Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-09-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 septembre 1858 10 septembre 1858
Description : 1858/09/10 (A3,N54). 1858/09/10 (A3,N54).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203100z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
VENDREDI 10 SEPTEMBRE. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 453
lité contre un canal maritime à travers l'isthme de Suez; il
serait même charmé, dit-il, de voir un canal comme les
Dardanelles et le Bosphore à travers l'isthme qui sépare la
Méditerranée de la mer Rouge; mais il sait que ce canal est
impraticable ; et il en conclut sans autres façons que le projet
est de ceux qui ne méritent pas une sérieuse attention.
» Il s'appuie sur les opinions de M. Talabot, citées par
lui, sur son propre discours de 1851 à l'Institution des ingé-
nieurs civils qu'on trouve dans les Minutes of procedings,
vol. X, p. 10 à 13, et, pour d'autres détails, sur les opi-
nions du capitaine Spratt, dans une brochure intitulée : An
inquiry into the soundness of M. de Lesseps reasonings and
arguments on tlle practicability of the Suez canal by caplain
T. Spratt. 1858.
n Je crois qu'en réponse à tout cela, nous pouvons bien
nous permettre d'y opposer : le rapport de la Commission
internationale; les calculs de notre collègue l'ingénieur
Lieussou; les rapports de notre collègue l'inspecteur général
Renaud ; ceux du baron Charles Dupin ; ceux du capitaine Phi-
ligret; les écrits de nos collègues Paléocapa et de Négrelli;
mon discours à l'Académie des sciences à Amsterdam, et tant
d'autres écrits qui ont traité la question à fond.
» Je crois que le capitaine Spratt se trompe étrangement
dans ses raisonnements et dans ses conclusions sur les atter-
rissements qui menaceraient la durée des travaux à la mer
sur la côte de Péluse, et sur tout ce qui regarde la baie et la
rade de Tineh. La Commission internationale a répondu
d'avance à toutes les objections dans le § X du rapport.
» La Hollande a beaucoup d'analogie avec la basse Égypte
et il y a une grande ressemblance entre les situations hydro-
graphiques des deux pays. Il n'est donc pas étonnant que chez
nous et en Égypte il se présente bien des fois des cas ana-
logues, et c'est avec une grande satisfaction que j'ai remarqué
que, dans ces cas, les opinions unanimement adoptées par nos
ingénieurs chargés de travaux maritimes de la côte, des em-
bouchures et du cours de nos rivières coïncident toujours
parfaitement avec les principes admis dans le rapport de la
Commission internationale.
» Quant à mon opinion personnelle, je suis allé deux fois
en Egypte, où je suis resté plusieurs mois; j'ai traversé deux
fois le désert : la première fois de Suez par les lacs Amers et
le lac de Timsah jusqu'à la plage et dans la baie de Péluse; la
seconde fois du Caire par la vallée Toumilat jusqu'au lac
Timsah; et je suis revenu par la même route. J'ai exploré le
terrain partout où passera le canal maritime et le canal d'eau
douce; j'ai examiné la rade de Suez, les lacs Amers, les
restes des antiques canaux, le lac Timsah, le lac Menzaleh,
la plage de Péluse, la rade de Tineh et la vallée Toumilat;
avec tous les loisirs possibles pour étudier minutieusement le
terrain par des forages, et pour me former une opinion sur
ce que j'ai vu et examiné. Malheureusement cette opinion est
diamétralement opposée à celle de M. Stéphenson.
» C'est avec tout le respect dû à la haute réputation de
M. Stéphenson que je me permets, comme président de la
Commission internationale, de protester contre des opinions
qui me paraissent erronées, et qui ne sont, au reste, appuyées
sur aucune des preuves que nous pouvons exiger. Sauf
meilleurs renseignements, il me semble donc que je puis
persister aussi dans les opinions du rapport adoptées una-
nimement, après des discussions minutieuses et détaillées,
par tous les membres d'une Commission dont j'ai appris à
n'estimer que de plus en plus les hautes capacités et la droi-
ture incontestable. »
F. IV. CONRAD,
Président de la Commission internationale.
Nous reviendrons prochainement sur la brochure de
M. Conrad.
LE « MORNING ADVERTISER » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning Advertiser du 21 août critique amère-
ment la manière peu sérieuse dont un grand nombre
de membres du Parlement remplissent leur mandat, et
surtout la méthode, ou plutôt le manque de méthode
avec lequel le Parlement a traité les questions tech-
niques pendant la dernière session; il lui arrive ce qui
arrive dans tous les cas analogues : à savoir, que le
gouvernement dépose sa propre responsabilité et tout
son pouvoir entre les mains de son idole temporaire.
C'est ce qui est arrivé dans la question des aqueducs de
la métropole, et aussi dans la grande question du canal
de Suez.
« Un ingénieur, dit le Morning-Advertiser, qui est en
même temps un membre conservateur du Parlement, est ici
l'autorité suprême; et nous devons faire remarquer à cette
occasion combien les procédés et la politique des gouverne-
ments successifs se ressemblent dans leurs faiblesses tant
que le système parlementaire actuel est en vigueur. Car nous
trouvons que l'ancien gouvernement avait autant de foi dans
les assertions de l'ingénieur en question que M. Disraëli
semble disposé à en avoir. Pour notre part, nous ne croyons
pas qu'une opposition à une entreprise commerciale comme
l'établissement d'un canal entre la Méditerranée et la mer
Rouge puisse être justifiée par des raisons politiques, à
moins que, cette entreprise n'étant pas profitable, l'Angle-
terre puisse éventuellement être appelée à y prendre part.
Une grande nation commerciale et maritime n'a certainement
pas à craindre une nouvelle communication océanique, si
toutefois elle est praticable. S'il y avait un passage par la
mer Rouge, nous ne serions probablement pas troublés par
des massacres et des bombardements de Djeddah. Il n'a pas
non plus été donné de raisons scientifiques pour démontrer
l'impossibilité de l'entreprise. Des gens peuvent prendre un
air très-sage, secouer la tête et dire qu'ils n'ont pas besoin
d'expliquer les raisons de leur opinion, ou qu'ils tiennent de
la plus haute autorité que la chose est entièrement impos-
sible; mais de telles assertions n'auront pas d'influence au-
près du public. Que le projet du canal soit possible ou non ;
le- ipse dixit d'une autorité douteuse est une raison trop
légère, même aux yeux d'un ministre conservateur pour bâtir
une opposition là-dessus.
» La faute cependant en est au Parlement lui-même, et
elle est tout entière dans sa dépendance du caprice ou de
l'habileté de quelques prétendus politiques qui, pourvu qu'ils
se maintiennent au gouvernement, ne semblent pas se sou-
cier beaucoup de savoir comment seront satisfaits les intérêts
commerciaux et financiers de la nation. Si on laisse durer
cet état des choses, tous les intérêts du pays en souffriront
gravement avant que la santé nationale soit rétablie. Notre
politique nationale est maintenant réglée principalement
selon l'avantage d'une petite classe dominante; et par suite
l'intérêt du reste de la nation doit nécessairement être
négligé. »
Ces réflexions du Morning Advertiser sont très-justes,
du moins en ce qui concerne le canal de Suez. Il est
certain qne la question a été tranchée, sauf nouvelle
lité contre un canal maritime à travers l'isthme de Suez; il
serait même charmé, dit-il, de voir un canal comme les
Dardanelles et le Bosphore à travers l'isthme qui sépare la
Méditerranée de la mer Rouge; mais il sait que ce canal est
impraticable ; et il en conclut sans autres façons que le projet
est de ceux qui ne méritent pas une sérieuse attention.
» Il s'appuie sur les opinions de M. Talabot, citées par
lui, sur son propre discours de 1851 à l'Institution des ingé-
nieurs civils qu'on trouve dans les Minutes of procedings,
vol. X, p. 10 à 13, et, pour d'autres détails, sur les opi-
nions du capitaine Spratt, dans une brochure intitulée : An
inquiry into the soundness of M. de Lesseps reasonings and
arguments on tlle practicability of the Suez canal by caplain
T. Spratt. 1858.
n Je crois qu'en réponse à tout cela, nous pouvons bien
nous permettre d'y opposer : le rapport de la Commission
internationale; les calculs de notre collègue l'ingénieur
Lieussou; les rapports de notre collègue l'inspecteur général
Renaud ; ceux du baron Charles Dupin ; ceux du capitaine Phi-
ligret; les écrits de nos collègues Paléocapa et de Négrelli;
mon discours à l'Académie des sciences à Amsterdam, et tant
d'autres écrits qui ont traité la question à fond.
» Je crois que le capitaine Spratt se trompe étrangement
dans ses raisonnements et dans ses conclusions sur les atter-
rissements qui menaceraient la durée des travaux à la mer
sur la côte de Péluse, et sur tout ce qui regarde la baie et la
rade de Tineh. La Commission internationale a répondu
d'avance à toutes les objections dans le § X du rapport.
» La Hollande a beaucoup d'analogie avec la basse Égypte
et il y a une grande ressemblance entre les situations hydro-
graphiques des deux pays. Il n'est donc pas étonnant que chez
nous et en Égypte il se présente bien des fois des cas ana-
logues, et c'est avec une grande satisfaction que j'ai remarqué
que, dans ces cas, les opinions unanimement adoptées par nos
ingénieurs chargés de travaux maritimes de la côte, des em-
bouchures et du cours de nos rivières coïncident toujours
parfaitement avec les principes admis dans le rapport de la
Commission internationale.
» Quant à mon opinion personnelle, je suis allé deux fois
en Egypte, où je suis resté plusieurs mois; j'ai traversé deux
fois le désert : la première fois de Suez par les lacs Amers et
le lac de Timsah jusqu'à la plage et dans la baie de Péluse; la
seconde fois du Caire par la vallée Toumilat jusqu'au lac
Timsah; et je suis revenu par la même route. J'ai exploré le
terrain partout où passera le canal maritime et le canal d'eau
douce; j'ai examiné la rade de Suez, les lacs Amers, les
restes des antiques canaux, le lac Timsah, le lac Menzaleh,
la plage de Péluse, la rade de Tineh et la vallée Toumilat;
avec tous les loisirs possibles pour étudier minutieusement le
terrain par des forages, et pour me former une opinion sur
ce que j'ai vu et examiné. Malheureusement cette opinion est
diamétralement opposée à celle de M. Stéphenson.
» C'est avec tout le respect dû à la haute réputation de
M. Stéphenson que je me permets, comme président de la
Commission internationale, de protester contre des opinions
qui me paraissent erronées, et qui ne sont, au reste, appuyées
sur aucune des preuves que nous pouvons exiger. Sauf
meilleurs renseignements, il me semble donc que je puis
persister aussi dans les opinions du rapport adoptées una-
nimement, après des discussions minutieuses et détaillées,
par tous les membres d'une Commission dont j'ai appris à
n'estimer que de plus en plus les hautes capacités et la droi-
ture incontestable. »
F. IV. CONRAD,
Président de la Commission internationale.
Nous reviendrons prochainement sur la brochure de
M. Conrad.
LE « MORNING ADVERTISER » ET LE CANAL DE SUEZ.
Le Morning Advertiser du 21 août critique amère-
ment la manière peu sérieuse dont un grand nombre
de membres du Parlement remplissent leur mandat, et
surtout la méthode, ou plutôt le manque de méthode
avec lequel le Parlement a traité les questions tech-
niques pendant la dernière session; il lui arrive ce qui
arrive dans tous les cas analogues : à savoir, que le
gouvernement dépose sa propre responsabilité et tout
son pouvoir entre les mains de son idole temporaire.
C'est ce qui est arrivé dans la question des aqueducs de
la métropole, et aussi dans la grande question du canal
de Suez.
« Un ingénieur, dit le Morning-Advertiser, qui est en
même temps un membre conservateur du Parlement, est ici
l'autorité suprême; et nous devons faire remarquer à cette
occasion combien les procédés et la politique des gouverne-
ments successifs se ressemblent dans leurs faiblesses tant
que le système parlementaire actuel est en vigueur. Car nous
trouvons que l'ancien gouvernement avait autant de foi dans
les assertions de l'ingénieur en question que M. Disraëli
semble disposé à en avoir. Pour notre part, nous ne croyons
pas qu'une opposition à une entreprise commerciale comme
l'établissement d'un canal entre la Méditerranée et la mer
Rouge puisse être justifiée par des raisons politiques, à
moins que, cette entreprise n'étant pas profitable, l'Angle-
terre puisse éventuellement être appelée à y prendre part.
Une grande nation commerciale et maritime n'a certainement
pas à craindre une nouvelle communication océanique, si
toutefois elle est praticable. S'il y avait un passage par la
mer Rouge, nous ne serions probablement pas troublés par
des massacres et des bombardements de Djeddah. Il n'a pas
non plus été donné de raisons scientifiques pour démontrer
l'impossibilité de l'entreprise. Des gens peuvent prendre un
air très-sage, secouer la tête et dire qu'ils n'ont pas besoin
d'expliquer les raisons de leur opinion, ou qu'ils tiennent de
la plus haute autorité que la chose est entièrement impos-
sible; mais de telles assertions n'auront pas d'influence au-
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le- ipse dixit d'une autorité douteuse est une raison trop
légère, même aux yeux d'un ministre conservateur pour bâtir
une opposition là-dessus.
» La faute cependant en est au Parlement lui-même, et
elle est tout entière dans sa dépendance du caprice ou de
l'habileté de quelques prétendus politiques qui, pourvu qu'ils
se maintiennent au gouvernement, ne semblent pas se sou-
cier beaucoup de savoir comment seront satisfaits les intérêts
commerciaux et financiers de la nation. Si on laisse durer
cet état des choses, tous les intérêts du pays en souffriront
gravement avant que la santé nationale soit rétablie. Notre
politique nationale est maintenant réglée principalement
selon l'avantage d'une petite classe dominante; et par suite
l'intérêt du reste de la nation doit nécessairement être
négligé. »
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