirigé l'année dernière par
un homme d"Etat qui s'était prononcé contre le percement de
l'isthme de Suez avec cet absolutisme qu'il apportait en toute
chose.-En même temps, la nation anglaise était représentée
à Constantinople par un diplomate dont le caractère entier
était devenu proverbial, et qui, sachant inspirer aux ministres
du sultan une véritable terreur, n'usait de son influence que
pour contrecarrer toutes les entreprises qui ne portaient pas
le cachet de son patronage exclusif.
L'administration qui leur a succédé, bien qu'elle ait ac-
cepté, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, la poli-
tique de ses prédécesseurs, est cependant beaucoup moins
déterminée dans son opposition au percement de l'isthme de
Suez. Elle s'est trouvée, sur ce sujet, en dissentiment avec les
principaux membres du Parlement, et en particulier avec
lord John Russell et M. Gladstone. Elle a vu les chefs du parti
libéral, MM. Roebuck, Milner-Gibson, Bright, blâmer sa
conduite en cette affaire, comme contraire aux principes de
liberté politique et commerciale, dont ces membres de la
Chambre sont les principaux représentants. Enfin elle a pu
constater les germes d'une coalition de tout ce qu'il y a de
députés studieux et libéraux, coalition généreuse dont la-force
s'augmente avec le temps qui prouve de plus en plus les
avantages immenses et la facilité du percement de l'isthme de
Suez. Aussi a-t-elle montré dans sa résistance une hésitation
très caractérisée. M. Disraéli s'est réservé, en termes très-
clairs, la possibilité d'adhérer à l'exécution de l'entreprise, et
il s'est cru même obligé de nier, contre l'évidence, que le
ministère anglais exerçât à ce sujet aucune pression sur la
Porte Ottomane.
» Enfin, après la clôture du Parlement, M. Stéphenson,
ingénieur et membre de la Chambre des Communes, en An-
gleterre, a eu l'idée de publier une lettre pour combattre le
projet de percement de l'isthme. Nous avons reproduit et ré -
futé ses arguments. Mais ce que nous n'avons pas dit, ce sont
les sarcasmes unanimes qu'il a recueillis pour prix de son
intervention malheureuse; c'est l'étonnement qu'a excité par-
tout la pauvreté de ses raisons. La réputation du célèbre
ingénieur en a souffert, et le cabinet, qui ne s'attendait pas
à recevoir ce pavé de l'ours, en est resté étourdi, à tel point
que pas un journal ministériel n'a pris, en Angleterre, la
défense de M. Stéphenson, attaqué de tous côtés.
» Telle étant la situation, quel parti le concessionnaire de
l'entreprise avait-il à prendre? Recevant des encouragements
dans toute l'Europe ; mandataire en quelque sorte de toutes
les marines commerciales qui ont un intérêt puissant à ce que
son projet soit exécuté le plus promptement possible; assuré,
par une enquête personnelle, que le commerce maritime de
l'Angleterre ne fait pas défaut dans ce concours des intérêts
qoi réclament l'ouverture de l'isthme de Suez; voyant d'ailleurs
que la civilisation dans cette affaire a des droits supérieurs
contre lesquels ne sauraient prévaloir aucune jalousie, aucun
mauvais vouloir, il a compris que la période de discussion
était passée et que le moment était venu d'abandonner le do-
maine de la théorie pour entrer dans la voie de l'exécution ,
surtout en considérant que, depuis l'époque de la concession,
toutes les études, tous les travaux préparatoires ont été
complétés.
» Mais, d'un autre côté, comme l'affaire soulève des ques-
tions politiques, qu'il n'est pas dans les attributions du con-
cessionnaire de traiter, et qu'il est au-dessus des forces d'un
simple particulier de résoudre, M. Ferdinand de Lesseps a
laissé aux divers gouvernements le soin de s'entendre, selon
qu'ils le jugeront à propos, sur ces questions qui ne sont pas
de sa compétence. Il s'en remet, en toute confiance et en toute
sécurité , comme citoyen français, à l'empereur et à son gou-
vernement, pour la protection de ses droits de concession-
naire et des intérêts que cette concession crée en France. Et,
par suite, il va procéder incessamment, dans les termes des
statuts approuvés par le Vice-roi d'Egypte, à la formation de
la compagnie qui pourrait déjà exister depuis quatre ans, en
vertu de l'acte émané de Saïd-Pacha.
» C'est ainsi que le vœu public recevra enfin satisfaction.
« De France, une fois encore, sera partie l'initiative géné-
reuse dans une question de progrès et d'intérêt général. Et,
gràce à cette initiative, dont notre compatriote a été, dans
cette circonstance, le digne représentant, l'on verra, dans j
1
» moment où les obstacles qui entravent cette noble entreprise
» seront enfin levés par une politique éclairée et satisfai-
» santé.
» G. F. BARUFFI,
» professeur à l'Université royale de Turin. ))
LE « CONSTITUTIONNEL « ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Constitutionnel du 7 septembre publiait l'article
suivant, que nous reproduisons en entier :
« Plusieurs conseils généraux viennent de renouveler spon-
tanément le vœu qu'ils avaient émis l'année dernière en fa-
veur du percement de l'isthme de Suez. On n'a pas oublié que
la presque unanimité de ces assemblées s'était prononcée dans
ce sens en 1857. Ce fut une manifestation remarquable qui
prouva que la question était devenue nationale. Ce fut un
puissant encouragement pour le concessionnaire. Son entre-
prise, qui sort des conditions ordinaires des affaires indus-
trielles par son caractère éminemment civilisateur et par sa
portée politique, en reçut une nouvelle impulsion.
» Les témoignages de sympathie que viennent de formuler
plusieurs conseils, et notamment ceux des Bouches-du-Rhône,
de la Loire-Inférieure et de l'Hérault, montrent que l'opi-
nion, si fortement exprimée l'année dernière, n'a rien perdu
de sa vivacité. Bien loin de là; il semble qu'elle ait acquis
une plus grande énergie par suite de l'opposition injuste que
le percement de l'isthme de Suez a rencontrée en Angleterre.
Cette opposition même a servi l'entreprise, parce que, dans
tout le reste de l'Europe, on s'est révolté naturellement contre
l'injustice. Le sentiment de la grandeur du projet s'est aug-
menté de toute la réprobation qu'ont inspirée les manœuvres
pour le faire avorter. Aussi la question n'a jamais été plus
populaire qu'en ce moment.
» Jamais non plus l'opinion qui a adopté cette entreprise,
qui la porte et qui l'a tant grandie , n'a été plus près de
triompher.
» La situation était difficile à l'époque où les délégués des
départements envoyaient de tous les points de la France, au
percement de l'isthme de Suez, leur importante adhésion;
mais elle a bien changé depuis lors. Fort de l'appui de ses
concitoyens, le concessionnaire a poursuivi son œuvre avec
un redoublement d'énergie et de ténacité. Il a recueilli en
Autriche, en Égypte, en Russie, en Espagne, en Italie et en
Hollande les assurances les plus éclatantes d'un cordial con-
cours.
» Ainsi, le faisceau des sympathies de l'Europe a été ras-
semblé pendant l'intervalle qui s'est écoulé entre les deux
sessions des conseils généraux.
Reste l'Angleterre. Mais sa politique a changé de ton , et
son attitude s'est singulièrement modifiée. Le gouvernement
de la Grande-Bretagne était encore dirigé l'année dernière par
un homme d"Etat qui s'était prononcé contre le percement de
l'isthme de Suez avec cet absolutisme qu'il apportait en toute
chose.-En même temps, la nation anglaise était représentée
à Constantinople par un diplomate dont le caractère entier
était devenu proverbial, et qui, sachant inspirer aux ministres
du sultan une véritable terreur, n'usait de son influence que
pour contrecarrer toutes les entreprises qui ne portaient pas
le cachet de son patronage exclusif.
L'administration qui leur a succédé, bien qu'elle ait ac-
cepté, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, la poli-
tique de ses prédécesseurs, est cependant beaucoup moins
déterminée dans son opposition au percement de l'isthme de
Suez. Elle s'est trouvée, sur ce sujet, en dissentiment avec les
principaux membres du Parlement, et en particulier avec
lord John Russell et M. Gladstone. Elle a vu les chefs du parti
libéral, MM. Roebuck, Milner-Gibson, Bright, blâmer sa
conduite en cette affaire, comme contraire aux principes de
liberté politique et commerciale, dont ces membres de la
Chambre sont les principaux représentants. Enfin elle a pu
constater les germes d'une coalition de tout ce qu'il y a de
députés studieux et libéraux, coalition généreuse dont la-force
s'augmente avec le temps qui prouve de plus en plus les
avantages immenses et la facilité du percement de l'isthme de
Suez. Aussi a-t-elle montré dans sa résistance une hésitation
très caractérisée. M. Disraéli s'est réservé, en termes très-
clairs, la possibilité d'adhérer à l'exécution de l'entreprise, et
il s'est cru même obligé de nier, contre l'évidence, que le
ministère anglais exerçât à ce sujet aucune pression sur la
Porte Ottomane.
» Enfin, après la clôture du Parlement, M. Stéphenson,
ingénieur et membre de la Chambre des Communes, en An-
gleterre, a eu l'idée de publier une lettre pour combattre le
projet de percement de l'isthme. Nous avons reproduit et ré -
futé ses arguments. Mais ce que nous n'avons pas dit, ce sont
les sarcasmes unanimes qu'il a recueillis pour prix de son
intervention malheureuse; c'est l'étonnement qu'a excité par-
tout la pauvreté de ses raisons. La réputation du célèbre
ingénieur en a souffert, et le cabinet, qui ne s'attendait pas
à recevoir ce pavé de l'ours, en est resté étourdi, à tel point
que pas un journal ministériel n'a pris, en Angleterre, la
défense de M. Stéphenson, attaqué de tous côtés.
» Telle étant la situation, quel parti le concessionnaire de
l'entreprise avait-il à prendre? Recevant des encouragements
dans toute l'Europe ; mandataire en quelque sorte de toutes
les marines commerciales qui ont un intérêt puissant à ce que
son projet soit exécuté le plus promptement possible; assuré,
par une enquête personnelle, que le commerce maritime de
l'Angleterre ne fait pas défaut dans ce concours des intérêts
qoi réclament l'ouverture de l'isthme de Suez; voyant d'ailleurs
que la civilisation dans cette affaire a des droits supérieurs
contre lesquels ne sauraient prévaloir aucune jalousie, aucun
mauvais vouloir, il a compris que la période de discussion
était passée et que le moment était venu d'abandonner le do-
maine de la théorie pour entrer dans la voie de l'exécution ,
surtout en considérant que, depuis l'époque de la concession,
toutes les études, tous les travaux préparatoires ont été
complétés.
» Mais, d'un autre côté, comme l'affaire soulève des ques-
tions politiques, qu'il n'est pas dans les attributions du con-
cessionnaire de traiter, et qu'il est au-dessus des forces d'un
simple particulier de résoudre, M. Ferdinand de Lesseps a
laissé aux divers gouvernements le soin de s'entendre, selon
qu'ils le jugeront à propos, sur ces questions qui ne sont pas
de sa compétence. Il s'en remet, en toute confiance et en toute
sécurité , comme citoyen français, à l'empereur et à son gou-
vernement, pour la protection de ses droits de concession-
naire et des intérêts que cette concession crée en France. Et,
par suite, il va procéder incessamment, dans les termes des
statuts approuvés par le Vice-roi d'Egypte, à la formation de
la compagnie qui pourrait déjà exister depuis quatre ans, en
vertu de l'acte émané de Saïd-Pacha.
» C'est ainsi que le vœu public recevra enfin satisfaction.
« De France, une fois encore, sera partie l'initiative géné-
reuse dans une question de progrès et d'intérêt général. Et,
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