Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juillet 1858 25 juillet 1858
Description : 1858/07/25 (A3,N51). 1858/07/25 (A3,N51).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203097x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
368 L'ISTHME DE SUEZ, DIMANCHE 25 JUILLET.
l'explosion imprévue du danger, et la distance à laquelle il a
fallu envoyer les troupes,, la Commission est d'avis que l'on
doit de grands remercîmerits à la Cour des Directeurs de la
Compagnie pour la promptitude et l'énergie avec lesquelles ils
ont accompli la tâche difficile d'envoyer des renforts à l'armée
de l'Inde.pendant la dernière année. n
Le paragraphe 4, dit le Times, exprimant un regret sur
la conduite du gouvernement, a été voté avec une majo-
rité d'une seule voix ; et le paragraphe 10, pour remer-
cier la Cour des Directeurs, par 8 voix contre 4.
Telles sont les conclusions de la Commission d'en-
quête. Ce qui nous frappe le plus dans ces conclusions,
c'est naturellement le paragraphe 4, qui inflige au gou-
vernement de lord Palmerston un blâme indirect. Mais
nous avouons que la rédaction de ce paragraphe nous
paraît peu nette. Il semble que la seconde partie con-
tredit la première ; et il n'est pas facile de voir quelle
est au fond la pensée de la Commission. D'abord , elle
regrette que dès le mois de juillet on n'ait pas pris la
roule de l'Overland; puis elle .ajoute que, quand bien
même on aurait pris cette route dès le début, on n'aurait
rien gagné selon toute apparence sur la rou:e du cap de
Bonne-Espérance, à cause des préparatifs préliminaires
qu'aurait exigés la route par Suez et la mer Rouge. Il
est de toute évidence que ces deux pensées ne s'accor-
dent pas, et que si la route de l'Overland, grâce aux dif-
ficultés préliminaires signalées, ne devait pas être plus
rapide, il n'y a pas lieu de regretter que le gouverne-
ment ne l'ait pas adoptée plus tôt.
Le paragraphe 5 donnerait lieu aussi à quelques ob-
servations. La Commission recommande la route de
l'Overland pour les cas d'urgence, et elle ne croit pas
que cette route puisse être d'un usage ordinaire. Il eût
été bon de dire pourquoi. Est-elle trop dispendieuse?
C'est là probablement ce que la Commission a voulu
faire entendre ; car les difficultés dont on parle ne sont
rien, comme l'a prouvé le passage si aisé d'Alexandrie
- à Suez, dès qu'on a voulu y avoir recours.
Du reste, nous ne voulons pas pour aujourd'hui pous-
ser plus loin cet examen. Nous aurons bientôt le rapport
même de la Commission; et nous y pourrons revenir
alors avec toute l'étendue nécessaire. En attendant nous
, renvoyons nos lecteurs à notre numéro du 25 février
dernier, page 87. G. WAGENE R.
G. tV AGENE R.
FIN DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES.
A l'occasion de la troisième lecture du bill de l'Inde,
le Times du 9 juillet fait l'oraison funèbre de la Compa-
gnie des Indes en ces termes :
« La Compagnie de l'Inde a droit à quelque chose de plus
qu'une épitaphe honorable et respectueuse. Pendant un siècle
elle a été une puissance conquérante, et aujourd'hui que son
temps est près de finir, elle laisse la patrie en possession d'un
empire qui doit faire et fait l'envie des autres nations.- La
Compagnie de l'Inde est un type des agences qui ont trans-
formé l'Inde des Hindous en l'Inde actuelle. Elle a été de
tout temps une des gloires principales du pays et l'objet
des jalousies et de l'admiration chez ces peuples du conti -
nent dont les jours de colonisation et de conquête ont eu leur
temps d'épreuve et de chute. De grands exploits et de grands
crimes ont marqué son histoire pendant le temps où elle était
indépendante et où elle était réellement ce que plus tard elle
n'a eu que la prétention d'être, à savoir, une corporation com-
merçante, faisant des acquisitions de territoires et faisant la
guerre dans des pays étrangers, sans le moindre contrôle du
gouvernement. Quelques orateurs ont insisté sur ses usurpa-
tions, flagrantes quelquefois, et ses iniquités envers les per-
sonnes, que souvent il aurait été bien impossible de nier. Mais
nous voulons ensevelir le mal avec les générations qui l'ont
commis, et nous rappeler seulement le génie, la valeur et la
persévérance des hommes qui, d'une petite factorerie sur le
Houghly et deux stations sur les côtes de Coromandel et de
Malabar, ont fait les capitales du plus grand empire asiatique
qui existe aujourd'hui. Nous croyons qu'avec chaque année et
chaque progrès d'une enquête intelligente, on réprouvera de
plus en plus cet esprit qui trouve plaisir à tourmenter Clive
et Hastings, et à médire de Wellesley. Il y a eu des exemples de
la résurrection de cet esprit dans notre temps; mais, suit qu'il
manque un Burke ou un Shéridan, soit qu'un meilleur juge-
ment prédomine dans la société, il est certain que les flèches
de la censure arrivent impuissantes à ceux qui ont vigoureuse-
ment soutenu la suprématie de leurs compatriotes dans ces
pays éloignés.
» Il est est donc juste que l'Angleterre honore le nom et la.
mémoire de la grande Compagnie qui s'est associée à la plus
extraordinaire conquête qui ait jamais été accomplie par le$
armes ou la politique. Nous nous'sentirons tous atteints quand
nous entendrons parler de la dernière assemblée à Leaden-
hall; mais notre regret est plutôt historique et traditionnel
qu'actuel. Tout le monde sentira que la Compagnie de l'Inde
avait vécu son temps, et que, si elle descend à présent dans
la tombe, comblée d'années et d'honneurs, c'est ce qu'il y a
de mieux pour sa propre réputation et pour le bien publie.
De fait, la Compagnie des Indes avait depuis de longues an-
nées cessé d'exister comme puissance indépendante. Ce qui fut
appelé du nom de la Compagnie était un appareil par lequel
un certain nombre d'hommes, en quelque degrés versés dans
les affaires de l'Inde, étaient réunis pour avoir une voix dans
le gouvernement des possessions anglaises en Asie. Depuis
l'acte de William Pitt, l'indépendance de la Compagnie n'a
été qu'une ombre. La législation de ce siècle lui enleva le
commerce exclusif avec Unde et la Chine, ensuite prohiba le
commerce entièrement; et dans les dernières années elle a
donné à la couronne le droit de nomination d'une partie des
directeurs. Les autres directeurs ont été élus par les action-
naires dont les dividendes sont garantis, et qui n'ont pas plus
de rapports avec l'Inde que ceux qui possèdent des consolidés
ou des actions de chemins de fer. De fait la soi-disant Com-
pagnie n'a été qu'une lourde machine à double gouverne-
ment, ayant une identité nominale avec la corporation qui
envoya Clive et Coote à la conquête. Tout ami de la Compa-
gnie qui ne désire pas mettre en réalité ce vers : « Le vétéran
reste en arrière sur la scène comme superflu, » doit se réjouir
de voir son existence se terminer dans un moment où elle est
devenue impuissante pour le bien, et ne saurait être qu'un
instrument pour les intrigants et un obstacle pour une admi-
nisiration elficace. »
Ce n'est pas à des étrangers qu'il appartient de récla-
mer contre cette appréciation peu favorable du plus im-
portant des journaux anglais. Il est très-probable que le
l'explosion imprévue du danger, et la distance à laquelle il a
fallu envoyer les troupes,, la Commission est d'avis que l'on
doit de grands remercîmerits à la Cour des Directeurs de la
Compagnie pour la promptitude et l'énergie avec lesquelles ils
ont accompli la tâche difficile d'envoyer des renforts à l'armée
de l'Inde.pendant la dernière année. n
Le paragraphe 4, dit le Times, exprimant un regret sur
la conduite du gouvernement, a été voté avec une majo-
rité d'une seule voix ; et le paragraphe 10, pour remer-
cier la Cour des Directeurs, par 8 voix contre 4.
Telles sont les conclusions de la Commission d'en-
quête. Ce qui nous frappe le plus dans ces conclusions,
c'est naturellement le paragraphe 4, qui inflige au gou-
vernement de lord Palmerston un blâme indirect. Mais
nous avouons que la rédaction de ce paragraphe nous
paraît peu nette. Il semble que la seconde partie con-
tredit la première ; et il n'est pas facile de voir quelle
est au fond la pensée de la Commission. D'abord , elle
regrette que dès le mois de juillet on n'ait pas pris la
roule de l'Overland; puis elle .ajoute que, quand bien
même on aurait pris cette route dès le début, on n'aurait
rien gagné selon toute apparence sur la rou:e du cap de
Bonne-Espérance, à cause des préparatifs préliminaires
qu'aurait exigés la route par Suez et la mer Rouge. Il
est de toute évidence que ces deux pensées ne s'accor-
dent pas, et que si la route de l'Overland, grâce aux dif-
ficultés préliminaires signalées, ne devait pas être plus
rapide, il n'y a pas lieu de regretter que le gouverne-
ment ne l'ait pas adoptée plus tôt.
Le paragraphe 5 donnerait lieu aussi à quelques ob-
servations. La Commission recommande la route de
l'Overland pour les cas d'urgence, et elle ne croit pas
que cette route puisse être d'un usage ordinaire. Il eût
été bon de dire pourquoi. Est-elle trop dispendieuse?
C'est là probablement ce que la Commission a voulu
faire entendre ; car les difficultés dont on parle ne sont
rien, comme l'a prouvé le passage si aisé d'Alexandrie
- à Suez, dès qu'on a voulu y avoir recours.
Du reste, nous ne voulons pas pour aujourd'hui pous-
ser plus loin cet examen. Nous aurons bientôt le rapport
même de la Commission; et nous y pourrons revenir
alors avec toute l'étendue nécessaire. En attendant nous
, renvoyons nos lecteurs à notre numéro du 25 février
dernier, page 87. G. WAGENE R.
G. tV AGENE R.
FIN DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES.
A l'occasion de la troisième lecture du bill de l'Inde,
le Times du 9 juillet fait l'oraison funèbre de la Compa-
gnie des Indes en ces termes :
« La Compagnie de l'Inde a droit à quelque chose de plus
qu'une épitaphe honorable et respectueuse. Pendant un siècle
elle a été une puissance conquérante, et aujourd'hui que son
temps est près de finir, elle laisse la patrie en possession d'un
empire qui doit faire et fait l'envie des autres nations.- La
Compagnie de l'Inde est un type des agences qui ont trans-
formé l'Inde des Hindous en l'Inde actuelle. Elle a été de
tout temps une des gloires principales du pays et l'objet
des jalousies et de l'admiration chez ces peuples du conti -
nent dont les jours de colonisation et de conquête ont eu leur
temps d'épreuve et de chute. De grands exploits et de grands
crimes ont marqué son histoire pendant le temps où elle était
indépendante et où elle était réellement ce que plus tard elle
n'a eu que la prétention d'être, à savoir, une corporation com-
merçante, faisant des acquisitions de territoires et faisant la
guerre dans des pays étrangers, sans le moindre contrôle du
gouvernement. Quelques orateurs ont insisté sur ses usurpa-
tions, flagrantes quelquefois, et ses iniquités envers les per-
sonnes, que souvent il aurait été bien impossible de nier. Mais
nous voulons ensevelir le mal avec les générations qui l'ont
commis, et nous rappeler seulement le génie, la valeur et la
persévérance des hommes qui, d'une petite factorerie sur le
Houghly et deux stations sur les côtes de Coromandel et de
Malabar, ont fait les capitales du plus grand empire asiatique
qui existe aujourd'hui. Nous croyons qu'avec chaque année et
chaque progrès d'une enquête intelligente, on réprouvera de
plus en plus cet esprit qui trouve plaisir à tourmenter Clive
et Hastings, et à médire de Wellesley. Il y a eu des exemples de
la résurrection de cet esprit dans notre temps; mais, suit qu'il
manque un Burke ou un Shéridan, soit qu'un meilleur juge-
ment prédomine dans la société, il est certain que les flèches
de la censure arrivent impuissantes à ceux qui ont vigoureuse-
ment soutenu la suprématie de leurs compatriotes dans ces
pays éloignés.
» Il est est donc juste que l'Angleterre honore le nom et la.
mémoire de la grande Compagnie qui s'est associée à la plus
extraordinaire conquête qui ait jamais été accomplie par le$
armes ou la politique. Nous nous'sentirons tous atteints quand
nous entendrons parler de la dernière assemblée à Leaden-
hall; mais notre regret est plutôt historique et traditionnel
qu'actuel. Tout le monde sentira que la Compagnie de l'Inde
avait vécu son temps, et que, si elle descend à présent dans
la tombe, comblée d'années et d'honneurs, c'est ce qu'il y a
de mieux pour sa propre réputation et pour le bien publie.
De fait, la Compagnie des Indes avait depuis de longues an-
nées cessé d'exister comme puissance indépendante. Ce qui fut
appelé du nom de la Compagnie était un appareil par lequel
un certain nombre d'hommes, en quelque degrés versés dans
les affaires de l'Inde, étaient réunis pour avoir une voix dans
le gouvernement des possessions anglaises en Asie. Depuis
l'acte de William Pitt, l'indépendance de la Compagnie n'a
été qu'une ombre. La législation de ce siècle lui enleva le
commerce exclusif avec Unde et la Chine, ensuite prohiba le
commerce entièrement; et dans les dernières années elle a
donné à la couronne le droit de nomination d'une partie des
directeurs. Les autres directeurs ont été élus par les action-
naires dont les dividendes sont garantis, et qui n'ont pas plus
de rapports avec l'Inde que ceux qui possèdent des consolidés
ou des actions de chemins de fer. De fait la soi-disant Com-
pagnie n'a été qu'une lourde machine à double gouverne-
ment, ayant une identité nominale avec la corporation qui
envoya Clive et Coote à la conquête. Tout ami de la Compa-
gnie qui ne désire pas mettre en réalité ce vers : « Le vétéran
reste en arrière sur la scène comme superflu, » doit se réjouir
de voir son existence se terminer dans un moment où elle est
devenue impuissante pour le bien, et ne saurait être qu'un
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