Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-08-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 août 1858 25 août 1858
Description : 1858/08/25 (A3,N53). 1858/08/25 (A3,N53).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203099r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
416 L'ISTHME DE SUEZ, MERCREDI 25 AOUT.
canal, comme une autorité tout à fait invincible, n'ait pas
droit À JJIUS d'autorité dans cette question que les noms de
tous les autres hommes éminents de sa profession, mais qu'au
contraire l'opinion du comité d'ingénieurs qui ont visité les
lieux et l'opinion des agents qui pendant un mois ont été
occupés à sonder le fond de la baye, à prendre note de la
direction des courants et à lever avec beaucoup de soin un
plan hydrographique de ses baies, a nécessairement plus de
poids que l'opinion de l'homme, fût-il l'ingénieur le plus an-
cien de la terre, qui n'a jamais été sur les lieux en question.
Si le chevalier Négrelli n'avait pas attaqué M. Stéphenson
« d'une manière peu courtoise et même, en quelque sorte, in-
juste, » la lettre de ce dernier n'aurait jamais paru dans le
Times, et son autorité pourrait encore être jetée à la face
de tous ces législateurs rebelles qui sont assez dépourvus
de raison pour en demander une avant de se décider à
adopter l'opinion d'un autre homme. « 0 Samuel, pourquoi
n'y a-t-il pas eu un alibi? » et ô M. Disraëli, pourquoi ne vous
êles-vous pas procuré un homme qui n'aurait jamais écrit
des lettres et divulgué la vérité, qui a détruit le prestige dont
vous l'aviez entouré d'une manière si utile pour vos propres
projets? )
Le Morning Star du 5 août publie la lettre suivante :
LA MER ROUGE ET LA MÉDITERRANÉE.
A L'ÉDITEUR DU « STAR. »
Monsieur, j'ai lu une longue lettre de M. R. Stéphenson,
membre du Parlement, dans laquelle, l'auteur veut prouver
que le percement du canal de Suez est impraticable. D'après
cette lettre, toute la discussion entre les ingénieurs tourne au-
tour de la question de savoir si la Méditerranée et la mer
Rouge sont sur le même niveau ou n'y sont pas; et comme
M. Stéphenson trouve qu'elles sont sur le même niveau, il
conclut, et il imagine que tout le monde conclura avec lui,
que le canal entre les deux mers sera impossible parce qu'il
n'y aura pas de courant d'une mer plus haute à une mer plus
basse. Je suis frappé d'une chose : c'est que les ingénieurs qui
parlent ainsi, semblables aux anciens Romains, ne connais-
sent pas la loi de physique touchant le niveau des eaux. En
tout cas, permettez-moi de soumettre aux ingénieurs la ques-
tion suivante : Supposant que les mers n'ont pas le même
niveau, est-ce qu'un canal entre elles n'aura pas pour effet
de hausser le niveau de l'une et d'abaisser celui de l'autre
jusqu'à ce que les deux mers aient le même niveau? Nous
savons tous que, sur une petite échelle, c'est ainsi que cela se
passe, et comme on m'a dit que les lois de physique s'appli-
quent également au composé comme à l'atome, j'imagine
pouvoir raisonnablement supposer que deux grands volumes
d'eau, n'importe de quelle étendue, étant mis en communi-
cation par un canal, le résultat de cette opération sera qu'ils
se mettront tous les deux au même niveau, si auparavant
déjà ils ne s'y trouvaient pas. Je prévois bien qu'il y aura
à tenir compte de quelques autres circonstances, telles que
l'influence des marées. Ceci, je ne le sais pas; mais ceux qui
en savent quelque chose devraient bien nous éclairer. Quant
au projet même du canal de Suez, je n'ai pas d'opinion à
formuler.
Agréez, etc. UN NOVICE.
Le Novice qui signe cette lettre ne l'est pas sans doute
autant qu'il veut le faire croire. C'est en se fondant sur
le principe qu'il énonce, de l'équilibre des eaux en com-
munication, que Laplace et Fourier ont toujours nié,
malgré la commission de M. Lepère, que la mer Rouge
pût être plus haute que la Méditerranée. Le Novice n'a
donc pas à craindre de se tromper en si bonne compa-
gnie , et il peut s'assurer qu'il n'est pas dans l'erreur.
Enfin le Times du 5 août contient une lettre signée
J. S. Wilson, de laquelle nous extrayons les passages
suivants :
« Comme M. R. Stéphenson dans sa lettre au chevalier de
Négrelli se déclare en faveur d'un canal ouvert, s'il était cer-
tain que ce canal aurait un courant constant d'une mer à une
autre, je crois devoir soumettre à sa considération les faits
suivants :
» 1° Un ancien canal traversait le désert depuis le Caire jus-
qu'à Suez. Est-ce que ce canal était partout au même niveau
ou avait-il des écluses? S'il était de niveau, comme cela est
très-probable, il s'ensuivrait que la mer Rouge à Suez et le
Nil au Caire sont à peu près au même niveau, et que par con-
séquent un canal de la mer Rouge à la Méditerranée se trou-
verait sur un plan incliné, de la même manière que le plan
qui fait couler le Nil depuis le Caire jusqu'à son embouchure.
2° Il y a dans la Méditerranée un courant continuel de
l'ouest à l'est, lequel passe aussi devant l'embouchure du Nil,
comme le fait remarquer M. Stéphenson. Quelle est la cause
de ce courant ? Est-ce qu'il n'est pas dû aux efforts de l'eau
pour retrouver son niveau ? Est-ce qu'il ne provient pas de
l'eau de l'Atlantique venant de l'ouest pour suppléer au vide
fait à l'est par l'évaporation. Ce fait, s'il ne prouve pas que
la mer Rouge est plus haute que la Méditerranée, démontre
que l'extrémité Est de cette dernière est plus basse que le
niveau de l'Atlantique; mais prenant ces deux circonstances
en considération, elles nous conduiraient à la conclusion qu'au-
près de l'isthme de Suez la mer Rouge est plus haute que la
Méditerranée. »
Le correspondant du Times a parfaitement raison,
quoique sa pensée pût être plus nettement exprimée; et
le canal de la mer Rouge à la Méditerranée ne sera pas
privé de tout courant absolument, comme M. Stéphenson
voudrait le faire croire. Il est très-probable en effet que
le canal du Caire à Suez n'avait pas d'écluses ; et ce seul
fait aurait dû prouver dès longtemps que les deux mers
étaient de niveau, malgré ce qu'en avait cru la première
commission d'Égypte, et comme l'ont constaté les tra-
vaux de 1847, de 1854, 1855, 1856. Mais la mer
Rouge a des marées de 2 mètres de haut, tandis que
dans la Méditerranée les marées sont à peine de 20 cen-
timètres. Ce n'est pas, il est vrai, le courant de chasse
que M. Stéphenson aurait désiré ; mais c'est bien assez
pour que, dans un canal même de 80 milles de long,
l'eau ne soit point stagnante, ainsi que le dit l'ingénieur
anglais.
On trouvera plus loin d'autres réfutations encore de
M. R. Stéphenson dans notre revue de la presse.
ERNEST DESPLACES.
Nous donnons entier l'excellent article suivant que
publie le Constitutionnel du 20 août.
« Tandis que M. de Lesseps, dans un nouveau voyage en
Orient, achève de poser les bases de la grande entreprise qui
a pour objet le percement de l'isthme de Suez; tandis que
canal, comme une autorité tout à fait invincible, n'ait pas
droit À JJIUS d'autorité dans cette question que les noms de
tous les autres hommes éminents de sa profession, mais qu'au
contraire l'opinion du comité d'ingénieurs qui ont visité les
lieux et l'opinion des agents qui pendant un mois ont été
occupés à sonder le fond de la baye, à prendre note de la
direction des courants et à lever avec beaucoup de soin un
plan hydrographique de ses baies, a nécessairement plus de
poids que l'opinion de l'homme, fût-il l'ingénieur le plus an-
cien de la terre, qui n'a jamais été sur les lieux en question.
Si le chevalier Négrelli n'avait pas attaqué M. Stéphenson
« d'une manière peu courtoise et même, en quelque sorte, in-
juste, » la lettre de ce dernier n'aurait jamais paru dans le
Times, et son autorité pourrait encore être jetée à la face
de tous ces législateurs rebelles qui sont assez dépourvus
de raison pour en demander une avant de se décider à
adopter l'opinion d'un autre homme. « 0 Samuel, pourquoi
n'y a-t-il pas eu un alibi? » et ô M. Disraëli, pourquoi ne vous
êles-vous pas procuré un homme qui n'aurait jamais écrit
des lettres et divulgué la vérité, qui a détruit le prestige dont
vous l'aviez entouré d'une manière si utile pour vos propres
projets? )
Le Morning Star du 5 août publie la lettre suivante :
LA MER ROUGE ET LA MÉDITERRANÉE.
A L'ÉDITEUR DU « STAR. »
Monsieur, j'ai lu une longue lettre de M. R. Stéphenson,
membre du Parlement, dans laquelle, l'auteur veut prouver
que le percement du canal de Suez est impraticable. D'après
cette lettre, toute la discussion entre les ingénieurs tourne au-
tour de la question de savoir si la Méditerranée et la mer
Rouge sont sur le même niveau ou n'y sont pas; et comme
M. Stéphenson trouve qu'elles sont sur le même niveau, il
conclut, et il imagine que tout le monde conclura avec lui,
que le canal entre les deux mers sera impossible parce qu'il
n'y aura pas de courant d'une mer plus haute à une mer plus
basse. Je suis frappé d'une chose : c'est que les ingénieurs qui
parlent ainsi, semblables aux anciens Romains, ne connais-
sent pas la loi de physique touchant le niveau des eaux. En
tout cas, permettez-moi de soumettre aux ingénieurs la ques-
tion suivante : Supposant que les mers n'ont pas le même
niveau, est-ce qu'un canal entre elles n'aura pas pour effet
de hausser le niveau de l'une et d'abaisser celui de l'autre
jusqu'à ce que les deux mers aient le même niveau? Nous
savons tous que, sur une petite échelle, c'est ainsi que cela se
passe, et comme on m'a dit que les lois de physique s'appli-
quent également au composé comme à l'atome, j'imagine
pouvoir raisonnablement supposer que deux grands volumes
d'eau, n'importe de quelle étendue, étant mis en communi-
cation par un canal, le résultat de cette opération sera qu'ils
se mettront tous les deux au même niveau, si auparavant
déjà ils ne s'y trouvaient pas. Je prévois bien qu'il y aura
à tenir compte de quelques autres circonstances, telles que
l'influence des marées. Ceci, je ne le sais pas; mais ceux qui
en savent quelque chose devraient bien nous éclairer. Quant
au projet même du canal de Suez, je n'ai pas d'opinion à
formuler.
Agréez, etc. UN NOVICE.
Le Novice qui signe cette lettre ne l'est pas sans doute
autant qu'il veut le faire croire. C'est en se fondant sur
le principe qu'il énonce, de l'équilibre des eaux en com-
munication, que Laplace et Fourier ont toujours nié,
malgré la commission de M. Lepère, que la mer Rouge
pût être plus haute que la Méditerranée. Le Novice n'a
donc pas à craindre de se tromper en si bonne compa-
gnie , et il peut s'assurer qu'il n'est pas dans l'erreur.
Enfin le Times du 5 août contient une lettre signée
J. S. Wilson, de laquelle nous extrayons les passages
suivants :
« Comme M. R. Stéphenson dans sa lettre au chevalier de
Négrelli se déclare en faveur d'un canal ouvert, s'il était cer-
tain que ce canal aurait un courant constant d'une mer à une
autre, je crois devoir soumettre à sa considération les faits
suivants :
» 1° Un ancien canal traversait le désert depuis le Caire jus-
qu'à Suez. Est-ce que ce canal était partout au même niveau
ou avait-il des écluses? S'il était de niveau, comme cela est
très-probable, il s'ensuivrait que la mer Rouge à Suez et le
Nil au Caire sont à peu près au même niveau, et que par con-
séquent un canal de la mer Rouge à la Méditerranée se trou-
verait sur un plan incliné, de la même manière que le plan
qui fait couler le Nil depuis le Caire jusqu'à son embouchure.
2° Il y a dans la Méditerranée un courant continuel de
l'ouest à l'est, lequel passe aussi devant l'embouchure du Nil,
comme le fait remarquer M. Stéphenson. Quelle est la cause
de ce courant ? Est-ce qu'il n'est pas dû aux efforts de l'eau
pour retrouver son niveau ? Est-ce qu'il ne provient pas de
l'eau de l'Atlantique venant de l'ouest pour suppléer au vide
fait à l'est par l'évaporation. Ce fait, s'il ne prouve pas que
la mer Rouge est plus haute que la Méditerranée, démontre
que l'extrémité Est de cette dernière est plus basse que le
niveau de l'Atlantique; mais prenant ces deux circonstances
en considération, elles nous conduiraient à la conclusion qu'au-
près de l'isthme de Suez la mer Rouge est plus haute que la
Méditerranée. »
Le correspondant du Times a parfaitement raison,
quoique sa pensée pût être plus nettement exprimée; et
le canal de la mer Rouge à la Méditerranée ne sera pas
privé de tout courant absolument, comme M. Stéphenson
voudrait le faire croire. Il est très-probable en effet que
le canal du Caire à Suez n'avait pas d'écluses ; et ce seul
fait aurait dû prouver dès longtemps que les deux mers
étaient de niveau, malgré ce qu'en avait cru la première
commission d'Égypte, et comme l'ont constaté les tra-
vaux de 1847, de 1854, 1855, 1856. Mais la mer
Rouge a des marées de 2 mètres de haut, tandis que
dans la Méditerranée les marées sont à peine de 20 cen-
timètres. Ce n'est pas, il est vrai, le courant de chasse
que M. Stéphenson aurait désiré ; mais c'est bien assez
pour que, dans un canal même de 80 milles de long,
l'eau ne soit point stagnante, ainsi que le dit l'ingénieur
anglais.
On trouvera plus loin d'autres réfutations encore de
M. R. Stéphenson dans notre revue de la presse.
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