Titre : L'Isthme de Suez : journal de l'union des deux mers / gérant Ernest Desplaces
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1858-07-10
Contributeur : Desplaces, Ernest (1828-1893?). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34430392j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 juillet 1858 10 juillet 1858
Description : 1858/07/10 (A3,N50). 1858/07/10 (A3,N50).
Description : Collection numérique : Bibliothèques d'Orient Collection numérique : Bibliothèques d'Orient
Description : Collection numérique : Collections de l’École... Collection numérique : Collections de l’École nationale des ponts et chaussées
Description : Collection numérique : Thématique : ingénierie,... Collection numérique : Thématique : ingénierie, génie civil
Description : Collection numérique : Corpus : canaux, écluses,... Collection numérique : Corpus : canaux, écluses, navigation intérieure
Description : Collection numérique : Corpus : ports et travaux... Collection numérique : Corpus : ports et travaux maritimes
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6203096h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-O3b-240
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/10/2012
SAMEDI 10 JUILLET. JOURNAL DE L'UNION DES DEUX MERS. 345
essayée, et t-out ce qu'il faut pour compléter une communica-
tion de tous les quinze jours par cette route, c'est de faire aller
les vapeurs deux fois par mois entre Panama et Melbourne, et
une fois par mois entre Ceylan et Sydney. L'Australie devrait
avoir une malle tous les quinze jours.
» A présent que tous les contrats ont manqué, il est besoin
d'un nouveau projet. Si le Léviathan était prêt à prendre la
mer, il vaudrait la peine pour le gouvernement de le subven-
tionner et de l'envoyer en Australie avec la malle. Il est pro-
bable que les vapeurs-poste actuels sont trop petits pour
transporter la malle avec quelque régularité à moitié chemin
autour du globe. Pourquoi le gouvernement ne charge-t-il pas
de charbon le grand vapeur à hélice Y Himalaya? et ne l'en-
voie-t-il pas à Melbourne et Sydney ? Ce serait une expérience
• très-utile, parce qu'elle démontrerait si, en effet, plus le na-
navire est grand, plus il marche vite pour l'Australie. VHima-
laya est un navire du gouvernement, et l'amirauté peut en
faire ce qu'elle veut. Après l'envoi de YHimalaya, YAtrato ou
le Persia, les deux plus grands navires à aubes qui existent
actuellement, et tous les deux paquebots subventionnés, pour-
raient être expédiés pour un essai. Naturellement ces vapeurs
passeront par le Cap. On se rappellera qu'un vapeur améri-
cain à aubes, YAge-d'Or, n'a pas seulement traversé l'océan
Indien, mais aussi le Pacifique, à une grande vitesse. Nous
pouvons être sûrs que les vapeurs transportant les malles
d'Australie en beaucoup moins de temps qu'elles ne sont
transportées actuellement, payeront à peu près leurs frais,
parce qu'il faut que les gouvernements d'Angleterre et d'Aus-
tralie se décident à leur assurer de fortes subventions.
» Il est nécessaire que les colonies d'Australie aient une
excellente communication avec la métropole, et cela très-
promptement si c'est humainement possible. C'est une honte
pour notre époque de progrès et d'heureuses entreprises que
nos plus belles colonies aient éprouvé tant d'espérances et tant
ds préjudices par les échecs réitérés des contrats postaux, a
Ces réflexions du Daily-News sont pleines de justesse ;
mais le contrat passé par l'amirauté anglaise en 1856
étiit inexécutable ; c'est en grande partie sa faute si
la Compagnie, qui a osé accepter ce contrat impossible,
a souffert de si fortes pertes et si l'Australie est encore
privée d'un service régulier. Il est à souhaiter que les
erreurs qu'on vient de commettre servent de leçon ; et
l'intermédiaire de Ceylan, proposé par le Daily-News,
pounait être une heureuse solution , du moins pour
commencer. (Voir nos numéros des 10 juillet et 10 août
1856, pages 25 et 51, et des 25 novembre et 10 décembre
1857, pages 502 et 522.)
G. WAGENER.
LE « TIMES « ET LE TÉLÉGRAPHE
D'ANGLETERRE AUX INDES.
Le Times du 26 juin jette ce cri de douleur et de co-
lère contre les ministres qui négligent la question du
télégraphe de l'Angleterre aux Indes orientales :
» La principale occupation oratoire de nos ministres
actuels semble être de faire ostentation de ce qu'ils ont fait.
Il serait bon aussi que par occasion ils parlassent un peu
des choses qu'ils n'ont pas faites. Personne ne contestera
qu'au moment de leur arrivée au pouvoir la question du
télégraphe indien était celle qui, par son importance et son
urgence, l'emportait sur toutes les autres. Un reproche sévère
fut articulé contre leurs prédécesseurs pour cette négligence;
et bien loin d'être disposé à vouloir faire tort au cabinet Der-
by, en supposant qu'il commettrait la même faute, le public
a donné au contraire crédit aux bruits répandus par ses par-
tisans que le ministère avait l'intention d'exploiter cette
grande occasion qu'on lui avait laissée entre les mains. Cette
occasion, ils l'ont rejetée. Douze mois suffisaient grandement
pour l'exécution complète des travaux, et un laps de temps -
pendant lequel un tiers de l'oeuvre aurait pu être exécuté s'est
écoulé sans qu'un seul pas ait été fait pour mettre l'œuvre en
train. Il est probable que le Parlement sera bientôt prorogé,
et que la question entière sera ajournée indéfiniment. Mais
si même cette crainte ne se réalisait pas, il est maintenant
trop tard pour regagner le temps perdu, malgré toute l'éner-
gie que l'on pourrait y mettre. En agissant promptement à
l'avenir, on peut limiter la condamnation déjà encourue;
mais on ne peut rattraper une seule heure d'un temps pré-
cieux gaspillé d'une manière si coupable. Lorsqu'on considère
que la conservation de notre empire des Indes peut dépendre
de l'accomplissement de cette entreprise; quand on pense
que cette possibilité confirmée encore par les nouvelles d'au-
jourd'hui, et que dans le cas où nous nous trouverions en-
gagés dans quelque. autre embarras, il est douteux qu'au
milieu de la confusion on pût faire quelque chose; et que,
si même les éventualités se présentaient moins formidables,
nous n'en perdrions pas moins une bonne quantité d'hommes
et d'argent chaque mois; si l'on ajoute que nous éprouverions
en outre, dans ces circonstances, un sentiment d'incertitude
qui nous paralyserait, et que nous subirions par là des pertes
plus grandes, en les évaluant uniquement au point de vue
pécuniaire; que les frais de toute l'entreprise; il ne semblera
pas trop dur de stigmatiser l'indifférence du gouvernement
comme un des plus grands méfaits politiques que l'histoire
nous raconte. Il est vrai, le gouvernement peut répondre que
la Chambre des Communes, absorbée pour toutes ses que-
relles de petites factions personnelles, a envisagé l'affaire
avec presque autant d'indifférence que lui-même, et si cette
excuse peut suffire à sa conscience, il peut incontestablement
s'en prévaloir. Mais il aura en dernier lieu à rendre compte
au pays entier; et il trouvera prudent, au milieu de toutes
leurs rhapsodies d'éloges de lui-même, de sè rappeler que,
quoi qu'il ait fait, il a dans tous les cas négligé de faire ce
qui était en même temps son devoir le plus facile et le plus
urgent pour assurer la sécurité et l'honneur du pays. »
Au lieu de ces imprécations, le Times ferait bien
mieux de dire quelle ligne de télégraphe il adopte lui-
même, et de soutenir la ligne par la mer Rouge, qui est
la seule raisonnable et pratique. Si, depuis trois ans que
MM. Gisborne frères ont commencé leur entreprise, le
Times les eût soutenus au lieu de les combattre, l'An-
gleterre aurait dès aujourd'hui la communication télé-
graphique que l'on réclame à grands cris. Mais le Times
a préféré patronner des lignes impossibles; et il peut
bien faire en partie son mea culpa de l'état actuel des
choses.
Il faut bien aussi qu'il s'avoue qu'il fait absolument
la même école à l'égard du canal de Suez ; le temps le
lui prouvera, et le Times en sera pour ses regrets
comme aujourd'hui.
ERNEST DESPLACES.
essayée, et t-out ce qu'il faut pour compléter une communica-
tion de tous les quinze jours par cette route, c'est de faire aller
les vapeurs deux fois par mois entre Panama et Melbourne, et
une fois par mois entre Ceylan et Sydney. L'Australie devrait
avoir une malle tous les quinze jours.
» A présent que tous les contrats ont manqué, il est besoin
d'un nouveau projet. Si le Léviathan était prêt à prendre la
mer, il vaudrait la peine pour le gouvernement de le subven-
tionner et de l'envoyer en Australie avec la malle. Il est pro-
bable que les vapeurs-poste actuels sont trop petits pour
transporter la malle avec quelque régularité à moitié chemin
autour du globe. Pourquoi le gouvernement ne charge-t-il pas
de charbon le grand vapeur à hélice Y Himalaya? et ne l'en-
voie-t-il pas à Melbourne et Sydney ? Ce serait une expérience
• très-utile, parce qu'elle démontrerait si, en effet, plus le na-
navire est grand, plus il marche vite pour l'Australie. VHima-
laya est un navire du gouvernement, et l'amirauté peut en
faire ce qu'elle veut. Après l'envoi de YHimalaya, YAtrato ou
le Persia, les deux plus grands navires à aubes qui existent
actuellement, et tous les deux paquebots subventionnés, pour-
raient être expédiés pour un essai. Naturellement ces vapeurs
passeront par le Cap. On se rappellera qu'un vapeur améri-
cain à aubes, YAge-d'Or, n'a pas seulement traversé l'océan
Indien, mais aussi le Pacifique, à une grande vitesse. Nous
pouvons être sûrs que les vapeurs transportant les malles
d'Australie en beaucoup moins de temps qu'elles ne sont
transportées actuellement, payeront à peu près leurs frais,
parce qu'il faut que les gouvernements d'Angleterre et d'Aus-
tralie se décident à leur assurer de fortes subventions.
» Il est nécessaire que les colonies d'Australie aient une
excellente communication avec la métropole, et cela très-
promptement si c'est humainement possible. C'est une honte
pour notre époque de progrès et d'heureuses entreprises que
nos plus belles colonies aient éprouvé tant d'espérances et tant
ds préjudices par les échecs réitérés des contrats postaux, a
Ces réflexions du Daily-News sont pleines de justesse ;
mais le contrat passé par l'amirauté anglaise en 1856
étiit inexécutable ; c'est en grande partie sa faute si
la Compagnie, qui a osé accepter ce contrat impossible,
a souffert de si fortes pertes et si l'Australie est encore
privée d'un service régulier. Il est à souhaiter que les
erreurs qu'on vient de commettre servent de leçon ; et
l'intermédiaire de Ceylan, proposé par le Daily-News,
pounait être une heureuse solution , du moins pour
commencer. (Voir nos numéros des 10 juillet et 10 août
1856, pages 25 et 51, et des 25 novembre et 10 décembre
1857, pages 502 et 522.)
G. WAGENER.
LE « TIMES « ET LE TÉLÉGRAPHE
D'ANGLETERRE AUX INDES.
Le Times du 26 juin jette ce cri de douleur et de co-
lère contre les ministres qui négligent la question du
télégraphe de l'Angleterre aux Indes orientales :
» La principale occupation oratoire de nos ministres
actuels semble être de faire ostentation de ce qu'ils ont fait.
Il serait bon aussi que par occasion ils parlassent un peu
des choses qu'ils n'ont pas faites. Personne ne contestera
qu'au moment de leur arrivée au pouvoir la question du
télégraphe indien était celle qui, par son importance et son
urgence, l'emportait sur toutes les autres. Un reproche sévère
fut articulé contre leurs prédécesseurs pour cette négligence;
et bien loin d'être disposé à vouloir faire tort au cabinet Der-
by, en supposant qu'il commettrait la même faute, le public
a donné au contraire crédit aux bruits répandus par ses par-
tisans que le ministère avait l'intention d'exploiter cette
grande occasion qu'on lui avait laissée entre les mains. Cette
occasion, ils l'ont rejetée. Douze mois suffisaient grandement
pour l'exécution complète des travaux, et un laps de temps -
pendant lequel un tiers de l'oeuvre aurait pu être exécuté s'est
écoulé sans qu'un seul pas ait été fait pour mettre l'œuvre en
train. Il est probable que le Parlement sera bientôt prorogé,
et que la question entière sera ajournée indéfiniment. Mais
si même cette crainte ne se réalisait pas, il est maintenant
trop tard pour regagner le temps perdu, malgré toute l'éner-
gie que l'on pourrait y mettre. En agissant promptement à
l'avenir, on peut limiter la condamnation déjà encourue;
mais on ne peut rattraper une seule heure d'un temps pré-
cieux gaspillé d'une manière si coupable. Lorsqu'on considère
que la conservation de notre empire des Indes peut dépendre
de l'accomplissement de cette entreprise; quand on pense
que cette possibilité confirmée encore par les nouvelles d'au-
jourd'hui, et que dans le cas où nous nous trouverions en-
gagés dans quelque. autre embarras, il est douteux qu'au
milieu de la confusion on pût faire quelque chose; et que,
si même les éventualités se présentaient moins formidables,
nous n'en perdrions pas moins une bonne quantité d'hommes
et d'argent chaque mois; si l'on ajoute que nous éprouverions
en outre, dans ces circonstances, un sentiment d'incertitude
qui nous paralyserait, et que nous subirions par là des pertes
plus grandes, en les évaluant uniquement au point de vue
pécuniaire; que les frais de toute l'entreprise; il ne semblera
pas trop dur de stigmatiser l'indifférence du gouvernement
comme un des plus grands méfaits politiques que l'histoire
nous raconte. Il est vrai, le gouvernement peut répondre que
la Chambre des Communes, absorbée pour toutes ses que-
relles de petites factions personnelles, a envisagé l'affaire
avec presque autant d'indifférence que lui-même, et si cette
excuse peut suffire à sa conscience, il peut incontestablement
s'en prévaloir. Mais il aura en dernier lieu à rendre compte
au pays entier; et il trouvera prudent, au milieu de toutes
leurs rhapsodies d'éloges de lui-même, de sè rappeler que,
quoi qu'il ait fait, il a dans tous les cas négligé de faire ce
qui était en même temps son devoir le plus facile et le plus
urgent pour assurer la sécurité et l'honneur du pays. »
Au lieu de ces imprécations, le Times ferait bien
mieux de dire quelle ligne de télégraphe il adopte lui-
même, et de soutenir la ligne par la mer Rouge, qui est
la seule raisonnable et pratique. Si, depuis trois ans que
MM. Gisborne frères ont commencé leur entreprise, le
Times les eût soutenus au lieu de les combattre, l'An-
gleterre aurait dès aujourd'hui la communication télé-
graphique que l'on réclame à grands cris. Mais le Times
a préféré patronner des lignes impossibles; et il peut
bien faire en partie son mea culpa de l'état actuel des
choses.
Il faut bien aussi qu'il s'avoue qu'il fait absolument
la même école à l'égard du canal de Suez ; le temps le
lui prouvera, et le Times en sera pour ses regrets
comme aujourd'hui.
ERNEST DESPLACES.
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