Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-09-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 septembre 1858 25 septembre 1858
Description : 1858/09/25 (A3,N55). 1858/09/25 (A3,N55).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203101c
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
SAMEDI 25 SEPTEMBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 483
LA CHINE ET L'INDE At POINT DE VUE ANGLAIS.
Dans un article du Times du 4 septembre sur la si-
tuation de FOrient, nous lisons les réflexions suivantes
qui méritent d'être remarquées :
« Ces deux grands événements de 1858, l'inauguration
d'un nouveau gouvernement dans l'Inde et l'ouverture du
vaste empire de Chine, donneront un intérêt extraordinaire à
nos relations futures avec l'Orient. On ne peut pas dire
cependant qu'il y ait beaucoup de liaison entre ces deux
pays; car bien que la Chine soit actuellement contiguë à
l'Inde sur un certain parcours de ses frontières, et que son
gouvernement ait fait autrefois la guerre au Népaul, les rela-
tions entre les autorités de Calcutta et celles de Pékin ont
été insignifiantes. Nous ne pouvons pas dire non plus que
nos relations avec la Chine aient jamais été directement af-
fectées par notre position dans l'Hindoustan.
» Cependant avec le nouvel ordre de choses tout cela
pourrait bien changer, et l'Inde et la Chine étant toutes les
deux ouvertes à l'entreprise anglaise, nous serons peut-être
témoins de quelques changements simultanés dans ces vastes
Etats de l'est. Nous sommes disposés à croire que l'Inde sera
le plus important de ces deux États. De tous les nouveaux
engagements avec la Chine, nous avons peu à espérer au
delà de la liberté du commerce, plus ou moins sincèrement
maintenue. Nous aurons du thé à meilleur marché, avantage
considérable vu la nécessité absolue de cet article, et des
marchés plus avantageux pour nos produits industriels. Quant
à l'influence politique, il est bien reconnu que nous ne vou-
lons pas acquérir de territoire, si ce n'est pour les vrais
besoins de notre commerce, tandis qu'en même temps il
serait difficile de trouver une population moins impression-
nable en général que celle du Céleste Empire. Il n'y a pas
de mystère autour des Chinois comme celui qui couvre les
institutions du Japon. Ils sont une race intelligente, im-
prégnée des traditions d'une haute antiquité, mais accablés
à cause de leur nombre excessif de préoccupations incessantes
et poussés à employer toutes les ressources de leur aclivité
et de leur énergie pour n'arriver après tout qu'à une pauvre
subsistance.
» Dans l'Inde l'avenir est tout différent; car nous y sommes
les maîtres du pays, et le sol a été nettoyé et préparé pour
une nouvelle administration. L'Inde modifiera son caractère
selon notre gouvernement, et ce gouvernement exprimera
désormais une politique plus positive. La Reine ne saurait
gouverner, comme la Compagnie, dans les seules conditions
de bon marché et de non-intervention. Il faut que nous don-
nions aux Hindous de meilleures lois, une justice plus écono-
mique et une instruction plus complète. Il faut que nous
rétablissions chez eux la conviction que nous sommes les
meilleurs maîtres qu'ils puissent avoir, et nous devons leur
prouver que nous sommes aussi leurs meilleurs amis. L'in-
fluence de l'énergie et du capital de l'Europe sera appliquée
aux ressources immenàes mais non développées de l'Hindou-
stan, et il serait en effet étrange qu'une race intelligente et
souple ne trouvât pas ses plus chers intérêts à seconder la
politique d'un gouvernement puissant et bienfaisant.' »
Pèràoiihë n'est mieux placé sans doiite qlie le Times
pour bien juger des relations de l'Angleterre avec l'Inde
- qu'elle possède, et de la Chine qui s'ouvre tout entière à
son commerce. Cependant on peut trouver que les pré-
visions du grand journal ne sont pas aussi exactes qu'on
pourrait le désirer. Il est aujourd'hui bien difficile de
dire quels seront les résultats de cet immense événement
de l'ouverture de la Chine ; et comme le commerbe an-
glais s'y monte dès aujourd'hui, et malgré toutes les
entraves actuelles, à plus de 800 millions de francs, il
n'est pas aisé de calculer ce qu'il deviendra quand il
pourra s'adresser eh toute liberté à un marché de 400
millions de consommateurs. D'après les lettrés que le
Times lui-même a publiées, et que nous avons repro-
duites dans le temps (Voir nos numéros du 25 novem-
bre 1857, p. 506, et du 10 janvier, 10 février et 25 fé-
vrier 1858, p. 28, 79 et 102), il ne paraît pas que la vie
du peuple chinois soit aussi malheureuse que le Times
nous le dit. L'agriculture est pdrtêe, dans Certains dis- -
tricts, aussi loin qu'elle l'est dans les meilleures parties
de la Grande-Bretagne et de la France. L'industrie n'est
pas moins avancée pour une toulë d'objets de tout genre.
Il y a là matière à des échanges considérables, et nous
nous en fions à l'activité anglo-saxonne pour tirer parti
de tous ces éléments.
Il est donc bien possible qu'un jour, et même dans
peu d'années, si la paix se consolide, la Chine soit pour
l'Angleterre plus lucrative que les Indes elles-mêmes.
Nous ne croyons pas certainement que le traité de Tien-
tsin termine tout, et que dès a présent la libre pratique
de la Chine entière soit acquise aux peuples de l'Occi-
dent. Mais le plus grand pas vient d'être fait, et les pro-
grès ultérieurs seront de plus en plus certains.
Quant à l'Inde, le Times a bien raison en rappelant
tous les devoirs que l'Angleterre contracte envers les in-
digènes. Ce sont là des considérations morales qui do-
minent toutes les questions de commerce et d'empire. La
race hindoue, qui au fond est la même que la nôtre,
pourra s'assimiler plus aisément que les Chinois la civi-
lisatiôii des peuples chrétiens. Mais il faut avec cette
race intelligente bien plus de ménagements et bien plus
de délicate bienveillance qu'avec les Chinois. Les mo-
numents de l'esprit indien valent les nôtres à bien des
égards, tandis que l'esprit chinois, tout curieux qu'il
peut être à connaître, reste dans son ensemble fort infé-
rieur au génie hindou et surtout au génie européen.
C'est donc une bien grande tâche , quelque belle
qu'elle soit, qu'entreprend la. Couronne d'Angleterre;
c'est une immense responsabilité qu'elle assume; et l'a-
venir jilgëra jusqu'à qtièl point elle aura su remplir ces
magnifiques et laborieux devoirs. Quant à nous, nous ne
pouvons que répéter les voeux déjà exprimés par nous
bien des fois; au point de vue du canal de Suez,
nous souhaitons atdemment le succès de cette œuvre de
civilisation et de moralité dont parle le Times. Plus
l'Inde sera prospère et laborieuse, pacifique et active,
éclairée et satisfaite; plus les transactions commerciales
de tout genre s'y développeront, et plus les revenus du
canal maritime s'en accroîtront. Cet avenir nous semble
assuré, pour peu que l'on sache tenir les engagements
que le peuple anglais vient de prendre à la face du
monde, et l'on peut ajouter, devant Dieu lui-même.
R. LINDAU.
LA CHINE ET L'INDE At POINT DE VUE ANGLAIS.
Dans un article du Times du 4 septembre sur la si-
tuation de FOrient, nous lisons les réflexions suivantes
qui méritent d'être remarquées :
« Ces deux grands événements de 1858, l'inauguration
d'un nouveau gouvernement dans l'Inde et l'ouverture du
vaste empire de Chine, donneront un intérêt extraordinaire à
nos relations futures avec l'Orient. On ne peut pas dire
cependant qu'il y ait beaucoup de liaison entre ces deux
pays; car bien que la Chine soit actuellement contiguë à
l'Inde sur un certain parcours de ses frontières, et que son
gouvernement ait fait autrefois la guerre au Népaul, les rela-
tions entre les autorités de Calcutta et celles de Pékin ont
été insignifiantes. Nous ne pouvons pas dire non plus que
nos relations avec la Chine aient jamais été directement af-
fectées par notre position dans l'Hindoustan.
» Cependant avec le nouvel ordre de choses tout cela
pourrait bien changer, et l'Inde et la Chine étant toutes les
deux ouvertes à l'entreprise anglaise, nous serons peut-être
témoins de quelques changements simultanés dans ces vastes
Etats de l'est. Nous sommes disposés à croire que l'Inde sera
le plus important de ces deux États. De tous les nouveaux
engagements avec la Chine, nous avons peu à espérer au
delà de la liberté du commerce, plus ou moins sincèrement
maintenue. Nous aurons du thé à meilleur marché, avantage
considérable vu la nécessité absolue de cet article, et des
marchés plus avantageux pour nos produits industriels. Quant
à l'influence politique, il est bien reconnu que nous ne vou-
lons pas acquérir de territoire, si ce n'est pour les vrais
besoins de notre commerce, tandis qu'en même temps il
serait difficile de trouver une population moins impression-
nable en général que celle du Céleste Empire. Il n'y a pas
de mystère autour des Chinois comme celui qui couvre les
institutions du Japon. Ils sont une race intelligente, im-
prégnée des traditions d'une haute antiquité, mais accablés
à cause de leur nombre excessif de préoccupations incessantes
et poussés à employer toutes les ressources de leur aclivité
et de leur énergie pour n'arriver après tout qu'à une pauvre
subsistance.
» Dans l'Inde l'avenir est tout différent; car nous y sommes
les maîtres du pays, et le sol a été nettoyé et préparé pour
une nouvelle administration. L'Inde modifiera son caractère
selon notre gouvernement, et ce gouvernement exprimera
désormais une politique plus positive. La Reine ne saurait
gouverner, comme la Compagnie, dans les seules conditions
de bon marché et de non-intervention. Il faut que nous don-
nions aux Hindous de meilleures lois, une justice plus écono-
mique et une instruction plus complète. Il faut que nous
rétablissions chez eux la conviction que nous sommes les
meilleurs maîtres qu'ils puissent avoir, et nous devons leur
prouver que nous sommes aussi leurs meilleurs amis. L'in-
fluence de l'énergie et du capital de l'Europe sera appliquée
aux ressources immenàes mais non développées de l'Hindou-
stan, et il serait en effet étrange qu'une race intelligente et
souple ne trouvât pas ses plus chers intérêts à seconder la
politique d'un gouvernement puissant et bienfaisant.' »
Pèràoiihë n'est mieux placé sans doiite qlie le Times
pour bien juger des relations de l'Angleterre avec l'Inde
- qu'elle possède, et de la Chine qui s'ouvre tout entière à
son commerce. Cependant on peut trouver que les pré-
visions du grand journal ne sont pas aussi exactes qu'on
pourrait le désirer. Il est aujourd'hui bien difficile de
dire quels seront les résultats de cet immense événement
de l'ouverture de la Chine ; et comme le commerbe an-
glais s'y monte dès aujourd'hui, et malgré toutes les
entraves actuelles, à plus de 800 millions de francs, il
n'est pas aisé de calculer ce qu'il deviendra quand il
pourra s'adresser eh toute liberté à un marché de 400
millions de consommateurs. D'après les lettrés que le
Times lui-même a publiées, et que nous avons repro-
duites dans le temps (Voir nos numéros du 25 novem-
bre 1857, p. 506, et du 10 janvier, 10 février et 25 fé-
vrier 1858, p. 28, 79 et 102), il ne paraît pas que la vie
du peuple chinois soit aussi malheureuse que le Times
nous le dit. L'agriculture est pdrtêe, dans Certains dis- -
tricts, aussi loin qu'elle l'est dans les meilleures parties
de la Grande-Bretagne et de la France. L'industrie n'est
pas moins avancée pour une toulë d'objets de tout genre.
Il y a là matière à des échanges considérables, et nous
nous en fions à l'activité anglo-saxonne pour tirer parti
de tous ces éléments.
Il est donc bien possible qu'un jour, et même dans
peu d'années, si la paix se consolide, la Chine soit pour
l'Angleterre plus lucrative que les Indes elles-mêmes.
Nous ne croyons pas certainement que le traité de Tien-
tsin termine tout, et que dès a présent la libre pratique
de la Chine entière soit acquise aux peuples de l'Occi-
dent. Mais le plus grand pas vient d'être fait, et les pro-
grès ultérieurs seront de plus en plus certains.
Quant à l'Inde, le Times a bien raison en rappelant
tous les devoirs que l'Angleterre contracte envers les in-
digènes. Ce sont là des considérations morales qui do-
minent toutes les questions de commerce et d'empire. La
race hindoue, qui au fond est la même que la nôtre,
pourra s'assimiler plus aisément que les Chinois la civi-
lisatiôii des peuples chrétiens. Mais il faut avec cette
race intelligente bien plus de ménagements et bien plus
de délicate bienveillance qu'avec les Chinois. Les mo-
numents de l'esprit indien valent les nôtres à bien des
égards, tandis que l'esprit chinois, tout curieux qu'il
peut être à connaître, reste dans son ensemble fort infé-
rieur au génie hindou et surtout au génie européen.
C'est donc une bien grande tâche , quelque belle
qu'elle soit, qu'entreprend la. Couronne d'Angleterre;
c'est une immense responsabilité qu'elle assume; et l'a-
venir jilgëra jusqu'à qtièl point elle aura su remplir ces
magnifiques et laborieux devoirs. Quant à nous, nous ne
pouvons que répéter les voeux déjà exprimés par nous
bien des fois; au point de vue du canal de Suez,
nous souhaitons atdemment le succès de cette œuvre de
civilisation et de moralité dont parle le Times. Plus
l'Inde sera prospère et laborieuse, pacifique et active,
éclairée et satisfaite; plus les transactions commerciales
de tout genre s'y développeront, et plus les revenus du
canal maritime s'en accroîtront. Cet avenir nous semble
assuré, pour peu que l'on sache tenir les engagements
que le peuple anglais vient de prendre à la face du
monde, et l'on peut ajouter, devant Dieu lui-même.
R. LINDAU.
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