Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-09-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 septembre 1858 25 septembre 1858
Description : 1858/09/25 (A3,N55). 1858/09/25 (A3,N55).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203101c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
484 L'ISTHME DE SUEZ, SAMEDI 25 SEPTEMBRE.
FAITS DIVERS.
La dernière malle de Bombay est du 19 août, et d'Aden
29 du même mois.
A cette date, rien d'important ne s'était produit dans les
Indes.
En Chine la paix a été signée ainsi que nous l'annoncons
plus haut, et le traité est actuellement en France et en An-
gleterre. On en saura prochainement la teneur officielle,
et nous ne manquerons pas de la faire connaître à nos lec-
teurs.
Le steamer Lady Canning était arrivé à Suez le 6 sep-
tembre venant de Yembo et amenant les princes marocains
de retour de leur pèlerinage à la Mecque. Sur la route de
Médine, ces princes avaient été dévalisés par des Bédouins,
et c'est à peine s'ils avaient pu sauver leur vie en payant une
très-forte rançon.
— Les secrétaires de l'Eglise de Londres, les Sociétés Wes-
leyennes, et d'autres personnes de distinction, notamment
quelques représentants de grandes maisons de banque, ont
adressé à lord Derby un mémoire dans lequel ils engagent le
ministre à prendre les mesures nécessaires pour réduire
u l'immoral trafic » de l'opium dans les plus étroites limites
possibles. Les considérants s'appuient sur les arguments con-
nus, et discutés en grande partie dans la brochure « Our policy
in China », dont nous avons donné une analyse.
Il est probable que dans les négociations qui vont suivre le
traité avec la Chine, il sera question du commerce de l'opium.
— En vertu d'une décision impériale du 15 septembre
1858, rendue sur le rapport de l'amiral ministre de la ma-
rine, M. le vice-amiral Rigault de Genouilly, commandant en
chef la division navale des mers de la Chine, joindra à ce
titre celui de commandant du corps expéditionnaire dans ces
parages. Moniteur universel du 19 septembre.
- Une lettre adressée au Times, du 15 septembre, par le
secrétaire de la Compagnie de navigation à vapeur orientale,
annonce qu'il n'a pas du tout été question, comme plusieurs
journaux l'ont affirmé, de vendre le "Grand Oriental » à
une nouvelle Compagnie. Mais la majorité des directeurs, et
plusieurs des principaux actionnaires, ont donné leur assenti-
ment à un projet bien réfléchi et combinant les intérêts des
actionnaires avec une ample contribution de nouveaux capi-
taux. Ce projet sera prochainement soumis aux actionnaires.
Malgré la lettre du Times, le Grand Oriental paraît avoir
été vendu le 16 septembre pour une somme de 6,250,000 fr.
Il en a coûté aux actionnaires à peu près quatre fois autant.
- M. Daniel Baker, président de la Compagnie de naviga-
tion à vapeur orientale, le capitaine Harrison et M. Yates,
secrétaire de la Compagnie, se sont rendus le 16 à Bristol
pour examiner les docks à l'embouchure de l'Avan et pour
s'assurer de la possibilité de les adapter pour les besoins du
Grand Oriental. Après avoir pris connaissance des plans
de l'ingénieur Thornton, ces messieurs ont déclaré qu'avec
les travaux proposés, Bristol serait le meilleur port de départ
pour le Grand Oriental; il serait notamment préférable à
Milfond-Haven, seul endroit que jusqu'aujourd'hui on avait
trouvé propre à devenir une station pour le navire-monstre.
- On lit dans une correspondance du Times :
Vienne, le 7 septembre.
« L'établissement d'une ligne télégraphique de Raguse à
Alexandrie est enfin décidé. Le gouvernement autrichien s'en-
gage à poser trois câbles entre Raguse, Corfou, Zante, Candie
et Alexandrie, et de les céder ensuite à une Compagnie anglo-
autrichienne. Les gouvernements anglais et autrichien garan-
tissent 6 p. 100 de tout le capital dépensé pour la construc-
tion de ce télégraphe sous-marin. On assure que les dépêches
du premier, expédiées par des agents anglais, auront la pré-
férence sur toutes les autres, quant à la transmission. Cette
ligne, de Raguse à Alexandrie, aura bientôt des embranche-
ments : 1° de Corfou à Malte, Cagliari et la Spezzia; 2° de
Zante en Morée; 3° de Candie à Constantinople. C'est M. Gis-
borne qui entreprend cette dernière ligne. )
— Nous avons déjà signalé les efforts faits par l'associa-
tion pour l'approvisionnement du coton, afin de donner à cette
culture une plus grande extension en Turquie. Le correspon-
dant du Daily-News, à qui nous avions emprunté ces ren-
seignements, donne, dans le numéro du 31 août, des extraits
des rapports envoyés par les consuls des différentes provinces.
En général l'état des choses est partout le même; le sol est de
nature excellente et très-propre à la cutture du coton; mais
l'indolence des habitants et le manque de communications
constituent des obstacles presque insurmontables. Dans la
Turquie d'Europe, la plus grande partie du sol est réservée à
la culture des céréales, et il serait difficile de pousser les ha-
bitants à cultiver le coton sur une plus grande échelle. Les
riches plateaux de l'Asie-Mineure produisent à peu près
35,000 balles (i 9,250,000 livres) de matières premières,
dont 15,000 sont exportés. Avec des routes se dirigeant vers
la mer, et un peu de protection pour les cultivateurs contre
les fermiers des impôts et les gouverneurs, la production du
coton pourrait être quintuplée dans l'Asie Mineure. Les îles
de Rhodes, de Chypre et de Candie sont également propres à
la culture du coton; seulement il manque des bras. Mais les
provinces d'où l'on pourrait tirer les plus fortes provisions de
coton sont les provinces au delà de l'Euphrate. Tout le nord
de la Mésopotamie et les vastes plaines qui s'étendent à l'est du
Tigre jusqu'aux montagnes du Kurdistan, pourraient être con-
vertis en un immense champ de coton assez étendu pour
rendre l'industrie de Manchester complètement indépendante
de l'Amérique. Même dans l'état actuel des choses, le coton
forme un des produits principaux de ces pays, bien que leur
distance de la mer et le manque de routes en mettent l'expor-
tation hors de cause. Cependant les routes seules ne suffiraient
pas; il faudrait encore réformer totalement le système des
impôts et ses innombrables abus. Ainsi donc on peut résumer
l'état général des choses en ces mots : le sol de la Turquie est
éminemment propre à la culture du coton, et pourrait appro-
visionner toute l'industrie anglaise; mais avant de pouvoir
arriver à cet heureux résultat, il faut attendre la réforme to-
tale de l'administration turque, un changement complet du
caractère des populations et l'établissement d'un réseau de
routes.
Cet avenir est malheureusement bien éloigné.
Pour tous les Faits divers,
ERNEST DESPLACES.
NOUVELLES D'ÉGYPTE
(Correspondance particulière de /'ISTHME DE SUEZ.)
Alexandrie, 7 septembre 1858.
Une nouvelle bien importante que vous aurez sans doute
déjà apprise par le télégraphe, quand cette lettre vous par-
viendra, c'est le traité de paix qui est définitivement conclu
avec la Chine.
Le frère de lord Elgin vient d'arriver à Suez, porteur du
FAITS DIVERS.
La dernière malle de Bombay est du 19 août, et d'Aden
29 du même mois.
A cette date, rien d'important ne s'était produit dans les
Indes.
En Chine la paix a été signée ainsi que nous l'annoncons
plus haut, et le traité est actuellement en France et en An-
gleterre. On en saura prochainement la teneur officielle,
et nous ne manquerons pas de la faire connaître à nos lec-
teurs.
Le steamer Lady Canning était arrivé à Suez le 6 sep-
tembre venant de Yembo et amenant les princes marocains
de retour de leur pèlerinage à la Mecque. Sur la route de
Médine, ces princes avaient été dévalisés par des Bédouins,
et c'est à peine s'ils avaient pu sauver leur vie en payant une
très-forte rançon.
— Les secrétaires de l'Eglise de Londres, les Sociétés Wes-
leyennes, et d'autres personnes de distinction, notamment
quelques représentants de grandes maisons de banque, ont
adressé à lord Derby un mémoire dans lequel ils engagent le
ministre à prendre les mesures nécessaires pour réduire
u l'immoral trafic » de l'opium dans les plus étroites limites
possibles. Les considérants s'appuient sur les arguments con-
nus, et discutés en grande partie dans la brochure « Our policy
in China », dont nous avons donné une analyse.
Il est probable que dans les négociations qui vont suivre le
traité avec la Chine, il sera question du commerce de l'opium.
— En vertu d'une décision impériale du 15 septembre
1858, rendue sur le rapport de l'amiral ministre de la ma-
rine, M. le vice-amiral Rigault de Genouilly, commandant en
chef la division navale des mers de la Chine, joindra à ce
titre celui de commandant du corps expéditionnaire dans ces
parages. Moniteur universel du 19 septembre.
- Une lettre adressée au Times, du 15 septembre, par le
secrétaire de la Compagnie de navigation à vapeur orientale,
annonce qu'il n'a pas du tout été question, comme plusieurs
journaux l'ont affirmé, de vendre le "Grand Oriental » à
une nouvelle Compagnie. Mais la majorité des directeurs, et
plusieurs des principaux actionnaires, ont donné leur assenti-
ment à un projet bien réfléchi et combinant les intérêts des
actionnaires avec une ample contribution de nouveaux capi-
taux. Ce projet sera prochainement soumis aux actionnaires.
Malgré la lettre du Times, le Grand Oriental paraît avoir
été vendu le 16 septembre pour une somme de 6,250,000 fr.
Il en a coûté aux actionnaires à peu près quatre fois autant.
- M. Daniel Baker, président de la Compagnie de naviga-
tion à vapeur orientale, le capitaine Harrison et M. Yates,
secrétaire de la Compagnie, se sont rendus le 16 à Bristol
pour examiner les docks à l'embouchure de l'Avan et pour
s'assurer de la possibilité de les adapter pour les besoins du
Grand Oriental. Après avoir pris connaissance des plans
de l'ingénieur Thornton, ces messieurs ont déclaré qu'avec
les travaux proposés, Bristol serait le meilleur port de départ
pour le Grand Oriental; il serait notamment préférable à
Milfond-Haven, seul endroit que jusqu'aujourd'hui on avait
trouvé propre à devenir une station pour le navire-monstre.
- On lit dans une correspondance du Times :
Vienne, le 7 septembre.
« L'établissement d'une ligne télégraphique de Raguse à
Alexandrie est enfin décidé. Le gouvernement autrichien s'en-
gage à poser trois câbles entre Raguse, Corfou, Zante, Candie
et Alexandrie, et de les céder ensuite à une Compagnie anglo-
autrichienne. Les gouvernements anglais et autrichien garan-
tissent 6 p. 100 de tout le capital dépensé pour la construc-
tion de ce télégraphe sous-marin. On assure que les dépêches
du premier, expédiées par des agents anglais, auront la pré-
férence sur toutes les autres, quant à la transmission. Cette
ligne, de Raguse à Alexandrie, aura bientôt des embranche-
ments : 1° de Corfou à Malte, Cagliari et la Spezzia; 2° de
Zante en Morée; 3° de Candie à Constantinople. C'est M. Gis-
borne qui entreprend cette dernière ligne. )
— Nous avons déjà signalé les efforts faits par l'associa-
tion pour l'approvisionnement du coton, afin de donner à cette
culture une plus grande extension en Turquie. Le correspon-
dant du Daily-News, à qui nous avions emprunté ces ren-
seignements, donne, dans le numéro du 31 août, des extraits
des rapports envoyés par les consuls des différentes provinces.
En général l'état des choses est partout le même; le sol est de
nature excellente et très-propre à la cutture du coton; mais
l'indolence des habitants et le manque de communications
constituent des obstacles presque insurmontables. Dans la
Turquie d'Europe, la plus grande partie du sol est réservée à
la culture des céréales, et il serait difficile de pousser les ha-
bitants à cultiver le coton sur une plus grande échelle. Les
riches plateaux de l'Asie-Mineure produisent à peu près
35,000 balles (i 9,250,000 livres) de matières premières,
dont 15,000 sont exportés. Avec des routes se dirigeant vers
la mer, et un peu de protection pour les cultivateurs contre
les fermiers des impôts et les gouverneurs, la production du
coton pourrait être quintuplée dans l'Asie Mineure. Les îles
de Rhodes, de Chypre et de Candie sont également propres à
la culture du coton; seulement il manque des bras. Mais les
provinces d'où l'on pourrait tirer les plus fortes provisions de
coton sont les provinces au delà de l'Euphrate. Tout le nord
de la Mésopotamie et les vastes plaines qui s'étendent à l'est du
Tigre jusqu'aux montagnes du Kurdistan, pourraient être con-
vertis en un immense champ de coton assez étendu pour
rendre l'industrie de Manchester complètement indépendante
de l'Amérique. Même dans l'état actuel des choses, le coton
forme un des produits principaux de ces pays, bien que leur
distance de la mer et le manque de routes en mettent l'expor-
tation hors de cause. Cependant les routes seules ne suffiraient
pas; il faudrait encore réformer totalement le système des
impôts et ses innombrables abus. Ainsi donc on peut résumer
l'état général des choses en ces mots : le sol de la Turquie est
éminemment propre à la culture du coton, et pourrait appro-
visionner toute l'industrie anglaise; mais avant de pouvoir
arriver à cet heureux résultat, il faut attendre la réforme to-
tale de l'administration turque, un changement complet du
caractère des populations et l'établissement d'un réseau de
routes.
Cet avenir est malheureusement bien éloigné.
Pour tous les Faits divers,
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Alexandrie, 7 septembre 1858.
Une nouvelle bien importante que vous aurez sans doute
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viendra, c'est le traité de paix qui est définitivement conclu
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