Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-09-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 10 septembre 1858 10 septembre 1858
Description : 1858/09/10 (A3,N54). 1858/09/10 (A3,N54).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203100z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
458 L'ISTHME DE SUEZ, VENDREDI 10 SEPTEMBRE.
chacune. Les présidents des principaux chemins de fer de
l'Inde figurent comme directeurs, et ils conduiront les négo-
ciations avec le gouvernement. En cas de succès, la Trésorerie
nommera probablement un ou deux directeurs ex officio, et
les autres membres du bureau seront nommés par les action-
naires. »
On voit que la pose du câble atlantique a encouragé
l'esprit d'entreprise en Angleterre, en même temps
qu'on y sent de plus en plus le besoin et l'importance
d'une rapide communication avec toutes les colonies.
Le Daily-News, dans un article sur les télégraphes
océaniques, fait à ce sujet les observations suivantes :
« Nos gouverneurs coloniaux, aussi bien que nos ambas-
sadeurs à l'étranger , n'ont aucunement besoin d'être aussi
indépendants qu'ils le sont en réalité; et ils ne nous embar-
rasseraient pas dans une infinité de questions inextricables,
s'ils pouvaient communiquer en cinq minutes avec le secré-
taire des affaires étrangères ou des colonies. Imaginez l'Inde,
l'Australie, la Chine et le cap de Bonne-Espérance unis à
l'Angleterre par un télégraphe, et le grand Chatham ou Wel-
lington à la tête des affaires, lorsque l'insurrection de l'Inde
éclata; on peut se figurer combien ils auraient vite comprimé
l'émeute des cipayes et quels télégrammes ils auraient à
l'instant même expédiés. Pour les gouverneurs de l'Australie,
de Hong-kong , de Ceylan , de l'ile Maurice et du cap de
Bonne-Espérance, le télégramme aurait été : « Une grande
» rébellion a éclaté dans l'Inde ; emparez-vous de tous les
» navires et paquebots pour envoyer à Calcutta tous les sol-
» dats dont vous pouvez vous passer. » Pour les gouverneurs
de l'Inde, le télégramme aurait été : « Envoyez tous les va-
» peurs que vous pouvez avoir à Suez pour prendre des
» troupes. » Pour l'amiral, à Malte, il aurait été : « Allez
» avec votre escadre à Alexandrie, et demandez au Pacha de
» permettre le passage de troupes à travers l'Egypte. »
» Des millions sont engagés dans la navigation et les car-
gaisons des navires, et 20 à 25 p. 100 sont payés quelquefois
pour les assurer, parce que nous ne savons pas s'ils sont en
sûreté ou non. Lorsque le vapeur Oneida eut des avaries
dans l'océan Indien, il était déjà en sûreté dans un port de
l'Australie deux mois avant que l'on en entendit parler en
Angleterre. Pendant ce temps on faisait ici toutes sortes de
conjectures, et à bord de Y Oneida on fit la remarque que
l'on donnerait bien 1,000 liv. st. pour le seul télégramme :
ce Oneida en sûreté, ) expédié en Angleterre. Des milliers de
personnes riches voyagent à bord des vapeurs, et chacune
d'elles serait heureuse de pouvoir envoyer de ses nouvelles
dans quelque autre partie du monde. A chaque heure il y
aurait des télégrammes composés de ces mots : « Arrivé sain
et sauf, » franchissant les océans dans toutes les directions, et
annonçant à la femme ou à la mère l'arrivée de son mari ou
de son fils à une distance de milliers de milles. »
Le Daily-News a mille fois raison ; et il n'y a rien
d'imaginaire dans ses hypothèses. Si le Cabinet de lord
Palmerston n'avait pas été aveuglé par d'injustifiables
préjugés, MM. Gisborne auraient établi leur télégraphe
électrique par la mer Rouge longtemps avant l'insur-
rection des cipayes ; et quoique lord Palmerston ne soit
Pam ni Wellington , il est à croire qu'il aurait
su tirer ùja utile parti de l'instrument merveilleux que
, l'industrie lui aurait mis en mains. Aujourd'hui même
; l'Angleterre en manque encore, parce que le Premier
L..} .-./
Ministre n'a pas voulu donner un argument de plus à
une entreprise qu'il combat aveuglément, tout utile
qu'elle serait à l'Angleterre.
G. WAGEMER.
FIN DE LA COMPAGNIE DES INDES.
Le Times du 30 août contenait dans son article de la
Cité les lignes suivantes :
« Mercredi prochain, 1er septembre, aura lieu la der-
» nière réunion de la cour des Directeurs de la Compa-
» gnie des Indes orientales. Avec la fin de ce jour, se
» terminera l'existence de la corporation. »
Le Times ne se trompait pas pour les Directeurs; mais
c'est le 30 août que la Compagnie a tenu sa dernière
séance en qualité de corporation gouvernant l'Inde an-
glaise. Après avoir entendu le rapport d'une commis-
sion financière chargée d'examiner quelques questions
de finances, notamment le rachat du dividende, l'éven-
tualité du remboursement du capital entier, et dans quel
cas la Compagnie acquerrait de nouveau le droit de faire
le commerce dans l'Inde, l'assemblée a voté à l'unani-
mité la résolution suivante :
u La Compagnie des Indes orientales en remettant, sur la
demande du Parlement, les pouvoirs appartenant au gouver-
nement du territoire britannique dans l'Inde, pouvoirs qu'elle
a exercés pendant longtemps comme chargée de la Couronne,
désire faire ses remercîments les plus chaleureux à ses ser-
viteurs et officiers de tout rang et de toute position, pour la
fidélité, le zèle et l'activité avec lesquels ils ont rempli leurs
devoirs, et elle leur exprime ses meilleurs vœux pour leur
bien-être futur.
» A ceux qui sont natifs de l'Inde, la Compagnie a la sa-
tisfaction de pouvoir donner l'assurance qu'ils trouveront en
Sa Majesté la reine Victoria une souveraine généreuse qui se
souviendra de leurs services rendus sous le gouvernement qui
a possédé jusqu'ici l'honneur de représenter la souveraineté
britannique dans l'Inde, et qui sera toujours prête à récom-
penser la loyauté envers la Couronne anglaise.
» La Compagnie de l'Inde est persuadée que les membres
du département métropolitain du gouvernement de la Com-
pagnie maintiendront la haute réputation dont ce département
jouit à présent, et qu'ils continueront, au service de la Cou-
ronne, de commander l'estime et la confiance à leurs chefs et
au public.
» Quant à ses compatriotes employés dans l'Inde sous le
gouvernement de la Compagnie, soit civils, soit militaires, par-
ticulièrement ceux dont le devoir les a récemment soumis à
des épreuves d'une rigueur sans exemple, et qui ont fait leur
devoir si admirablement en gagnant les éloges et la sympathie
de leur souveraine et de leur patrie, la Compagnie des Indes
est fière de dire que leur conduite passée offre la plus sûre ga-
rantie que la Couronne n'aura pas de serviteurs plus capables
ni plus dévoués que ceux qui ont été formés par la Compa-
gnie. Et sans vouloir s'arroger pour elle-même ce qui est dû à
des hommes dont les noms sont honorés partout dans le monde
civilisé, la Compagnie a la confiance qu'elle ne sera pas ou-
bliée dans les pages d'une histoire impartiale, comme ayant
présenté, dans la carrière qu'elle a ouverte à ses serviteurs
militaires et civils aussi bien qu'aux vaillantes troupes de Sa j
Majesté, un champ pour l'exercice des plus hautes qualités de
l'homme d'État et du soldat. |
chacune. Les présidents des principaux chemins de fer de
l'Inde figurent comme directeurs, et ils conduiront les négo-
ciations avec le gouvernement. En cas de succès, la Trésorerie
nommera probablement un ou deux directeurs ex officio, et
les autres membres du bureau seront nommés par les action-
naires. »
On voit que la pose du câble atlantique a encouragé
l'esprit d'entreprise en Angleterre, en même temps
qu'on y sent de plus en plus le besoin et l'importance
d'une rapide communication avec toutes les colonies.
Le Daily-News, dans un article sur les télégraphes
océaniques, fait à ce sujet les observations suivantes :
« Nos gouverneurs coloniaux, aussi bien que nos ambas-
sadeurs à l'étranger , n'ont aucunement besoin d'être aussi
indépendants qu'ils le sont en réalité; et ils ne nous embar-
rasseraient pas dans une infinité de questions inextricables,
s'ils pouvaient communiquer en cinq minutes avec le secré-
taire des affaires étrangères ou des colonies. Imaginez l'Inde,
l'Australie, la Chine et le cap de Bonne-Espérance unis à
l'Angleterre par un télégraphe, et le grand Chatham ou Wel-
lington à la tête des affaires, lorsque l'insurrection de l'Inde
éclata; on peut se figurer combien ils auraient vite comprimé
l'émeute des cipayes et quels télégrammes ils auraient à
l'instant même expédiés. Pour les gouverneurs de l'Australie,
de Hong-kong , de Ceylan , de l'ile Maurice et du cap de
Bonne-Espérance, le télégramme aurait été : « Une grande
» rébellion a éclaté dans l'Inde ; emparez-vous de tous les
» navires et paquebots pour envoyer à Calcutta tous les sol-
» dats dont vous pouvez vous passer. » Pour les gouverneurs
de l'Inde, le télégramme aurait été : « Envoyez tous les va-
» peurs que vous pouvez avoir à Suez pour prendre des
» troupes. » Pour l'amiral, à Malte, il aurait été : « Allez
» avec votre escadre à Alexandrie, et demandez au Pacha de
» permettre le passage de troupes à travers l'Egypte. »
» Des millions sont engagés dans la navigation et les car-
gaisons des navires, et 20 à 25 p. 100 sont payés quelquefois
pour les assurer, parce que nous ne savons pas s'ils sont en
sûreté ou non. Lorsque le vapeur Oneida eut des avaries
dans l'océan Indien, il était déjà en sûreté dans un port de
l'Australie deux mois avant que l'on en entendit parler en
Angleterre. Pendant ce temps on faisait ici toutes sortes de
conjectures, et à bord de Y Oneida on fit la remarque que
l'on donnerait bien 1,000 liv. st. pour le seul télégramme :
ce Oneida en sûreté, ) expédié en Angleterre. Des milliers de
personnes riches voyagent à bord des vapeurs, et chacune
d'elles serait heureuse de pouvoir envoyer de ses nouvelles
dans quelque autre partie du monde. A chaque heure il y
aurait des télégrammes composés de ces mots : « Arrivé sain
et sauf, » franchissant les océans dans toutes les directions, et
annonçant à la femme ou à la mère l'arrivée de son mari ou
de son fils à une distance de milliers de milles. »
Le Daily-News a mille fois raison ; et il n'y a rien
d'imaginaire dans ses hypothèses. Si le Cabinet de lord
Palmerston n'avait pas été aveuglé par d'injustifiables
préjugés, MM. Gisborne auraient établi leur télégraphe
électrique par la mer Rouge longtemps avant l'insur-
rection des cipayes ; et quoique lord Palmerston ne soit
Pam ni Wellington , il est à croire qu'il aurait
su tirer ùja utile parti de l'instrument merveilleux que
, l'industrie lui aurait mis en mains. Aujourd'hui même
; l'Angleterre en manque encore, parce que le Premier
L..} .-./
Ministre n'a pas voulu donner un argument de plus à
une entreprise qu'il combat aveuglément, tout utile
qu'elle serait à l'Angleterre.
G. WAGEMER.
FIN DE LA COMPAGNIE DES INDES.
Le Times du 30 août contenait dans son article de la
Cité les lignes suivantes :
« Mercredi prochain, 1er septembre, aura lieu la der-
» nière réunion de la cour des Directeurs de la Compa-
» gnie des Indes orientales. Avec la fin de ce jour, se
» terminera l'existence de la corporation. »
Le Times ne se trompait pas pour les Directeurs; mais
c'est le 30 août que la Compagnie a tenu sa dernière
séance en qualité de corporation gouvernant l'Inde an-
glaise. Après avoir entendu le rapport d'une commis-
sion financière chargée d'examiner quelques questions
de finances, notamment le rachat du dividende, l'éven-
tualité du remboursement du capital entier, et dans quel
cas la Compagnie acquerrait de nouveau le droit de faire
le commerce dans l'Inde, l'assemblée a voté à l'unani-
mité la résolution suivante :
u La Compagnie des Indes orientales en remettant, sur la
demande du Parlement, les pouvoirs appartenant au gouver-
nement du territoire britannique dans l'Inde, pouvoirs qu'elle
a exercés pendant longtemps comme chargée de la Couronne,
désire faire ses remercîments les plus chaleureux à ses ser-
viteurs et officiers de tout rang et de toute position, pour la
fidélité, le zèle et l'activité avec lesquels ils ont rempli leurs
devoirs, et elle leur exprime ses meilleurs vœux pour leur
bien-être futur.
» A ceux qui sont natifs de l'Inde, la Compagnie a la sa-
tisfaction de pouvoir donner l'assurance qu'ils trouveront en
Sa Majesté la reine Victoria une souveraine généreuse qui se
souviendra de leurs services rendus sous le gouvernement qui
a possédé jusqu'ici l'honneur de représenter la souveraineté
britannique dans l'Inde, et qui sera toujours prête à récom-
penser la loyauté envers la Couronne anglaise.
» La Compagnie de l'Inde est persuadée que les membres
du département métropolitain du gouvernement de la Com-
pagnie maintiendront la haute réputation dont ce département
jouit à présent, et qu'ils continueront, au service de la Cou-
ronne, de commander l'estime et la confiance à leurs chefs et
au public.
» Quant à ses compatriotes employés dans l'Inde sous le
gouvernement de la Compagnie, soit civils, soit militaires, par-
ticulièrement ceux dont le devoir les a récemment soumis à
des épreuves d'une rigueur sans exemple, et qui ont fait leur
devoir si admirablement en gagnant les éloges et la sympathie
de leur souveraine et de leur patrie, la Compagnie des Indes
est fière de dire que leur conduite passée offre la plus sûre ga-
rantie que la Couronne n'aura pas de serviteurs plus capables
ni plus dévoués que ceux qui ont été formés par la Compa-
gnie. Et sans vouloir s'arroger pour elle-même ce qui est dû à
des hommes dont les noms sont honorés partout dans le monde
civilisé, la Compagnie a la confiance qu'elle ne sera pas ou-
bliée dans les pages d'une histoire impartiale, comme ayant
présenté, dans la carrière qu'elle a ouverte à ses serviteurs
militaires et civils aussi bien qu'aux vaillantes troupes de Sa j
Majesté, un champ pour l'exercice des plus hautes qualités de
l'homme d'État et du soldat. |
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