Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-25
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 25 juillet 1858 25 juillet 1858
Description : 1858/07/25 (A3,N51). 1858/07/25 (A3,N51).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203097x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/05/2012
DIMANCHE 25 JUILLET. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 373 -
Lesseps une réception des plus brillantes. On parle de caval-
cades d'honneur, de députations des écoles, d'une cinquan-
taine d'équipages particuliers devant faire cortège, enfin de
discours et d'adresses.
Je vous donnerai des détails complets par ma prochaine.
Dans ce moment (six heures du matin) on m'annonce que
le bateau autrichien est en vue. Nous allons nous rendre à
bord. Je garderai cette lettre avec moi, afin de pouvoir mettre
au -bas que M. de Lesseps est arrivé, puis je la ferai porter à
bord de VAustralien.
M. de Lesseps vient d'arriver. Je vous ai écrit du bord de
l'Autrichien, où j'ai eu le bonheur de le trouver en excellente
san lé. Son voyage de Tri este ici a été très-court et très-heu-
reux.
A prochainement les détails.
Alexandrie, (j juillet 1858.
, Le 2 juillet, vers cinq heures du matin, le bateau de la
Compagnie du Lloyd autrichien (Stadion), venant de Trieste,
entrait dans le port d'Alexandrie.
M. Ferdinand de Lesseps était à bord de ce navire, et, par
une attention délicate de MAI. les directeurs du Lloyd, on voyait
battre au mât de misaine le pavillon français, en l'honneur
de l'illustre passager que le navire amenait.
L'heure matinale, surprenant dans leur repos les habitants
d'Alexandrie, devait naturellement contrarier, dans son im-
portance matérielle, la réception que je vais essayer de dé-
crire; car, d'après les rapports qui me sont parvenus, un
grand nombre de personnes, qui voulaient prendre part à la
manifestation, sont arrivées après la descente à terre de M. de
Lesseps. Toutefois, vous allez juger de l'importance de la ré-
ception, toute contrariée qu'elle a été.
, A peine le bateau autrichien avait-il jeté l'ancre , que plu-
sieurs barques de la marine militaire égyptienne, que le gou-
vernement avait mises gracieusement à la disposition des amis
de M. Lesseps, conduisaient à bord MM. les consuls géné-
raux :
Commandeur Baguer-y-Ribas, consul général d'Espagne;
Chevalier S. W. Ruyssenaers, — Pays-Bas ;
id. A. Popolani, — Portugal.
Ces barques, élaient bientôt suivies d'un nombre considérable
de visiteurs et d'amis. 1
Après quelques affectueux compliments, la petite flottille,
composée de toutes ces embarcations, quittait le bord pour se
rendre à l'arsenal, où se trouvait M. le commandeur Gobbi,
consul général de Sardaigne, entouré de ses nationaux.
M. l'avôcat Berio, vice-consul de S. M. le roi de Sardaigne,
devait, au nom de ses compatriotes, adresser un-discours à
M. de Lesseps. Mais par un malentendu sur le lieu du rendez-
vous , il ne s'est pas trouvé à l'Arsenal lorsque M. de Lesseps
y est arrivé. Il a adressé à notre ami une lettre de regrets,
et il a accompagné sa lettre du texte même du discours qu'il
devait prononcer. J'ai eu communication de ce discours, que je
m'empresse de vous envoyer. M. de Lesseps a vivement re-
gretté de n'avoir pas pu entendre de la bouche même d'un
homme aussi distingué que M. l'avocat Berio les paroles de
sympathie qu'il exprime dans un langage si élevé.
Quelques pas plus loin, une foule compacte, composée de
notabilités de tous genres et de toutes nations, attendait M. de
Lesseps. On y remarquait des représentants de l'industrie, du
commerce, de la banque, une députation des élèves des Laza-
ristes, ayant à sa tête la communauté de cet ordre."
Puis de braves et honnêtes travailleurs, des artisans de ,
t toutes nations, ayant à cœur de fêter l'arrivée de l'homme po-
pulaire dont l'existence est vouée à ce grand projet qui doit
tant servir au bien de l'humanité et au progrès des lumières.
M. le chevalier Lattis, Vénitien, agronome distingué, a eu
l'honneur de prendre la parole au nom de nombreux enfants
de l'Italie, groupés autour de lui. Il a salué, dans- un langage
élevé, un des amis de la liberté sage, un protecteur des faibles
et un partisan du progrès.
Par quelques mots fortement accentués et auxquels l'émo-
tion visible de notre ami donnait un charme tout particulier,
M. de Lesseps a remercié M. le chevalier Lattis et ses honora-
bles compatriotes des marques de sympathie qu'ils lui don-
naient.
Un élève de l'école des Lazaristes s'est avancé ensuite et a
prononcé un discours qui est aussi remarquable par les pen-
sées que par la manière dont ées pensées y sont exprimées.
M. de Lesseps, après avoir remercié les élèves des Laza-
ristes, ainsi que leurs professeurs, et après avoir recom-
mandé aux jeunes gens de bien profiter des leçons de cés maî-
tres, dont la propagande, a-t-il dit, consiste à faire le bien et
à faire aimer la vertu et la religion, a abordé la question de
l'affaire du percement de l'isthme, dans laquelle la religion est
si fortement et si directement intéressée. Il a exposé nettement
la situation de l'affaire devant ses nombreux auditeurs; et, par
ses franches déclarations, il a signalé les erreurs qu'on avait
cherché à propager sur la marche de l'affaire et sur l'absence
prétendue de sympathies de l'Autriche, de la Turquie et de
la France en faveur de l'œuvre ; il a prouvé très-clairement au
contraire que tous ces gouvernements avaient les dispositions
les plus favorables à ce sujet. Il a surtout insisté sur ce que,
quant à la France, il n'y avait aucun doute à avoir sur sa sym-
pathie et sur son énergique et effectif concours quand le mo-
ment sera venu de le réclamer. -
Vous devez penser combien ces paroles ont provoqué d'ap-
plaudissements.
Après ces différentes allocutions, M. de Lesseps est monté
en voiture; et le cortège, composé d'une quarantaine d'équi-
pages particuliers et de quelques cavaliers, s'est avancé au
milieu d'une foule Serrée et respectueuse pour se rendre au
consulat général des Pays-Bas, où l'honorable voyageur était
attendu.
Là devait se produire une nouvelle ovation d'un caractère
différent de la première, mais plus touchante peut-être.
La religion, représentée cette fois par ces vénérables sœurs
qu'on trouve partout où il y a du bien à faire, dans les
hôpitaux, sur les champs de bataille, dans les ateliers, dans
les pensionnats, cette religion douce, aimable, tolérante
devait faire entendre encore une fois sa voix dans cette jour-
née, pour donner des encouragements et des bénédictions à
la grande œuvre de M. de Lesseps.
Ce dernier, en mettant le pied sur le seuil de sa demeure,
a trouvé une députation des jeunes élèves de la respectable
maison des sœurs de Saint-Vincent de Paul, conduite par la
communauté des sœurs tout entière. Une jeune personne,
charmante par son maintien, sa distinction et sa modestie,
s'est avancée alors au-devant de ses compagnes et d'une voix
sympathique qui a ému non-seulement M. de Lesseps, mais
bon nombre des spectateurs de cette scène, elle a demander
à Dieu de bénir l'œuvre sainte que M. de Lesseps a entre-
prise, et elle lui a mis eh main une petite pioche ornée de
rubans et de fleurs, emblème du travail qu'il allait entre-
prendre. Notre ami a répondu à l'allocution du jeune et
Lesseps une réception des plus brillantes. On parle de caval-
cades d'honneur, de députations des écoles, d'une cinquan-
taine d'équipages particuliers devant faire cortège, enfin de
discours et d'adresses.
Je vous donnerai des détails complets par ma prochaine.
Dans ce moment (six heures du matin) on m'annonce que
le bateau autrichien est en vue. Nous allons nous rendre à
bord. Je garderai cette lettre avec moi, afin de pouvoir mettre
au -bas que M. de Lesseps est arrivé, puis je la ferai porter à
bord de VAustralien.
M. de Lesseps vient d'arriver. Je vous ai écrit du bord de
l'Autrichien, où j'ai eu le bonheur de le trouver en excellente
san lé. Son voyage de Tri este ici a été très-court et très-heu-
reux.
A prochainement les détails.
Alexandrie, (j juillet 1858.
, Le 2 juillet, vers cinq heures du matin, le bateau de la
Compagnie du Lloyd autrichien (Stadion), venant de Trieste,
entrait dans le port d'Alexandrie.
M. Ferdinand de Lesseps était à bord de ce navire, et, par
une attention délicate de MAI. les directeurs du Lloyd, on voyait
battre au mât de misaine le pavillon français, en l'honneur
de l'illustre passager que le navire amenait.
L'heure matinale, surprenant dans leur repos les habitants
d'Alexandrie, devait naturellement contrarier, dans son im-
portance matérielle, la réception que je vais essayer de dé-
crire; car, d'après les rapports qui me sont parvenus, un
grand nombre de personnes, qui voulaient prendre part à la
manifestation, sont arrivées après la descente à terre de M. de
Lesseps. Toutefois, vous allez juger de l'importance de la ré-
ception, toute contrariée qu'elle a été.
, A peine le bateau autrichien avait-il jeté l'ancre , que plu-
sieurs barques de la marine militaire égyptienne, que le gou-
vernement avait mises gracieusement à la disposition des amis
de M. Lesseps, conduisaient à bord MM. les consuls géné-
raux :
Commandeur Baguer-y-Ribas, consul général d'Espagne;
Chevalier S. W. Ruyssenaers, — Pays-Bas ;
id. A. Popolani, — Portugal.
Ces barques, élaient bientôt suivies d'un nombre considérable
de visiteurs et d'amis. 1
Après quelques affectueux compliments, la petite flottille,
composée de toutes ces embarcations, quittait le bord pour se
rendre à l'arsenal, où se trouvait M. le commandeur Gobbi,
consul général de Sardaigne, entouré de ses nationaux.
M. l'avôcat Berio, vice-consul de S. M. le roi de Sardaigne,
devait, au nom de ses compatriotes, adresser un-discours à
M. de Lesseps. Mais par un malentendu sur le lieu du rendez-
vous , il ne s'est pas trouvé à l'Arsenal lorsque M. de Lesseps
y est arrivé. Il a adressé à notre ami une lettre de regrets,
et il a accompagné sa lettre du texte même du discours qu'il
devait prononcer. J'ai eu communication de ce discours, que je
m'empresse de vous envoyer. M. de Lesseps a vivement re-
gretté de n'avoir pas pu entendre de la bouche même d'un
homme aussi distingué que M. l'avocat Berio les paroles de
sympathie qu'il exprime dans un langage si élevé.
Quelques pas plus loin, une foule compacte, composée de
notabilités de tous genres et de toutes nations, attendait M. de
Lesseps. On y remarquait des représentants de l'industrie, du
commerce, de la banque, une députation des élèves des Laza-
ristes, ayant à sa tête la communauté de cet ordre."
Puis de braves et honnêtes travailleurs, des artisans de ,
t toutes nations, ayant à cœur de fêter l'arrivée de l'homme po-
pulaire dont l'existence est vouée à ce grand projet qui doit
tant servir au bien de l'humanité et au progrès des lumières.
M. le chevalier Lattis, Vénitien, agronome distingué, a eu
l'honneur de prendre la parole au nom de nombreux enfants
de l'Italie, groupés autour de lui. Il a salué, dans- un langage
élevé, un des amis de la liberté sage, un protecteur des faibles
et un partisan du progrès.
Par quelques mots fortement accentués et auxquels l'émo-
tion visible de notre ami donnait un charme tout particulier,
M. de Lesseps a remercié M. le chevalier Lattis et ses honora-
bles compatriotes des marques de sympathie qu'ils lui don-
naient.
Un élève de l'école des Lazaristes s'est avancé ensuite et a
prononcé un discours qui est aussi remarquable par les pen-
sées que par la manière dont ées pensées y sont exprimées.
M. de Lesseps, après avoir remercié les élèves des Laza-
ristes, ainsi que leurs professeurs, et après avoir recom-
mandé aux jeunes gens de bien profiter des leçons de cés maî-
tres, dont la propagande, a-t-il dit, consiste à faire le bien et
à faire aimer la vertu et la religion, a abordé la question de
l'affaire du percement de l'isthme, dans laquelle la religion est
si fortement et si directement intéressée. Il a exposé nettement
la situation de l'affaire devant ses nombreux auditeurs; et, par
ses franches déclarations, il a signalé les erreurs qu'on avait
cherché à propager sur la marche de l'affaire et sur l'absence
prétendue de sympathies de l'Autriche, de la Turquie et de
la France en faveur de l'œuvre ; il a prouvé très-clairement au
contraire que tous ces gouvernements avaient les dispositions
les plus favorables à ce sujet. Il a surtout insisté sur ce que,
quant à la France, il n'y avait aucun doute à avoir sur sa sym-
pathie et sur son énergique et effectif concours quand le mo-
ment sera venu de le réclamer. -
Vous devez penser combien ces paroles ont provoqué d'ap-
plaudissements.
Après ces différentes allocutions, M. de Lesseps est monté
en voiture; et le cortège, composé d'une quarantaine d'équi-
pages particuliers et de quelques cavaliers, s'est avancé au
milieu d'une foule Serrée et respectueuse pour se rendre au
consulat général des Pays-Bas, où l'honorable voyageur était
attendu.
Là devait se produire une nouvelle ovation d'un caractère
différent de la première, mais plus touchante peut-être.
La religion, représentée cette fois par ces vénérables sœurs
qu'on trouve partout où il y a du bien à faire, dans les
hôpitaux, sur les champs de bataille, dans les ateliers, dans
les pensionnats, cette religion douce, aimable, tolérante
devait faire entendre encore une fois sa voix dans cette jour-
née, pour donner des encouragements et des bénédictions à
la grande œuvre de M. de Lesseps.
Ce dernier, en mettant le pied sur le seuil de sa demeure,
a trouvé une députation des jeunes élèves de la respectable
maison des sœurs de Saint-Vincent de Paul, conduite par la
communauté des sœurs tout entière. Une jeune personne,
charmante par son maintien, sa distinction et sa modestie,
s'est avancée alors au-devant de ses compagnes et d'une voix
sympathique qui a ému non-seulement M. de Lesseps, mais
bon nombre des spectateurs de cette scène, elle a demander
à Dieu de bénir l'œuvre sainte que M. de Lesseps a entre-
prise, et elle lui a mis eh main une petite pioche ornée de
rubans et de fleurs, emblème du travail qu'il allait entre-
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