Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-08-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 août 1858 25 août 1858
Description : 1858/08/25 (A3,N53). 1858/08/25 (A3,N53).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203099r
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
I MERCREDI 25 AOÛT JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 42g
Dans un autre numéro, le Times montrait un peu
plus d'espérance, et il croyait que la Compagnie serait
secourue par le gouvernement dans la pose d'un câble
de Bassora à Kourrachie. C'était du moins l'opinion de
M. Andrew, directeur de la Compagnie du télégraphe de
l'Euphrate. M. Andrew adressait donc au Times une
lettre dans laquelle il annonce que le projet n'est aucu-
nement abandonné, et qu'il attend encore une réponse
de la Trésorerie à une requête qu'il lui a adressée. Il
¡ se plaint également des mauvais procédés du gouverne-
¡ ment, et il se loue seulement des membres du dernier
Cabinet, notamment de lord Clarendon et de lord Stratt-
ford. Dans sa lettre au ministre des affaires étrangères,
M. Andrew déclare que dans certaines conditions la
Compagnie serait prête à entreprendre la pose du câble
de Bassora à Kourrachie, dont les frais s'élèveraient à
peu près à 400,000 liv. sterl., et il insiste particulière-
¡ ment sur l'appui que la Compagnie avait reçu de la part
de l'ancien Cabinet, en y joignant une lettre de la Tréso-
rerie qui recommande instamment au conseil des mi-
nistres de ne pas laisser tomber cette entreprise.
Nos lecteurs savent que cette question est désormais
vidée et que le Cabinet anglais s'est très-sagement décidé
pour la voie de la mer Rouge. C'était la seule idée vrai-
ment pratique, ainsi que MM. Gisborne l'avaient démon-
tré dès 1855. Nous ne voulons pas revenir sur ces dé-
tails qui sont assez connus ; mais nous avons cru devoir
signaler les plaintes du Times et de M. Andrew, qui
prouvent du reste combien étaient exacts les renseigne-
ments donnés par nous.
R. LINDAU.
EXPÉDITION CONTRE LA CHINE.
Nous recevons, dit le. Moniteur universel du 8 août,
les nouvelles suivantes des Indes et de Chine :
« A la date du 4 juin, les alliés avaient remonté le Peï-
ho jusqu'à Tien-tsin, point qui commande à la fois le fleuve
et le grand canal. L'expédition n'avait pas rencontré de diffi-
culté sérieuse; le peuple lui fournissait même toute espèce de
provisions de bouche, de bonne qualité et à bon marché.
» Les ambassadeurs de France et d'Angleterre sont des-
cendus à terre; ils habitent un temple. Les ministres de Rus-
sie et d'Amérique les ont suivis dans la rivière.
» Deux plénipotentiaires chinois sont arrivés à Tien-tsin ;
ils sont munis de pleins pouvoirs. La première entrevue de-
vait avoir lieu le 4 juin, après le départ du bateau. »
Voici d'autres détails que nous empruntons encore
au Moniteur universel :
Tien-tsin, 3 juin.
« Le bombardement des forts et des batteries qui défen-
daient l'embouchure du Peï-ho a porté ses fruits. Les deux
ambassadeurs sont aujourd'hui établis à Tien-tsin, dans un
yamum portant les pavillons français et anglais, vis-à-vis des
canonnières, et à l'entrée du grand canal impérial. Deux
mandarins du plus haut rang, commissaires impériaux, revê-
tus de pouvoirs plus étendus que ceux accordés dans l'origine
à Tan et Tsoung-Ou, les premiers commissaires nommés
lors de l'entrée des flottes dans le Péchéli, sont arrivés hier
soir de Pékin avec une suite nombreuse, et ils ont échangé
aujourd'hui leurs cartes avec les plénipotentiaires de France,
d'Angleterre, de Russie et des États-Unis.
,) La première entrevue officielle doit avoir lieu le 6 et sera
environnée d'une grande pompe.Le choix duyamum oùdevront
avoir lieu les conférences n'est point encore fixé. Celui qu'oc-
cupent en ce moment le baron Gros et lord Elgin avec le
personnel de leurs missions a été bâti par l'empereur Kien-
Loung, ainsi que l'attestent diverses inscriptions, et a servi
quelque temps de résidence d'été à ce souverain.
,; En attendant, les musiques françaises et anglaises font
retentir de leurs joyeux accents les échos endormis de Tien-
ism ; et les Chinois, rangés en longues files sur le rivage, con-
templent avidement les canonnières allant et venant sans le.
secours de voiles ni de roues. C'est la première fois que des
navires européens, franchissant la barre du Peï-ho, remontent
ce fleuve et violent aussi outrageusement les antiques bar-
rières de la Chine. Lord Macartney, en 1793, et lord Amherst,
en J816, lors de leurs ambassades demeurées fameuses,
voyageaient sur des jonques mandarines fournies par l'em-
pereur, et avec une nombreuse escorte de soldats chinois. Au-
jourd'hui, les défenseurs de Ta-kou, l'élite de l'armée chi-
noise, sont en fuite; et le prince mongol Seu-Wan, le vail-
lant défenseur de Tien-tsin contre les rebelles, est impuissant
à réunir contre les barbares les 30,000 hommes mis par la
cour de Pékin sous son commandement. » ( Correspondance
particulière.)
Tien-tsin, 7 juin.
« Hier a eu lieu, dans l'après-midi, l'entrevue officielle du
plénipotentiaire de France avec les hauts dignitaires chinois
récemment arrivés de Pékin. A trois heures, le cortège est sorti
du yamum où les deux ambassadeurs de France et d'Angleterre
ont fixé leur résidence, et s'est déployé sur les bords du fleuve.
Les marins de la compagnie de débarquement de la Dragonne,
en grande tenue, ouvraient la marche, suivis de près par la
musique de la frégate la Némésis et un peloton de soldats
d'infanterie de marine. L'ambassadeur venait ensuite dans sa
chaise, porté par huit coolies vêtus de robes de soie grise bor-
dées de rouge, et ayant sur leur chapeau des franges aux cou-
leurs nationales. Les chaises des secrétaires et des attachés de
la mission, portées par quatre hommes, et celles des officiers
des canonnières étaient rangées derrière celle de Son Excel-
lence. Le commandant de Y Audacieuse, à cheval, comman-
dait l'escorte. Un peloton d'infanterie et les marins de YAva-
lanche fermaient la marche. Le cortège a traversé le grand
canal impérial sur un pont de bateaux, et a suivi le faubourg
qui longe la muraille de la ville. De leur côté, les hauts fonc-
tionnaires chinois se rendaient au lieu de l'entrevue avec leur
accompagnement habituel de familiers, de hérauts d'armes et
de satellites. Depuis le point de départ jusqu'à l'arrivée, c'est-
à-dire durant plus d'une lieue, le représentant de la France
n a cessé de s'avancer au milieu d'une double haie de Chinois,
muets, ébahis, impassibles ou plongeant d'avides regards sur
les chaises qui renfermaient les redoutables étrangers.
» On peut, sans exagération, évaluer le nombre des curieux
à plus de 100,000. Le cortège a débouché ensuite dans une
petite plaine, au milieu de laquelle s'élève sur un monticule
la pagode ou temple bouddhiste où doit avoir lieu l'entrevue.
Ce temple ne date que de deux cents ans et n'a donc point le
prestige de l'antiquité pour la Chine. Mais il forme un spéci-
men assez complet de l'architecture chinoise, et on y ren-
contre cet heureux assemblage de cours, de portiques, de
jardins, qui donne à ce genre d'architecture une physionomie
tout à la fois si originale et si riante. La plaine qui l'entoure,
Dans un autre numéro, le Times montrait un peu
plus d'espérance, et il croyait que la Compagnie serait
secourue par le gouvernement dans la pose d'un câble
de Bassora à Kourrachie. C'était du moins l'opinion de
M. Andrew, directeur de la Compagnie du télégraphe de
l'Euphrate. M. Andrew adressait donc au Times une
lettre dans laquelle il annonce que le projet n'est aucu-
nement abandonné, et qu'il attend encore une réponse
de la Trésorerie à une requête qu'il lui a adressée. Il
¡ se plaint également des mauvais procédés du gouverne-
¡ ment, et il se loue seulement des membres du dernier
Cabinet, notamment de lord Clarendon et de lord Stratt-
ford. Dans sa lettre au ministre des affaires étrangères,
M. Andrew déclare que dans certaines conditions la
Compagnie serait prête à entreprendre la pose du câble
de Bassora à Kourrachie, dont les frais s'élèveraient à
peu près à 400,000 liv. sterl., et il insiste particulière-
¡ ment sur l'appui que la Compagnie avait reçu de la part
de l'ancien Cabinet, en y joignant une lettre de la Tréso-
rerie qui recommande instamment au conseil des mi-
nistres de ne pas laisser tomber cette entreprise.
Nos lecteurs savent que cette question est désormais
vidée et que le Cabinet anglais s'est très-sagement décidé
pour la voie de la mer Rouge. C'était la seule idée vrai-
ment pratique, ainsi que MM. Gisborne l'avaient démon-
tré dès 1855. Nous ne voulons pas revenir sur ces dé-
tails qui sont assez connus ; mais nous avons cru devoir
signaler les plaintes du Times et de M. Andrew, qui
prouvent du reste combien étaient exacts les renseigne-
ments donnés par nous.
R. LINDAU.
EXPÉDITION CONTRE LA CHINE.
Nous recevons, dit le. Moniteur universel du 8 août,
les nouvelles suivantes des Indes et de Chine :
« A la date du 4 juin, les alliés avaient remonté le Peï-
ho jusqu'à Tien-tsin, point qui commande à la fois le fleuve
et le grand canal. L'expédition n'avait pas rencontré de diffi-
culté sérieuse; le peuple lui fournissait même toute espèce de
provisions de bouche, de bonne qualité et à bon marché.
» Les ambassadeurs de France et d'Angleterre sont des-
cendus à terre; ils habitent un temple. Les ministres de Rus-
sie et d'Amérique les ont suivis dans la rivière.
» Deux plénipotentiaires chinois sont arrivés à Tien-tsin ;
ils sont munis de pleins pouvoirs. La première entrevue de-
vait avoir lieu le 4 juin, après le départ du bateau. »
Voici d'autres détails que nous empruntons encore
au Moniteur universel :
Tien-tsin, 3 juin.
« Le bombardement des forts et des batteries qui défen-
daient l'embouchure du Peï-ho a porté ses fruits. Les deux
ambassadeurs sont aujourd'hui établis à Tien-tsin, dans un
yamum portant les pavillons français et anglais, vis-à-vis des
canonnières, et à l'entrée du grand canal impérial. Deux
mandarins du plus haut rang, commissaires impériaux, revê-
tus de pouvoirs plus étendus que ceux accordés dans l'origine
à Tan et Tsoung-Ou, les premiers commissaires nommés
lors de l'entrée des flottes dans le Péchéli, sont arrivés hier
soir de Pékin avec une suite nombreuse, et ils ont échangé
aujourd'hui leurs cartes avec les plénipotentiaires de France,
d'Angleterre, de Russie et des États-Unis.
,) La première entrevue officielle doit avoir lieu le 6 et sera
environnée d'une grande pompe.Le choix duyamum oùdevront
avoir lieu les conférences n'est point encore fixé. Celui qu'oc-
cupent en ce moment le baron Gros et lord Elgin avec le
personnel de leurs missions a été bâti par l'empereur Kien-
Loung, ainsi que l'attestent diverses inscriptions, et a servi
quelque temps de résidence d'été à ce souverain.
,; En attendant, les musiques françaises et anglaises font
retentir de leurs joyeux accents les échos endormis de Tien-
ism ; et les Chinois, rangés en longues files sur le rivage, con-
templent avidement les canonnières allant et venant sans le.
secours de voiles ni de roues. C'est la première fois que des
navires européens, franchissant la barre du Peï-ho, remontent
ce fleuve et violent aussi outrageusement les antiques bar-
rières de la Chine. Lord Macartney, en 1793, et lord Amherst,
en J816, lors de leurs ambassades demeurées fameuses,
voyageaient sur des jonques mandarines fournies par l'em-
pereur, et avec une nombreuse escorte de soldats chinois. Au-
jourd'hui, les défenseurs de Ta-kou, l'élite de l'armée chi-
noise, sont en fuite; et le prince mongol Seu-Wan, le vail-
lant défenseur de Tien-tsin contre les rebelles, est impuissant
à réunir contre les barbares les 30,000 hommes mis par la
cour de Pékin sous son commandement. » ( Correspondance
particulière.)
Tien-tsin, 7 juin.
« Hier a eu lieu, dans l'après-midi, l'entrevue officielle du
plénipotentiaire de France avec les hauts dignitaires chinois
récemment arrivés de Pékin. A trois heures, le cortège est sorti
du yamum où les deux ambassadeurs de France et d'Angleterre
ont fixé leur résidence, et s'est déployé sur les bords du fleuve.
Les marins de la compagnie de débarquement de la Dragonne,
en grande tenue, ouvraient la marche, suivis de près par la
musique de la frégate la Némésis et un peloton de soldats
d'infanterie de marine. L'ambassadeur venait ensuite dans sa
chaise, porté par huit coolies vêtus de robes de soie grise bor-
dées de rouge, et ayant sur leur chapeau des franges aux cou-
leurs nationales. Les chaises des secrétaires et des attachés de
la mission, portées par quatre hommes, et celles des officiers
des canonnières étaient rangées derrière celle de Son Excel-
lence. Le commandant de Y Audacieuse, à cheval, comman-
dait l'escorte. Un peloton d'infanterie et les marins de YAva-
lanche fermaient la marche. Le cortège a traversé le grand
canal impérial sur un pont de bateaux, et a suivi le faubourg
qui longe la muraille de la ville. De leur côté, les hauts fonc-
tionnaires chinois se rendaient au lieu de l'entrevue avec leur
accompagnement habituel de familiers, de hérauts d'armes et
de satellites. Depuis le point de départ jusqu'à l'arrivée, c'est-
à-dire durant plus d'une lieue, le représentant de la France
n a cessé de s'avancer au milieu d'une double haie de Chinois,
muets, ébahis, impassibles ou plongeant d'avides regards sur
les chaises qui renfermaient les redoutables étrangers.
» On peut, sans exagération, évaluer le nombre des curieux
à plus de 100,000. Le cortège a débouché ensuite dans une
petite plaine, au milieu de laquelle s'élève sur un monticule
la pagode ou temple bouddhiste où doit avoir lieu l'entrevue.
Ce temple ne date que de deux cents ans et n'a donc point le
prestige de l'antiquité pour la Chine. Mais il forme un spéci-
men assez complet de l'architecture chinoise, et on y ren-
contre cet heureux assemblage de cours, de portiques, de
jardins, qui donne à ce genre d'architecture une physionomie
tout à la fois si originale et si riante. La plaine qui l'entoure,
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