Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 4673 Nombre total de vues : 4673
Description : 25 juillet 1858 25 juillet 1858
Description : 1858/07/25 (A3,N51). 1858/07/25 (A3,N51).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203097x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
DIMANCHE 25 JUILLET. JOURNAL DE L'UN 10Ai DES DEUX MERS. 3G3
1res de change ont été brûlées sur l'estomac du frère ainé;
puis il a été coupé par morceaux.
» Les archives des consulats français et anglais ont été
brûlées, les meubles volés ou brisés.
» Il est revenu une vingtaine de Grecs ou Levantins qui
ont sauvé leur vie en jurant chez le cadi qu'ils étaient de
bons et fidèles musulmans.
» Le prétexte de ce massacre serait une affaire de pavillon
chez le consul anglais ; mais il n'en est rien : le coup était
préparé de longue date. Les principaux négociants indigènes
ne pouvaient pas souffrir que le commerce européen leur fit
concurrence, et surtout que les navires européens portassent
des pèlerins.
« On a trouvé une manière expéditive de payer 60 ou
80,000 thalaris qui étaient dus à la maison Sava.
Si les gouvernements français et anglais ne prennent pas
des mesures énergiques et immédiates, je ne sais pas où les
Européens seront en sûreté dans le Levant. Nous ne sommes
pas trop tranquilles à Suez.
» Le préfet de police de Djeddah, Ab-dallah Moctaseb, et les
quinze ou vingt plus riches négociants qui menaçaient les
chrétiens depuis longtemps, sont connus. Le peuple n'a été
qu'une machine qu'ils ont fait agir.
» Le surlendemain du massacre, il y a eu grandes réjouis-
sances; on a chanté un muled (Tc Deum) en actions de
grâces. Le gouvernement y était invité. »
(Extrait d'une autre lettre. )
G juillet 1858.
« J'ai vu hier mademoiselle Eveillard , qui est une vraie
héroïne, et M. Emerat, le chancelier du consulat de Djeddah,
qui a été admirable de courage et de ligueur, et dont la con-
duite est au-dessus de tout éloge et de toute récompense.
Mademoiselle Eveillard n'a plus rien au monde, après la fuite
de Djeddah, que la robe qu'elle porte; mais elle ne demande
rien que la vengeance. On dit qu'au milieu de cette scène
effroyable, ayant sur ses genoux la tète de son pauvre père
ouverte de deux coups de sabre, et voyant le chancelier déjà
atteint de trois blessures, luttant corps à corps avec un des
assassins, elle eut le courage de s'élancer sur ce dernier, de
lui enfoncer ses ongles dans la figure et de lui mordre le
bras, au point de faire tomber de ses mains l'arme qui a
servi ensuite à M. Emerat pour se défendre contre trois assail-
lants, en blesser une vingtaine, jusqu'au moment où il est
tombé sous les coups répétés de ces misérables fanatiques.
Mademoiselle Eveillard a sur la joue, entre l'oreille et la
bouche, une large blessure provenant d'un coup de yatagan. «
(Extrait du Spectateur égyptien.)
DETAILS SUR LES ÉVÉXEMEXTS DE DJEDDAH.
Désirant satisfaire la légitime anxiété de nos lecteurs, nous
avons pu recueillir les renseignements suivants d'un témoin
oculaire.
Ce témoin des tristes événements s'est sauvé miraculeuse-
ment en sautant d'une haute terrasse, avec cinq autres per-
sonnes qui, moins heureuses que lui, ont été atteintes et mas-
sacrées par les Hadramauts Il s'est ensuite jeté à la nage dans
la mer, et après des efforts infinis il a pu parvenir le lendemain
matin à hord du vapeur anglais le Cyclops.
Selon le récit de ce réfugié, l'émeute qui a eu lieu le 15
vers le coucher du soleil, et non le 7, comme dit la dépêche, a
éclaté à cette occasion. Deux frères possédaient un navire
portant le pavillon anglais; l'un deux trouve à propos de rem-
placer le pavillon anglais par le pavillon ottoman; l'autre se
plaint auprès du consul anglais, qui se rend, avec 15 marins
du Cyclops, à bord du petit navire pour y faire hisser le pa-
villon de son pays. Une autre version donne pour cause le
fait d'une esclave qui se serait réfugiée au consulat anglais
pour y demander un asile qu'elle aurait obtenu. Quel que soit
le prétexte, le mouvement était préparé de longue date.
Le nombre des émeutiers est de 5,000 à peu près ; le caï-
macan n'avait que 100 soldats auprès de lui.
Le consul anglais a été littéralement taillé en pièces; deux
drogmans et un domestique indien ont été massacrés. Le consul
de France a été tué à coups de couteaux et de sabres, sa
femme par un coup de couteau dans la poitrine, après avoir
tué un hadramaute et blessé un autre ; leur fille a eu une
blessure à la gorge; le chancelier, plusieurs coups de sabres;
la femme de chambre n'a pas eu de blessures. Ces trois der-
nières personnes sont sauvées à l'heure qu'il est. Dans la
maison de MM. Sa va et compagnie, 12 personnes ont été tuées
ou plutôt massacrées. Le nombre total des victimes est de 23;
celui des personnes sauvées à bord du Cylops est de 24.
Depuis le retour du Pacha, qui se trouvait à la Mecque, et
depuis qu'il n'y a plus de chrétiens à Djeddah, l'état des
choses s'est calmé; et le capitaine du navire a obtenu, comme
première satisfaction, de faire saluer et arborer de nouveau
les pavillons. On dit aussi que de nombreuses arrestations ont
été opérées. Les maisons et les magasins avaient été pillés.
On assure que la maison Sava avait quelques centaines de
mille thalaris en marchandises et en espèces pour le compte
de tiers.
» Enfin le réfugié qui nous donne ces détails accuse l'Okil
de la Mecque d'avoir préparé ce soulèvement; mais il ajoute
que tous, grands et petits, y ont trempé également. )
( Correspondance particulière de /'ISTHME nE SUEZ.)
Le 17 juin 1858, vers cinq heures de l'après-midi, une
bande d'individus armés, appartenant presque tous à la po-
pulation indigène de la ville de Djeddah, se présenta en pous-
sant des cris de : « Mort aux chrétiens ! » à la porte du
consulat anglais, situé à un quart d'heure environ du consulat
de France.
Le motif de cette levée de boucliers est encore diversement
interprété. Mais, quel qu'il soit, la bande dont nous parlons,
enfonçant les portes du consulat anglais, se rua sur la per-
sonne du consul, M. Page, au consulat dans ce moment. Le
corps de ce malheureux fut littéralement coupé en morceaux.
Le pavillon anglais et les archives furent brûlés sur sa poi-
trine, et le mit du pavillon britannique fut brisé au milieu de
cris de joie sauvage.
Delà, ivres de sang, les bandits se mirent à parcourir la
ville en excitant la population contre les chrétiens. Une partie
de !a bande, qui s'était ainsi considérablement accrue, se dirigea
-sur le consulat de France, et une autre partie, sur la demeure
des frères Sava, maison de commerce placée sous la protec-
tion anglaise, mais dont les membres étaient individuellement
protégés français.
En arrivant au consulat de France; les assassins du consul
anglais trouvèrent sur les escaliers M. Emerat, chancelier du
consulat, géré par lui pendant environ 10 mois. Les assaillants
avaient des armes de toute espèce. M. Emerat n'avait pu sai-
1res de change ont été brûlées sur l'estomac du frère ainé;
puis il a été coupé par morceaux.
» Les archives des consulats français et anglais ont été
brûlées, les meubles volés ou brisés.
» Il est revenu une vingtaine de Grecs ou Levantins qui
ont sauvé leur vie en jurant chez le cadi qu'ils étaient de
bons et fidèles musulmans.
» Le prétexte de ce massacre serait une affaire de pavillon
chez le consul anglais ; mais il n'en est rien : le coup était
préparé de longue date. Les principaux négociants indigènes
ne pouvaient pas souffrir que le commerce européen leur fit
concurrence, et surtout que les navires européens portassent
des pèlerins.
« On a trouvé une manière expéditive de payer 60 ou
80,000 thalaris qui étaient dus à la maison Sava.
Si les gouvernements français et anglais ne prennent pas
des mesures énergiques et immédiates, je ne sais pas où les
Européens seront en sûreté dans le Levant. Nous ne sommes
pas trop tranquilles à Suez.
» Le préfet de police de Djeddah, Ab-dallah Moctaseb, et les
quinze ou vingt plus riches négociants qui menaçaient les
chrétiens depuis longtemps, sont connus. Le peuple n'a été
qu'une machine qu'ils ont fait agir.
» Le surlendemain du massacre, il y a eu grandes réjouis-
sances; on a chanté un muled (Tc Deum) en actions de
grâces. Le gouvernement y était invité. »
(Extrait d'une autre lettre. )
G juillet 1858.
« J'ai vu hier mademoiselle Eveillard , qui est une vraie
héroïne, et M. Emerat, le chancelier du consulat de Djeddah,
qui a été admirable de courage et de ligueur, et dont la con-
duite est au-dessus de tout éloge et de toute récompense.
Mademoiselle Eveillard n'a plus rien au monde, après la fuite
de Djeddah, que la robe qu'elle porte; mais elle ne demande
rien que la vengeance. On dit qu'au milieu de cette scène
effroyable, ayant sur ses genoux la tète de son pauvre père
ouverte de deux coups de sabre, et voyant le chancelier déjà
atteint de trois blessures, luttant corps à corps avec un des
assassins, elle eut le courage de s'élancer sur ce dernier, de
lui enfoncer ses ongles dans la figure et de lui mordre le
bras, au point de faire tomber de ses mains l'arme qui a
servi ensuite à M. Emerat pour se défendre contre trois assail-
lants, en blesser une vingtaine, jusqu'au moment où il est
tombé sous les coups répétés de ces misérables fanatiques.
Mademoiselle Eveillard a sur la joue, entre l'oreille et la
bouche, une large blessure provenant d'un coup de yatagan. «
(Extrait du Spectateur égyptien.)
DETAILS SUR LES ÉVÉXEMEXTS DE DJEDDAH.
Désirant satisfaire la légitime anxiété de nos lecteurs, nous
avons pu recueillir les renseignements suivants d'un témoin
oculaire.
Ce témoin des tristes événements s'est sauvé miraculeuse-
ment en sautant d'une haute terrasse, avec cinq autres per-
sonnes qui, moins heureuses que lui, ont été atteintes et mas-
sacrées par les Hadramauts Il s'est ensuite jeté à la nage dans
la mer, et après des efforts infinis il a pu parvenir le lendemain
matin à hord du vapeur anglais le Cyclops.
Selon le récit de ce réfugié, l'émeute qui a eu lieu le 15
vers le coucher du soleil, et non le 7, comme dit la dépêche, a
éclaté à cette occasion. Deux frères possédaient un navire
portant le pavillon anglais; l'un deux trouve à propos de rem-
placer le pavillon anglais par le pavillon ottoman; l'autre se
plaint auprès du consul anglais, qui se rend, avec 15 marins
du Cyclops, à bord du petit navire pour y faire hisser le pa-
villon de son pays. Une autre version donne pour cause le
fait d'une esclave qui se serait réfugiée au consulat anglais
pour y demander un asile qu'elle aurait obtenu. Quel que soit
le prétexte, le mouvement était préparé de longue date.
Le nombre des émeutiers est de 5,000 à peu près ; le caï-
macan n'avait que 100 soldats auprès de lui.
Le consul anglais a été littéralement taillé en pièces; deux
drogmans et un domestique indien ont été massacrés. Le consul
de France a été tué à coups de couteaux et de sabres, sa
femme par un coup de couteau dans la poitrine, après avoir
tué un hadramaute et blessé un autre ; leur fille a eu une
blessure à la gorge; le chancelier, plusieurs coups de sabres;
la femme de chambre n'a pas eu de blessures. Ces trois der-
nières personnes sont sauvées à l'heure qu'il est. Dans la
maison de MM. Sa va et compagnie, 12 personnes ont été tuées
ou plutôt massacrées. Le nombre total des victimes est de 23;
celui des personnes sauvées à bord du Cylops est de 24.
Depuis le retour du Pacha, qui se trouvait à la Mecque, et
depuis qu'il n'y a plus de chrétiens à Djeddah, l'état des
choses s'est calmé; et le capitaine du navire a obtenu, comme
première satisfaction, de faire saluer et arborer de nouveau
les pavillons. On dit aussi que de nombreuses arrestations ont
été opérées. Les maisons et les magasins avaient été pillés.
On assure que la maison Sava avait quelques centaines de
mille thalaris en marchandises et en espèces pour le compte
de tiers.
» Enfin le réfugié qui nous donne ces détails accuse l'Okil
de la Mecque d'avoir préparé ce soulèvement; mais il ajoute
que tous, grands et petits, y ont trempé également. )
( Correspondance particulière de /'ISTHME nE SUEZ.)
Le 17 juin 1858, vers cinq heures de l'après-midi, une
bande d'individus armés, appartenant presque tous à la po-
pulation indigène de la ville de Djeddah, se présenta en pous-
sant des cris de : « Mort aux chrétiens ! » à la porte du
consulat anglais, situé à un quart d'heure environ du consulat
de France.
Le motif de cette levée de boucliers est encore diversement
interprété. Mais, quel qu'il soit, la bande dont nous parlons,
enfonçant les portes du consulat anglais, se rua sur la per-
sonne du consul, M. Page, au consulat dans ce moment. Le
corps de ce malheureux fut littéralement coupé en morceaux.
Le pavillon anglais et les archives furent brûlés sur sa poi-
trine, et le mit du pavillon britannique fut brisé au milieu de
cris de joie sauvage.
Delà, ivres de sang, les bandits se mirent à parcourir la
ville en excitant la population contre les chrétiens. Une partie
de !a bande, qui s'était ainsi considérablement accrue, se dirigea
-sur le consulat de France, et une autre partie, sur la demeure
des frères Sava, maison de commerce placée sous la protec-
tion anglaise, mais dont les membres étaient individuellement
protégés français.
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anglais trouvèrent sur les escaliers M. Emerat, chancelier du
consulat, géré par lui pendant environ 10 mois. Les assaillants
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